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Société

Politique : une menace citoyenne nécessaire

La menace des citoyens envers les Hommes politiques est une nécessité. Face à l’impunité des politiques, ou de tous autres décideurs, il est absolument nécessaire pour l’ensemble des citoyens de conserver un levier de pression efficace à l’encontre d’activités ou comportements qui n’ont pas lieu d’exister. Les faits suivants qualifiés, à juste titres d’« affaires » par les médias, comme les manquements de Thomas Thévenoud, le langage très maladroit d’Emmanuel Macron, ainsi que le retour en politique de Nicolas Sarkozy démontrent que ces privilégiés se croient au-dessus des lois et, plus grave encore, ils ne craignent pas les réactions des citoyens qui les placent dans les instances de décisions. La réalité est celle-ci, les élites politiques – sans oublier les élites financières, économiques, et même médiatiques – n’ont pas peur de nous. Ne serait-il pas temps de créer la perception d’une réelle menace des citoyens par ces personnages politiques qui sont au service du bien commun? Il est absolument nécessaire de faire ressentir aux politiques la menace que nous devons exercer sur eux.

Nous pourrions proposer un concept de realthreat citoyenne. Ce concept serait caractérisé par la peur des réactions, violentes ou non, des citoyens face à des propos, des pratiques, des mensonges, des délits, commis par des décideurs politiques, qui ne seraient pas acceptables par leurs caractères illégaux, diffamatoires, injurieux, blessants et/ou mensongers. Si ces personnes avaient réellement peur de nos réactions, jamais elles n’oseraient agir de manières abusives, mensongères ou blessantes. Les possibles menaces des citoyens, leurs réactions et les conséquences possibles sur les personnes politiques leur réputation et/ou leurs activités seraient un élément qui constituerait une barrière à toutes postures inconcevables adoptées par les élites.

Prise de conscience

Les peuples doivent comprendre qu’ils sont leur propre maître. La prise de conscience de leur pouvoir doit s’opérer de manière plus large et assumée. Une citation tirée du film de James McTeigue, V for Vendetta (2005), raisonne particulièrement aujourd’hui : « Les peuples ne devraient pas avoir peur de leur gouvernement. Les gouvernements devraient avoir peur de leurs peuples ». Ce qui nous scandalise doit nous faire réagir contre des élites dont le sentiment d’impunité s’affiche outrageusement. La vision critique du peuple se doit de rentrer efficacement dans le débat démocratique de nos représentants. Mais la prise de conscience doit être double. Les femmes et les hommes doivent s’emparer de ce pouvoir politique qu’est la menace de l’opinion pour faire réagir les politiques. Cela dans une perspective positive pour contrôler leurs actions et faire comprendre à ces figures publiques que leur priorité n’est pas de se faire réélire mais de servir la nation, le bien commun. La deuxième prise de conscience concerne les mandataires du vote citoyen. Les politiques doivent sentir la menace que nous pouvons incarner face à des choix ou des propos impensables. Donnons quelques exemples concrets et récents : oser ne pas payer ses impôts et s’en justifier honteusement (Thomas Thévenoud député et ancien secrétaire d’Etat), qualifier d’« illettrés » des travailleurs (Emmanuel Macron ministre de l’Economie de l’Industrie et du Numérique), faire son retour en politique pour simplement reconquérir un pouvoir perdu (Nicolas Sarkozy ancien président de la République). Il est grave et insupportable de voir et d’entendre que des décideurs publics ne considèrent absolument pas les personnes qui leur apportent une légitimité politique. Encore pire, ils ne respectent pas les règles dont nous, soi-disant simples citoyens, nous devons nous acquitter. Il est donc essentiel de rétablir un rapport de force en faveur des peuples face à leurs gouvernements.

