Archives par mot-clé : stratégie

Combattre l’Etat Islamique : une stratégie efficace ?

Un peu plus d’un mois après le début des frappes aériennes françaises contre l’Etat Islamique il semble nécessaire de préciser certaines choses sur la stratégie militaire. Cet article, modestement, propose de poser une réflexion sur l’efficacité de cette intervention.

Quel choix politique ?

Le président François Hollande, après une réunion avec le conseil de Défense, a pris la décision d’engager des forces françaises contre l’Etat Islamique (EI). Lors de sa conférence de presse du 18 septembre, le chef de l’Etat a répondu officiellement, devant l’opinion nationale, à la demande d’aide du nouveau gouvernement de Bagdad. Dans son discours le choix politique avancé par le président était celui d’ « affaiblir » l’EI. Son homologue américain, Barack Obama, essaye lui d’avoir un discours plus ferme face à une organisation djihadiste qui profite du chaos que connaît le pays après l’opération américaine décidée sous l’ère Bush.

Pour le président américain actuel il faut « détruire » purement et simplement l’EI. La ligne politique américaine qui est défendue est compréhensible,  l’administration Obama ne peut que tenir qu’une position forte. Barack Obama ne peut plus se permettre de rester évasif sur le sujet, comme lorsqu’il avouait ne « pas avoir de stratégie » pour lutter contre les succès et l’influence grandissante du groupe. Il se pose en « commander in chief ».

Néanmoins, la crise irakienne fait redouter une crise afghane le possible retour des Talibans au pouvoir à Kaboul. Derrière un leadership assumé les Etats-Unis n’ont pas la souplesse et la marge d’action diplomatique de la France dans la région. En témoigne la visite du président Hollande à Bagdad.

Tentative de gestion de crise

Qu’en est-il de la gestion de la crise par la présidence française ? La lutte contre l’Etat Islamique semble être une évidence compte tenu des informations et reportages qui envahissent les médias. L’ennemi est tout désigné et l’opinion semble favorable à une action portée contre les djihadistes. L’Etat français décide donc de ne pas laisser faire cette organisation, d’où la décision de F. Hollande d’ordonner une « opération de protection aérienne » en Irak et seulement en Irak. Mais tout le monde sait que l’EI ne s’arrête pas à l’ancienne frontière irako-syrienne. Une première limite à l’intervention militaire est atteinte.

L’approche diplomatique semble-t-elle avoir primé sur l’efficacité militaire ? Ce n’est pas certain. L’Etat Islamique est à combattre également sur le territoire syrien. Des raids américains ont eu lieu en Syrie. On imagine donc une coopération, somme toute légère, entre militaires américains et syriens pour éviter des incidents regrettables. Sur le plan politique et diplomatique on revient donc à l’option proposée dès le départ par la Russie qui était de négocier avec Bachar al-Assad. L’occident montre bien un manque de maîtrise de la situation.

Elle sait parfaitement que ses opérations de bombardements ne peuvent pas anéantir l’EI. Le choix politique français de « l’affaiblissement » semble donc être respecté. Affaiblir l’organisation djihadiste est sans doute le minimum à faire pour satisfaire des opinions de plus en plus sujettes à secouer les politiques.

Néanmoins un flou complet et tenace subsiste quant à la défense de nos intérêts dans la zone. Au-delà de la pensée juste et communément admise qu’une puissance moyenne comme la France ne peut pas rester sans agir et laisser l’Irak imploser dans cette région sensible.

Un coût financier élevé pour un résultat discutable

Il est clair que la France ne veut pas apparaitre faible face à la lutte contre le fondamentalisme. Pour autant, l’intervention aérienne en Irak à un coût financier réel face à des résultats qui sont discutables.

Il est clair que le personnel militaire engagé pour endiguer la menace fait tout ce qu’il peut avec les moyens matériels qui sont les siens. Mais la France a-t-elle les moyens de se payer cette intervention ? La question doit être posée surtout dans un contexte économique moribond et compte tenu des prévisions inquiétantes pour le budget de la défense. Le budget alloué au ministère de la Défense prévu pour 2015 est de 31,4 milliards d’euros soit le minimum vital pour maintenir l’ensemble notre appareil militaire fonctionnel (entretien, modernisation, engagement). Même si cette mission de protection aérienne en Irak sonne juste, la question du financement de la guerre sonne quant à elle légitime, surtout lorsque les intérêts stratégiques français sont incertains.

Prenons un exemple concret, la « mission d’appui des troupes au sol » qu’elles soient irakiennes ou kurdes se fait par bombardement aérien. Le 19 octobre deux Rafales ont largué des bombes à guidage laser GBU-12 pour détruire deux pick-up de l’Etat Islamique. Le coût d’une telle bombe est estimé entre 52100 et 67000 euros pièce. Il ne faut pas oublier le coût de l’heure de vol. Une heure de vol en Rafale coûte entre 10000 et 13000 euros, somme hors carburant. Avec carburant l’heure de vol est estimée à 29000 euros. Combien de temps pourront nous continuer à bombarder pour arriver à détruire seulement, deux malheureux véhicules et ses occupants ? Ajoutons que régulièrement les avions de combat français effectuent des vols de huit heures, ce qui nécessite un parfois deux ravitaillements, tout cela a aussi un coût financier important.

