Archives par mot-clé : Paris

Non, les particules fines ne m'empêcheront pas de courir

Le week-end pascal se prêtait bien à une petite course à pieds. Vous savez, un peu comme lors des premiers jours de janvier, où vous voyez poindre des coureurs inhabituels au coin de votre rue, et que vous sentez dans leurs foulées un peu lourdes, la menace de la bonne résolution qui plane au-dessus de leur tête. Pâques promet les excès des longs repas de famille et de la profusion de chocolat. Pâques promet aussi un jour de congé supplémentaire, pas assez pour partir en vacances, mais suffisant pour avoir envie de prendre l’air. Une fois n’est pas coutume, le soleil était en plus au rendez-vous.

http://greenhotelparis.com/

Pourtant, nombre de ces coureurs se sont dit que non, finalement, ce n’était pas sérieux, la préfecture de Paris ayant recommandé de limiter les activités sportives intenses pendant le weekend, à cause d’un épisode de pollution aux fines particules. Ils ont sans doute eu raison d’être prudents. Les vertus du footing n’ont de cesse d’être louées à qui veut bien les entendre, mais courir en slalomant entre les pots d’échappement et la fumée de cigarette, avouons-le, ce n’est pas l’idéal.
Alors face à une pollution de plus en plus intense dans les grandes villes françaises, les coureurs se raréfient, n’osent plus chausser leurs baskets par crainte de se laisser tenter par les grandes bouffées d’un air … parfaitement pollué.

Ballon permettant de mesurer l'homogénéité verticale de la pollution – AFP

Pourtant, lundi, comme tous les autres jours de l’année, je suis allée courir. Tout comme les runners qui fouleront les rues parisiennes dimanche à l’occasion du marathon de Paris, je n’ai pas écouté la préfecture de police, pas plus que Miss Météo lorsqu’elle annonce 10 cm de neige à la mi-mars. J’ai été têtue, peut-être inconsciente, ou encore dépendante d’un sport qui finalement ne serait peut-être pas toujours bon pour moi. Peut-être oui, mais je vais vous expliquer pourquoi.

Imaginez.

Vous chausserez vos baskets Décathlon, inutilisées depuis votre dernière sortie vélo en famille (c’était lorsqu’il faisait beau, il y a un moment donc), et opterez pour l’un des « poumons verts » de Paris, le bois de Boulogne ou de Vincennes, quitte à devoir endurer 30 minutes de métro au préalable (courage qui mérite d'ailleurs d'être souligné). Vous vous emmitouflerez dans un pantalon de jogging un peu mou, un pull, un imper, un bonnet et une écharpe, il fait 3 degrés dehors alors mieux vaut se couvrir.

Les débuts seront difficiles, 10 minutes, point de côté, marche. Vous pesterez : « Diable, je déteste courir » (peut-être même avec un degré plus élevé de vulgarité, c’est vrai). Vous persisterez, 20 minutes, un exploit. Et encore, parce qu’un runner de 40 ans votre aîné vous a doublé en toute tranquillité alors même que vous commenciez à suffoquer.

Jean-Pierre, le coureur des berges du rhône.
Photographe Joris Couronnet

Vous persisterez et retournerez courir dans la semaine, vexé par la remarque de votre conjoint(e) qui vous a fait remarquer que ce pantalon vous boudinait.

Petit à petit, vous dépasserez les 40 minutes, et là vous comprendrez enfin, pourquoi certains voient la course comme une addiction. Vous ressentirez cet intense moment où en fait, vous ne sentez plus rien, où votre corps semble ne plus être lié à votre cerveau, où vos jambes avancent toutes seules. Et alors vous vous retrouverez seul, seul avec votre esprit, alors que votre corps avance sans que vous ne lui indiquiez quoi que ce soit.

« Je crois qu’à un certain moment quand on court, on est au bord de quelque chose comme le néant. Je ne dirais même pas que c’est la mort, mais c’est une expérience très troublante du rien ». (Guillaume Le Blanc)

http://espacefootingaufeminin.blogspot.fr/

Alors vous rechercherez cette sensation, encore, encore. Les footings ne dureront plus 30 minutes mais 45, puis une heure et parfois plus. Mon corps peut-il seulement se fatiguer ? Est-ce lui qui me guide ou moi qui guide mon corps ? Trouverais-je un jour ma limite ?

Vous chausserez des baskets spéciales runner supinateur. D’ailleurs, vous n’aurez pas hésité à investir 150€ dans celles-ci, et vous n’hésiterez pas à en tester des dizaines au salon du running de Paris demain, dans le but de protéger vos genoux qui seront soudain devenus tout l’objet de votre attention. Vous aurez troqué votre équipement d’esquimau pour un simple short, débardeur et veste, comme pour laisser libre cours à vos muscles, pour sentir dans chacun d’entre eux l’effort que demandent vos foulées.
Et tous les jours, Noël compris, vous irez courir, sans même avoir à vous demander pourquoi, quand ou comment ; parce que ce sera devenu un besoin.

