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Où en sont les MOOC ?

Internet a engrangé depuis sa création un lot de révolutions pour ce qui est des communications et du commerce notamment. Pour ce qui est des services, les progrès et l’explosion du secteur est assez nouvelle. Il est aujourd’hui devenu commun de réserver un appartement ou un taxi en ligne. Les sciences économiques ont toujours considéré les services comme un élément difficilement délocalisable du fait qu’il s’agit de biens immatériels qui n’ont pas leur place sur les conteneurs de la mondialisation. Des phénomènes de fuites de cerveaux ont depuis longtemps existé tout en concernant des volumes d’étudiants finalement faibles, comparé à la masse estudiantine mondiale.

La liberté de suivre des cours prestigieux et un entrepreneuriat favorisé

En s’affranchissant de la contrainte du temps, Internet a réalisé un nouveau miracle. Les MOOC permettent à qui veut, de suivre n’importe quel cours, de n’importe quelle université à n’importe quelle heure. L’enseignement connait ainsi une nouvelle libéralisation qui permet à tout un chacun de suivre les cours des universités les plus prestigieuses ou de suivre une formation en parallèle de son travail quotidien. C’est un système éminemment libre dans la mesure où l’on peut suivre une partie du cursus et la reprendre plus tard sans être obligé de valider le diplôme.

Les MOOC ont un caractère professionnalisant et favorisent aussi l’entreprenariat en fournissant des cours de management aux personnes qui lancent leurs entreprises par exemple. Cela constitue l’un des usages mais il en existe une infinité : des femmes enceintes aux cadres en reconversion, chacun y trouve son intérêt. L’une des spécificités de ces cours est leur durée relativement courte puisque 80% d’entre eux durent moins de 8 semaines. Un facteur de mobilité sociale que le gouvernement français a cerné en lançant à l’automne dernier la plateforme compilant tous les CLOM (Cours en Ligne Ouvert et Massif) français : france-universite-numerique.fr. La France suit ainsi une tendance mondiale avec plus de 400 000 étudiants qui suivent près de 90 cours en ligne sur la plateforme gouvernementale en parallèle d’autres hébergeurs de CLOM comme openclassrooms ou Coursera qui offre la possibilité de se créer son propre cursus avec des professeurs de toute la planète.

Une promesse non tenue

Cette flexibilité très large comporte également des inconvénients et des lacunes. En effet, la majorité des étudiants ne terminent pas les cours qu’ils ont commencé, y assistent de manière sporadique et ne valident pas le cours à son terme. Il ne ressort pas un nombre suffisants de diplômés puisque plus de 60% ne vont pas au bout de leur programme. Cette formation à la carte rend difficile la pérennisation de certains cours dès lors que le nombre d’élèves fluctue et qu’ils n’aboutissent pas à un succès. Ce problème se fait ressentir depuis un moment, ce qui a conduit les universités les plus prestigieuses à rendre payant leurs MOOC pour s’assurer de l’assiduité des inscrits. L’objectif poursuivi est aussi de ne pas mobiliser un professeur pour les cours ayant le moins d’élèves et de diplômés. On observe bien que la frontière floue entre cours universitaire et formation professionnelle rend les MOOC instables. En dehors de la solution de la tarification, la restriction au nombre de places a aussi émergée avec les SPOC, Small Private Online Courses, qui sélectionnent les participants. Voici qu’après 7 ans d’existence l’utopie des MOOC se heurte à la réalité. La connaissance pour tous, n’importe où, n’importe quand n’a pas pu se mettre en place. Avec ces récents changements, qu’est-ce qui différencie encore les MOOC de l’enseignement à distance classique ? Internet et ses multiples métamorphoses ne nous ont pas encore tout dévoilés, c’est clair et net.