Menacer pour être visible et crédible

Menacer c’est se donner un pouvoir, une visibilité et montrer ses possibilités d’agir. Il est assez consternant de voir comment nous traite des hommes politiques. Affaires après affaires, des Hommes compromis osent se justifier et ou assumer des fautes graves devant des citoyens qui les ont élus. Il est donc temps de s’approprier la définition du président américain Abraham Lincoln de la démocratie : « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Ces mots simples doivent refléter la force et la menace potentielle que sont les électeurs et l’ensemble des citoyens. La constitution de collectifs proposant des pétitions citoyennes va dans ce sens. C’est une façon de proposer des alternatives, des changements ou de lutter. Mais l’élément le plus important dans ces pétitions c’est la mobilisation des personnes. Elles peuvent se sentir engagées, participantes et unies dans un projet commun. C’est la force d’une plateforme comme Avaaz. Cette organisation de cybermilitantisme compte 30 millions de membres dans 194 pays. Elle compte déjà quelques victoires, comme la mobilisation contre le magnat de la presse Rupert Murdoch en 2011. En étant perçu comme menaçant nous gagnerons en crédibilité.

Définir des perspectives constructives

Le recours à la menace semble parfois nécessaire. Mais quel est l’enjeu derrière cette pratique que certains vont critiquer ou ignorer? C’est tout simplement le fait de ne plus croire en la politique. Le risque c’est de voir se détruire toutes traces de débats, de cohésion et de mixité sociale, de rester dans l’entre soi face à l’abandon d’une conscience collective qui aurait déserté le champ politique. En laissant la classe politique tranquille, sans aucune crainte du peuple, nous avons contribué à créer leur microcosme politique. Ne commettons pas l’erreur de continuer à alimenter ce réflexe facile et destructeur dans nos sociétés. Elles qui sont riches de toutes différences et débats d’idées. Le recours à la menace doit donc s’opérer dans une optique de construction, d’amélioration des situations et non de destruction. La menace citoyenne doit être un outil et un levier. Il ne s’agit pas d’élaborer un mécanisme de représailles violentes et destructrices, mais de prévenir les idées, les comportements d’Hommes politiques qui sont inconcevables. Cette peur que nous pouvons installer dans leurs rangs pourra ne plus être nécessaire si la situation venait à évoluer dans le bon sens. Néanmoins, il n’est pas certain que cette situation arrive incessamment sous peu…

Joseph Mathivet

Qu’est-ce que Boko Haram ?

Jeudi 5 juin 2014, des hommes soupçonnés d’appartenir à Boko Haram ont kidnappé vingt femmes dans un campement nomade. L’enlèvement a eu lieu près de la ville de Chibok, là même où deux cent soixante-seize jeunes filles avaient été capturées par le groupe islamiste le 15 avril 2014. Le groupe a aussi pris avec lui trois jeunes hommes qui tentaient d’empêcher le kidnapping.

