Archives par mot-clé : fait maison;yaourt;cuisiner;un dîner presque parfait;blog culinaire;michel et augustin;halles

Le « fait maison » : tendance, filon commercial ou révélateur d’une époque ?

www.sortiraparis.net

Désormais vous pourrez être sûrs que Roger, le chef de la Brasserie à l’angle de votre rue, ne se contente pas de mettre le contenu d’une boîte congelée dans une assiette, avant de vous l’apporter avec le sourire en vantant les mérites de cette fameuse blanquette de veau dont la recette vient tout droit de sa grand-mère. Pour tester les talents culinaires de toutes les grands-mères des chefs de votre ville sans soupçonner à chaque bouchée une petite saveur chevaline, rien de plus simple, vous pouvez vous référer au label « restaurant de qualité », lancé par quinze des plus grands chefs français dont notamment Alain Ducasse et Joël Robuchon.

« Restaurant de qualité » certes, mais concrètement, que cela signifie-t-il ? Avec ce label, les chefs ont souhaité mettre en avant des « artisans restaurateurs » plutôt que des « commerçants restaurateurs ». Les conditions sont les suivantes : transparence en matière de traçabilité des produits et de préparation sur place des plats, le cuisinier devra être un chef et non quelqu’un qui se contente de réchauffer des plats, enfin l’hospitalité devra être irréprochable dans ces restaurants labélisés.

Parlez un peu de ce label aux plus anciennes générations. Soyez prévenus, ils risquent de vous regarder d’un air interrogateur, impatients de connaître les vrais critères pour obtenir ce label. Pourquoi ? Simplement car un restaurant avec un chef, des produits frais du marché ou des producteurs locaux, tous cuisinés sur place, et avec une ambiance plutôt conviviale, cela semble évident. Cela semble en fait être la définition même d’un restaurant. Ne pensez pas là que ce label est alors inintéressant ou inutile. Au contraire, il pourra être un guide de choix pour les amateurs de bonne cuisine. Mais ce label, avant tout, est le reflet d’une société de consommation, d’une crise financière et de confiance, d’un retour de la cuisine au centre du lien social ; en un mot d’une époque, la nôtre.

Ce trait caractéristique de notre société revêt plusieurs facettes.

Il n’y a pas si longtemps, on trouvait le supermarché formidable. Acheter ses fruits et légumes au même endroit que son poisson et ses yaourts, quel gain de temps ! Se servir soi-même, prendre les fruits aux couleurs chatoyantes, que l’on connait tous bien, et maintenant payer soi-même aux caisses rapides. Vous pourriez presque aller au supermarché avec la voix roque et en pyjama, car de toute façon vous n’avez à établir aucun contact humain, que ce soit avec les autres consommateurs ou les employés. Comble du pratique, vous pouvez même trouver sandwichs et autres plats cuisinés, qui vous feront gagner encore plus de temps.

Oui, mais voilà aujourd’hui, faire ses courses au supermarché, ça ne fait plus tellement rêver.

Beaucoup de Français sont en quête d’authenticité, de traçabilité, de produits de confiance, vendus par des personnes de confiance. Beaucoup de Français ont retrouvé une curiosité culinaire qui ne se résume pas à tester trois marques de lasagnes surgelées pour savoir lesquelles sont les plus copieuses.

Avec la crise financière et le scandale de la viande de cheval, nous avons soudain pris conscience que  nous vivions dans une société dont nous ne sommes plus les principaux acteurs. Nous avons pris conscience qu’on pouvait abuser de la confiance qu’on a donnée à un système qui nous semblait jusqu’alors fait pour satisfaire nos désirs d’homo-economicus à tendance individualiste.

Oui, parce qu’après une crise, nous avons naturellement tendance à se tourner vers des valeurs sûres, à retrouver les fondamentaux, que l’on puise dans une culture plus ancienne.

media.strasbourg.eu

Alors les marchés séduisent à nouveau, toutes les générations.