Moussa Koné

sources :
www.garage21.org/
www.jenzabar.com/MOOC
www.etudiant.lefigaro.fr/orientation

Tous unis pour la liberté

Une foule impressionnante s’est massée à Paris le dimanche 11 janvier pour afficher sa détermination à défendre la liberté. Une réelle mobilisation nationale s’est opérée, mais pas uniquement… Cette journée aura aussi été celle de toutes les personnes conscientes, à travers le monde, de la valeur de la liberté et du combat quotidien nécessaire pour la préserver. Au-delà du symbole de « Je suis Charlie », qui appartient aujourd’hui à tous, c’est notre responsabilité de citoyen français et du monde de défendre nos libertés et la liberté des autres à travers le globe. C’est même un devoir. Ce devoir a été parfaitement rempli compte tenu de la mobilisation internationale qui a eue lieu. Ce ne sont pas seulement les chefs d’Etats ou de gouvernements qui ont été présents mais chaque citoyen désireux de participer d’une manière ou d’une autre à quelque chose de plus grand que lui. Ce 11 janvier restera dans l’Histoire comme la journée de défense de nos libertés : liberté d’expression, liberté de tristesse, liberté de recueillement, liberté de rire, liberté de croire, liberté d’être ensemble, en résumé la liberté d’être humain.

Un combat qui doit se poursuivre

Notre addiction à la liberté doit se transformer en un formidable élan vers l’autre. Il est absolument nécessaire que tous nous puissions à nouveau nous tourner vers quelque chose de fondamentalement humain, il s’agit du vivre ensemble. Comment renier ou laisser faiblir un élément fondateur de notre pays et du monde ? Comment renier cette diversité qui compose nos rencontres ? Une chose très émouvante était de lire sur les pancartes présentes lors de la marche républicaine « Je suis Juif », « Je suis Flic », « Je suis Musulman », « Je suis Chrétien ». C’est la preuve que nous sommes capables de nous entendre et de faire front ensemble contre toutes formes de violences avec nos sensibilités, nos origines, nos croyances. Notre devoir consiste maintenant à garder notre esprit critique en alerte pour déceler chaque réaction ou décisions susceptibles de mettre en danger cette cohésion. Evidemment cela ne sera pas chose aisée. Les réflexes sécuritaires et de peur seront bien présents, et c’est un élément tout à fait normal. Néanmoins, le défi principal qui nous attend est de combattre les solutions faciles et discours qui chercheront à faire naître plus de peur qui n’en existe déjà. Il est faux de dire qu’il n’y a pas de menace, comme il est faux de dire que nous ne sommes pas conscients de l’existence de cette menace. Il nous reste donc à trouver les outils politiques, législatifs, éducatifs et même judiciaires pour lutter efficacement contre des dérives possibles comme l’amalgame, contre d’autres attentats, contre des réflexes sectaires et racistes. Il est également nécessaire de faire comprendre la place que chaque citoyen a dans notre société afin d’endiguer des phénomènes d’exclusion et de radicalisme naissants. La place de l’éducation notamment sur le respect d’autrui, l’éducation civique dans nos écoles laïques en somme, est une solution qui doit être mise en avant, tout comme le dialogue inter-religieux. Notre liberté doit être un moyen d’aller vers les autres. Et plus encore, c’est une arme qui doit nous servir dans nos combats quotidiens comme la place de la femme, ou des minorités, ou bien encore la pauvreté et le racisme. Il ne faut pas détourner l’attention des problèmes économiques, politiques. Chose pire encore, nous ne pouvons pas oublier l’actualité des autres pays.  Au Nigéria, le groupe terroriste Boko Haram a récemment rasé et brûlé plusieurs villages, tuant environ 2000 personnes. Qui a soutenu « je suis Nigérian » ?

Une liberté d’expression occultante ?

Malgré une mobilisation citoyenne certaine à Paris, dans le monde et sur les réseaux sociaux les événements qui se sont déroulés ont occulté l’actualité internationale. Voici quelques brèves d’informations qui ont une résonnance singulière aux vues combats affichés lors de la marche républicaine. Comme nous venons de l’écrire, le groupe salafiste Boko Haram a exécuté plusieurs attaques au Nigeria. La Croatie a élu sa présidente Kolinda Grabar Kitarovic ancienne ministre des affaires étrangères. Les combats en Ukraine ne cessent toujours pas. La liberté de la presse ne peut pas se limiter à notre souffrance. La riche actualité internationale ou nationale a cessé d’exister, supplantée par les séquences de violences que tous les médias français ont suivies en temps réel. On peut s’étonner du manque d’information consacré au reste du monde depuis l’attaque des locaux de Charlie Hebdo. Même si cela s’explique par la douleur, le choc et l’émotion ressentie, l’envie de tous de suivre cette macabre « téléréalité » et de se tenir informés pour éventuellement se protéger. Toutefois, savoir remettre en cause l’information et son traitement reste important. Ce réflexe démocratique nous permettra de rester libres penseurs.

Enfin, la question de la défense de la liberté de la presse et d’expression devrait tous nous toucher, encore plus aujourd’hui. Alors pourquoi ne parlons pas des journalistes qui depuis toujours exercent leur profession dans des conditions dangereuses. L’exemple de la Chine, Russie, de l’Arabie Saoudite ou bien du Venezuela devraient nous révolter et amener à poursuivre cette mobilisation. En effet, les peuples de ces pays recherchent aussi la liberté, qu’ils déclineront sous toutes ses formes une fois qu’elle sera acquise, respectée et défendue. Les mots de l’écrivain français Claude Aveline retentissent particulièrement suite aux événements parisiens et à la rédaction de ce modeste article : « L’homme qui réclame la liberté, c’est au bonheur qu’il pense. ».

Combattre l’Etat Islamique : une stratégie efficace ?

Un peu plus d’un mois après le début des frappes aériennes françaises contre l’Etat Islamique il semble nécessaire de préciser certaines choses sur la stratégie militaire. Cet article, modestement, propose de poser une réflexion sur l’efficacité de cette intervention.

Quel choix politique ?

Le président François Hollande, après une réunion avec le conseil de Défense, a pris la décision d’engager des forces françaises contre l’Etat Islamique (EI). Lors de sa conférence de presse du 18 septembre, le chef de l’Etat a répondu officiellement, devant l’opinion nationale, à la demande d’aide du nouveau gouvernement de Bagdad. Dans son discours le choix politique avancé par le président était celui d’ « affaiblir » l’EI. Son homologue américain, Barack Obama, essaye lui d’avoir un discours plus ferme face à une organisation djihadiste qui profite du chaos que connaît le pays après l’opération américaine décidée sous l’ère Bush.

Pour le président américain actuel il faut « détruire » purement et simplement l’EI. La ligne politique américaine qui est défendue est compréhensible,  l’administration Obama ne peut que tenir qu’une position forte. Barack Obama ne peut plus se permettre de rester évasif sur le sujet, comme lorsqu’il avouait ne « pas avoir de stratégie » pour lutter contre les succès et l’influence grandissante du groupe. Il se pose en « commander in chief ».

Néanmoins, la crise irakienne fait redouter une crise afghane le possible retour des Talibans au pouvoir à Kaboul. Derrière un leadership assumé les Etats-Unis n’ont pas la souplesse et la marge d’action diplomatique de la France dans la région. En témoigne la visite du président Hollande à Bagdad.

Tentative de gestion de crise

Qu’en est-il de la gestion de la crise par la présidence française ? La lutte contre l’Etat Islamique semble être une évidence compte tenu des informations et reportages qui envahissent les médias. L’ennemi est tout désigné et l’opinion semble favorable à une action portée contre les djihadistes. L’Etat français décide donc de ne pas laisser faire cette organisation, d’où la décision de F. Hollande d’ordonner une « opération de protection aérienne » en Irak et seulement en Irak. Mais tout le monde sait que l’EI ne s’arrête pas à l’ancienne frontière irako-syrienne. Une première limite à l’intervention militaire est atteinte.

L’approche diplomatique semble-t-elle avoir primé sur l’efficacité militaire ? Ce n’est pas certain. L’Etat Islamique est à combattre également sur le territoire syrien. Des raids américains ont eu lieu en Syrie. On imagine donc une coopération, somme toute légère, entre militaires américains et syriens pour éviter des incidents regrettables. Sur le plan politique et diplomatique on revient donc à l’option proposée dès le départ par la Russie qui était de négocier avec Bachar al-Assad. L’occident montre bien un manque de maîtrise de la situation.