La mouvance a été créée en 2002 par Mohamed Youssouf. Le groupe est considéré comme une secte salafiste qui revendique la création d’un Etat islamique dans le nord du Nigeria. Il prône le retour à la « pureté » de l’islam par l’application stricte de la charia, la loi islamique.
Boko Haram défend une version radicale de l’islam, qui interdit aux musulmans de prendre part à toute activité politique ou sociale associée aux sociétés occidentales, comme voter lors des élections, porter des chemises et des pantalons ou recevoir une éducation séculière. Il s’oppose à l’instruction des femmes.
L’article publié par le journal le Monde le 13 mai 2014 présente de façon exhaustive l’origine de Boko Haram. Le nom officiel du groupe est Jama’atu Ahlul Sunna Lidda’awati Wal Djihad, qui signifie en arabe « la communauté des disciples de la tradition de l’islam pour la prédication et la guerre sainte ». Des populations locales du nord-est du pays l’ont pourtant surnommé Boko Haram, qui en langue haoussa signifie « l’éducation occidentale est un péché » — « boko », de « book », « livre » en anglais, et « haram » , « interdit » en arabe —, soit le rejet d’un enseignement perverti par l’occidentalisation. Voilà pourquoi le groupe est farouchement opposé à l’instruction des femmes, qui dans les pays occidentaux bénéficient de l’accès à l’éducation, au droit de vote et jouissent de la parité dans la conduite des affaires familiales. Bien loin de la vocation quasi monastique que souhaite leur imposer leurs ravisseurs.
Bien qu’il soit extrêmement difficile d’évaluer leur nombre, les experts (spécialistes de géopolitique, observatoire international du terrorisme, entre autres) considèrent qu’ils représentent au mieux quelques centaines d’individus ; peut-être un millier.
Le flou perdure également sur le financement de ce groupe. Plusieurs hypothèses sont à l’étude, dont celles d’un financement lors des luttes politiques de l’Etat du Borno, par les grands commerçants du nord du pays également dans le cadre de luttes politiques ou de pouvoir ou encore par des moyens plus directs, tels le braquage d’une banque, le racket, le trafic d’armes ou de drogue. Enfin, le groupe terroriste bénéficierait de plusieurs soutiens de poids parmi lesquels des hauts responsables nigérians ainsi que du soutiens de plusieurs pétromonarchies, comme la Qatar ou l’Arabie Saoudite, comme l’a révélé le Nouvel Observateur dans un article publié le 15 novembre 2013.

 

Dans les coulisses du Web

Si la démocratisation d’internet promettait l’accès à un espace démocratique pour tous, force est de constater que comme dans tout espaces de liberté, sur la toile c’est le plus gros qui mange le plus petit. Enfin, c’est le constat qui s’impose devant la déclaration de l’école israélienne, IDC Herslia – Raphael Recanati International School, qui revendique la mise en place d’une « war room » pour défendre en ligne les intérêts Israéliens. La première « war room » est apparue pendant la guerre 39-45 sous Churchill. Il s’agissait d’une sorte de cellule de crise regroupant les plus grands stratèges du pays dans un bunker pour faire face à la situation de crise d’une capitale bombardée. A l’heure de l’internet le mot a évolué. Dans le cas présent, la war room de l’école Israélienne désigne une équipe connectée qui met en place des stratégies de défense contre les offensives d’internautes révoltés par la guerre asymétrique menée par l’Etat Hébreux. Le but avoué de cette cellule de crise est de modifier l’opinion publique et de nettoyer la réputation d’Israel en opérant à grands renforts de commentaires, d’articles, d’images, de vidéos, de liens.

La stratégie est simple : réunir des militants avec des compétences dans l’écriture, l’infographie, le montage vidéo, le troll, le multi profile. Organiser un brainstorming pour créer le matériel de propagande et l’argumentaire qui n’aura plus besoin que d’être copié collé dans les commentaires (images, gif, vidéo, mêmes, citations, liens vers des articles sensibles, contre argumentaires fallacieux qui serviront de faire valoir via des faux comptes d’opposants). On identifiera ensuite les cibles de l’opération d’influence : réseaux sociaux, blogs, sites de presse écrite, plateformes communautaires … Les plus raffinés prépareront des solutions de variation d’adresse IP, multiplierons les adresses emails et utiliseront des profils anciens au réseau développé de longue date. La dernière étape consiste à ouvrir la guerre d’information : bombardement de commentaires, occupation de forums, nuages d’intoxication, minage au commentaire lourd pour décourager les lecteurs à la lecture des sites ennemis.

Si les individus sont bien formés, ces réseaux occultes peuvent se révéler indétectables. En effet, une fois chaque individu formé, il repart sans aucun lien avec les autres. Si des instructions sont données au groupe pour orienter la stratégie générale, une cellule efficace les réduira à son maximum pour créer le moins possibles de points de connexion entre les membres. Et donc le moins de failles possibles dans le camouflage du réseau.