Aller faire son marché c’est acheter des produits frais, parfois directement au producteur. C’est acheter des produits de saison et prendre conscience que ceux-ci sont tout de même bien plus savoureux. C’est découvrir des produits qu’on ne connaissait pas et qui existent pourtant depuis bien plus longtemps que nous. Panais, topinambours et autres courges butternut, sont ainsi redevenus à la mode alors même qu’ils font partie des « légumes oubliés.

www.brand-image.fr/img/Grand-Frais-B.jpg

Mais n’oublions pas que nous sommes au 21ème siècle, et que la logique économique qui fait désormais partie intégrante de notre société ne se laisse pas berner aussi facilement. Alors plutôt que d’aller faire votre marché tous les dimanches matin, les industriels ont su s’adapter à vos besoins (et surtout repérer un bon filon) en recréant des marchés couverts, les Halles. Désormais 7 jours sur 7, vous pourrez aller dans l’une de ces Halles qui se veulent « à l’ancienne ».

C’est à la fin du 19ème siècle que les Halles se sont développées, et les dirigeants des Halles d’aujourd’hui misent sur cette origine vieille de deux siècles : on vous promet « l’ambiance des Halles d’antan ».

Et il faut l’avouer, tout y est : les légumes de saison, les produits locaux, les étales qui rappellent celles d’un marché. On peut même y trouver des avantages supplémentaires au marché du dimanche sur la place du village : ici vous ne risquerez pas de renoncer à sortir de chez vous car il pleut abondamment ou car le dimanche matin est décidemment propice à une grasse matinée. De même vous n’avez pas à craindre d’arriver face à des étales vides car vous aurez un peu trop traîné au lit. Ces Halles à « l’ambiance d’antan » ont su se doter d’aspects plus modernes, et il est vrai bien pratiques : votre marché, vous pouvez le faire en sortant du travail, en plein midi, et sous des trombes d’eau.

Mais attention à ne pas voir en ces Halles un marché amélioré. Car sous couvert de modernité et de praticité, vous serez sous ces grands hangars comme dans un supermarché : un consommateur que l’on guide à travers des stands savamment agencés, qui peut se servir directement, qui ne côtoie pas toujours des producteurs indépendants mais bien des vendeurs à qui l’on a donné un rôle.

Il ne s’agit pas de voir en ces Halles un nouveau monstre de notre société de consommation, car les produits sont souvent issus de producteurs locaux et indépendants qui acceptent de vendre directement à l’enseigne. Mais il faut être conscient de la logique économique, marketing, et commerciale, qui reste très prégnante dans ces Halles.

www.lamontagne.fr

Qu’ils soient achetés au marché ou dans des Halles, les produits sont destinés à être cuisinés.

 Vous pensiez que les habitants d’un des pays les plus reconnus au monde pour sa gastronomie ne juraient plus que par le surgelé et les plats tout prêts ?

Détrompez-vous. Une étude TNS Sofrès de 2010 montre que « 97% des Français font ou ont dans leur foyer quelqu’un qui fait de la cuisine ‘fait maison’ ». Le « fait maison » se définit selon TNS Sofrès par « la préparation maison, par soi-même, de tous types de plats cuisinés, pâtisseries, pain, entremets, yaourts, soupes, boissons, etc, qui auraient ou être achetés tout fait ou préparés par un professionnel », or c’est dans le courant des années 2000 et plus particulièrement en se rapprochant de la première décennie que cette tendance s’est accentuée.

www.portesessonne.fr

Plusieurs raisons peuvent être évoquées pour comprendre cette évolution.

La crise économique étant survenue, beaucoup de Français ont dû se résoudre à abandonner certaines de leurs habitudes culinaires : des pâtes à la bolognaises reviennent moins cher si on les prépare soi-même (même sans pousser le défi culinaire jusqu’à la confection maison des pâtes » que si on les achète déjà prêtes, le goûter d’anniversaire de votre enfant vous coûtera une fortune si vos commandez des gâteaux chez le pâtissier alors qu’il ne vous faudra que quelques œufs, beurre, sucre, et farine pour faire de savoureux sablés. Les Français se sont parfois remis aux fourneaux, car ils n’avaient guère le choix.