Elle sait parfaitement que ses opérations de bombardements ne peuvent pas anéantir l’EI. Le choix politique français de « l’affaiblissement » semble donc être respecté. Affaiblir l’organisation djihadiste est sans doute le minimum à faire pour satisfaire des opinions de plus en plus sujettes à secouer les politiques.

Néanmoins un flou complet et tenace subsiste quant à la défense de nos intérêts dans la zone. Au-delà de la pensée juste et communément admise qu’une puissance moyenne comme la France ne peut pas rester sans agir et laisser l’Irak imploser dans cette région sensible.

Un coût financier élevé pour un résultat discutable

Il est clair que la France ne veut pas apparaitre faible face à la lutte contre le fondamentalisme. Pour autant, l’intervention aérienne en Irak à un coût financier réel face à des résultats qui sont discutables.

Il est clair que le personnel militaire engagé pour endiguer la menace fait tout ce qu’il peut avec les moyens matériels qui sont les siens. Mais la France a-t-elle les moyens de se payer cette intervention ? La question doit être posée surtout dans un contexte économique moribond et compte tenu des prévisions inquiétantes pour le budget de la défense. Le budget alloué au ministère de la Défense prévu pour 2015 est de 31,4 milliards d’euros soit le minimum vital pour maintenir l’ensemble notre appareil militaire fonctionnel (entretien, modernisation, engagement). Même si cette mission de protection aérienne en Irak sonne juste, la question du financement de la guerre sonne quant à elle légitime, surtout lorsque les intérêts stratégiques français sont incertains.

Prenons un exemple concret, la « mission d’appui des troupes au sol » qu’elles soient irakiennes ou kurdes se fait par bombardement aérien. Le 19 octobre deux Rafales ont largué des bombes à guidage laser GBU-12 pour détruire deux pick-up de l’Etat Islamique. Le coût d’une telle bombe est estimé entre 52100 et 67000 euros pièce. Il ne faut pas oublier le coût de l’heure de vol. Une heure de vol en Rafale coûte entre 10000 et 13000 euros, somme hors carburant. Avec carburant l’heure de vol est estimée à 29000 euros. Combien de temps pourront nous continuer à bombarder pour arriver à détruire seulement, deux malheureux véhicules et ses occupants ? Ajoutons que régulièrement les avions de combat français effectuent des vols de huit heures, ce qui nécessite un parfois deux ravitaillements, tout cela a aussi un coût financier important.

Après un peu plus d’un mois que la France « intervient » dans l’espace aérien irakien quel est le constat ? L’Etat Islamique est toujours présent et influent, il s’adapte aux frappes aériennes en utilisant les populations. Pire, il s’est rapproché de la frontière turque. La ville de Kobané située à environ 500 mètres de la frontière turque, portée en symbole par les médias, tient toujours malgré des combats qui s’enlisent. Les bombardements se poursuivent, mais l’influence et la présence de l’Etat Islamique ne semble pas ralentir. La question qui importe est de savoir si nous pouvons continuer à combattre l’EI de la même manière, et si oui, pour combien de temps encore ?

Sources : Latribune.frAtlantico.frLiberation.fr

Hacker la démocratie sur internet avec l’astroturfing

L’Astroturfing est une technique consistant en la simulation d’un mouvement spontané ou populaire à des fins d’ordre politique ou économique pour fabriquer l’opinion. Elle consiste à donner l’impression d’un sentiment majoritaire pour justifier une prise de position.

L’astroturfing joue sur un certain nombre de ressorts psychologiques, notamment le pouvoir du conformisme et de la pression sociale démontré par l’expérience de Asch[1] et conceptualisé dans « L’effet Bandwagon »[2]. Cet effet, également appelé « effet de mode » regroupe le comportement « moutons de panurge » ainsi que le fait que les esprits indécis finissent par prendre tardivement leur décision en imitant ce que pense ou fait la majorité.

En pratique, l’astroturfing s’effectue en influant le cours de l’information sur l’internet participatif : manipulation de sondages, flood, troll dans les commentaires et sur les réseaux sociaux. Certains vont même jusqu’à mettre en place en place des robots. C’est le cas des jeunes de l’UMP avec l’outil Twitpop[3] mis en place en 2011 qui permet aux fanboys du parti de lui donner les pleins pouvoirs sur leur compte Twitter. Grace à cet outils, tous les comptes zombies retweetteront de façon automatisée les tweets écrits par les « Jeunes pop ». Toujours à l’avant-garde du progrès, l’équipe de campagne de François Hollande à très rapidement fait de copier l’Union des Moutons de Panurge pour mettre en place son propre système de spam avec le compte toushollande.fr .

