The Dictator ou la véritable aventure d'un despote

Assez séduit par la bande-annonce, j’avais peut-être peur que le temps d’un film, l’humour patauge et s’enlise. « The Dictator », le dernier film de Larry Charles, à qui on doit Borat et Brüno et avec pour interprète principal Sacha Baron Cohen, évite cette fois cet écueil.

Le pitch

The Dictator, comme son nom peut le suggérer pour les plus anglophones d’entre nous, met en scène un dictateur qui rassemble absolument tous les clichés des dictateurs et situe l’histoire dans l’imaginaire République de Wadiya, quelque part en péninsule arabique. La « république » tire sa richesse de l’exploitation du pétrole et permet à son dirigeant toutes les extravagances possibles. Qui d’autre que le Général Aladeen pourrait organiser des jeux olympiques wahadiyens, qu’il remporte haut la main en usant de méthodes si peu… orthodoxes (oui, j’ose le mot)(regardez la bande-annonce pour mieux comprendre) ?

Aladeen aux Jeux Olympiques, célèbre sa victoire de façon distinguée, comme tout un chacun.

Suite à une mésaventure, le Dirigeant Suprême (Seuprime lideur en VO) se retrouve en Amérique, sans barbe (donc méconnaissable), alors qu’un sosie va signer à sa place un traité annonçant un profond changement dans le gouvernement : l’instauration d’une démocratie. Comble de l’horreur !! Renverser une dictature dans laquelle le peuple est content d’être opprimé par une démocratie avec la liberté de presse, l’égalité homme-femme, la liberté de pensée, d’expression, le droit de vote… Aladeen ne le permettra pas ! Cette comparaison dictature-démocratie, je ne l’invente pas, elle est issue du film et je n’en ai transcrit que l’idée… elle est beaucoup plus longue et va-savoir pourquoi, je riais un peu jaune : entre la démocratie réelle et la démocratie idéale, utopique, décrite dans le film, sans vouloir trop m’engager politiquement, il y a quand même un certain fossé !

Il est impossible à Aladeen de regagner son statut d’« oppresseur bien-aimé » sans l’aide de Zoey, une activiste politico-écolo qui bosse dans un magasin bio (qui a dit cliché ?). Aladeen va donc faire des concessions pour atteindre son objectif. Seulement, quelque chose qui va éclore dans son petit coeur va lui mettre des bâtons dans les roues !

Pourquoi c’est drôle

J’avais trouvé Borat décousu, avec surenchérissement de gags. On ne peut pas dire que The Dictator soit fin pour autant : là encore le Supreme Leader les enchaîne. Pourtant, cette fois, j’ai plutôt vu un film avec une histoire au lieu d’une séquence de Vidéo Gag. C’est peut-être moi, mais cette récupération d’image des dictateurs contemporains est vraiment osée et pourtant, lors de l’annonce de la mort de Kim Jong-Il, les images de la population éxagérément en pleurs n’étaient pas plus ridicules que l’exagération de décorations militaires dont s’affuble Sacha Baron Cohen. Kim Jong-Il qui, avant de trépasser, a eu manifestement le temps de voir le film et d’approuver par un laconique « c’est de la bombe » (vu sur l’affiche !)…  Ce qui m’a plu également, au-delà du film en lui-même, c’est l’investissement de l’acteur qui donne des interviews pour la promotion du film : exit Baron Cohen, bienvenu Aladeen. L’acteur a disparu sous le personnage qui envoie ses félicitations au nouveau président français sur Twitter, à son « collègue »…

Voilà un petit coup de bande-annonce pour  mieux cerner le personnage !

[iframe width= »560″ height= »315″ src= »http://www.youtube.com/embed/yZN9m7lYgzk » frameborder= »0″ allowfullscreen]

Mes autres « critiques » : Moonrise Kindom ; On the Road

Tweet about this on TwitterShare on FacebookPin on PinterestEmail this to someoneShare on LinkedInShare on Google+

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *