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France

Favoriser l’esprit citoyen

Les défis contemporains sont nombreux : réchauffement climatique, transition énergétique, gestion des crises économiques et sociales, menaces sur la biodiversité, accès à l’eau, développement de la biotechnologie et des sciences du vivant, etc. Dans un monde interconnecté, relever ces défis nécessite une compréhension globale de ces enjeux et la construction d’un esprit citoyen. C’est dans cette optique que l’École de la philanthropie a été constituée en 2011 sous l’impulsion des Fondations Edmond de Rothschild : « développer l’esprit citoyen des jeunes au travers de la réalisation d’une action philanthropique ».

L’élément central : solliciter des vocations

L’École de la Philanthropie propose une « découverte des moyens de réflexion et d’action en faveur de l’engagement citoyen en plaçant le jeune au cœur du processus décisionnel et opérationnel ». Ainsi, en suivant le principe de l’empowerment, les participants à l’École de la Philanthropie développent leurs propres projets et s’emparent des thématiques qui les intéressent le plus.

Pour sa troisième édition, l’École de la Philanthropie a réuni vingt-trois classes de CE2, CM1 et CM2 d’Ile-de-France pour « changer le monde et devenir des citoyens responsables de demain ». Le programme ne se cantonne pas uniquement aux élèves ; il se charge également de proposer aux enseignants, aux animateurs ainsi qu’aux familles des outils permettant d’appréhender ces enjeux et leur permettre de mieux solliciter l’esprit citoyen. Deux journées sont consacrées à la présentation des projets menés tout au long de l’année : le 13 et le 20 juin pour la cérémonie de clôture en présence d’Ariane de Rothschild, qui préside l’école.

Parmi les actions menées grâce aux éditions précédentes, une classe de CM1 de l’école de Picpus a choisi de s’intéresser à la Fondation des Apprentis d’Auteuil qui accompagne près de 16.500 jeunes et familles en difficulté. La classe a finalement opté pour l’organisation d’une collecte d’ustensiles artistiques pour le pôle arts plastiques de la Fondation. Une autre classe de CM2 de l’école Blanche s’est investie sur le terrain de la protection de l’environnement en collaborant avec la Fondation GoodPlanet. La classe s’est mobilisée pour financer l’achat de blouses pour les élèves d’une école bioclimatique dans l’Atlas Marocain en vendant des fables numériques.

Ecole de la PhilanthropieVers une autre philanthropie

L’École de la Philanthropie traduit une vision modernisée de la philanthropie. Habituellement et historiquement considérée comme un genre de charité provenant d’un bienfaiteur, cette initiative rompt avec cette représentation pour soutenir une vision proactive de la philanthropie. Les aides, matérielles ou financières, ne sont présentes que pour soutenir un projet mené par des entrepreneurs investis sur un enjeu.

Le média suisse WRS a réalisé un entretien avec la Présidente de l’École de la Philanthropie, Ariane de Rothschild, au cours duquel elle y expliquait que « notre famille a dépassé la vision classique consistant à accorder des bourses ou des dons » pour adopter « une vision plus moderne de la philanthropie, presque aventureuse. Nous sommes proches des projets que nous finançons et nous appliquons des techniques managériales : nous effectuons des retours sur expérience, nous étudions les impacts sociaux, vérifions et mesurons l’effet de chaque action, etc. ».

Dans un autre entretien publié sur le site terrafemina.com, la Vice-présidente du Groupe Edmond de Rothschild insiste sur l’utilité du « retour sur engagement » de la philanthropie pour dépasser la simple « philanthropie de donner des fonds sans exigence » et « s’impliquer dans les projets avec des équipes dédiées ». Elle met en avant l’idée selon laquelle « la crise a montré les limites et les abus du système capitaliste orienté sur le court terme » et l’importance de promouvoir « l’entrepreneuriat social [qui] constitue réellement une piste intéressante pour tester des modèles viables capables de produire de l’argent avec des normes sociales claires ».

Dépoussiérée de l’image obsolète et archétypale d’un riche industriel accordant ses bonnes grâces au coup par coup, la philanthropie moderne vise le financement de projets économiquement viables ayant un impact social ou environnemental positif. Cette activité devient dès lors un autre moyen d’engagement sociétal autour de projets concrets et au sein des quels tout le monde peut s’engager.

Tendances santé 2014

Il est temps de rebooster ceux qui ont pris de nouvelles résolutions de santé pour l’année 2014 et pour convaincre d’autres qu’il n’est pas trop tard de faire de petits efforts pour de grands résultats. Nous avons tous envisagé de manger plus léger, moins gras, de commencer à cuisiner, de manger bio, de faire plus de sport ou de manger des fruits et légumes tous les jours. Néanmoins, une grande majorité d’entre nous commence à relâcher les efforts. Tenez bon !! Avec un récapitulatif des grandes tendances santé 2014, nous arriverons à vaincre ces petits bourrelets et nous armer des dernières tendances gastronomiques, sportives et de santé pour être au top de la forme au printemps.

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Image: lapresse.ca

Simplicité et mieux être

Manger sainement ne doit pas devenir une obsession. Diverses tendances dont les cures de détox et les régimes spécialisés ont influencé les habitudes mais il faut faire preuve de bon sens en 2014. La simplicité dans l’assiette nous garantira des repas équilibrés. Le choix des produits est au cœur des nouvelles tendances. Pour ravir vos papilles, mangez des légumes et fruits de saison, des produits frais, variés et surtout locaux.

Quelques exemples de produits que nous retrouverons dans les assiettes cette année sont : le quinoa et le Kale, un genre de chou d’une variété ancienne. Le fait maison et la consommation des produits locaux sont aussi des modes qui ne cachent que des bienfaits. Le but est de pouvoir manger ce que nous souhaitons mais en proportions raisonnables et adaptées à notre activité journalière.

Après le réconfort, l’effort !

Pratiquer une activité physique est plus que primordial pour être en forme physiquement et psychologiquement. Très souvent, la motivation n’aboutit pas forcément à une séance de gym ou de jogging. Pour votre plus grand bonheur, les grands créateurs de mode ont démontré le grand retour des baskets sur les podiums de la Fashion Week que ce soit aux Etats Unis ou en France. En plus d’être dans une tenue confortable et branchée, vous pourrez désormais faire votre footing tout en gardant votre dignité de fashionista et ainsi garder la forme.

Quelques activités sportives qui peuvent vous séduire cette année sont : l’aquazumba, le crossfit, le yoga, le jogging-poussette pour les mamans, le vélo en salle de sport ou à l’extérieur entre autres. Le collectif prime globalement sur le sport individuel, de quoi vous motiver à rencontrer de nouvelles personnes tout en gardant la forme. Pour les plus timides, les offres poussent sur le web 2.0 avec des coachs sportifs en ligne. Il y a aussi l’option de cotiser avec des copines pour avoir un coach sportif juste pour vous.

Un esprit sain dans un corps sain

Il faut aussi être optimiste, positiver et surtout relativiser. Tout est une question d’équilibre. On n’est par exemple pas obligé de manger uniquement bio pour être en forme. Il y a des petites habitudes qu’il faut garder comme prendre un petit déjeuner équilibré pour bien commencer la journée ou privilégier la marche à pied au lieu de toujours prendre sa voiture ou les transports en communs pour de courtes distances. Et enfin arrêtez de fumer !!

Les émissions politiques : paillettes et démocratie

La fin de l’année a été l’occasion pour François Hollande de se livrer au traditionnel exercice des vœux présidentiels télévisés initiés par de Gaulle en son temps. Cependant, si voir « le Général » palabrer à la télévision était un spectacle que personne ne voulait rater, l’audience en baisse des vœux de Nouvel An du Président de la République, suivis cette année par 10 millions de spectateurs, semblent consacrer le déclin d’une certaine forme de communication. Comment faire passer un message politique dans le monde de Sébastien Cauet ?

Vœux du 31 décembre 2013 de François Hollande
Vœux du 31 décembre 2013 de François Hollande

 

De « l’âge d’or » au déclin

A la télévision, l’émission politique est une mission de service public. Pourtant, tous les journalistes le savent, si elle apporte beaucoup de prestige au chanceux qui la présente, ce type de programme ne récupère que peu d’audience. En effet, les français désertent de plus en plus les chaînes à l’heure de ces émissions et, à titre d’exemple, les apparitions du président Hollande récoltent généralement de maigres audiences de 30 à 40%. L’analyse d’Alain Duhamel semble donc se confirmer : « à la télévision, la politique se trouve désormais au purgatoire et il n’est pas exclu qu’elle descende aux enfers ».
En matière de télévision, les hommes de gouvernement ont très tôt su apprécier l’utilité des émissions politiques. En dehors des exemples, ressassés à l’envie dans les amphis de Science Po ou de l’ESJ, des fameux débats présidentiels de Kennedy ou Mitterrand, on peut également citer la mainmise du général de Gaulle sur la télévision française des années soixante et ses interviews policés avec un Michel Droit dont l’allégeance était connue.
Avec Giscard d’Estaing apparait réellement l’émission politique télévisée dans sa forme classique, avec différents partis réunis sur un même plateau ; c’est l’époque que certains nostalgiques nomment « l’âge d’or » et rappellent de leurs vœux. Cette époque prend fin au début des années 90 avec l’apparition d’émissions plus orientées vers le grand public.
On perçoit dans ce changement l’éternel dilemme des journalistes politiques, tiraillés entre leur souhait de se voir en « décodeurs de la réalité » assumant une « fonction éducative » (Rémy Rieffel) et l’envie qu’on reconnaisse leur niveau d’expertise par des débats d’une haute technicité.

Divertissements et débats

Ainsi, alors que les émissions politiques disparaissent les unes après les autres à partir du début des années 1990 jusqu’à maintenant, la parole politique, cherchant une nouvelle caisse de résonnance, s’adapte et se déplace d’un plateau de télévision à un autre, celui des émissions de divertissement, contribuant ainsi à une « désacralisation » de l’homme politique qui devient un amuseur parmi d’autres (on se souvient, par exemple, des shows Patrick Sébastien/Jack Lang). Les chaînes de télévisions pensent ainsi avoir trouvé un compromis entre leur mission de service publique et la loi commerciale de la course à l’audience.

Les présentateurs d’émissions de variété comme Michel Drucker prennent ainsi une plus grande importance, bien qu’ils soient toujours considérés de haut par la classe des journalistes politiques qui diminue comme peau de chagrin. Une « feuilletonisation » de l’information se met en place : on recherche la petite phrase qui créera la polémique ; les hommes politiques se plaisent à ce jeu, suivant ainsi le conseil de Leon Zitrone « qu’on parle de moi en bien ou mal, peu m’importe. L’essentiel c’est qu’on parle de moi » !

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Il en résulte un problème de dialogue entre électeurs et élus.L’avènement d’Internet, et notamment des réseaux sociaux, ainsi que la multiplication de l’offre télévisée a multiplié la vitesse de l’information et la capacité du public à s’informer sur des sources toujours plus nombreuses et variées. Les français sont donc plus proches de l’information qu’avant. Partant de cette nouvelle donne, une nouvelle stratégie, apparue dès 2001, consiste alors à coller une courte émission politique juste après le journal télévisé et a en « accélérer le contenu » par des duplex et des reportages. L’émission politique rentre ainsi de plain-pied dans le règne de l’immédiateté avec son incessant renouvellement de thèmes. Le public en revanche disparaît des émissions politiques ou se trouve réduit à la portion congrue afin de ne pas en perturber le rythme.

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Afin de se sortir de l’impasse du « divertissement politique », le téléspectateur assiste peu à peu à une réappropriation de l’émission politique classique par les journalistes, à savoir un dialogue journaliste/politicien dont le rythme est cependant plus soutenu qu’auparavant du fait la rapidité de circulation de l’information. Même les émissions à vocation de divertissement ont subi cette influence et se sont vus forcées à gagner en sérieux dans leur rapport avec les politiciens. L’émission politique parvient donc aujourd’hui à retrouver une seconde jeunesse au travers du talk-show de type « sociétal ». Devant cette évolution, on comprend donc le peu de succès de la traditionnelle allocution présidentielle de fin d’année, dont le public ne découvre le contenu que par les polémiques et débats qu’il suscite après coup sur les plateaux d’Olivier Mazerolle ou Maïtena Biraben.

Raphaël B.

Travail le dimanche : l’évolution ou la vie

http://www.afmeg.info
http://www.afmeg.info

Personne ne s’y attendait, et encore moins le tribunal de commerce de Bobigny qui pensait rendre une simple décision de justice : celui-ci avait en effet ordonné à quinze magasins Castorama et Leroy Merlin de fermer le dimanche. Mais la résistance des employés de ces enseignes, qui ont continué d’ouvrir leurs portes le dimanche 29 septembre malgré la décision du tribunal, a ouvert la boîte de Pandore d’un sujet de société qui s’invite régulièrement dans l’agenda politique.

Un labyrinthe juridique

Il est vrai que le débat est d’envergure et les règles en vigueur, compliquées. De fait, si le code du Travail spécifie que « le repos hebdomadaire est donné le dimanche », la liste des professions pouvant déroger à cette règle ne cesse de s’allonger, particulièrement dans les secteurs de la santé, du tourisme et de l’agro-alimentaire.

Profitant de la brèche, les commerces de détail peuvent également ouvrir le dimanche par simple arrêté de la préfecture ou de la mairie si leur fermeture s’avère « préjudiciable » où s’ils sont situés, depuis la loi Maillé de 2009, dans des zones dites « d’usage de consommation exceptionnel ». Ces dérogations sont accordées en fonction de l’intérêt touristique de la zone, de la culture locale de la population et de la nature du commerce (si les magasins de jardinage ont l’autorisation d’ouvrir le dimanche, ceux de bricolage ne l’ont pas).

Autant de règles et de dérogations subjectives, auxquelles s’ajoutent des conditions de rémunérations extrêmement variées suivant les cas de figure, génèrent un imbroglio juridique dans lequel peu d’entreprises  arrivent à se retrouver.

Une société qui évolue

D’après une enquête de l’Insee en 2011, 8,2 millions de personnes travaillaient le dimanche, de façon habituelle ou occasionnelle. Les chiffres mériteraient d’être réactualisés mais indiquent cependant une tendance lourde vers le travail le dimanche.

Le repos dominical obligatoire, obtenu le 13 juillet 1906, fut l’une des pierres angulaires du combat syndical ouvrier des XIXe et XXe siècles, revendiquant le droit à une vie sociale et familiale. Considéré comme acquis, il est cependant remis en cause par les nouveaux ensembles commerciaux des années 70 et revient depuis tous les quatre ou cinq ans sur la scène politique.

2013 apporte une nouvelle dimension à ce débat puisque ce sont les salariés des entreprises eux-mêmes qui font bloc autour de leur direction pour pouvoir travailler le dimanche. Ce phénomène, impensable il y a quelques  décennies, révèle l’évolution d’une société plus individualiste, moins centrée vers la famille, dans laquelle la libre détermination est une valeur absolue, tant pour le salarié que pour le consommateur.

On voit donc sur Internet les opinions se déchirer entre les partisans du « libre choix », les aspirants à une nouvelle source de rémunération, les défenseurs du pouvoir d’achat et les tenants d’une politique de défense des acquis sociaux. Les uns se réclament d’une société qui a évolué, ne laissant à la législation que le choix de s’adapter. Les autres considèrent le dimanche comme un garde-fou intouchable protégeant la vie sociale des français. Aujourd’hui, selon un sondage Opinionway, deux français sur trois soutiennent la révolte de Leroy-Merlin et Castorama, ce qui ne va pas sans raviver le débat. Les syndicats, partisans du repos dominical, se retrouvent quant à eux en position de porte-à-faux. Contestés de manière inédite par les employés frondeurs,  à la grande joie du patronat, ils sont en désaccord interne sur les mesures à prendre.

Un nouveau feuilleton

Devant la résurgence de ce sujet récurrent de société, transformé en véritable « serpent de mer » pour de nombreux gouvernements, quelle est la réponse de la classe politique ? La prudence !

Encore empêtré dans la question des Roms et conscient de mettre le doigt sur un sujet explosif, le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault s’est risqué à « faire éventuellement évoluer les choses ». L’ancien président de la Poste, Jean-Paul Bailly a donc été désigné mener une mission d’information jusqu’en novembre. Enquête dont lui-même connait déjà la réponse pour avoir déjà donné son avis favorable à l’évolution du cadre législatif en 2009. Mais l’essentiel pour le moment est de gagner du temps ; qui sait si le débat ne se sera pas calmé d’ici-là ?

Face aux règles en vigueur, qualifiées de « mille-feuilles » par les médias. Une certaine évolution du droit du travail apparait inévitable. Mais ira-t-elle plus loin ? Prenant à bras le corps une vaste question de société, une éventuelle réforme en profondeur saisira-t-elle les revendications d’une nouvelle génération arrivant sur le marché du travail ? Une chose est sûre, pour le Gouvernement, un nouveau feuilleton commence.

La fin d’Hadopi?

 

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Les données du nouveau décret concernant Hadopi

Un nouveau décret concernant Hadopi a été publié le 9 juillet dernier au Journal officiel : par celui-ci, le gouvernement a abrogé la sanction qui consistait à couper l’accès à internet, en cas de récidive de téléchargement illégal sur Internet.

Selon ce décret, la coupure de l’accès internet sera remplacée par « une peine d’amende contraventionnelle de cinquième classe » c’est-à-dire de « 1500 euros au plus, montant qui peut être porté à 3000 euros en cas de récidive lorsque le règlement le prévoit ». Cette dernière sera soumise à la décision d’un « juge judiciaire ».

Il est précisé que « seule une peine d’amende » pourra être prononcée au cas de téléchargements illégaux réitérés et que « les fournisseurs d’accès à Internet devront désormais fournir à la justice des données sur les pirates présumés ».

En outre, le Ministère de la Culture a communiqué, le 9 juillet, sur la fermeture de la Haute autorité, Hadopi, au bénéfice du CSA, Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, dont les modalités d’intégration seront définies dans un texte « plus global » d’ici à la fin de l’année 2013.

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, a expliqué que désormais «  notre axe prioritaire est la lutte contre le piratage commercial. Nous allons donc agir sur l’ensemble des rouages qui permettent à ce système de prospérer, notamment sur le référencement sur les moteurs de recherche ».

Pour elle, il s’agit de s’en prendre moins aux consommateurs qui pourront être traduits en justice, et s’en prendre aux plateformes qui hébergent les contenus et liens illégaux.

Le décret est accessible (ici). L’article abrogé (ici).

La fin programmée d’Hadopi

La mise en place de ce nouveau décret démontre l’incapacité d’Hadopi, depuis des années, à mener à bien ses fonctions. Car, effectivement, à qui pouvait bien faire peur la loi Hadopi? Etait-elle ne serait-ce que jugée crédible par les dits « pirates » qui émettent des contenus illégaux ? De même pour les utilisateurs?

Car il est intéressant de noter qu’à ce jour, un seul cas de coupure est connu : une personne avait été condamnée, en juin dernier,  à 15 jours de suspension de son accès Internet et à 600 euros d’amende pour avoir téléchargé illégalement quelques œuvres.

Et seuls trois autres procédures ont fait l’objet de décisions judiciaires définitives : « une amende de 150 euros a été infligée à un internaute en septembre 2012, et deux autres décisions ont été prononcées. L’une d’elles s’est terminée en relaxe, et l’autre a abouti à une condamnation, assortie d’une dispense de peine ».

Une bien mince prise depuis 2009 pour Hadopi! Surtout en vue des « 50.000 coupures d’internet prévues par an » par le gouvernement et sachant que le budget alloué à Hadopi s’élève approximativement à 12 millions d’euros par an !

Aïe dirons-nous, 12 millions d’euros, tout ça pour ça ? Tout ça pour envoyer entre 70.000 et 80.000 de mails par mois, mails de simple prévention, correspondant à un premier avertissement? Et ceci sans compter les mails envoyés de deuxièmes et troisièmes rappels…

Alors quand la ministre Aurélie Filippetti décrit cette peine de coupure d’internet comme « totalement inadaptée dans le monde qui est le nôtre », une exclamation vient forcément à la bouche de toute personne : « quatre ans après sa création, il était enfin temps de s’en rendre compte, cher gouvernement! » et d’ajouter que c’est sûrement tout le système qu’il faut revoir, car oui, le contribuable paie le budget inefficace d’Hadopi…

Au regard de ce nouveau décret, on peut émettre une nouvelle objection sur le fait que le gouvernement veuille consacrer son énergie à lutter contre le piratage commercial. D’accord pour cet objectif mais nous ne pouvons que rester complexe face à ce dessein : il n’a pas réussi durant quatre années à pourchasser efficacement les petits internautes pirates, ainsi attaquer les pirates commerciaux, ne sont-ce pas des ennemis « trop gros » pour lui ?

Les avis des internautes concernant ce décret

– « le piratage commercial : voilà une démarche plus intelligente qu’Hadopi ».

– « on s’attaque à la base du problème. C’est ambitieux. Réalisable ? C’est une autre question ».

En effet, souvenez-vous de Mégaupload, tout le monde pensait que c’était la fin du streaming, et tout le monde pensait qu’on avait réussi à attaquer « le gros poisson » mais était-ce vraiment la fin du streaming ? Non, bien sûr que non, le streaming existe encore et toujours sur Internet.  On peut même faire remarquer que Mégaupload a lui-même été remplacé par Méga

– « ce qui est marrant, c’est que beaucoup ont dit qu’Hadopi allait se planter avant même que ce soit actif… et voilà, ça y est, c’est planté comme prévu ! »

– « encore un moyen de foutre en l’air notre fric ! Juste pour savoir, quelqu’un sait combien a couté Hadopi durant toutes ces années à rien foutre ? »

-« derrière ce scoop (!), se profile l’idéologie pernicieuse : On augmente les taxes, on augmente les amendes. »

– « Il serait intéressant de savoir où vont les sommes récoltées par les amendes. L’état ou bien les artistes. » Il ne faut s’en étonner : les internautes n’ont désormais plus confiance envers les politiques et leur gérance de l’argent public…

– « en même temps, quoiqu’on en dise, c’est vraiment difficile d’abroger complètement une loi… Donc ils rendent la Hadopi inoffensive et font disparaitre le nom pour pas dire qu’ils la détruisent complètement. Et puis quand le moment sera venu, elle sera supprimée définitivement. »

– « Hadopi est une atteinte à la liberté d’accès à l’information, donc à la liberté d’internet, il faut à tout prix lutter contre cette loi, que ce soit par les urnes ou par la rue. »

Le témoignage des internautes sur les limites constatées d’Hadopi

– Certains internautes déclarent avoir reçu des mails après avoir « soit disant fraudé » : « le problème c’est que le jour incriminé j’étais au taff à 600km de chez moi et personne à la maison lol » et ce n’est pas un cas isolé…

Piratage de l’adresse IP ou problèmes de gérance de l’Autorité Hadopi ? Dans le premier cas, une sécurisation du réseau doit être renforcée par les administrateurs réseaux car le coupable n’est pas coupable, du moins pas à l’heure et date annoncées. Dans le second, il s’agit vraisemblablement d’une mauvaise maîtrise d’Hadopi.

Mon avis sur ce décret et sur la loi Hadopi

Aurélie Filippetti avait twitté : « la coupure internet c’est fini. Le changement c’est maintenant », alors même si pour bon nombre d’internautes, ce nouveau décret  ne changera pas grand-chose concernant le téléchargement illégal (peut-être celui de faire plus attention au 3e avertissement et la lourde amende!), j’omets tout de même une réserve concernant la prise en main du CSA sur cette question. N’était-ce pas le FBI qui avait fermé Mégaupload, entraînant une vague de panique chez des milliers voire millions d’internautes ? Le CSA y parviendra-t-il ?

Enfin, il faut se poser cette question : avec l’immense réseau que représente Internet, le CSA lui-même n’est-il pas impuissant face au monstre Internet ?

Sources :

Réactions d’internautes : pro.clubic.com

L’été (enfin) et la moto.

C’est l’été. Enfin. C’est vraiment l’été. Il fait chaud. Euh… trop chaud. Après qu’on s’est tous plaint du temps pourri qu’on a eu jusque fin juin, on se plaint parce que, soyons honnête, 35°C, c’est pas possible. A moins d’être à la plage, c’est pas possible.