Heureusement l’élite de la république ne semble pas encore avoir eu l’inspiration des Sud-coréens qui auraient mis en place en 2012 une campagne de diffamation industrielle automatisée ayant engendré près de vingt-quatre millions de tweets pour écarter un candidat. Enfin, ne parlons pas trop vite c’est peut-être déjà prévu pour 2017.

En marketing, la technique est également utilisée, quoi de plus facile pour écraser la visibilité du concurrent ? Ainsi quelques affaires de grande ampleur ont éclaté dans la téléphonie avec l’attaque de Samsung sur HTC. En France, des affaires de « faux contributeurs » ont été mises à jour sur Médiapart, le Figaro, les Echos, le Huffington Post et Economie Matin. Des agences de communication ou des startups ambitieuses ayant créé des personnages ou des journalistes de toutes pièces avec compte Facebook, profil Linkedin et CV fictif ont été épinglés par les internautes.[4]

Certains considèrent l’astroturfing comme légitime dans la manière ou, à l’image de la fable de La Fontaine, c’est dans la nature de toutes grenouilles d’essayer de se faire aussi grosse que le Bœuf. Mais la morale de cette fable-là, c’est que sur Internet comme partout ailleurs, la démocratie n’existe pas.

pour plus d’informations:

http://tendactu.fr/les-coulisses-du-web/2551/
http://bdc.aege.fr/public/Astroturfing_Enjeux_pratiques_et_detection.pdf

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Asch
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_de_mode
[3] http://leplus.nouvelobs.com/contribution/189829-les-jeunes-de-l-ump-et-twitter-ou-les-moutons-2-0.html
[4] http://vigie-astroturf.blogspot.fr/

Qu’est-ce que Boko Haram ?

Jeudi 5 juin 2014, des hommes soupçonnés d’appartenir à Boko Haram ont kidnappé vingt femmes dans un campement nomade. L’enlèvement a eu lieu près de la ville de Chibok, là même où deux cent soixante-seize jeunes filles avaient été capturées par le groupe islamiste le 15 avril 2014. Le groupe a aussi pris avec lui trois jeunes hommes qui tentaient d’empêcher le kidnapping.

La mouvance a été créée en 2002 par Mohamed Youssouf. Le groupe est considéré comme une secte salafiste qui revendique la création d’un Etat islamique dans le nord du Nigeria. Il prône le retour à la « pureté » de l’islam par l’application stricte de la charia, la loi islamique.
Boko Haram défend une version radicale de l’islam, qui interdit aux musulmans de prendre part à toute activité politique ou sociale associée aux sociétés occidentales, comme voter lors des élections, porter des chemises et des pantalons ou recevoir une éducation séculière. Il s’oppose à l’instruction des femmes.
L’article publié par le journal le Monde le 13 mai 2014 présente de façon exhaustive l’origine de Boko Haram. Le nom officiel du groupe est Jama’atu Ahlul Sunna Lidda’awati Wal Djihad, qui signifie en arabe « la communauté des disciples de la tradition de l’islam pour la prédication et la guerre sainte ». Des populations locales du nord-est du pays l’ont pourtant surnommé Boko Haram, qui en langue haoussa signifie « l’éducation occidentale est un péché » — « boko », de « book », « livre » en anglais, et « haram » , « interdit » en arabe —, soit le rejet d’un enseignement perverti par l’occidentalisation. Voilà pourquoi le groupe est farouchement opposé à l’instruction des femmes, qui dans les pays occidentaux bénéficient de l’accès à l’éducation, au droit de vote et jouissent de la parité dans la conduite des affaires familiales. Bien loin de la vocation quasi monastique que souhaite leur imposer leurs ravisseurs.
Bien qu’il soit extrêmement difficile d’évaluer leur nombre, les experts (spécialistes de géopolitique, observatoire international du terrorisme, entre autres) considèrent qu’ils représentent au mieux quelques centaines d’individus ; peut-être un millier.
Le flou perdure également sur le financement de ce groupe. Plusieurs hypothèses sont à l’étude, dont celles d’un financement lors des luttes politiques de l’Etat du Borno, par les grands commerçants du nord du pays également dans le cadre de luttes politiques ou de pouvoir ou encore par des moyens plus directs, tels le braquage d’une banque, le racket, le trafic d’armes ou de drogue. Enfin, le groupe terroriste bénéficierait de plusieurs soutiens de poids parmi lesquels des hauts responsables nigérians ainsi que du soutiens de plusieurs pétromonarchies, comme la Qatar ou l’Arabie Saoudite, comme l’a révélé le Nouvel Observateur dans un article publié le 15 novembre 2013.