Cuisiner soi-même c’est aussi être sûr de ce qu’on mange. La « crise de la viande de cheval » est récente il est vrai, mais elle n’est pas la seule raison de vouloir maîtriser le contenu de ses assiettes.

i2.cdscdn.com

Prenez n’importe quel régime relativement rigoureux, Weight Watchers. Ce régime est basé sur un système qui attribue des points à chaque aliment, et fixe un nombre de points quotidiens à ne pas dépasser calculé en fonction de l’âge, de la taille, du sexe ou encore de l’activité physique et des objectifs de perte de poids de chacun. Si le petit livret dans lequel sont répertoriés les points de chaque aliment est aujourd’hui fort épais car tous les produits industriels des différentes marques sont répertoriés, il ne ressemblait pas à cela il y a quelques années. Il y a six ans vous deviez vous contenter d’un livret avec les points de tous les aliments bruts, et de quelques plats classiques que l’on pouvait retrouver en brasserie mais qui ne permettaient certainement pas d’aborder un plat cuisiné en sachant avec certitude le nombre de points qu’on allait « utiliser » en le mangeant. Quand vous faites un régime aussi rigoureux, le plus sûr est de cuisiner soi-même. Il n’y a d’ailleurs rien d’étonnant à ce que Weight Watchers mette à disposition de ses clients des livrets de recettes où un nombre de points est attribué à chacune.

Se mettre à la cuisine pour surveiller sa ligne est un aspect tout aussi caractéristique de notre société que celui de préparer soi-même son hachis parmentier pour ne pas craindre d’y trouver des aliments non identifiés dedans, d’autant que les problèmes d’obésité notamment enfantine ne sont plus rares en France (une enquête de l’Association santé environnement France révèle d’ailleurs les difficultés de la majorité des enfants à reconnaître bon nombre de fruits et légumes).

Cuisiner c’est donc maîtriser son alimentation et c’est devenu pour beaucoup de personnes, une priorité.

Enfin, les médias ont également su attiser ou développer cette pratique culinaire réaffirmée.

  •  C’est dans les années 2000 que les blogs se sont le plus développés en France, et parmi eux l’une des espèces les plus répandues : les blogs culinaires. Si cuisiner est devenu une nécessité à un certain moment, c’est en mettant « la main à la pâte » que des personnes ont soudain pris plaisir à travailler les aliments, à les agrémenter de différentes épices, à les présenter joliment. Cette nécessité s’est transformée en une curiosité culinaire insatiable et parfois même en envie de se dépasser. Par fierté, par passion, certains ont alors commencé à tenir un blog, pour partager à une communauté virtuelle le produit de leur imagination culinaire. D’autres ont passé des heures sur la blogosphère, parfois pour le plaisir des yeux, souvent en quête d’une bonne idée, de temps à autre pour maitriser une technique culinaire. Bref, en consultant ou en écrivant des blogs, ces cuisiniers en herbe ont su faire de la cuisine « faite maison » un plaisir.