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By Victorgrigas (Own work) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Ne croyez pas que la war room soit une exception du net, elle en est plutôt la règle. Chez les plus puissants on paye des sommes astronomiques pour lancer une armée des « trolls » dans les forums de discussion en ligne. C’est le cas de l’Union Européenne qui a déboursé 2,5 millions d’euros avant les dernières élections afin de lutter contre l’euroscepticisme montant. On apprend maintenant qu’en Israël, on utilise la main d’œuvre gratuite des étudiants pour tenter de blanchir la réputation sanglante de l’Etat hébreux. Mais le mensonge organisé n’est pas l’apanage des plus puissants, de nombreuses organisations n’hésitent pas à monter des petits groupes pour tirer leur épingle du jeu sur le net.

Sur internet comme en France, la célèbre phrase de Coluche « La dictature, c’est ferme ta gueule, La démocratie c’est cause toujours ! » semble se vérifier.

Source :

www.infoguerre.fr/edito/edito-la-propagande-a-l-heure-du-web/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=rss

Pour plus d’info sur l’opération de l’union Européenne :

www.agoravox.fr/actualites/europe/article/l-ue-va-financer-des-trolls-pour-130702

Le Timor-Oriental : Paradis des fumeurs

Le Timor-Oriental a le des taux de tabagisme le plus élevé au monde, où près des deux tiers de ses hommes fumant quotidiennement (31 % pour les femmes). Mais pourquoi l’un des pays les plus pauvres d’Asie du Sud-Est est-il à ce point accro à la nicotine ?

Le tabac fait partie de la fibre du Timor oriental. Dans les couloirs sombres des étals du marché, on retrouve en vente libre des tomates, pommes de terre, les courges et les haricots et du tabac à priser (tabac en poudre que l’on inhale).

Les scientifiques qui défendent les cigarettes électroniques

La plupart des cigarettes coûtent moins de 1 $ US par paquet. Empilés sous de grands parasols aux couleurs des grandes marques existantes dans le pays, les paquets portent des avertissements, mais cela n’a pas de sens pour de nombreux fumeurs, car environ la moitié de la population est analphabète. Dans la capitale, Dili, le cow-boy emblématique de Marlboro monte toujours à cheval sur les panneaux publicitaires, même si dans la plupart des pays, cette annonce a été interdite ou au moins limitée. Mais pas ici.
Selon les chiffres du Journal de l’American Medical Association, 33% de la population du Timor Oriental fume tous les jours. Pour les hommes, le chiffre s’élève à 61%, le plus élevé au monde. «De plus en plus de jeunes qui fument chaque année, en particulier les enfants et les adolescents», a déclaré le Dr Jorge Luna, le représentant local de l’Organisation mondiale de la Santé. « C’est un problème très grave ».

Cigarette-Une
Dailygeekshow.com

Les jeunes consommateurs

Près de la moitié de la population a moins de 15 ans et une demande croissante est en vogue, notamment chez les jeunes, concernant les cigarettes dites occidentales, souvent vendus séparément et situés en dehors des rues, dans des étals spécifiques. Un cigare est de 10 cents, si vous en achetez deux cela revient à 20 cents, mais si vous en commandez quatre alors le prix est de 25 cents. Les agriculteurs locaux qui cultivent le tabac à priser pour les locaux le coût de production de ce tabac local est encore moins cher que les marques qui sont souvent importés d’Indonésie.
Dans les écoles de ce pays, il n’y a presque pas de l’éducation de la santé en ce qui concerne la cigarette. «J’ai vu des enseignants qui fument dans la salle de classe comme ils écrivent sur la carte», dit Luc Sabot, directeur de l’Adventist Development and Relief Agency au Timor oriental. « Tout au long du système d’éducation, il n’existe pas de réglementation sur l’utilisation du tabac à priser dans les écoles », ajoute-il.

