Archives par mot-clé : film

On the road live fast die young

Walter Salles présente au Festival de Cannes 2012 son nouveau film « On the road (Sur la route) ». Ce film est l’adaptation du livre éponyme de Jack Kerouac, livre lui-même quasi-autobiographique. Alors, qu’est-ce qu’il vaut, ce film ?

La filmographie de Walter Salles a de quoi surprendre : le réalisateur brésilien avait dirigé le remake du film fantastique d’horreur japonais « Dark Water » d’Hideo Nakata en 2004… Il se lance aujourd’hui dans l’adaptation du manifeste de la Beat Generation. La Beat Generation, c’est le mouvement américain des années 1950-1960 qui prône la liberté, la libération sexuelle, l’expression de la créativité artistique… Bref, « fait ce qu’il te plait », en quelque sorte. Mais, revenons à nos moutons, le film !

Le film retrace les traversées de l’Amérique par Sal Paradize (Sam Riley), double imaginaire de Jack Kerouac, et ses amis. Ces gens sont en quête de rencontres, de plaisirs, de la vie. Le film fait donc la part belle aux grands espaces américains pour le plaisir de nos yeux. De Lowell (Masachussetts), la route nous emmène jusqu’à Denver, New York, Pittsburgh et même jusqu’au Mexique et j’en passe…

Bien que tous dans la même voiture, les personnages n’ont pas les mêmes motivations. Le film donnait l’impression de mettre le personnage de Dean Moriarty (Garett Hedlund) au centre : c’était lui le plus habité par l’esprit Beat Generation, le moteur des hasardeuses expéditions. Comme il le dit lui-même dans la bande-annonce, « il brûle » et brille trop fort et trop vite. Son charisme attire autour de lui les autres personnages, Marylou et Sal, qui sont présents, mais éclipsés par l’égoïsme de Dean. Quand bien même ils le voudraient, leur attachement à Dean les empêche de vivre constamment pleinement.

Cette recherche constante et jamais satisfaite de la liberté transforme le film en un interminable (2h20 !) road movie, dont chaque escale rend Dean de moins en moins sympathique. C’est évidemment un regard personnel, 50 ans après, mais bon, où est-ce qu’on débarque avec ses gros sabots à l’improviste le soir de Noël chez la famille d’un pote ?! Ce personnage était complètement démesuré, mais je suppose que c’est ça, la Beat Generation.

C’était gênant de voir ce personnage qui n’évolue que très peu, qui rencontre, brûle et part, laissant derrière lui la tristesse. Petit à petit, les compagnons de route de Dean s’en détachent et après l’ellipse en fin de film, [ATTENTION, GROS SPOILER] Dean se retrouve seul.[FIN DU GROS SPOILER]

Bon, enfin, le film ne parle pas que de Dean, mais c’est le personnage omniprésent le plus remarquable. Ce personnage, ainsi que cette quête de l’accomplissement personnel par les drogues et la consommation immédiate du plaisir, m’ont finalement donné plus envie de lire le livre de Jack Kerouac afin d’avoir un récit me permettant d’avoir une vision plus proche de la réalité que ce que le film peut nous montrer.

[iframe width= »560″ height= »315″ src= »https://www.youtube.com/embed/ishWqnfPObE » frameborder= »0″ allowfullscreen]

Source photo : revue de presse

Moonrise Kingdom ouvre Cannes

Le 65ème festival de Cannes s’est ouvert cette année sur un film également en compétition : Moonrise Kingdom, réalisé par Wes Anderson. Ce film est le récit de la rencontre de Suzy et Sam, deux enfants d’une douzaine d’années, naïfs et rêveurs.

Moonrise Kingdom, c’est le souvenir de l’enfance. Oh, ce n’est pas explicitement indiqué, mais l’image aux couleurs très vives avec un fort contraste et les quelques évènements un peu enlevés rappellent les souvenirs d’enfance déformés par le temps. On plonge ainsi dans l’univers du réalisateur, parallèle au notre, isolé sur une île de la Nouvelle-Angleterre. Il est bien indiqué par le narrateur (Bob Balaban) que l’action se déroule en 1965, mais finalement, ça pourrait se passer n’importe quand dans l’imagination.

[iframe width= »560″ height= »315″ src= »https://www.youtube.com/embed/C4MvYKen1CA » frameborder= »0″ allowfullscreen]

Ainsi, après une présentation des lieux par ce narrateur sans nom, vêtu d’un blouson rouge et d’un bonnet vert et qui parle directement à la caméra, on découvre les enfants qui sont au cœur de l’histoire. Sam (Jared Gilman) fait parti des scouts Kakis, mais n’est pas apprécié de ses camarades, et Suzy (Kara Hayward), au regard froid, ne se sent pas aimée de sa famille. Suite à une escapade, ces enfants vivent alors un avant-goût de liberté, alors qu’ils tentent d’échapper à l’autorité des adultes.

Le film met en avant la naïveté et l’innocence des enfants, agrémentées d’une pointe de folie, en peignant des adultes imparfaits, caricaturaux. Le responsable des scouts (Edward Norton) est complètement dépassé par les évènements qui échappent à ses quasi-mécaniques habitudes, les parents de Suzy sont très rigides et intransigeants, le shérif local (Bruce Willis) prend de molles initiatives tandis que l’assistante sociale (Tilda Swinton) n’est qu’une bureaucrate sans âme…

Ainsi, on se laisse prendre à l’histoire de la fugue des deux enfants qui nous fait sourire. Ah Suzy, tu m’as fait rire quand tu as rejoint Sam le scout avec ta grosse valise jaune et ton chat dans ta sacoche !

La musique, signée Alexandre Desplat, est omniprésente et rythme le film. Il faut rester jusqu’à la fin du générique pour avoir droit à une petite initiation à la musique, mais je n’en dis pas plus… Je vous laisse sur la bande-annonce, en musique, donc !

[iframe width= »560″ height= »315″ src= »https://www.youtube.com/embed/NJqY6PRshW0″ frameborder= »0″ allowfullscreen]

Photo : dossier de presse