Archives de catégorie : Europe

Europe

Tous unis pour la liberté

Une foule impressionnante s’est massée à Paris le dimanche 11 janvier pour afficher sa détermination à défendre la liberté. Une réelle mobilisation nationale s’est opérée, mais pas uniquement… Cette journée aura aussi été celle de toutes les personnes conscientes, à travers le monde, de la valeur de la liberté et du combat quotidien nécessaire pour la préserver. Au-delà du symbole de « Je suis Charlie », qui appartient aujourd’hui à tous, c’est notre responsabilité de citoyen français et du monde de défendre nos libertés et la liberté des autres à travers le globe. C’est même un devoir. Ce devoir a été parfaitement rempli compte tenu de la mobilisation internationale qui a eue lieu. Ce ne sont pas seulement les chefs d’Etats ou de gouvernements qui ont été présents mais chaque citoyen désireux de participer d’une manière ou d’une autre à quelque chose de plus grand que lui. Ce 11 janvier restera dans l’Histoire comme la journée de défense de nos libertés : liberté d’expression, liberté de tristesse, liberté de recueillement, liberté de rire, liberté de croire, liberté d’être ensemble, en résumé la liberté d’être humain.

Un combat qui doit se poursuivre

Notre addiction à la liberté doit se transformer en un formidable élan vers l’autre. Il est absolument nécessaire que tous nous puissions à nouveau nous tourner vers quelque chose de fondamentalement humain, il s’agit du vivre ensemble. Comment renier ou laisser faiblir un élément fondateur de notre pays et du monde ? Comment renier cette diversité qui compose nos rencontres ? Une chose très émouvante était de lire sur les pancartes présentes lors de la marche républicaine « Je suis Juif », « Je suis Flic », « Je suis Musulman », « Je suis Chrétien ». C’est la preuve que nous sommes capables de nous entendre et de faire front ensemble contre toutes formes de violences avec nos sensibilités, nos origines, nos croyances. Notre devoir consiste maintenant à garder notre esprit critique en alerte pour déceler chaque réaction ou décisions susceptibles de mettre en danger cette cohésion. Evidemment cela ne sera pas chose aisée. Les réflexes sécuritaires et de peur seront bien présents, et c’est un élément tout à fait normal. Néanmoins, le défi principal qui nous attend est de combattre les solutions faciles et discours qui chercheront à faire naître plus de peur qui n’en existe déjà. Il est faux de dire qu’il n’y a pas de menace, comme il est faux de dire que nous ne sommes pas conscients de l’existence de cette menace. Il nous reste donc à trouver les outils politiques, législatifs, éducatifs et même judiciaires pour lutter efficacement contre des dérives possibles comme l’amalgame, contre d’autres attentats, contre des réflexes sectaires et racistes. Il est également nécessaire de faire comprendre la place que chaque citoyen a dans notre société afin d’endiguer des phénomènes d’exclusion et de radicalisme naissants. La place de l’éducation notamment sur le respect d’autrui, l’éducation civique dans nos écoles laïques en somme, est une solution qui doit être mise en avant, tout comme le dialogue inter-religieux. Notre liberté doit être un moyen d’aller vers les autres. Et plus encore, c’est une arme qui doit nous servir dans nos combats quotidiens comme la place de la femme, ou des minorités, ou bien encore la pauvreté et le racisme. Il ne faut pas détourner l’attention des problèmes économiques, politiques. Chose pire encore, nous ne pouvons pas oublier l’actualité des autres pays.  Au Nigéria, le groupe terroriste Boko Haram a récemment rasé et brûlé plusieurs villages, tuant environ 2000 personnes. Qui a soutenu « je suis Nigérian » ?

Une liberté d’expression occultante ?

Malgré une mobilisation citoyenne certaine à Paris, dans le monde et sur les réseaux sociaux les événements qui se sont déroulés ont occulté l’actualité internationale. Voici quelques brèves d’informations qui ont une résonnance singulière aux vues combats affichés lors de la marche républicaine. Comme nous venons de l’écrire, le groupe salafiste Boko Haram a exécuté plusieurs attaques au Nigeria. La Croatie a élu sa présidente Kolinda Grabar Kitarovic ancienne ministre des affaires étrangères. Les combats en Ukraine ne cessent toujours pas. La liberté de la presse ne peut pas se limiter à notre souffrance. La riche actualité internationale ou nationale a cessé d’exister, supplantée par les séquences de violences que tous les médias français ont suivies en temps réel. On peut s’étonner du manque d’information consacré au reste du monde depuis l’attaque des locaux de Charlie Hebdo. Même si cela s’explique par la douleur, le choc et l’émotion ressentie, l’envie de tous de suivre cette macabre « téléréalité » et de se tenir informés pour éventuellement se protéger. Toutefois, savoir remettre en cause l’information et son traitement reste important. Ce réflexe démocratique nous permettra de rester libres penseurs.

