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Agricola, jeu de société et gestion de ferme

20 h, dehors il pleut, il fait froid, et il n’y a rien à la télé. Que faire ? Pourquoi pas un jeu de société ?

Agricola, la gestion de ferme du 17ème siècle : des bœuf et des sangliers dans des pâturages.

Une partie de Monopoly ? Tout le monde connaît ce jeu, c’est à peine s’il est nécessaire d’expliquer les règles… Il faut dire qu’un enfant de 8-9 ans sait lire, compter, et lancer des dés. Malgré son succès et sa popularité, qu’on ne s’y trompe pas : le Monopoly est un jeu pauvre.

Certains jeux mettent en avant la réflexion afin de remporter la victoire. Agricola, un jeu créé par Uwe Rosenberg en 2007 et édité en France par Ystari nous permet de jouer une famille de paysans au 17ème siècle qui essaye de survivre. Dis comme ça, ce n’est pas très engageant… Pourtant, une partie-test plus tard, la mécanique est assimilée et on se sent d’attaque pour une vraie partie. On comprend que le jeu ait gagné plusieurs prix, dont le Spiel des Jahres, le jeu de l’année dans la catégorie meilleur jeu complexe, qui est sans doute le prix le plus prestigieux qui récompense la qualité des jeux de société.

Comment on joue ?

Le jeu se déroule en 14 tours. A chaque tour, les joueurs vont envoyer travailler leurs paysans sur une case d’action. Un à un, les joueurs déposent leur paysan sur la case d’action et réalisent l’action. Cette action sera alors indisponible pour les joueurs suivants jusqu’à la fin du tour. Il faut donc s’adapter aux coups (bas ?) des adversaires pour réaliser malgré tout ses objectifs. Le panel d’actions disponibles s’étoffe au fur et à mesure de la partie et elles permettent de récupérer des matériaux de construction, de labourer des champs et y semer des céréales, d’agrandir et rénover sa maison, de construire des clôtures pour héberger du bétail ou encore de jouer des cartes savoir-faire ou d’aménagements qui facilitent la vie des paysans (vous n’allez pas manger un mouton si vous n’avez pas de foyer pour le cuire, tout de même ?!). Et si vous trouvez que c’est beaucoup de choses pour seulement deux paysans, faites leur faire un enfant : il viendra vous aider dès le tour suivant en vous octroyant une action supplémentaire.

J’ai employé le verbe « survivre » plus haut. Ce n’est pas pou rien : le jeu est ponctué de phases de récoltes, de plus en plus rapprochées, pendant lesquels il va falloir nourrir nos paysans. Il faut donc prévoir à ramener de la nourriture et cette contrainte nous empêche de réaliser nos actions déjà trop limitées ! On aimerait bien conserver deux sangliers dans notre ferme pour obtenir un marcassin, malheureusement, si on ne veut pas mendier sa nourriture (et perdre beaucoup de points en fin de partie), il va falloir en manger un. Et revoir à la baisse nos ambitions d’éleveur… Notre seule consolation est de voir nos adversaires confrontés aux mêmes dilemmes que nous et s’en sortir avec guère plus de panache.

En fin de partie, le décompte des points pénalise les joueurs n’ayant pas oeuvrés dans tous les axes de développement de la ferme. Mieux vaut sauver les meubles en récupérant un bœuf en fin de partie, afin de ne pas avoir de pénalité…

Une fois le jeu fini, 1h30 plus tard, on aura opposé notre stratégie à nos adversaires, en leur mettant des bâtons dans les roues. Juste ce qu’il faut passer une (sympathique) soirée !