« Il y a un état de manque quand on cesse de courir pendant un certain nombre de jours. Pour des raisons hormonales, l’addiction est très présente dans la course. Mais je crois que cette expérience est primordiale ». (Guillaume Le Blanc)

Votre parcours aussi se transformera. En semaine vous irez au plus proche de chez vous, et vous effectuerez chaque jour le même parcours, tôt le matin ou tard le soir. Pour éviter de croiser poussettes, vélos et autres trottinettes qui risqueraient de casser ce rythme parfait qui est le vôtre et qui vous transporte, mais aussi pour voir votre environnement habituel différemment.

http://www.nicolasroze.com

Courir tôt à Paris est une expérience très étrange. Les quais sont déserts, aucun touriste ne prend de photo de Notre Dame, les serveurs installent doucement les tables des terrasses de café encore vides et vous saluent au passage.
Courir le matin, c’est en quelque sorte assister aux préparatifs d’une pièce de théâtre quotidienne, c’est être dans la salle avant le début du spectacle.

« Le fait de courir dans la ville de bon matin, ça crée un rapport au monde différent ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

Vous n’hésiterez plus à aller courir de nuit, parce que courir après le coucher du soleil est sans doute l’une des expériences les plus apaisantes qui existe.

« Nous aimons courir car nous assistons, quotidiennement, à la naissance du jour en été, à la fin de la nuit en hiver. C’est un bonheur qui nous habite. Chaque jour ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

Vous vous lancerez sous la pluie. Vous assumerez votre casquette, short et imperméable, quelle que soit l’image ridicule que vous renvoie votre miroir. De toute façon, personne ne vous reconnaîtra dans cet accoutrement. Vous esquisserez un sourire à la vue des canards qui ont fait d’une simple flaque d’eau leur pataugeoire, et vous saluerez les rares coureurs qui n’auront pas eu peur d’être trempés jusqu’à l’os pour ressentir cette intense sensation de calme, de paix, d’ailleurs.
Oui, vous aurez les mains glacées, le nez rouge et peut-être même les jambes brûlées par la grêle. Mais qu’importe, vous vous sentirez bien, incroyablement bien.

« Il y a quelque chose d’un peu masochiste dans la course. On cherche un type de bien-être, lié à une expérience de douleur. Il y a aussi cette dimension du passé-composé dans la course. « J’ai couru ». Parce qu’après, il y a une forme de sérénité que je vois comme une forme de médecine ». (Guillaume Le Blanc)

http://www.espritrunning.com

Et petit à petit, vous prendrez vos marques. Vous saurez à quelle heure passe tel promeneur avec ce petit chien adorable, ces amoureux de cinquante ans qui se sont rencontrés sur un site internet et effectuent un séjour romantique dans la capitale française – s’embrassant comme des adolescents prépubères cachés derrière un buisson –, cette coureuse qui souffre chaque jour mais dont la foulée devient à force plus souple et plus aisée.

« Il y a la dame qu’on appelle la dame aux chats. Elle nous applaudit chaque matin ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

Vous discuterez avec ces coureurs quotidiens qui eux seuls foulent le sol parisien à sept heures du matin. Vous croirez encore en la bonté humaine lorsque, isolé dans le parc, souffrant, les joues ruisselantes de larmes, des coureurs viendront vers vous et refuseront de vous laisser rentrer seul.

« Quand on court, on a des relations avec des gens qu’on ne verrait jamais autrement. Quand on court, il se produit tout un tas d’événements ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

http://demi-fondu74.over-blog.com

Alors oui, je cours dans la pollution, sous la pluie, la neige et la grêle. Oui, je cours sur le béton des trottoirs comme des parcs parisiens. Et non, ce n’est pas parce que la ministre de l’Écologie affirme que la pollution est « un problème qu’on doit regarder en face » que cela changera de sitôt, alors il en faudra plus pour m’arrêter.

Parce que courir ce n’est pas juste dépenser son énergie, chercher à perdre du poids, se maintenir en forme … ce n’est même pas une simple addiction. C’est une expérience. C’est une rencontre, avec d’autres, et surtout, avec soi-même.

Eve-Anaelle Blandin

Quand Berlin et Paris donnent de la voix

Alors que 80,2% des Parisiens a voté au premier tour de l’élection présidentielle le 22 avril 2012, témoignant de profondes divisions, bonnes et fausses notes ont résonné toute la journée au Mauerpark, le parc du mur aujourd’hui effondré à Berlin, dont les restes sont préservés et souvent colorés.

Un petit air des Buttes Chaumont, en un peu plus punk, un Rosa bonheur plus bière que rosé, plus « curry wurst » que « panier maraîcher ». Définitivement plus Arty aussi !!

Et oui, un constat : Berlin réunifié, au moins le temps d’un karaoké, a chanté ce fameux week-end alors que c’est dans les urnes, que Paris s’est exprimé. Chacun donne de la

voix, dans le microphone, dans l’isoloir. Face à la foule, face à soi. Pas facile, dans les deux cas.