Enfin, la question de la défense de la liberté de la presse et d’expression devrait tous nous toucher, encore plus aujourd’hui. Alors pourquoi ne parlons pas des journalistes qui depuis toujours exercent leur profession dans des conditions dangereuses. L’exemple de la Chine, Russie, de l’Arabie Saoudite ou bien du Venezuela devraient nous révolter et amener à poursuivre cette mobilisation. En effet, les peuples de ces pays recherchent aussi la liberté, qu’ils déclineront sous toutes ses formes une fois qu’elle sera acquise, respectée et défendue. Les mots de l’écrivain français Claude Aveline retentissent particulièrement suite aux événements parisiens et à la rédaction de ce modeste article : « L’homme qui réclame la liberté, c’est au bonheur qu’il pense. ».

Récit d’une nouvelle politique européenne de gauche

Vendredi 25 juin 2014, à l’occasion du sommet européen de Bruxelles, la gauche européenne a proposé un éventail de cinq grandes thématiques pour relancer l’Europe. Le texte, que le journal Le Monde a pu se procurer, propose les grandes lignes d’un renouveau tant économique que politique. Pas sûr de que la femme la plus puissante du monde soit de cet avis.

S’appuyant sur les conseils du président du conseil italien, Mateo Renzi -qui a le vent en poupe ces derniers temps-, mais également avec le SPD allemand, François Hollande va présenter lors du sommet européen les grandes lignes d’un projet qui pourrait modifier considérablement la dynamique européenne en vogue depuis l’Acte Unique de 1986 ou encore le traité de Maastricht de 1992.

Voici les cinq points du projet européen de François Hollande :

Une politique économique orientée vers la croissance.

Fini les interminables plans de relance ou de restructuration, il est aujourd’hui nécessaire de laisser respirer un petit peu les économies fragiles des pays du sud. L’exemple grec est à ce titre frappant, si bien que le Fond Monétaire International a déclaré en 2013 que le premier plan de restructuration de la dette -qu’elle a elle-même conçu- n’avait pas obtenu les résultats escomptés.

La lutte contre le chômage des jeunes.

Dans la lignée du point précédent, le président français entend miser sur les jeunes et leur permettre d’avoir un accès à la formation plus sécurisé et plus de garanties lors de leur entrée sur le marché du travail. Cet argument est doublé du timide mais probable reverdissement de l’économie européenne offrirait un contexte plus attrayant pour les jeunes diplômés. L’idée est assez proche de la promesse présidentielle du candidat Hollande.

un-sommet-europeen-informel-aura-lieu-ce

Une politique européenne de l’énergie.

Alors que l’Allemagne a abandonné le nucléaire, suite à la catastrophe de Fukushima, pour intensifier le développement des énergies renouvelables mais également la production du charbon ; que la France refuse d’abandonner le nucléaire et que la question du gaz de schiste se fait de plus en plus pressante, la question de la mutualisation des techniques et financement est aujourd’hui indispensable pour répondre aux défis que propose le changement climatique, dans le contexte du sommet international sur le climat de Paris, prévu pour octobre 2015.

La maîtrise des flux migratoires.

L’idée ici serait de réformer deux grand ensembles, l’espace Shengen et FrontEx, pour maîtriser les flux de migrant légaux et illégaux. L’entreprise est certes noble et louable, mais elle n’a aucune chance d’aboutir, à moins de redonner un fort pouvoir aux services douaniers et limiter la liberté de circulation des personnes, l’une des quatre grandes libertés consacrées par l’Acte Unique de Jacques Delors de 1986. A la lumière de la construction européenne, limiter la libre circulation des personnes est impensable, maîtriser les flux est impossible.

Un choc de simplification des institutions.

L’Europe doit redevenir cette espace dédié à la défense des droits européens tout en redéfinissant les grandes lignes du projet (un volet social ?). Redonner l’envie d’Europe aux européens est la plus grandes des nécessités, au regard des résultats des élections européennes, doublé par un contexte de crise économique.
Les idées ne sont peut-être pas novatrices, mais elles ont le mérite d’aller dans le bon sens. L’Union Européenne a besoin d’une alternative socialiste, tout en comblant son besoin de se réinventer depuis les années 1980.

Pas évident qu’Angela l’entende de cette façon…

La tragique issue du canular royal

L’annonce de la grossesse de Kate Middleton, a pris un tournant dramatique en fin de semaine dernière avec le suicide de Jacintha Saldanha, infirmière à l’hôpital King Edward VII, établissement où la Duchesse de Cambridge a été admise.

Tout est parti de l’implication de l’infirmière dans un canular téléphonique orchestré par une radio australienne. À cette occasion, deux animateurs se sont fait passer pour la Reine Elisabeth et le Prince Charles afin de soutirer des informations sur l’état de santé de l’épouse du Prince William. « Morte de honte », selon ses proches, elle a mis fin à ses jours vendredi.

Depuis, chaque protagoniste de ce terrible événement se renvoient chacun à leur responsabilité.

Qui est allé trop loin ?

