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La Source noire : accompagnement des mourants

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La mort est un sujet qui effraie. Par son aspect physiquement définitif, on l’oublie, on la rejette, on ne la voit pas, on l’ignore, même quand elle s’empare, lentement, d’un proche, d’un parent, d’un ami d’ami. Pourtant, cette épreuve est sans doute la plus difficile de notre existence telle que nous la connaissons. Alors pourquoi cette règle tacite nous conduit-elle à rester dans le déni ? Pourquoi, souvent, avec un soupçon d’humour pour pallier une terrible anxiété, nous répondons « tu n’iras nulle part, je suis là et la porte est fermée », à un malade qui trouve la force de murmurer, sur son lit d’hôpital, « tu sais, je vais partir »… Posons-nous la question : où en sommes-nous de l’accompagnement des mourants ?

Dans La Source noire, Patrice Van Eersel, qui a enquêté sur les recherches sur la « fin de vie » menées par des scientifiques, américains avant tout, depuis les années 1960, énumère et conte leurs parcours, leurs expériences, leurs découvertes. Des informations qui n’ont pas trouvé de grands ou sérieux échos dans nos sociétés objectivées par une science « physique », « biologique ».

D’après l’auteur, qui reprend les conclusions de scientifiques, dans un mouvement impulsé par le Pr. Elisabeth Kübler-Ross, nous serions loin de pouvoir définir la mort ou même le coma. Qui n’a jamais entendu de ces expériences dites « Near Death Experience » (NDE), positives dans la grande majorité des récits, dans lesquelles sont relatés des états d’apaisement, de compassion, d’amour ultime, lumineux à l’extrême, sans être éblouissants.

Toujours est-il que d’après ces scientifiques, nier la mort d’un proche ne lui rendrait pas service. En positivant sur l’état de santé d’un malade, ce dernier peut trouver des ressources inattendues et vivre mieux plus longtemps. Toutefois, d’après l’ouvrage, il faut savoir « sentir » le moment où chacun doit accepter ce « passage ». Avoir le courage d’en parler faciliterait le départ du mourant, qui serait plus apaisé.

Peu importe finalement la signification des NDE. L’auteur nous pousse à nous interroger sur ce que nous croyons être la « réalité », sur notre conscience, dans son ensemble, à laquelle nous n’avons pas encore, ou pas tous, accès. Selon lui, il existerait le monde « réel », « physique », et un monde « invisible » en quelque sorte, un « ailleurs » que nous ne verrions pas pour l’instant.

Après tout, il est communément admis que l’humanité n’utilise qu’une infirme partie de son cerveau. L’humanité a d’ailleurs longtemps cru que la Terre était plate. Peut-être qu’un jour verrons-nous le monde tel que nous le connaissons sous un autre angle ?

L’auteur objective sa théorie par la physique quantique, qui aurait validé l’hypothèse de la possibilité d’au moins deux espaces temps. Loin d’avoir retenu tous les détails inscrits dans le livre, je vous en recommande la lecture, si le sujet vous intéresse. D’autant plus que les scientifiques occidentaux auxquels Patrice Van Eersel fait référence, parviennent à des conclusions déjà contées, récitées, inscrites, symbolisées, dans des cultures qualifiées de « primitives », que nous pouvons aussi qualifier d’ « ancestrales ». Voir le Livre tibétain des morts.

 

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Par ailleurs, pourquoi naît-on dans des hôpitaux dans la majorité des cas ? Pourquoi meurt-on dans des hôpitaux dans la majorité des cas ? Il existe des projets de naissance, parfois conjointement définis par des parents accompagnés d’une Doula. Pourquoi n’existe-t-il par de « projet de mort », qui serait conjointement défini par le mourant et son accompagnateur… ? Il existe bien des Doulas pour mourants au Canada. Il ne s’agirait pas d’euthanasie, mais de mourir conformément à ses envies. Non que le mourant ait envie de mourir, mais sachant qu’il est sur le départ, le sentant dans son « for-intérieur », pourquoi ne pas lui accorder cette ultime liberté : la liberté de mourir en paix, dans un environnement choisi et non médicalisé, entouré des personnes aimées. Pourquoi cela n’est pas plus répandu en France ? Pourquoi n’en parle-ton pas ?