Et puis c’est un peu dommage parce que normalement en été on fait plein de trucs sympas mais là, avec cette température, c’est PAS POSSIBLE.

  • Les barbecues en plein cagnard, bof, très peu pour moi, je suis rousse, les coups de soleil, je ne suis pas obligée de les provoquer non plus… On sait comment ça se termine.

 Photo d'un squelette dans le désert

  • La piscine municipale blindée de 9h du matin à la fermeture, tout le monde collé-serré contre des inconnus avec des gamins qui braillent, mouais, merci mais non merci.

 

  • Aller camper, faire un feu de camp près d’un étang dans la forêt, c’est plutôt agréable mais avec cette chaleur on se fait envahir de moustiques thermo-nucléaires dont les piqûres ressemblent à une attaque de taons. Dans ce genre :

 Photo d'une réaction allergique à une piqûre de moustique

Non, en fait le bon plan, c’est d’avoir les bons amis. Ceux avec la maison de campagne pas trop loin de chez toi et avec piscine dans le jardin. Globalement, en été, les bons amis, c’est tes amis riches. Quand t’en as. Ceux avec la maxi piscine, la décapotable ou la moto pour prendre l’air sur la route et voir des jolis coins.

La moto, c’est la saison, on nous en parle pas mal en ce moment. Voyons voir… Qu’est-ce qu’on nous en dit ? Un mort. Un mort. Un blessé. Les motards, ça roule trop vite. Un mort. Un blessé. Une morte (oui, on le sait bien, les femmes ça fait pas beaucoup de moto). Bon. Que des trucs pas intéressants quoi.

Pourtant, en été il y a beaucoup de choses à dire sur ce sujet… Le moto GP par exemple qui commence au printemps et se termine en automne, bon, ben ça recouvre quand même une bonne partie de l’été, ça. En plus il s’y passe plein de chose marrantes, mais il n’y a rien à faire les gens préfèrent le foot… Je comprends pas trop, mais je n’y peux rien. Pourtant c’est marquant : cette année Valentino Rossi regagne un peu depuis qu’il est repassé chez Yamaha. Comme quoi chez Ducat’, ils sont vraiment pas doués, quoi. On leur file le meilleur pilote du monde et BAM ! Il devient tout nul. Il change d’écurie, re-pilote pour Yamaha et pouf ! Trois podiums à mi-saison (ah bah on se refait pas en un mois quand même).

Enfin bon peut-être que vous non plus ça ne vous intéresse pas les coureurs de la catégorie reine des courses moto. Je comprendrais. Parlons donc de choses plus terre-à-terre, pas de gens qu’on ne rencontrera jamais et qui n’offrent que peu d’intérêt. Parlons de cette petite balade moto que tu ferais bien dimanche pour t’aérer, faire de joli virages routes en campagne avant de t’arrêter près d’un plan d’eau. Ça a l’air idyllique, comme ça, le vent dans les cheveux, en mode biker et bikeuse sur ta super bécane à des vitesses pas vraiment autorisées.

Oui mais non.

Parce que si tu crois combler tous les fantasmes et aller faire ta balade en ressemblant à ça :

 Photo d'une femme en tee-shirt sur une moto

Tu te mets le doigt dans l’œil ! On n’est pas aux USA ici [1] et en plus ce serait bien débile de rouler habillée comme ça. Donc quand t’es vraiment sérieux, conducteur(trice) ou passager(ère) (c’est mon cas), tu ressembles plutôt à ça :

 Photo d'un équipement motard

Genre casque intégral-blouson en cuir avec dorsale et coques aux coudes-pantalon coqué-gants et bottes montantes. Et autant te dire que quand il fait 30°C à l’ombre, ce n’est pas HYPER confortable… Si tu ne veux pas mourir de chaud ou que tu ne roules juste pas sur un gros monstre, tu peux te contenter du casque-blouson-gants d’été-jean-baskets, mais enfin c’est pas encore la panacée. Du coup la balade moto se transforme un peu en séjour dans un four à pain. Et je ne parle pas de l’arrêt au soleil quand t’attends la prune des flics qui t’ont flashé(e) au feu rouge.

Du coup avec tout ça sur le dos, ben tu transpires, forcément. Et c’est assez horrible. Sous le casque c’est l’horreur, sous le cuir il fait 75°C, au niveau des genoux, ça pourrait aller, mais y a le ventilo de la moto qui souffle du chaud et enfin, dans les chaussures je n’en parle même pas, parce que comme il faut mettre des chaussettes, c’est tout simplement un calvaire.

Tu peux tout de même te procurer des vestes d’été, protégées selon les normes (coques aux épaules et aux coudes) mais plutôt aérés, je n’ai jamais essayé, donc je ne sais pas si c’est vi(v)able.

Pour les casques, tu peux prendre un casque de type jet, ce sera plus aéré mais moins protégé. Préfères tout de même le bon vieil intégral malgré la sensation de serré et les cheveux qui collent aux tempes.

 Photo d'un casque de type jet

Après, une fois que tu as pleuré à l’idée de t’habiller, que t’as réussi à enfiler tout ton attirail (et que tu as déjà trop chaud au moment où tu fermes la boucle de ton casque), il ne reste qu’une solution : il s’agit tout simplement d’oublier la température en profitant des paysages, des virages et des accélérations dans les lignes droites (du petit brin d’air dans les 2cm de cou entre le blouson et le casque).  Après, ça dépend de l’endroit où tu vas, c’est sûr que la rue Lafayette, ce n’est pas l’idéal) et de la moto sur laquelle sur roule, mais là-dessus c’est peut-être plus facile de penser à autre chose…

 Photo d'une moto de modèle HP4 (BMW)

Charlotte Faure

[1] Dans certains états le port du casque est facultatif.

Le paradoxe du système scolaire français : entre instruction généraliste et pratiques managériales

Une enseignante de Stanford vivant en France a récemment publié un article sur le site rue89, soulignant ainsi la rupture entre une école primaire fondée sur l’apprentissage, et un collège fondé sur la discipline. Dans cet article, elle témoigne également de son expérience d’enseignante universitaire en France, qui a été marquée par des élèves bavards et déboussolés lorsqu’on leur demandait de réfléchir par eux-mêmes.

