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Qu’est-ce que Boko Haram ?

Jeudi 5 juin 2014, des hommes soupçonnés d’appartenir à Boko Haram ont kidnappé vingt femmes dans un campement nomade. L’enlèvement a eu lieu près de la ville de Chibok, là même où deux cent soixante-seize jeunes filles avaient été capturées par le groupe islamiste le 15 avril 2014. Le groupe a aussi pris avec lui trois jeunes hommes qui tentaient d’empêcher le kidnapping.

La mouvance a été créée en 2002 par Mohamed Youssouf. Le groupe est considéré comme une secte salafiste qui revendique la création d’un Etat islamique dans le nord du Nigeria. Il prône le retour à la « pureté » de l’islam par l’application stricte de la charia, la loi islamique.
Boko Haram défend une version radicale de l’islam, qui interdit aux musulmans de prendre part à toute activité politique ou sociale associée aux sociétés occidentales, comme voter lors des élections, porter des chemises et des pantalons ou recevoir une éducation séculière. Il s’oppose à l’instruction des femmes.
L’article publié par le journal le Monde le 13 mai 2014 présente de façon exhaustive l’origine de Boko Haram. Le nom officiel du groupe est Jama’atu Ahlul Sunna Lidda’awati Wal Djihad, qui signifie en arabe « la communauté des disciples de la tradition de l’islam pour la prédication et la guerre sainte ». Des populations locales du nord-est du pays l’ont pourtant surnommé Boko Haram, qui en langue haoussa signifie « l’éducation occidentale est un péché » — « boko », de « book », « livre » en anglais, et « haram » , « interdit » en arabe —, soit le rejet d’un enseignement perverti par l’occidentalisation. Voilà pourquoi le groupe est farouchement opposé à l’instruction des femmes, qui dans les pays occidentaux bénéficient de l’accès à l’éducation, au droit de vote et jouissent de la parité dans la conduite des affaires familiales. Bien loin de la vocation quasi monastique que souhaite leur imposer leurs ravisseurs.
Bien qu’il soit extrêmement difficile d’évaluer leur nombre, les experts (spécialistes de géopolitique, observatoire international du terrorisme, entre autres) considèrent qu’ils représentent au mieux quelques centaines d’individus ; peut-être un millier.
Le flou perdure également sur le financement de ce groupe. Plusieurs hypothèses sont à l’étude, dont celles d’un financement lors des luttes politiques de l’Etat du Borno, par les grands commerçants du nord du pays également dans le cadre de luttes politiques ou de pouvoir ou encore par des moyens plus directs, tels le braquage d’une banque, le racket, le trafic d’armes ou de drogue. Enfin, le groupe terroriste bénéficierait de plusieurs soutiens de poids parmi lesquels des hauts responsables nigérians ainsi que du soutiens de plusieurs pétromonarchies, comme la Qatar ou l’Arabie Saoudite, comme l’a révélé le Nouvel Observateur dans un article publié le 15 novembre 2013.

 

Cameroun : des braconniers de chair humaine

cameroonvoice.com

Récemment, de nombreux articles ont couvert le braconnage d’éléphants, sujet suffisamment sordide. Mais aujourd’hui,  nous apprenons avec stupéfaction que l’homme est également victime de pratiques similaires.

Une découverte macabre

Le site d’actualité dédié au Cameroun 237online.com diffuse un court article aujourd’hui, selon lequel des « agents anti-braconnage dans le sud du pays » ont découvert que « des braconniers transportaient une valise contenant un cadavre humain en décomposition ». C’est la première fois que d’un corps humain est retrouvé aux mains de braconniers dans ce pays.

Une filière organisée

D’après l’enquête en cours, qui a d’ores et déjà conduit à l’interpellation de cinq personnes, à Djoum notamment, il s’agirait d’un « réseau bien organisé ». L’une des personnes interpellées, au cours d’un banal contrôle au départ, « transportait à mobylette une valise d’os et de chair, correspondant à un cadavre humain en décomposition ». Ses complices apparemment, en voiture, détenaient eux « des morceaux d’éléphant ».

Des cérémonies fétichistes ?

Les autorités de Djoum, jointes par RFI, affirment que selon deux autres personnes arrêtées, « la macabre commande aurait été passée depuis Yaoundé, la capitale, pour un montant de dix millions de francs CFA ». Le commanditaire ne serait à l’heure actuelle toujours pas identifié.

D’après Laga, une association qui « lutte contre les trafiquants en tous genre », il pourrait s’agir d’un important réseau alimentant des cercles fétichistes. L’un de ses représentants explique en effet : « on croit que c’est du fétichisme. On peut seulement imaginer quel genre de cérémonie on peut faire avec un corps humain et de la viande d’éléphant. Il y a déjà cinq personnes qui ont été arrêtées. C’est clair qu’il y a un réseau plus grand. Ce sont des activités bien organisées et des gens plus puissants et riches pour faciliter ce genre d’activité ».

Si ce type de trafic apparaît au Cameroun, il faut savoir qu’il aurait « déjà été observé il y a quelques années au Nigeria », limitrophe.

Source : 237online.com