    http://pucebleue-jenreprendraibienunbout.blogspot.fr/
  • Dans la même tendance se sont développées de plus en plus d’émissions télévisées consacrées à la cuisine. Peut-être que les émissions de cuisine existent depuis fort bien longtemps, Maïté n’étant pas de la génération 2000. Oui, mais la grande différence est que ces émissions ont associé la cuisine à « monsieur-tout-le-monde ». Cette candidate d’Un dîner presque parfait, pourrait être vous, ce qui ne vous donne que plus envie d’essayer vous aussi ces petits choux à la crème que vous pensiez parfaitement inaccessibles. Même l’émission Top Chef – dont les candidats sont des professionnels – a su jouer sur la proximité avec les téléspectateurs en mettant cette saison 2013 sous le signe des produits du quotidien. Les émissions culinaires ont également réussi à lier cuisine et convivialité, partage et festivité. Car les candidats du Dîner presque parfait ne font pas qu’un bon pot au feu, ils s’invitent les uns chez les autres, ils passent un moment agréable autour de bons plats. Enfin, les émissions culinaires ont allié la cuisine à l’exceptionnel et au rêve. Car les candidats de Top Chef brillent par leur excellence, impressionnent par leur technique, et font surtout saliver par la beauté de leurs plats. Cuisiner, c’est devenu un plaisir et, avouons-le, un plaisir très « in ».

    4.bp.blogspot.com
www.tompress.com

Évidemment, là encore cette nouvelle « mode » n’a pas échappé à l’œil aguerri des industriels qui se sont empressés de fournir aux cuisiniers amateurs tout le matériel nécessaire à leur nouvelle passion : yaourtière, machine à pâte, tampon à biscuit, cocotte en fonte, les cuisines des ménages français se sont transformées en quelques mois. Rien d’étonnant donc qu’une étude TNS Sofrès de 2010 montre que 82% des individus qui font de la cuisine « faite maison » utilisent pour cela au moins un appareil de petit électroménager. On notera d’ailleurs dans ces petits électroménagers un savoureux mélange entre le retour vers des valeurs anciennes où l’on n’hésitait pas à tout faire soi-même (machine à pâte, yaourtière) et la volonté de maîtriser le contenu de son alimentation (cocotte en fonte pour préparer de bons plats traditionnels, tampons à biscuits qui permettent en fait de retrouver l’aspect des biscuits industriels en les ayant fait soi-même).

Les Français se mettent donc plus volontiers derrière les fourneaux ces dernières années, c’est incontestable. Pour autant, si la volonté et l’envie y sont, c’est bien souvent le temps qui manque. Ainsi, si beaucoup de Français aiment avoir le sentiment de plonger leur cuillère dans un yaourt bien onctueux comme ceux que leur grand-mère, voire arrière-grand-mère, savait faire, ils n’ont pas forcément le temps de préparer ces yaourts eux-mêmes. D’ailleurs, l’enquête de TNS Sofrès révèle que le yaourt est l’un des éléments de l’alimentation le moins concerné par le fait maison. Et c’est grâce à ce constat que certains industriels ont su développer une filière qui n’en finit plus de séduire : les yaourts « à l’ancienne ».

Il est vrai que les yaourts La Laitière ou La Fermière ne sont pas vraiment à ranger dans la catégorie des innovations récentes en matière de yaourt, et vous auriez parfaitement raison. Nestlé a incontestablement été à l’origine d’une petite révolution dans le rayon des yaourts en proposant des recettes crémeuses dans des petits pots en verre, confortablement installés entre les yaourts aux couleurs vives et délicieusement artificielles, et les yaourts allégés … il y a de cela 40 ans. Alors en quoi le marché du yaourt à l’ancienne d’aujourd’hui est-il différent de celui d’hier ?

Tout d’abord, ces marques spécialisées dans le yaourt à l’ancienne ont vu leur vente augmenter de 30% en 2 ans à la fin des années 2000.

Ensuite, si jusqu’aux années 2000 les yaourts à l’ancienne n’occupaient qu’une petite partie des rayons frais, ils sont désormais de plus en plus nombreux à trouver une place et n’hésitent pas à afficher des prix près de 5 fois plus cher que la moyenne !

www.micheletaugustin.com

Prenons enfin un autre exemple : la marque Michel et Augustin. Cette petite entreprise à la stratégie marketing bien rôdée a tout simplement choisi le « fait maison »  comme argument principal de vente. Avec ses petits biscuits aux formes inégales et ses emballages colorés aux dessins enfantins, Michel et Augustin a réussi à donner le sentiment au consommateur de manger des sablés tout droit sortis du four de leur cuisine.

