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La réaction à la censure pouvait être innovante en URSS

« Comment une radiographie permettait aux pirates d’écouter Elvis »

Comment écouter Elvis sous la dictature ?

La musique dans les années 1950-1960 était bien difficile à écouter dans la patrie du communisme. Comme le rappelle le magasine britannique Motherboard, repris par le journal Le Monde, la musique provenant des pays occidentalisés étaient censurée par le régime de Moscou, obligeant les pirates de l’époque à utiliser des radiographies pour écouter les albums de leurs artistes fétiches.

Quand on a Elvis en tête…

A l’instar des radios pirates issues du Royaume-Uni, ancrées dans les eaux internationales, symbolisé par le film « Good Morning England » sorti en 2009 s’inspirant de la célèbre radio Caroline, « ces drôles de pirates russes volaient des radiographies dans les hôpitaux, et gravaient grâce à des phonographes ainsi qu’en trouant les radios avec une cigarette ». Le site de Radio Nova, qui dédie aussi un article sur le sujet, explique que cela permettait aux pirates de contourner la censure du régime et de pouvoir écouter du jazz ou du rock. La musique occidentale était bel et bien censurée, mais pas les phonographes, utilisés ici comme nos graveurs modernes.
« Ainsi, avec Elvis sur le poumon, Duke entre les côtes, la musique pouvait circuler en très mauvaise qualité mais à un prix dix fois inférieur à celui des marchés occidentaux. Aujourd’hui, il reste de cette période ces radios que l’on pourrait considérer comme des œuvres d’art. »

La censure a évolué sans forcément changer

La censure, bien qu’ayant considérablement évolué, reste très présente dans nos sociétés actuelles. Elle s’est juste métamorphosée en gardant parfois ses ressors politiques. Au Canada, la Loi de la radiodiffusion stipule qu’on « ne doit pas entendre à la radio ou à la télévision des propos indûment explicites ou grossiers ». L’interdiction n’est pas stricte et il est possible de faire usage de mots grossiers dans certaines situations. Aux États-Unis, où la loi est similaire, la Cour suprême a jugé que le monologue de l’humoriste Georges Carlin, qui notait l’absence de sept mots choquants à la télévision en les énumérant, était indécent, mais pas obscène. Il a finalement été diffusé.

En France, un clip du groupe les Wampas a été censuré au début des années 2000. La chanson en question est intitulée « Chirac en prison », faisant référence aux divers scandales du président de la république, notamment l’affaire des emplois fictifs du RPR.
Par ailleurs, le clip « Black or White » de Michael Jackson a été censuré en 2009 car le king of the pop avait une trop grande propension à se toucher l’entre-jambe, pourtant une marque de fabrique de l’artiste. Dans la même lignée, toujours aux Etats-Unis, rappelons que le dernier clip de Lady Gaga intitulé « do what u want » a été censuré en décembre 2013. La chanteuse est en effet vêtue de son plus simple appareil.