 

Dans les coulisses du Web

Si la démocratisation d’internet promettait l’accès à un espace démocratique pour tous, force est de constater que comme dans tout espaces de liberté, sur la toile c’est le plus gros qui mange le plus petit. Enfin, c’est le constat qui s’impose devant la déclaration de l’école israélienne, IDC Herslia – Raphael Recanati International School, qui revendique la mise en place d’une « war room » pour défendre en ligne les intérêts Israéliens. La première « war room » est apparue pendant la guerre 39-45 sous Churchill. Il s’agissait d’une sorte de cellule de crise regroupant les plus grands stratèges du pays dans un bunker pour faire face à la situation de crise d’une capitale bombardée. A l’heure de l’internet le mot a évolué. Dans le cas présent, la war room de l’école Israélienne désigne une équipe connectée qui met en place des stratégies de défense contre les offensives d’internautes révoltés par la guerre asymétrique menée par l’Etat Hébreux. Le but avoué de cette cellule de crise est de modifier l’opinion publique et de nettoyer la réputation d’Israel en opérant à grands renforts de commentaires, d’articles, d’images, de vidéos, de liens.

La stratégie est simple : réunir des militants avec des compétences dans l’écriture, l’infographie, le montage vidéo, le troll, le multi profile. Organiser un brainstorming pour créer le matériel de propagande et l’argumentaire qui n’aura plus besoin que d’être copié collé dans les commentaires (images, gif, vidéo, mêmes, citations, liens vers des articles sensibles, contre argumentaires fallacieux qui serviront de faire valoir via des faux comptes d’opposants). On identifiera ensuite les cibles de l’opération d’influence : réseaux sociaux, blogs, sites de presse écrite, plateformes communautaires … Les plus raffinés prépareront des solutions de variation d’adresse IP, multiplierons les adresses emails et utiliseront des profils anciens au réseau développé de longue date. La dernière étape consiste à ouvrir la guerre d’information : bombardement de commentaires, occupation de forums, nuages d’intoxication, minage au commentaire lourd pour décourager les lecteurs à la lecture des sites ennemis.

Si les individus sont bien formés, ces réseaux occultes peuvent se révéler indétectables. En effet, une fois chaque individu formé, il repart sans aucun lien avec les autres. Si des instructions sont données au groupe pour orienter la stratégie générale, une cellule efficace les réduira à son maximum pour créer le moins possibles de points de connexion entre les membres. Et donc le moins de failles possibles dans le camouflage du réseau.

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By Victorgrigas (Own work) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Ne croyez pas que la war room soit une exception du net, elle en est plutôt la règle. Chez les plus puissants on paye des sommes astronomiques pour lancer une armée des « trolls » dans les forums de discussion en ligne. C’est le cas de l’Union Européenne qui a déboursé 2,5 millions d’euros avant les dernières élections afin de lutter contre l’euroscepticisme montant. On apprend maintenant qu’en Israël, on utilise la main d’œuvre gratuite des étudiants pour tenter de blanchir la réputation sanglante de l’Etat hébreux. Mais le mensonge organisé n’est pas l’apanage des plus puissants, de nombreuses organisations n’hésitent pas à monter des petits groupes pour tirer leur épingle du jeu sur le net.

Sur internet comme en France, la célèbre phrase de Coluche « La dictature, c’est ferme ta gueule, La démocratie c’est cause toujours ! » semble se vérifier.