Après un peu plus d’un mois que la France « intervient » dans l’espace aérien irakien quel est le constat ? L’Etat Islamique est toujours présent et influent, il s’adapte aux frappes aériennes en utilisant les populations. Pire, il s’est rapproché de la frontière turque. La ville de Kobané située à environ 500 mètres de la frontière turque, portée en symbole par les médias, tient toujours malgré des combats qui s’enlisent. Les bombardements se poursuivent, mais l’influence et la présence de l’Etat Islamique ne semble pas ralentir. La question qui importe est de savoir si nous pouvons continuer à combattre l’EI de la même manière, et si oui, pour combien de temps encore ?

Sources : Latribune.frAtlantico.frLiberation.fr

Les Pokémon, un vrai bon jeu vidéo

C’est en 1996 que le premier jeu vidéo Pokémon est sorti au Japon sur la aujourd’hui défunte GameBoy. Le succès fut tel que la franchise s’exporta et aujourd’hui, rares sont ceux n’ayant jamais entendu parler des Pokémon. On imagine bien trop souvent que les Pokémon, « c’est pour les petits », alors que c’est un excellent jeu de rôle, bien plus compliqué qu’il n’y parait.

Les fans reconnaîtront le bulbe de Bulbizarre, la queue de Salamèche, la carapace de Carapuce et la queue de Pikachu…

Dans l’univers du jeu, les Pokémon sont des créatures fortement inspirées des animaux mais qui possèdent des capacités imaginaires. Certains peuvent cracher du feu, d’autres se téléporter etc. et se servent de ces capacités pour se défendre. Le jeu donne l’occasion au joueur d’incarner un dresseur qui va capturer des Pokémon sauvages, les entraîner afin qu’ils soient plus forts, et enfin défier la Ligue Pokémon afin d’être déclaré meilleur dresseur Pokémon. Le jeu s’articule autour de deux aspects essentiels : l’exploration et les combats.

Guidé par le scénario, le joueur doit aller de ville en ville afin de combattre le champion de l’arène locale, afin de prouver sa valeur et espérer ainsi accéder plus tard à la Ligue. La ville est un havre de paix : on peut y soigner ses Pokémon blessés, acheter des objets, et parler aux habitants. Les villes sont reliées par des routes qui regorgent de Pokémon sauvages qui n’hésiteront pas à attaquer le joueur s’il n’est pas assez prudent. Malgré les dangers, ces espaces sauvages sont indispensables car c’est ici que l’on pourra rencontrer et capturer des nouvelles créatures et donc améliorer notre polyvalence face aux dresseurs adverses.

En combat, le dresseur s’oppose à son adversaire par l’intermédiaire de ses Pokémon. Si les combats contre les Pokémon sauvages ou dresseurs du jeu sont relativement simples, pour remporter une confrontation avec un adversaire en chair et en os, il faut faire preuve de stratégie. En effet, chaque action doit être réfléchie soigneusement : le combat se fait au tour par tour et chaque joueur choisit l’attaque que son Pokémon va utiliser. Les actions sont ensuite résolue dans un ordre : le Pokémon le plus rapide agira le premier. Le combat se termine lorsque les six Pokémon d’un des adversaires ont tous été mis K.-O.. Les forces et les faiblesses des créatures sont organisées de la même façon que le jeu du papier-feuille-ciseaux. Les attaques de type Eau sont efficaces contre les Pokémon de type Feu. Le Feu est efficace contre la Plante. Et un Pokémon Plante résistera mieux aux attaques de type Eau. Sauf que plutôt qu’un triangle, les relations de forces et faiblesses comportent 17 types différents, chacun fort et faible face à plusieurs types, et pas toujours de façon symétrique ! Afin de complexifier l’affrontement, de nombreuses attaques, objets tenus par les créatures ou capacités spéciales sont en mesure de modifier subtilement les règles.

Dracaufeu fait la couverture de la boîte du jeu GameBoy Pokémon Rouge.

“Attrapez-les tous”. Et oui, car le second objectif du jeu est de capturer toutes ces bestioles. La encore, ce n’est pas si simple. Il n’est pas possible de se promener dans les hautes herbes, les grottes, ou bien traverser les mers, pour rencontrer toutes les espèces de Pokémon. Une grande partie des Pokémon évoluent et ce n’est que par ce biais que l’on peut cataloguer la dernière évolution dans notre Pokédex (notre encyclopédie interactive de poche). L’autre solution pour compléter son Pokédex est de profiter du travail de nos amis : certains Pokémon sont introuvables sur notre version du jeu et doivent être échangés ; heureusement, avec Internet, ceci est beaucoup plus facile de troquer nos Pokémon avec des inconnus vivant à l’autre bout du globe. Et il est également possible d’importer les Pokémon que l’on a élevés dans les versions précédentes du jeu.

Plusieurs aspects des jeux peuvent donc plaire : certains vont apprécier l’aventure, la découverte, d’autres vont davantage aimer le fait de compléter sa collection (et plus on se donne du mal à la constituer, plus elle est précieuse à nos yeux !), d’autres encore vont chercher à constituer une équipe équilibrée, ce qui peut prendre un temps assez conséquent si on s’intéresse aux formules mathématiques pour optimiser les statistiques de nos combattants…

C’est ainsi que l’on peut cumuler plusieurs dizaines d’heures sur le jeu vidéo et que, bien malgré nous, on s’aperçoit connaître la plupart des noms des Pokémon de notre cartouche de jeu, leur type, leurs attaques. Pas de quoi briller en société peut-on penser, mais après tout, pourquoi pas ? C’est bien la preuve que c’est un excellent jeu vidéo, non ?