Ces deux points semblent représentatifs d’un système scolaire qui, s’il est loin d’être mauvais sur tous les plans, est également symptomatique d’une époque marquée par l’intrusion toujours plus grande de pratiques managériales et utilitaristes, et d’un pessimisme ambiant chez la génération estudiantine actuelle.

 

Il est vrai qu’au collège, on s’éloigne largement de la tradition française de l’école de Jules Ferry visant d’abord à « libérer les consciences » et « élever les esprits ». Le collège comme le lycée français d’aujourd’hui peuvent donner cette impression de « bachotage » automatique et durement encadré, sans qu’un sens particulier soit donné à ce que l’on apprend. La place pour la créativité des élèves est certes assez limitée.

Il serait trop rapide d’en venir à blâmer les professeurs, car ils doivent avant tout suivre un programme précis, presque comme pour « faire rentrer » l’essentiel dans la tête de ces élèves. Mais concrètement, comment voulez-vous transmettre à des enfants tout le savoir sur l’Egypte ancienne, la révolution française ou les totalitarismes en 2h de cours par semaine ? Comment ne pas nécessairement en venir à un amas de dates plutôt qu’à une compréhension des faits ?

Le système scolaire français est incroyablement généraliste. La seule spécialisation que vous trouvez jusqu’en terminale est la spécialité de bac : S, ES, L, et d’autres. Mais en fait, vous choisissez davantage une dominante de matières que des matières en particulier.

Le principe derrière cela est plutôt louable : les matières sont nombreuses, pour qu’aucun domaine de connaissance ne soit laissé pour compte. Oui, mais en faisant cela on donne des connaissances à des élèves plutôt que de les pousser à les découvrir par eux-mêmes. On donne des faits sans en expliquer le contexte. On donne des méthodes auxquelles les élèves doivent se cantonner, menant à un formatage tel qu’il en est déstabilisant pour les professeurs des pays anglosaxons qui viennent à notre rencontre. En Angleterre, les plans en trois parties n’existent pas, pas davantage que le « thèse, antithèse, synthèse), et pas plus que le « 30 heures de cours par semaine devant être appris par cœur ». On n’apprend pas à organiser ses connaissances mais à construire sa pensée, à argumenter son opinion par des lectures personnelles, à creuser quelques sujets plutôt que d’en survoler beaucoup, et c’est, tristement, quelque chose de bien barbare pour les élèves français.

Mais aujourd’hui, une autre caractéristique s’est introduite dans notre système scolaire et dans la vision même de l’éducation en France. Aujourd’hui, l’éducation ne doit plus servir à instruire des élèves, mais à former de futurs actifs en fonction des besoins du marché. Là encore de prime abord, l’intention semble plutôt louable : à quoi sert d’instruire des élèves, de les laisser se spécialiser dans des formations dont les débouchés sont de toute façon inexistantes, et qui viendront in fine grossir les listes de l’ANPE. C’est vrai.

Mais instaurer une logique de marché dès le collège n’est pas sans risque.

  • En instaurant cette logique on introduit aussi des pratiques managériales, des pratiques d’évaluation systématique désormais banalisées qui risquent d’accentuer encore un peu plus l’écart entre des élèves qui ne sont déjà pas sur un pied d’égalité en matière de capital culturel, social et économique, pour reprendre les termes de Pierre Bourdieu.
  • Et cet écart ira en s’aggravant alors que l’on considérera de plus en plus normal d’investir dans son éducation.
dreamstore.fr

Le capital économique jouera évidemment, puisque toutes les familles ne pourront pas se permettre de débourser les sommes astronomiques que certaines Écoles demandent aujourd’hui, n’auront pas forcément les moyens de payer des cours de soutien à Acadomia à leurs chérubins, ou de  les envoyer en séjour linguistique pendant les vacances d’été.

Les conséquences de cette normalisation de l’éducation payante se dessinent déjà aux Etats-Unis. Là-bas il existe des « community college », qui étaient jusqu’alors une alternative aux universités traditionnelles extrêmement coûteuses. Ces community college permettaient non seulement de bénéficier d’une éducation sans avoir à s’endetter sur vingt ans, mais également de repérer les meilleurs élèves qui pourraient alors avoir droit à des bourses pour ensuite entrer dans les meilleures universités. Aujourd’hui les frais de scolarité de ces universités qui jouaient alors un rôle de sas dans le système scolaire américain, ont été libérés, si bien que beaucoup doivent travailler en même temps pour financer leurs études, et finissent par abandonner, ou à s’arrêter à deux ans d’université.

  • Par ailleurs le capital social (c’est-à-dire, pour simplifier, le réseau familial et la connaissance du système scolaire) influencera de plus en plus l’orientation stratégique des étudiants, puisque les familles qui en ont le plus mettront savamment en concurrence les différentes formations afin de choisir celles qui permettront à leurs enfants de trouver rapidement du travail, laissant ainsi aux autres les emplois les plus précaires.
Evolution du chômage en France 2012/2013

Le résultat de tout cela ? C’est une perte de confiance, en soi, en ce que l’école peut apporter, en ce que des professeurs peuvent transmettre, en ce qu’ils sont capables de faire dans le monde professionnel. Un professeur de sciences économiques et sociales d’un lycée de province, qui bénéficiait il n’y a pas si longtemps d’une « fanpage Facebook » tant ses élèves l’appréciaient, témoigne bien de l’état d’esprit de la nouvelle génération de lycéens : « Votre promotion me laisse songeur quand je vois les difficultés que j’éprouve aujourd’hui (depuis  trois ans en fait) à faire passer les cours, à les intéresser  des questions d’actualité, à les motiver pour l’orientation…».

Le système scolaire français semble donc aujourd’hui au croisement d’une tradition d’instruction généraliste, et d’une logique de marché qui tend à normaliser le fait d’investir dans son éducation tout en souhaitant avant tout répondre aux besoins du marché du travail. Un paradoxe d’autant plus difficile à vivre pour ceux qui sont les premiers concernés, les élèves, qui pour beaucoup ne voient en le marché du travail qu’une recherche désespérée du CDI tant convoité, et en le système scolaire qu’un bourrage de crâne dont ils ne retireront rien.