Source :

www.infoguerre.fr/edito/edito-la-propagande-a-l-heure-du-web/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=rss

Pour plus d’info sur l’opération de l’union Européenne :

www.agoravox.fr/actualites/europe/article/l-ue-va-financer-des-trolls-pour-130702

Le Timor-Oriental : Paradis des fumeurs

Le Timor-Oriental a le des taux de tabagisme le plus élevé au monde, où près des deux tiers de ses hommes fumant quotidiennement (31 % pour les femmes). Mais pourquoi l’un des pays les plus pauvres d’Asie du Sud-Est est-il à ce point accro à la nicotine ?

Le tabac fait partie de la fibre du Timor oriental. Dans les couloirs sombres des étals du marché, on retrouve en vente libre des tomates, pommes de terre, les courges et les haricots et du tabac à priser (tabac en poudre que l’on inhale).

Les scientifiques qui défendent les cigarettes électroniques

La plupart des cigarettes coûtent moins de 1 $ US par paquet. Empilés sous de grands parasols aux couleurs des grandes marques existantes dans le pays, les paquets portent des avertissements, mais cela n’a pas de sens pour de nombreux fumeurs, car environ la moitié de la population est analphabète. Dans la capitale, Dili, le cow-boy emblématique de Marlboro monte toujours à cheval sur les panneaux publicitaires, même si dans la plupart des pays, cette annonce a été interdite ou au moins limitée. Mais pas ici.
Selon les chiffres du Journal de l’American Medical Association, 33% de la population du Timor Oriental fume tous les jours. Pour les hommes, le chiffre s’élève à 61%, le plus élevé au monde. «De plus en plus de jeunes qui fument chaque année, en particulier les enfants et les adolescents», a déclaré le Dr Jorge Luna, le représentant local de l’Organisation mondiale de la Santé. « C’est un problème très grave ».

Cigarette-Une
Dailygeekshow.com

Les jeunes consommateurs

Près de la moitié de la population a moins de 15 ans et une demande croissante est en vogue, notamment chez les jeunes, concernant les cigarettes dites occidentales, souvent vendus séparément et situés en dehors des rues, dans des étals spécifiques. Un cigare est de 10 cents, si vous en achetez deux cela revient à 20 cents, mais si vous en commandez quatre alors le prix est de 25 cents. Les agriculteurs locaux qui cultivent le tabac à priser pour les locaux le coût de production de ce tabac local est encore moins cher que les marques qui sont souvent importés d’Indonésie.
Dans les écoles de ce pays, il n’y a presque pas de l’éducation de la santé en ce qui concerne la cigarette. «J’ai vu des enseignants qui fument dans la salle de classe comme ils écrivent sur la carte», dit Luc Sabot, directeur de l’Adventist Development and Relief Agency au Timor oriental. « Tout au long du système d’éducation, il n’existe pas de réglementation sur l’utilisation du tabac à priser dans les écoles », ajoute-il.

Liberté de Fumer

Au Timor oriental, vous pouvez fumer n’importe où. L’air dans les bars, restaurants, hôtels, cafés ou salle de réception ; et même dans les avions (même si ce sera interdit prochainement). Il n’y a qu’une seule exception: un nouveau centre commercial ouvert en 2013 interdit le tabac et le tabagisme passif.
Même le premier ministre est un gros fumeur. Xanana Gusmao a été l’un des dirigeants de la guérilla qui ont combattu les Indonésiens après l’annexion du Timor oriental en 1975 et avant l’indépendance du pays en 2002. Il a été capturé et condamné à la prison à vie par les colons indonésiens avant d’être laissé en liberté avant l’indépendance.
Il avoue être un toxicomane, car trois fois il a essayé d’arrêter sans succès. Il admet également que ce n’est pas un bon exemple à suivre.
« La loi interdisant ceci ou cela, ne serait pas aussi efficace. L’éducation est nécessaire et prendra du temps, mais je pense que plus les gens sont conscients des maladies qu’il peut causer, mieux ils seront préparés à le laisser seul ».