A Paris, on choisissait Hollande, Sarkozy, Mélenchon, Bayrou, Le Pen, Joly…

 

Présidentielles 2012 – 1er tour – résultats Paris

 

A Berlin, on avouait un faible pour Creedence Clearwater Revival, Katie Melua, Don MC Lean, Bonny Tyler, Alicia Keys, ou Franck Sinatra !

Un point commun, un nom glissé dans une enveloppe de papier mâché, mais l’atmosphère était bien différente.

A Berlin, ensoleillé, capitale conjoncturelle européenne en quelque sorte, puisque siège du puissant gouvernement d’Angela Merkel, l’atmosphère était légère, elle sentait l’union (l’oignon aussi un peu c’est vrai), l’ambiance était aux chœurs.

A Paris, perçu comme ville « so left oriented » outre-Rhin, où il n’a cessé de pleuvoir à verse, le concert a regorgé de solistes aux sons dissonants, entraînant avec lui un pays dans une grise cacophonie.

On rechantera le week-end prochain à Berlin, à l’unisson, dans un esprit festif et libertaire. On se demande si ce genre d’évènements serait autorisé dans un parc de Paris…

On revotera dans deux semaines à Paris : on connaîtra enfin le nom de notre grand gagnant, notre nouvelle star… Une star qui semble tristement plus isolée que les spontanées starlettes berlinoises.

Les Foods Trucks débarquent à Paris!

Depuis quelques mois, on voit déambuler des camionnettes bien alléchantes dans Paris, la « street food » a de beaux jours devant elle.

 

Le Camion Qui Fume

Le concept très apprécié des « foodeurs » avisés est originaire des USA : des camions itinérants proposent aux badauds des plats à déguster sur place ou à emporter, directement inspirés de la cuisine américaine traditionnelle allant du fameux burger au tacos mexicain, et autres plats cuisinés.

Victimes de leur succès, les rares enseignes qui proposent ce nouveau service sur Paris, sont littéralement submergées et l’attente est longue !

Parmi elles, Le Camion qui Fume, lancé fin novembre 2011 par une chef Américaine, et Cantine California, plus récente et dont la cuisine se base sur des produits bios.

Au regard des commentaires des testeurs, ce qui différencie ces restaurants itinérants de la baraque à frites traditionnelle, c’est la qualité des produits proposés à un tarif assez abordable (environ 10 euros la formule), et bien sûr le burger, qui a retrouvé ses lettres de noblesses dans les brasseries les plus classiques.

Pour suivre à la trace ces cuisines ambulantes, il suffit de consulter leurs sites ou de suivre leurs fils twitter : @CantineCali, @LeCamionQuiFume

http://www.cantinecalifornia.com/

http://www.lecamionquifume.com/

Un pianiste dans la rue !

Quoi de plus surprenant que de se retrouver en pleine rue devant un… piano ? Une foule qui s’attroupe ? Et enfin un concertiste qui s’installe pour jouer son répertoire ?

Steve Villa-MassoneJe passais devant les Galeries Lafayette ; un attroupement de touristes et de badauds intrigués faisaient masse autour d’un piano droit trônant fièrement sur le trottoir. Un homme s’est présenté en saluant la foule puis c’est assis et a commencé à jouer, le son à demi couvert par le brouhaha du boulevard Haussmann. Les spectateurs, médusés par cette scène surréalist,e ont tout d’abord écouté studieusement ce qui semblait être du Chopin. Puis tout le monde a sorti son appareil photo ou son portable pour immortaliser le moment, y compris moi !

 

Le pianiste des rues vit de sa passion !

Après enquête, Steve Villa-Massone est un pianiste niçois qui a décidé de vivre de sa passion de façon originale. Car, aussi surprenant que cela puisse paraître, Steve vit de son activité illicite. Il est en effet interdit de jouer sur la voie publique sans autorisation spéciale comme pour la Fête de la Musique, par exemple. Choisissant des points stratégiques de la rive droite parisienne, il attire de nombreux touristes qui font sonner les euros dans son panier en osier. Puis, il remballe son piano dans un camion de déménageur. Et l’affaire semble bien tourner : il est maintenant « sponsorisé » par les pianos Hanlet. Pour les connaisseurs, Hanlet est aussi l’importateur officiel de Steinway en France. Jolie référence !

 

Les ambitions d’un compositeur

Bon, Steve n’a pas pour ambition de passer sa vie dans la rue ! Café Babel nous apprend qu’il est aussi compositeur. Il rêve en effet de composer pour des films. Vous vous doutez donc bien qu’il a pour référence Le Pianiste de Roman Polanski. En attendant, et c’est peut-être le début de la reconnaissance, il compose trois pièces pour une chorégraphie prochainement présentée à l’Opéra Garnier. Tiens ! A deux pas du trottoir des Galeries Lafayette !

Vous souhaitez croisez Steve ? Baladez-vous dans le 9e arrondissement un jour de beau temps. Tendez l’oreille. Peut-être aurez-vous la chance de tomber sur lui. Quelques lieux où je l’ai croisé : métro Cadet, à l’angle de la rue Joubert et la rue de Caumartin, et à l’angle de la rue de Mogador et du boulevard Haussmann. En attendant, faîtes un tour sur sa page Facebook !