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Google lance sa libraire numérique en France

Le géant du web a ouvert le 18 juillet une plateforme de lecture numérique française, permettant l’accès à une centaine de milliers d’ouvrages.

Un mois après l’Espagne et l’Allemagne, Google se lance dans la librairie numérique en France, avec Google Play, lancé le 18 juillet. Cette plateforme, qui diffusait déjà des films et des applications Androïd, propose à présent plus de 100 000 ouvrages français en ligne, suite à un accord conclu avec les principales maisons d’éditions françaises dont Hachette, Editis ou encore Gallimard.

Cette librairie en ligne est dans la continuité de la politique menée par Google depuis le lancement en 2010 aux Etats-Unis de son offre e-books, suivi du Royaume-Uni un an après. Une application spécifique pour iPad et iPhone sera également mise en place, permettant d’accéder à tout moment à sa bibliothèque Google Play. Les livres achetés sont également lisibles sur tous les PC, Smartphones et tablettes, une multitude de supports qui donne un avantage certain à Google face à Apple. Parmi les œuvres disponible : « Les Misérables » de Victor Hugo, « Gargantua » de Rabelais, ou « Sur la route » de Jack Kerouac.

Les prix sont similaires à ceux des librairies en ligne d’Amazon ou d’Apple. Mais certains livres sont étonnamment moins chers en version papier qu’en version numérique, à l’image de « La délicatesse », vendu à 6,49 euros sur Google play et 6,19 euros en format poche.

Nexus 7

En confiant à une société américaine la numérisation et le référencement des œuvres françaises, le lancement de Google Play soulève aussi des interrogations. Lors de la signature de l’accord entre le Syndicat national de l’édition et Google, le SNE avait alors indiqué : « cette annonce constitue une avancée favorable pour la mise au jour du patrimoine imprimé français sous droits et contribue à l'élargissement de l'offre de livres numériques. » Mais d’autres enjeux se posent, comme le risque de piratage et de copie accrue, ou les risques pour les droits d’auteurs des livres non édités.

Philipe Colombet, directeur de Google livres France, déclare : « Je me félicite qu'il y ait une politique volontariste des éditeurs français pour maximiser les canaux de distribution et suivre les projets d'offre numérique légale. »

Pour Google, l’enjeu est surtout, à travers cette librairie numérique, de présenter sa tablette Nexus 7, dont l’ambition est de concurrencer le Kindle Fire d’Amazon, et l’iPad d’Apple, en termes de consommation de contenus numériques.

Les Français préfèrent toujours les « vrais » livres

A l’heure de l’essor des tablettes, il semblerait que les Français restent toujours fidèles au format papier.

Une étude de l’institut Gfk révèle qu’au cours des douze derniers mois, 91 % des Français ont favorisé des « biens culturels physiques ». Parmi les 58 % de sondés qui ont fait l’acquisition de biens culturels dématérialisés, seulement 16 % se disent concernés par les livres numériques. Néanmoins, le même institut publiait en avril une étude selon laquelle les ventes de tablettes devraient doubler cette année en France.

Enfin, en termes de budget, le support papier l’emporte très largement sur le livre numérique (98 % contre 2 %).  Le livre semble ainsi mieux résister que les autres produits culturels à la dématérialisation. Le MOTif, l’observatoire du livre et de l’écrit en Île-de-France, ainsi que Sciences Po et Medialab viennent également de lancer une enquête pour mieux comprendre « les usagers de lecture et d’achat de livres numériques en France ».

E-book, un succès outre-Atlantique

En parallèle, la commission européenne, vient d’envoyer une mise en demeure à la France et au Luxembourg, leur enjoignant de remonter le taux de TVA appliqué aux livres numériques. La France applique depuis le 1er janvier 2012 une TVA de 7 % sur les livres numériques comme sur les livres papier au lieu de 19,6 %.

Aurélie Filipetti, ministre de la Culture et de la Communication, s’est également engagée à baisser à 5,5 % le taux de TVA sur le livre. Le Luxembourg est même allé plus loin en abaissant la taxe à 3 %.

Si la France privilégie toujours le format papier, les Etats-Unis ont définitivement adopté le livre numérique. Au quatrième trimestre 2011, le livre électronique a représenté, selon l'institut Bowker, 17 % des ventes des éditeurs américains qui, aux Etats-Unis, recouvrant la littérature générale, les documents et essais et les ouvrages pour la jeunesse, contre 5 % un an plus tôt. Une progression emblématique de la révolution que vit depuis quatre années l'édition américaine.

Crédit photo: Artois Bibliothèques

Que liront les Français cet été ?

L’ifop et Feedbooks viennent de publier une étude de saison, dévoilant le profil des lecteurs estivaux. Selon l’enquête, les vacances favoriseraient la lecture.

La lecture semble être une activité majeure des  vacances d’été. L’enquête* révèle que les Français lisent en moyenne 11 livres par an, dont 3 pendant les vacances. Les femmes, avec 12 livres, liraient d’ailleurs plus que les hommes, qui n’en parcourent que 10 par an. Durant les vacances, les lecteurs les plus assidus, avec une moyenne de 5 livres, sont les 18-24 ans et les retraités. Les nouveautés ont également la côte, avec un budget moyen consacré chaque été à la lecture de 32 €.

La lecture, activité majeure des vacances d’été.

Les lectures privilégiées

Que liront alors les Français cet été ? L’enquête souligne que 17% des lectures de vacances sont des romans policiers, devançant les romans sentimentaux qui ne comptabilisent que 10%. Les Français privilégieraient également la BD, avec une moyenne de 3 par an, dont une pendant les vacances.

Pour choisir un livre, les Français feraient en priorité confiance à leurs proches. Près de 52% des livres achetés ont été recommandés au préalable par la famille ou les amis. La presse tient également un rôle important puisque près de 37% des lecteurs s’y fieraient avant d’acheter un ouvrage, tandis que 36% des Français choisiraient leurs lectures en fonction de la notoriété de l’auteur. Cette étude se penche également sur le nombre d’heures accordées à la lecture. Si celui-ci augmente pendant les vacances  de 25 minutes,  le temps consacré à surfer sur internet ou à regarder la télévision diminue d’une heure par jour pendant l’été.

D’autres enquêtes publiées précédemment étaient loin d’être aussi optimistes. Une étude du TNS-Sofres, datant de mars 2009, indiquait que 30% des Français étaient des « non-lecteurs ». De même, un rapport du CNL, publié en 2007, statuait qu’un Français sur quatre ne lisait aucun livre.

Enfin, les endroits privilégiés par les Français pour lire pendant les vacances restent le jardin (24%), le lit (22%) ou un endroit au bord de l’eau (20%).

*Etude menée auprès d’un échantillon de 1010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, entre le 5 et le 7 juin derniers.

Crédit photo : Lolita.c