La mort de cette infirmière de 46 ans a suscité émotion et polémique au Royaume-Uni ainsi qu’en Australie. Les paris autour du sexe de l’enfant princier et autres blagues potaches ont laissé place à la désolation, notamment sur les réseaux sociaux.

Comme à son habitude, la toile s’est enflammée autour de cette affaire accusant tour à tour les auteurs du canular, la presse et même l’opinion publique.

Quant à la presse britannique, toujours encline à réagir de manière outrancière à ce genre de polémique, elle n’a pas manqué de mettre à la une les détails sordides de cette affaire.

Jacintha Saldanha : victime collatérale de la relation complexe de la famille royale avec les médias ?

Un nom symbolise la relation tumultueuse des médias avec la monarchie britannique : Diana.

Dès l’annonce de ses fiançailles avec le Prince Charles, présenté comme le plus beau parti d’Europe, celle qui allait devenir la Princesse de Galles s’est retrouvée sous le feux des projecteurs des paparazzis du monde entier. Son décès sous le pont de l’Alma en 1997 avait provoqué la fureur de l’opinion publique à l’encontre de la presse à scandale, accusée d’avoir indirectement provoqué sa mort à force de la pourchasser. À la suite de cet événement qui avait secoué le royaume britannique comme jamais, les princes William et Harry, fils de la défunte princesse, avaient été relativement préservés par la presse people durant leur adolescence.

Cependant, dès leur majorité, le business autour de l’information princière a repris. En témoigne la publication par le Sun de photographies du Prince Harry nu et en galante compagnie dans un hôtel de Las Vegas ou encore des photos de Kate Middleton topless en une du magazine Closer. Ces deux affaires avaient provoqué l’ire de l’opinion publique britannique qui agite toujours le spectre du traitement subie par la Princesse Diana.

Alors qu’avant beaucoup se délectaient devant les photos volées de la défunte princesse, désormais l’opinion publique et les médias semblent vouloir se racheter une conduite, ne permettant plus de dérapages concernant la vie privée de ses têtes couronnées.

Ainsi, Jacintha Saldanha s’est retrouvée au cœur de cette relation complexe. Coupable de s’être laissée duper par ce canular ayant révélé des informations sur l’état de santé de Kate Middleton, elle n’a visiblement pas supporté cheap car insurance quotes la pression médiatique et peut-être de sa hiérarchie.

Qui blâmer ? Les auteurs du canular ? La chaîne de radio qui les emploie ? La direction de l’hôpital ? La presse qui a monté cette histoire en épingle ? Le public qui reste malgré tout friand de toutes informations liées à la couronne d’Angleterre ?

15 ans après la mort de la Princesse de Galles, les questions sur les limites du traitement de ce type d’informations restent sensiblement les mêmes. Cependant, il y a fort à parier que pour Jacintha Saldanha, l’examen de conscience de la société sera plus court que celui observé pour Lady Diana.

Quand Berlin et Paris donnent de la voix

Alors que 80,2% des Parisiens a voté au premier tour de l’élection présidentielle le 22 avril 2012, témoignant de profondes divisions, bonnes et fausses notes ont résonné toute la journée au Mauerpark, le parc du mur aujourd’hui effondré à Berlin, dont les restes sont préservés et souvent colorés.

Un petit air des Buttes Chaumont, en un peu plus punk, un Rosa bonheur plus bière que rosé, plus « curry wurst » que « panier maraîcher ». Définitivement plus Arty aussi !!

Et oui, un constat : Berlin réunifié, au moins le temps d’un karaoké, a chanté ce fameux week-end alors que c’est dans les urnes, que Paris s’est exprimé. Chacun donne de la

voix, dans le microphone, dans l’isoloir. Face à la foule, face à soi. Pas facile, dans les deux cas.

A Paris, on choisissait Hollande, Sarkozy, Mélenchon, Bayrou, Le Pen, Joly…

 

Présidentielles 2012 – 1er tour – résultats Paris

 

A Berlin, on avouait un faible pour Creedence Clearwater Revival, Katie Melua, Don MC Lean, Bonny Tyler, Alicia Keys, ou Franck Sinatra !

Un point commun, un nom glissé dans une enveloppe de papier mâché, mais l’atmosphère était bien différente.

A Berlin, ensoleillé, capitale conjoncturelle européenne en quelque sorte, puisque siège du puissant gouvernement d’Angela Merkel, l’atmosphère était légère, elle sentait l’union (l’oignon aussi un peu c’est vrai), l’ambiance était aux chœurs.

A Paris, perçu comme ville « so left oriented » outre-Rhin, où il n’a cessé de pleuvoir à verse, le concert a regorgé de solistes aux sons dissonants, entraînant avec lui un pays dans une grise cacophonie.

On rechantera le week-end prochain à Berlin, à l’unisson, dans un esprit festif et libertaire. On se demande si ce genre d’évènements serait autorisé dans un parc de Paris…

On revotera dans deux semaines à Paris : on connaîtra enfin le nom de notre grand gagnant, notre nouvelle star… Une star qui semble tristement plus isolée que les spontanées starlettes berlinoises.