Liberté de Fumer

Au Timor oriental, vous pouvez fumer n’importe où. L’air dans les bars, restaurants, hôtels, cafés ou salle de réception ; et même dans les avions (même si ce sera interdit prochainement). Il n’y a qu’une seule exception: un nouveau centre commercial ouvert en 2013 interdit le tabac et le tabagisme passif.
Même le premier ministre est un gros fumeur. Xanana Gusmao a été l’un des dirigeants de la guérilla qui ont combattu les Indonésiens après l’annexion du Timor oriental en 1975 et avant l’indépendance du pays en 2002. Il a été capturé et condamné à la prison à vie par les colons indonésiens avant d’être laissé en liberté avant l’indépendance.
Il avoue être un toxicomane, car trois fois il a essayé d’arrêter sans succès. Il admet également que ce n’est pas un bon exemple à suivre.
« La loi interdisant ceci ou cela, ne serait pas aussi efficace. L’éducation est nécessaire et prendra du temps, mais je pense que plus les gens sont conscients des maladies qu’il peut causer, mieux ils seront préparés à le laisser seul ».

Les femmes

Mais l’épouse du Premier ministre australien, Kirsty épée Gusmao, est une activiste contre le cancer et est entièrement dévouée à la tâche. Elle a eu un cancer du sein et reste très préoccupée par le nombre croissant de jeunes fumeurs.
«Les entreprises de tabac en Indonésie et partout ailleurs se concentrent sur les jeunes qui sont très conscients de l’image et du facteur cool que produit le fait de fumer», dit-elle. Elle prévient que certains jeunes ont moins de 10 et 11 ans.
Toutefois, les compagnies de tabac nient avec véhémence leurs annonces visant les enfants. Les hôpitaux au Timor-Oriental sont toujours remplis de patients souffrant de maladies liées directement ou indirectement au tabac, mais aussi que les « jeunes ne sont pas encore assez vieux pour fumer ».
Pour l’instant, le grand tueur est la tuberculose. Mais le Dr Dan Murphy, un Canadien qui a passé 20 ans en cours d’exécution dans un hôpital local et une clinique à Dili, est inquiet pour l’avenir. Environ 80% des fumeurs vivent dans des pays en développement et « les jeunes apprennent que ce qu’ils sont censés faire pour être le plus proche des occidentaux est de fumer», dit Murphy.
« Maintenant, nous devons changer cette mentalité et commencer à s’inquiéter de l’avenir. « Je crains que nous allons passer par une phase d’apprentissage de la dure leçon qui a été vu dans de nombreux pays pauvres ». Murphy n’est pas convaincu de la gravité du gouvernement pour résoudre le problème. Il indique que beaucoup de pressions sont exercées par les lobbyistes du tabac.
«Ils peuvent faire paraître comme si fumer est un plaisir, quelque chose qui ajoute quelque chose à votre vie qui lui donne sens. L’un est contre une machine de propagande. Et c’est une dure bataille ».

En définitive, le paradis du fumeur pourrait devenir d’ici vingt ans le paradis du cancer.

Image d’entête : Scott Woodward

La réaction à la censure pouvait être innovante en URSS

« Comment une radiographie permettait aux pirates d’écouter Elvis »

Comment écouter Elvis sous la dictature ?

La musique dans les années 1950-1960 était bien difficile à écouter dans la patrie du communisme. Comme le rappelle le magasine britannique Motherboard, repris par le journal Le Monde, la musique provenant des pays occidentalisés étaient censurée par le régime de Moscou, obligeant les pirates de l’époque à utiliser des radiographies pour écouter les albums de leurs artistes fétiches.

Quand on a Elvis en tête…

A l’instar des radios pirates issues du Royaume-Uni, ancrées dans les eaux internationales, symbolisé par le film « Good Morning England » sorti en 2009 s’inspirant de la célèbre radio Caroline, « ces drôles de pirates russes volaient des radiographies dans les hôpitaux, et gravaient grâce à des phonographes ainsi qu’en trouant les radios avec une cigarette ». Le site de Radio Nova, qui dédie aussi un article sur le sujet, explique que cela permettait aux pirates de contourner la censure du régime et de pouvoir écouter du jazz ou du rock. La musique occidentale était bel et bien censurée, mais pas les phonographes, utilisés ici comme nos graveurs modernes.
« Ainsi, avec Elvis sur le poumon, Duke entre les côtes, la musique pouvait circuler en très mauvaise qualité mais à un prix dix fois inférieur à celui des marchés occidentaux. Aujourd’hui, il reste de cette période ces radios que l’on pourrait considérer comme des œuvres d’art. »