Eve-Anaelle Blandin

Les Solidays, le Club Med bien-pensant

Affiche officielle des Solidays

A la section « divertissement » de tous les journaux en ligne ces derniers jours : la quinzième édition du festival Solidays, dédié à la musique et à la prévention contre le SIDA.

Ayant profité de mes congés pour m’y rendre, je me fais aujourd’hui « envoyée spéciale » de Tendactu pour vous donner mes impressions du festival en regard de ce qu’on lit dans la presse. Cet article sera principalement centré sur l’organisation et non la musique puisque la qualité des concerts dépend surtout des goûts de chacun.

J’imagine que si vous avez lu le titre, vous avez déjà une bonne idée de ce que je vais vous dire sur ce festival… Mais ne partez pas tout de suite, cet article ne sera pas qu’une longue diatribe, tout n’est pas à jeter aux Solidays, loin de là !

        Commençons par le commencement : l’achat des billets. Premier écueil. Pas de bol, ça commence tôt. Quand vous vous rendez sur la billetterie des Solidays, il est écrit en petit en haut que les pass 3 jours sont limités à trois par personne/panier et les autres pass à cinq par personne/panier. Moi, déjà, je devais acheter 3 pass trois jours et 3 pass camping pour aller avec. Comme de toute façon, le texte expliquant la limitation n’est pas particulièrement mis en valeur, je n’avais rien vu et j’ai donc tout pris d’un coup. Tout se passe bien, on ne me reproche rien jusqu’au moment de payer où l’on me dit que ma commande ne peut pas être prise en compte. Retour à la case départ.

Je prends donc certains tickets, effectue ma commande puis vais pour acheter les derniers tickets qui ne sont que des pass camping. Mais là, je découvre qu’on ne peut PAS acheter de pass camping si l’on n’a pas dans son panier des pass festival. Super. Pour m’en sortir, il a fallu que je clique sur un pass festival afin de le mettre dans mon panier, puis que j’ajoute les pass camping et enfin, que je supprime de mon panier le pass festival. Ouf. J’ai les billets ! Vous noterez au passage que du coup j’ai acheté 6 billets alors que c’est supposément interdit et que cela n’a pas posé de problème.

        La préparation.

Le jeudi soir, je fais mon sac, il est immense, j’ai une tente pour qu’on dorme avec mes copines et, vu le temps, un grand tipi pour être à l’abri, manger, boire, faire la fête. Sans compter les chaussures en rab au cas où il y aurait trop de boue, le poncho anti-pluie (que j’ai acheté la semaine précédente à un autre festival, pas tout à fait dans le même style, et avec lequel je (et vous aussi) ressemble sensiblement au taré de Souviens-toi l’été dernier.)

 

J’emporte aussi un couteau, même si c’est interdit, parce que sinon je ne vois pas bien comment je vais me nourrir et aussi de quoi recharger nos téléphones. Bref j’ai comme un âne mort sur le dos.

        Après avoir retrouvé mes compagnonnes de Solidays dans les transports, on traverse Paris pour arriver finalement au métro Boulogne-Jean Jaurès car les navettes Porte Maillot-Solidays ne circulent pas encore. Sur le site, il y avait écrit 500m. En vrai c’est 2Km. Eh ouais, ils sont pas très forts chez Solidays ! A l’entrée du camping, on est fouillés et normalement mon couteau n’aurait jamais dû passer, mais en voyant la taille de mon sac à dos, la bénévole renonce à la fouiller et se contente de me demander si j’ai des objets interdits. N’ayant aucune envie de me tirer une balle dans le pied, je réponds que non. Pendant ce temps-là, une de mes potes se fait confisquer son parapluie, c’est vrai que c’est du réel engin de terroriste ces trucs-là (pour rappel, une photo de cette arme de destruction massive)!

J’en profite pour demander quels sont les moyens de glisser un pack de bière dans le camping (alcool, cannettes et verre interdits) et elle me fait plus ou moins comprendre que si c’est elle qui me fouille à nouveau, ça passera. On passera donc sur la sécurité. Enfin je me plains pas, je comptais pas faire une orgie, mais bon, un peu de vin ou un pack de bière pour un vendredi soir, c’est pas si bizarre, si ?

Après une sympathique fouille corporelle, on entre enfin sur le camping (minuscule), séparé en « calme » et « fêtard ». J’avais acheté des places dans le second. On nous mène donc à un emplacement en nous demandant la taille de notre tente. « Immense » que je réponds. Et on en a deux. Les bénévoles semblent embêtés, nous attribuent une place, nous demandent de monter la tente sans la planter, de changer trois fois l’orientation ou la position exacte de la tente, de respecter un espace de 2m entre les deux entrées pour laisser passer le personnel, etc. Jamais vu un camping dans lequel c’était aussi compliqué de monter deux tentes. Tout cela pour s’apercevoir finalement qu’ils ont installé une tente inconnue dans l’espace de 2m que nous avions laissé à leur demande. Bonjour l’orga !

Photo des tentes au camping

        C’est pas tout, mais si on veut survivre, il faut aller faire des courses. Boulogne nous semble immensément loin et personne ne sait où trouver un supermarché. On nous conseille d’aller attraper un bus et de nous rendre à porte Maillot. Ça ne se voit pas tellement comme ça mais c’est loin. Le problème, c’est qu’à Porte Maillot non plus, on n’a aucune idée de l’emplacement du supermarché le plus proche. Google m’indique (et hop 10% de batterie en moins…) qu’un Monoprix se situe à une station de métro. Au point où on en est, c’est parti ! Je vous passe le détail des courses, sachez simplement qu’on a porté pas mal de poids sur le retour et qu’un cubitainer de vin passe aisément. Il nous reste une heure avant l’ouverture du festival et nous en profitons donc pour manger.

