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Sport

On a volé la coupe du monde !

 

« Perdre une coupe du monde : entre philatélie et religion »

Dimanche 20 mars 1966, Westminster Central Hall, Londres. Il est midi et l’agent de surveillance George Franklin va reprendre son poste dans une vaste pièce d’exposition où se tient depuis la veille la plus grande manifestation de philatélistes du pays. Des timbres rares, loufoques, chères, collectés partout dans le monde par des passionnés. La fondation Stanley Gibbons’ Stamp Company, a eu la chance d’avoir un met de choix pour son exposition : la vue du trophée Jules Rimet, que la Fifa a remis en début d’année à la Fédération anglaise de football et qui sera exposé pour quelques jours. Cette coupe qui représente Niké, la déesse grecque de la victoire, est remise depuis 1930 au vainqueur de la Coupe du monde de football. Propriété depuis 1958 du Brésil, le trophée s’apprête à être remis en jeu au mois de juillet de cette année 1966. En janvier, la Fédération se voit donc confier le trophée en sa qualité d’organisateur et doit logiquement le conserver précieusement jusqu’au début des festivités. Mais devant l’insistance des organisateurs de cette fameuse expo philatéliste (le lobby des timbres était assez puissant), les dirigeants anglais du foot finissent par céder et prêtent le précieux objet pour les quelques jours de la manifestation.

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Source :http://ici.radio-canada.ca/sujet/fifa-bresil-2014/2014/05/05/010-historique-mondial-1974.shtml 

A la recherche de l’« homme louche »

Pas de risque majeur : le trophée Jules Rimet a été placé dans une vitrine, sous la surveillance de cinq gardes, dont deux doivent être présents 24 heures sur 24 à portée de vue. Un dispositif pareil devant dérouter les voleurs. Le souci, c’est qu’en ce dimanche 20 mars, un office religieux doit se tenir au sein même de ce hall, avant que l’exposition n’ouvre ses portes au public. Alors pour respecter l’office (un « lobby » bien plus puissant que celui des timbres !) il est décidé de relâcher la surveillance des collections de timbres et du trophée Jules Rimet. Question de respect. Mais quand George Franklin va reprendre son service à la mi-journée une fois la messe terminée, c’est le drame : la Coupe du monde a disparu ! La police est prévenue et se rend immédiatement sur les lieux pour les premières constatations. La vitrine semble avoir été aisément forcée et une porte à l’arrière du bâtiment présente des traces de passage récent. Pas de témoin, seulement la description d’un homme « louche », aperçu par plusieurs personnes aux heures d’ouverture de l’exposition. Les descriptions divergent, mais un profil est identifié : homme, la trentaine, taille moyenne, cheveux noirs, lèvres minces, possible cicatrice sur le visage. Evidemment, Scotland Yard est chargé de l’enquête.

Une demande de rançon de 87 000 € !

La Fédération anglaise de football décide de se rendre chez un orfèvre de la ville, nommé George Bird, pour confectionner une réplique du trophée dans la plus grande discrétion (on ne sait jamais…). Logique, dirions-nous, la recherche de l’homme louche ne donnant rien et aucun indice n’a permis de retrouver la trace du maudit voleur. Jusqu’à ce que le lundi 21 mars, le président de la Football Association (la fédé anglaise de foot), Joe Mears, ne reçoive un coup de téléphone. À l’autre bout du fil : « Jackson ». « J’ai ce que vous cherchez », en ajoutant que « pour le retrouver, il faut suivre les instructions qui arriveront dans un colis livré au siège du club de Chelsea », dont Mears est aussi le président. Ne pas prévenir la police, bien entendu. Mears n’entend pas cette dernière instruction et déballe tout au directeur d’enquête, un certain Charles Buggy. Le colis arrive, avec une demande de rançon : 15 000 livres, 87 000 euros en billets de 1 et de 5. Puis « Jackson » rappelle : finalement, il veut la somme en billets de 5 et de 10 !