La censure a évolué sans forcément changer

La censure, bien qu’ayant considérablement évolué, reste très présente dans nos sociétés actuelles. Elle s’est juste métamorphosée en gardant parfois ses ressors politiques. Au Canada, la Loi de la radiodiffusion stipule qu’on « ne doit pas entendre à la radio ou à la télévision des propos indûment explicites ou grossiers ». L’interdiction n’est pas stricte et il est possible de faire usage de mots grossiers dans certaines situations. Aux États-Unis, où la loi est similaire, la Cour suprême a jugé que le monologue de l’humoriste Georges Carlin, qui notait l’absence de sept mots choquants à la télévision en les énumérant, était indécent, mais pas obscène. Il a finalement été diffusé.

En France, un clip du groupe les Wampas a été censuré au début des années 2000. La chanson en question est intitulée « Chirac en prison », faisant référence aux divers scandales du président de la république, notamment l’affaire des emplois fictifs du RPR.
Par ailleurs, le clip « Black or White » de Michael Jackson a été censuré en 2009 car le king of the pop avait une trop grande propension à se toucher l’entre-jambe, pourtant une marque de fabrique de l’artiste. Dans la même lignée, toujours aux Etats-Unis, rappelons que le dernier clip de Lady Gaga intitulé « do what u want » a été censuré en décembre 2013. La chanteuse est en effet vêtue de son plus simple appareil.

Récit d’une nouvelle politique européenne de gauche

Vendredi 25 juin 2014, à l’occasion du sommet européen de Bruxelles, la gauche européenne a proposé un éventail de cinq grandes thématiques pour relancer l’Europe. Le texte, que le journal Le Monde a pu se procurer, propose les grandes lignes d’un renouveau tant économique que politique. Pas sûr de que la femme la plus puissante du monde soit de cet avis.

S’appuyant sur les conseils du président du conseil italien, Mateo Renzi -qui a le vent en poupe ces derniers temps-, mais également avec le SPD allemand, François Hollande va présenter lors du sommet européen les grandes lignes d’un projet qui pourrait modifier considérablement la dynamique européenne en vogue depuis l’Acte Unique de 1986 ou encore le traité de Maastricht de 1992.

Voici les cinq points du projet européen de François Hollande :

Une politique économique orientée vers la croissance.

Fini les interminables plans de relance ou de restructuration, il est aujourd’hui nécessaire de laisser respirer un petit peu les économies fragiles des pays du sud. L’exemple grec est à ce titre frappant, si bien que le Fond Monétaire International a déclaré en 2013 que le premier plan de restructuration de la dette -qu’elle a elle-même conçu- n’avait pas obtenu les résultats escomptés.

La lutte contre le chômage des jeunes.

Dans la lignée du point précédent, le président français entend miser sur les jeunes et leur permettre d’avoir un accès à la formation plus sécurisé et plus de garanties lors de leur entrée sur le marché du travail. Cet argument est doublé du timide mais probable reverdissement de l’économie européenne offrirait un contexte plus attrayant pour les jeunes diplômés. L’idée est assez proche de la promesse présidentielle du candidat Hollande.

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Une politique européenne de l’énergie.

Alors que l’Allemagne a abandonné le nucléaire, suite à la catastrophe de Fukushima, pour intensifier le développement des énergies renouvelables mais également la production du charbon ; que la France refuse d’abandonner le nucléaire et que la question du gaz de schiste se fait de plus en plus pressante, la question de la mutualisation des techniques et financement est aujourd’hui indispensable pour répondre aux défis que propose le changement climatique, dans le contexte du sommet international sur le climat de Paris, prévu pour octobre 2015.