        J’arrête là la chronologie sans quoi on vous ne finirez jamais cet article. Mais à l’ouverture du festival commencent les bonnes choses. Car si le camping des Solidays, contrairement à ce qu’ils veulent vous faire croire est (et je pèse mes mots) insupportable, le festival en lui-même est bien mieux. Autant l’organisation d’activités sur le camping donne la mauvaise impression d’avoir par erreur booké des vacances au Club Med (« réveil tonique » = haka à fond dans les hauts-parleurs à 9h du matin après un coucher vers 3h. NEUF HEURES DU MATIN ! NEUF HEURES DU (SAMEDI) MATIN !) et autres harlem shake à rallonge, jeux sportif et animateur au micro toute la matinée), autant les stands de prévention/explications sur le festoche sont plutôt bien rôdés. On a des jeux, des préservatifs, des infos, des intervenants, des préservatifs, des panneaux informatifs, des panneaux de campagne contre le SIDA, des préservatifs, mais aussi une expo sur le sexe et le plaisir, un saut à l’élastique, un manège. Ai-je parlé des préservatifs ? On vous en distribue à tout va, masculins, féminins, avec des explications, des démonstrations, etc. Je suis revenue avec une dizaine de capotes, mais c’est si peu parce que j’ai commencé à fermement dire non en fin d’après-midi le samedi.

        J’arrête un peu le cynisme. Je n’y croyais pas mais j’ai appris quelques trucs ! Oui, oui. Aviez-vous déjà entendu parler du TPE (Traitement Post Exposition) ? Non ? Eh bien moi non plus et pourtant, on devrait tous être au courant. J’ai découvert des infos sur les MST, sur la contraception (et même la mienne, c’est pour dire. Pourtant je ne suis pas trop mal renseignée normalement), les chiffres du SIDA, etc. Malgré tout, je reproche aux organisateurs de mettre en place des jeux trop bien-pensants et carrément inutiles. Comme ce « Qui est-ce » inversé dans lequel on élimine des photos selon les informations que l’on nous donne et celles inscrites sur les panneaux des personnages. L’idée, c’est qu’à la fin, il vous reste un homme et une femme. Dans ma description, on nous parlait de quelqu’un, sans jamais en préciser le sexe, qui aimait la campagne, les fleurs, voulait devenir fleuriste et dont le hobby était de courir parce que harmonie avec la nature, tout ça. Bien entendu le piège, c’est de penser, alors qu’on ne nous l’a pas précisé, que le personnage est une femme parce que tout le monde sait bien que les fleuristes sont des femmes, ou des gays. Mais enfin si on veut vraiment éliminer ces préjugés débiles, ce n’est pas en organisant un jeu dont le participant devine à 10 Km à la ronde ce qu’on attend de lui qu’on va y arriver. D’ailleurs ce n’est pas en le persuadant qu’il a trop trop trop tort d’avoir des préjugés ; il faut prendre ça plus tôt et faire travailler les gens sexistes avec des femmes aussi bien que des hommes et les laisser voir par eux-mêmes qu’une femme peut réfléchir et un homme faire la cuisine (je peux vous dire que le mien fait beaucoup mieux à manger que moi !). Enfin ce n’est que mon opinion.

        L’exposition « Sex in the City » qui rencontre un fort succès apparemment, n’est pas mal faite du tout et certains passages convaincront aisément les récalcitrants de mettre des préservatifs. On en apprend sur beaucoup de sujets : la protection, les sextoys, les pratiques sexuelles, etc. Néanmoins pour une exposition prétendant parler sans tabous de sexe dans un endroit où tout le monde peut prendre la parole, poser des questions et confier ses problèmes, on rencontre deux problèmes notables : le monde (je ne pense pas que quiconque ait envie de partager ses questionnements sur des pratiques sexuelles peu communes devant des inconnus, ou – peut-être pire – les amis avec lesquels on est venu) et le caractère encore un peu consensuel de l’exposition.

        Parlons des choses qui fâchent : le truc que vous redoutez quand vous vous rendez à un festival, c’est d’aller aux toilettes. Disons-le tout de suite, les toilettes des Solidays, pour un festival, c’est le grand luxe ! Déjà, il y a du papier toilette. Donc ça c’est juste génial. En plus c’est super propre. Par contre le nombre de toilettes est moins génial. La queue fait régulièrement plusieurs dizaine de mètres donc mieux vaut vous y prendre à l’avance si vous ne voulez pas manquer un bout de concert (ou perdre le contrôle de votre vessie).

Photo de la queue des toilettes

Autre technique : être un mec, ceci est manifestement un avantage sur les festoches. Passons sur le fait que les toilettes ne sont pas mixtes et que les bénévoles interdisent aux femmes d’utiliser les toilettes des hommes –vides – je voudrais signaler qu’il n’y a pas du tout assez de toilettes sur ce festival. Sur le site même du festival, passe encore mais dans le camping, c’est du grand n’importe quoi.

        Tout ça pour dire que niveau organisation, faut pas croire les articles ou le site des Solidays, c’est hyper mal géré.

        Côté musique maintenant. Les Solidays c’est le seul endroit où « les artistes jouent entre le général De Gaulle et François Hollande ».

Pour ma part, j’ai vu C2C, Dub Inc., Bloc Party, Saez, Crystal Fighters, Poni Hoax, Wax Tailor, Tété, Orelsan et Deluxe. Je ne connaissais ni Deluxe, ni Crystal Fighters ni Poni Hoax, les deux premiers étaient supers mais le dernier absolument nul. Je n’ai aucune idée de ce qu’ils donnent sur album mais le concert était assommant au possible, pas d’ambiance pas de communication avec le public, je suis partie après 25 minutes d’ennui.

Je n’ai jamais vu autant de monde qu’au concert de C2C, ils sont vraiment devenus ENORMES cette dernière année. Par contre, on ne pouvait pas bouger tellement on était serrés devant, ce qui n’a pas empêché le concert d’être génial. J’ai malheureusement raté la fin de Saez pour les voir (alors même qu’ils ont attendu qu’il termine avant de commencer. Pas douée) et c’est bien dommage car là où j’étais, c’est-à-dire assez loin, on était tous assis par terre et l’ambiance calme était très agréable. Le troisième concert vraiment notable que j’aie vu, c’était Orelsan, super ambiance, super show ! Deluxe a déchaîné son public et m’a donné très envie de les écouter sur album.

        Pour conclure, étant donné la médiocrité des organisations, heureusement que les concerts sont très bons ! Ça tombe bien on est venus pour ça ! Si l’affiche vous plaît, allez-y absolument, mais sautez la case camping.

        A noter enfin, les Solidays ont cette année été complets avant l’ouverture, ont rassemblé 170000 festivaliers sur trois jours et récolté deux millions d’euros pour la prévention contre le SIDA. Pas mal du tout.

Charlotte Faure