Les femmes

Mais l’épouse du Premier ministre australien, Kirsty épée Gusmao, est une activiste contre le cancer et est entièrement dévouée à la tâche. Elle a eu un cancer du sein et reste très préoccupée par le nombre croissant de jeunes fumeurs.
«Les entreprises de tabac en Indonésie et partout ailleurs se concentrent sur les jeunes qui sont très conscients de l’image et du facteur cool que produit le fait de fumer», dit-elle. Elle prévient que certains jeunes ont moins de 10 et 11 ans.
Toutefois, les compagnies de tabac nient avec véhémence leurs annonces visant les enfants. Les hôpitaux au Timor-Oriental sont toujours remplis de patients souffrant de maladies liées directement ou indirectement au tabac, mais aussi que les « jeunes ne sont pas encore assez vieux pour fumer ».
Pour l’instant, le grand tueur est la tuberculose. Mais le Dr Dan Murphy, un Canadien qui a passé 20 ans en cours d’exécution dans un hôpital local et une clinique à Dili, est inquiet pour l’avenir. Environ 80% des fumeurs vivent dans des pays en développement et « les jeunes apprennent que ce qu’ils sont censés faire pour être le plus proche des occidentaux est de fumer», dit Murphy.
« Maintenant, nous devons changer cette mentalité et commencer à s’inquiéter de l’avenir. « Je crains que nous allons passer par une phase d’apprentissage de la dure leçon qui a été vu dans de nombreux pays pauvres ». Murphy n’est pas convaincu de la gravité du gouvernement pour résoudre le problème. Il indique que beaucoup de pressions sont exercées par les lobbyistes du tabac.
«Ils peuvent faire paraître comme si fumer est un plaisir, quelque chose qui ajoute quelque chose à votre vie qui lui donne sens. L’un est contre une machine de propagande. Et c’est une dure bataille ».

En définitive, le paradis du fumeur pourrait devenir d’ici vingt ans le paradis du cancer.

Image d’entête : Scott Woodward

Necotrans : une implantation historique en Afrique

Dossier Spécial Afrique, Le PointL’hebdomadaire Le Point consacrait son numéro de jeudi dernier au « grand réveil » de l’Afrique, fustigeant des français dans le « deni », qui, par « paresse intellectuelle » ou « ethnocentrisme crasse », refuseraient la réalité de ce « boom économique » quand les chinois ou autres, seraient bien plus en avance. C’est sans prendre en compte la réalité des implications sociales et environnementales des investissements chinois en Afrique.

Face à ces généralités caractéristiques, réhabilitons un peu la présence de l’industrie française en Afrique.

Comme le souligne l’un des auteurs du dossier spécial du Point, en 2040, les ports africains assureront le transit de plus de 2 milliards de tonnes de marchandises par an, soit à peu près la même quantité que celles transportées par les ports américains en 2012. Et cela, l’entreprise familiale de logistique fondée en 1985 par Richard Talbot, Necotrans, l’avait anticipé, en se positionnant dès ses débuts sur le marché africain.

Necotrans, avec ses 950 millions d’euros de chiffre d’affaires, et à sa tête Grégory Quérel, est en passe de lancer des investissements importants dans l’exploitation des ports stratégiques africains, notamment au Sénégal et au Cameroun. Les projets du français s’inscrivent dans cette dynamique de réappropriation de l’économie africaine par sa population, en privilégiant l’emploi local et en tissant systématiquement des partenariats avec les compagnies nationales.

Fin 2013, Necotrans signait avec le Port Autonome de Dakar un contrat de modernisation avec un investissement prévu dvue-aerienne-du-port-de-dakare 74 millions d’euros. Le groupe promet de générer des emplois stables sur Dakar tout en améliorant les équilibres sociaux et environnementaux. Plus récemment on apprenait que Necotrans faisait partie des cinq entreprises retenues par le gouvernement camerounais pour obtenir la gestion du terminal à conteneurs en eaux profondes de Kribi. Le PDG Grégory Quérel y voit en effet « le port de l’avenir pour le Cameroun ».

Ce qui est sûr, c’est que la stratégie du fondateur de l’entreprise, Richard Talbot, qui a misé dès l’origine sur le développement des infrastructures en Afrique, porte ses fruits à l’heure de ce « boom économique » africain.