La maîtrise des flux migratoires.

L’idée ici serait de réformer deux grand ensembles, l’espace Shengen et FrontEx, pour maîtriser les flux de migrant légaux et illégaux. L’entreprise est certes noble et louable, mais elle n’a aucune chance d’aboutir, à moins de redonner un fort pouvoir aux services douaniers et limiter la liberté de circulation des personnes, l’une des quatre grandes libertés consacrées par l’Acte Unique de Jacques Delors de 1986. A la lumière de la construction européenne, limiter la libre circulation des personnes est impensable, maîtriser les flux est impossible.

Un choc de simplification des institutions.

L’Europe doit redevenir cette espace dédié à la défense des droits européens tout en redéfinissant les grandes lignes du projet (un volet social ?). Redonner l’envie d’Europe aux européens est la plus grandes des nécessités, au regard des résultats des élections européennes, doublé par un contexte de crise économique.
Les idées ne sont peut-être pas novatrices, mais elles ont le mérite d’aller dans le bon sens. L’Union Européenne a besoin d’une alternative socialiste, tout en comblant son besoin de se réinventer depuis les années 1980.

Pas évident qu’Angela l’entende de cette façon…

Favoriser l’esprit citoyen

Les défis contemporains sont nombreux : réchauffement climatique, transition énergétique, gestion des crises économiques et sociales, menaces sur la biodiversité, accès à l’eau, développement de la biotechnologie et des sciences du vivant, etc. Dans un monde interconnecté, relever ces défis nécessite une compréhension globale de ces enjeux et la construction d’un esprit citoyen. C’est dans cette optique que l’École de la philanthropie a été constituée en 2011 sous l’impulsion des Fondations Edmond de Rothschild : « développer l’esprit citoyen des jeunes au travers de la réalisation d’une action philanthropique ».

L’élément central : solliciter des vocations

L’École de la Philanthropie propose une « découverte des moyens de réflexion et d’action en faveur de l’engagement citoyen en plaçant le jeune au cœur du processus décisionnel et opérationnel ». Ainsi, en suivant le principe de l’empowerment, les participants à l’École de la Philanthropie développent leurs propres projets et s’emparent des thématiques qui les intéressent le plus.

Pour sa troisième édition, l’École de la Philanthropie a réuni vingt-trois classes de CE2, CM1 et CM2 d’Ile-de-France pour « changer le monde et devenir des citoyens responsables de demain ». Le programme ne se cantonne pas uniquement aux élèves ; il se charge également de proposer aux enseignants, aux animateurs ainsi qu’aux familles des outils permettant d’appréhender ces enjeux et leur permettre de mieux solliciter l’esprit citoyen. Deux journées sont consacrées à la présentation des projets menés tout au long de l’année : le 13 et le 20 juin pour la cérémonie de clôture en présence d’Ariane de Rothschild, qui préside l’école.

Parmi les actions menées grâce aux éditions précédentes, une classe de CM1 de l’école de Picpus a choisi de s’intéresser à la Fondation des Apprentis d’Auteuil qui accompagne près de 16.500 jeunes et familles en difficulté. La classe a finalement opté pour l’organisation d’une collecte d’ustensiles artistiques pour le pôle arts plastiques de la Fondation. Une autre classe de CM2 de l’école Blanche s’est investie sur le terrain de la protection de l’environnement en collaborant avec la Fondation GoodPlanet. La classe s’est mobilisée pour financer l’achat de blouses pour les élèves d’une école bioclimatique dans l’Atlas Marocain en vendant des fables numériques.

Ecole de la PhilanthropieVers une autre philanthropie

L’École de la Philanthropie traduit une vision modernisée de la philanthropie. Habituellement et historiquement considérée comme un genre de charité provenant d’un bienfaiteur, cette initiative rompt avec cette représentation pour soutenir une vision proactive de la philanthropie. Les aides, matérielles ou financières, ne sont présentes que pour soutenir un projet mené par des entrepreneurs investis sur un enjeu.