Course poursuite dans les rues de Londres

Buggy prend le relais de Mears. Le flic se fera passer pour un certain « McPhee », assistant du président de la fédération anglaise de football. « Jackson » finit par accepter la rencontre avec ce dénommé McPhee à Battersea Park le 25 mars. L’échange trophée contre rançon doit avoir lieu. À la place des 15 000 livres, de faux billets sont placés dans une valise avec quelques vrais sur le dessus pour faire croire au magot. Ce dernier récupère la valise, ne constate pas la supercherie, mais annonce à McPhee qu’il n’a pas la coupe avec lui. « Il faut prendre la voiture », dit-il. McPhee accepte, les deux hommes s’engagent dans la circulation londonienne, chacun avec sa voiture. Soudain, Jackson accélère et tente de semer McPhee. Bientôt bloqué par le trafic, il abandonne son véhicule et poursuit sa fuite à pied, mais il finit par être rattrapé par Buggy/McPhee. Direction le commissariat de Kennington où « Jackson » est démasqué. Son nom, c’est Edward Betchley, un ancien militaire britannique de la Seconde Guerre mondiale, vendeur de voitures d’occasion, petit délinquant de quartier. Le trophée Jules Rimet il ne l’a pas et ne l’a jamais volé ! Il était chargé de récupérer la rançon pour un commanditaire surnommé « The Pole ». Son témoignage apparaît peu crédible et toute l’enquête repart de zéro.
Le 27 mars, soit exactement une semaine après le vol, un jeune marin nommé David Corbett sort de son domicile du Sud londonien. Il a un coup de fil à passer à la cabine se trouvant au jardin public en bas de chez lui et en profite pour sortir son chien, Pickles. Ce dernier s’en va fureter dans le parc comme il en a l’habitude et pique de la truffe vers un bosquet. Curieux, son maître jette un œil dans la direction et s’aperçoit que git au sol un objet soigneusement emballé dans du papier journal. Bizarre, bizarre. « J’ai vu que c’était une sorte de statuette », racontera-t-il au Guardian en 2006. Je suis allé voir ma femme, qui n’y connaît rien en sport, et je lui ai dit : « J’ai trouvé la Coupe du monde ! J’ai trouvé la Coupe du monde !» À la Gypsy Hill Police Station de Crystal Palace où il se rend, on le pense d’abord coupable du vol. Mais le jour du rapt, il a un alibi. L’objet retrouvé est bel et bien identifié comme étant le trophée Jules Rimet.

Corbett, seul survivant : un maléfice ?

L’enquête se poursuit pour essayer de démasquer le ou les auteurs du vol, mais on ne saura finalement jamais comment le trophée s’est retrouvé dans ce parc, emballé dans du papier journal. Frustration du côté de Scotland Yard, soulagement du côté des organisateurs de la Coupe du monde et joie du côté de David Corbett, qui reçoit au total une récompense de 6 000 livres. Il est également invité avec son chien Pickles à la cérémonie de victoire de l’Angleterre, le 30 juillet face à l’Allemagne de l’Ouest (4-2). Le chien devient même un héros national l’espace de quelques mois. Une célébrité de courte durée : il meurt accidentellement dès 1967, s’étranglant avec sa propre laisse en voulant poursuivre un chat. Une sorte de malédiction entoure d’ailleurs cette fameuse histoire de vol de trophée. Le président de la Fédération Joe Mears, celui-là même qui avait reçu le coup de fil anonyme, meurt dès le 30 juin 1966 à 61 ans. La cause ? Une attaque cardiaque provoquée par un trop plein de stress lié aux dernières semaines, concluent les médecins. Le mythomane Edward Betchley disparaît lui aussi prématurément à 49 ans d’un emphysème, après avoir fait un peu de prison. Quant au trophée Jules Rimet, il est encore volé, et définitivement cette fois, le 19 décembre 1983 au siège de la Fédération brésilienne de football à Rio, où il était exposé (le trophée à la déesse Niké était propriété permanente du Brésil depuis la Coupe du monde 1970, l’actuel trophée doré avec le ballon signé de l’artiste italien Silvio Gazzaniga le remplaçant à partir de l’édition 1974). Protégé par une vitre pare-balle, il a été dérobé en forçant l’arrière de la cage en bois. Quatre hommes d’une favela de la ville seront arrêtés et condamnés, mais jamais on ne le retrouvera.Le plus probable est que le trophée a probablement été fondu peu après le vol. Il ne reste donc plus aujourd’hui que la réplique fabriquée à la hâte en ce 20 mars 1966 et exposé au National Football Museum de Preston.

Non, les particules fines ne m'empêcheront pas de courir

Le week-end pascal se prêtait bien à une petite course à pieds. Vous savez, un peu comme lors des premiers jours de janvier, où vous voyez poindre des coureurs inhabituels au coin de votre rue, et que vous sentez dans leurs foulées un peu lourdes, la menace de la bonne résolution qui plane au-dessus de leur tête. Pâques promet les excès des longs repas de famille et de la profusion de chocolat. Pâques promet aussi un jour de congé supplémentaire, pas assez pour partir en vacances, mais suffisant pour avoir envie de prendre l’air. Une fois n’est pas coutume, le soleil était en plus au rendez-vous.

http://greenhotelparis.com/

Pourtant, nombre de ces coureurs se sont dit que non, finalement, ce n’était pas sérieux, la préfecture de Paris ayant recommandé de limiter les activités sportives intenses pendant le weekend, à cause d’un épisode de pollution aux fines particules. Ils ont sans doute eu raison d’être prudents. Les vertus du footing n’ont de cesse d’être louées à qui veut bien les entendre, mais courir en slalomant entre les pots d’échappement et la fumée de cigarette, avouons-le, ce n’est pas l’idéal.
Alors face à une pollution de plus en plus intense dans les grandes villes françaises, les coureurs se raréfient, n’osent plus chausser leurs baskets par crainte de se laisser tenter par les grandes bouffées d’un air … parfaitement pollué.