www.micheletaugustin.com

Mais revenons-en aux yaourts. Michel et Augustin a été lancée grâce à ses petits sablés en 2005. Sentant rapidement la tendance s’affirmer, l’entreprise se met à commercialiser des pots de yaourts imposants, qui font clairement penser aux pots que l’on ramène lorsqu’on s’approvisionne directement à la ferme en yaourt ou fromage blanc en grosse quantité. La stratégie était donc de donner au consommateur en supermarché, ce qu’il pourrait trouver à la ferme, misant ainsi sur l’image très pure et artisanale de la production fermière.

Et que voit-on poindre en 2009 chez Michel et Augustin ? Des yaourts en « petit pot » aux saveurs telles que vanille, miel ou coco, qui ne sont pas sans rappeler ceux proposés par La Fermière, et surtout ceux que l’on pourrait faire chez nous avec une yaourtière.

On est donc passé en l’espace de 3 ans du yaourt que l’on va directement chercher à la ferme, au yaourt que l’on fait soi-même intégrant le désormais obligatoire « authentique mais pas rustique » : bon lait entier, petit pot à l’ancienne, et saveurs originales.

Avec ces yaourts les industriels ont donc parfaitement su repérer les tendances du moment causées par les crises économiques et alimentaires : le besoin d’un retour à des produits authentiques, faits maisons avec des matières premières directement issues du producteur. Mais ils ont en plus réussi à l’associer à caractéristique indissociable de notre société : le manque de temps poussant à se retourner si possible vers l’offre industrielle.

 

J’aimerais aborder une dernière facette de cette tendance actuelle, qui fera sans doute du fait maison non plus une tendance mais une pratique durable.

L’un des points communs aux différentes pratiques évoquées jusque-là est le partage et la convivialité. La cuisine, avant d’être un show culinaire, une maîtrise de son alimentation ou un dépassement de soi, est un moment que l’on aime partager avec des proches.

La cocotte de la grand-mère qui séduit à nouveau les cuisiniers amateurs servait avant tout à faire des plats en grosse quantité, destinés à sustenter toute la tablée.

Le plaisir du marché ne réside pas seulement en des produits frais et de saison. Pour certains, c’est aussi avant tout le plaisir de discuter avec un producteur, de l’écouter parler avec passion des légumes qu’il a cultivés. C’est avoir ses petites habitudes et apprécier que son marchand préféré nous offre trois pommes supplémentaires. C’est croiser des voisins qui ont pris les mêmes habitudes que vous et prendre le temps de discuter quelques minutes alors que vous vous contenteriez autrement de les saluer en les croisant dans l’escalier de votre immeuble.

Cuisiner c’est se faire plaisir mais c’est surtout faire plaisir. C’est penser aux goûts de vos proches parfois avant de penser aux vôtres. C’est imaginer la réaction de votre enfant lorsqu’il rentrera de l’école et qu’il découvrira ces sablés fourrés à la confiture qu’il aime tant. L’enquête réalisée par TNS Sofrès montre ainsi que 95% des personnes interrogées estiment que faire la cuisine c’est « faire plaisir, honneur à ses invités ».

L’émission Un dîner presque parfait illustre également cela : les candidats ne font pas simplement goûter leurs mets aux autres participants, ils partagent cinq soirées avec eux, autour de mets qu’ils auront préparés l’après-midi. Pas étonnant d’ailleurs que le concept de l’émission soit souvent repris par les téléspectateurs sans caméra, entre amis.

Alors oui la frontière est mince entre la volonté de se tourner vers des valeurs anciennes et l’utilisation commerciale de ce désir. Mais au fond qu’importe ? Si le fait maison est l’occasion de renforcer des liens, de voir des yeux pétiller d’appétit, alors vous savez ce qu’il vous reste à faire. À vos fourneaux !

www.aubel-detry.com

Eve-Anaelle Blandin