Le média suisse WRS a réalisé un entretien avec la Présidente de l’École de la Philanthropie, Ariane de Rothschild, au cours duquel elle y expliquait que « notre famille a dépassé la vision classique consistant à accorder des bourses ou des dons » pour adopter « une vision plus moderne de la philanthropie, presque aventureuse. Nous sommes proches des projets que nous finançons et nous appliquons des techniques managériales : nous effectuons des retours sur expérience, nous étudions les impacts sociaux, vérifions et mesurons l’effet de chaque action, etc. ».

Dans un autre entretien publié sur le site terrafemina.com, la Vice-présidente du Groupe Edmond de Rothschild insiste sur l’utilité du « retour sur engagement » de la philanthropie pour dépasser la simple « philanthropie de donner des fonds sans exigence » et « s’impliquer dans les projets avec des équipes dédiées ». Elle met en avant l’idée selon laquelle « la crise a montré les limites et les abus du système capitaliste orienté sur le court terme » et l’importance de promouvoir « l’entrepreneuriat social [qui] constitue réellement une piste intéressante pour tester des modèles viables capables de produire de l’argent avec des normes sociales claires ».

Dépoussiérée de l’image obsolète et archétypale d’un riche industriel accordant ses bonnes grâces au coup par coup, la philanthropie moderne vise le financement de projets économiquement viables ayant un impact social ou environnemental positif. Cette activité devient dès lors un autre moyen d’engagement sociétal autour de projets concrets et au sein des quels tout le monde peut s’engager.

Necotrans : une implantation historique en Afrique

Dossier Spécial Afrique, Le PointL’hebdomadaire Le Point consacrait son numéro de jeudi dernier au « grand réveil » de l’Afrique, fustigeant des français dans le « deni », qui, par « paresse intellectuelle » ou « ethnocentrisme crasse », refuseraient la réalité de ce « boom économique » quand les chinois ou autres, seraient bien plus en avance. C’est sans prendre en compte la réalité des implications sociales et environnementales des investissements chinois en Afrique.

Face à ces généralités caractéristiques, réhabilitons un peu la présence de l’industrie française en Afrique.

Comme le souligne l’un des auteurs du dossier spécial du Point, en 2040, les ports africains assureront le transit de plus de 2 milliards de tonnes de marchandises par an, soit à peu près la même quantité que celles transportées par les ports américains en 2012. Et cela, l’entreprise familiale de logistique fondée en 1985 par Richard Talbot, Necotrans, l’avait anticipé, en se positionnant dès ses débuts sur le marché africain.

Necotrans, avec ses 950 millions d’euros de chiffre d’affaires, et à sa tête Grégory Quérel, est en passe de lancer des investissements importants dans l’exploitation des ports stratégiques africains, notamment au Sénégal et au Cameroun. Les projets du français s’inscrivent dans cette dynamique de réappropriation de l’économie africaine par sa population, en privilégiant l’emploi local et en tissant systématiquement des partenariats avec les compagnies nationales.

Fin 2013, Necotrans signait avec le Port Autonome de Dakar un contrat de modernisation avec un investissement prévu dvue-aerienne-du-port-de-dakare 74 millions d’euros. Le groupe promet de générer des emplois stables sur Dakar tout en améliorant les équilibres sociaux et environnementaux. Plus récemment on apprenait que Necotrans faisait partie des cinq entreprises retenues par le gouvernement camerounais pour obtenir la gestion du terminal à conteneurs en eaux profondes de Kribi. Le PDG Grégory Quérel y voit en effet « le port de l’avenir pour le Cameroun ».

Ce qui est sûr, c’est que la stratégie du fondateur de l’entreprise, Richard Talbot, qui a misé dès l’origine sur le développement des infrastructures en Afrique, porte ses fruits à l’heure de ce « boom économique » africain.