Ballon permettant de mesurer l'homogénéité verticale de la pollution – AFP

Pourtant, lundi, comme tous les autres jours de l’année, je suis allée courir. Tout comme les runners qui fouleront les rues parisiennes dimanche à l’occasion du marathon de Paris, je n’ai pas écouté la préfecture de police, pas plus que Miss Météo lorsqu’elle annonce 10 cm de neige à la mi-mars. J’ai été têtue, peut-être inconsciente, ou encore dépendante d’un sport qui finalement ne serait peut-être pas toujours bon pour moi. Peut-être oui, mais je vais vous expliquer pourquoi.

Imaginez.

Vous chausserez vos baskets Décathlon, inutilisées depuis votre dernière sortie vélo en famille (c’était lorsqu’il faisait beau, il y a un moment donc), et opterez pour l’un des « poumons verts » de Paris, le bois de Boulogne ou de Vincennes, quitte à devoir endurer 30 minutes de métro au préalable (courage qui mérite d'ailleurs d'être souligné). Vous vous emmitouflerez dans un pantalon de jogging un peu mou, un pull, un imper, un bonnet et une écharpe, il fait 3 degrés dehors alors mieux vaut se couvrir.

Les débuts seront difficiles, 10 minutes, point de côté, marche. Vous pesterez : « Diable, je déteste courir » (peut-être même avec un degré plus élevé de vulgarité, c’est vrai). Vous persisterez, 20 minutes, un exploit. Et encore, parce qu’un runner de 40 ans votre aîné vous a doublé en toute tranquillité alors même que vous commenciez à suffoquer.

Jean-Pierre, le coureur des berges du rhône.
Photographe Joris Couronnet

Vous persisterez et retournerez courir dans la semaine, vexé par la remarque de votre conjoint(e) qui vous a fait remarquer que ce pantalon vous boudinait.

Petit à petit, vous dépasserez les 40 minutes, et là vous comprendrez enfin, pourquoi certains voient la course comme une addiction. Vous ressentirez cet intense moment où en fait, vous ne sentez plus rien, où votre corps semble ne plus être lié à votre cerveau, où vos jambes avancent toutes seules. Et alors vous vous retrouverez seul, seul avec votre esprit, alors que votre corps avance sans que vous ne lui indiquiez quoi que ce soit.

« Je crois qu’à un certain moment quand on court, on est au bord de quelque chose comme le néant. Je ne dirais même pas que c’est la mort, mais c’est une expérience très troublante du rien ». (Guillaume Le Blanc)

http://espacefootingaufeminin.blogspot.fr/

Alors vous rechercherez cette sensation, encore, encore. Les footings ne dureront plus 30 minutes mais 45, puis une heure et parfois plus. Mon corps peut-il seulement se fatiguer ? Est-ce lui qui me guide ou moi qui guide mon corps ? Trouverais-je un jour ma limite ?

Vous chausserez des baskets spéciales runner supinateur. D’ailleurs, vous n’aurez pas hésité à investir 150€ dans celles-ci, et vous n’hésiterez pas à en tester des dizaines au salon du running de Paris demain, dans le but de protéger vos genoux qui seront soudain devenus tout l’objet de votre attention. Vous aurez troqué votre équipement d’esquimau pour un simple short, débardeur et veste, comme pour laisser libre cours à vos muscles, pour sentir dans chacun d’entre eux l’effort que demandent vos foulées.
Et tous les jours, Noël compris, vous irez courir, sans même avoir à vous demander pourquoi, quand ou comment ; parce que ce sera devenu un besoin.

« Il y a un état de manque quand on cesse de courir pendant un certain nombre de jours. Pour des raisons hormonales, l’addiction est très présente dans la course. Mais je crois que cette expérience est primordiale ». (Guillaume Le Blanc)

Votre parcours aussi se transformera. En semaine vous irez au plus proche de chez vous, et vous effectuerez chaque jour le même parcours, tôt le matin ou tard le soir. Pour éviter de croiser poussettes, vélos et autres trottinettes qui risqueraient de casser ce rythme parfait qui est le vôtre et qui vous transporte, mais aussi pour voir votre environnement habituel différemment.

http://www.nicolasroze.com

Courir tôt à Paris est une expérience très étrange. Les quais sont déserts, aucun touriste ne prend de photo de Notre Dame, les serveurs installent doucement les tables des terrasses de café encore vides et vous saluent au passage.
Courir le matin, c’est en quelque sorte assister aux préparatifs d’une pièce de théâtre quotidienne, c’est être dans la salle avant le début du spectacle.

« Le fait de courir dans la ville de bon matin, ça crée un rapport au monde différent ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

Vous n’hésiterez plus à aller courir de nuit, parce que courir après le coucher du soleil est sans doute l’une des expériences les plus apaisantes qui existe.

« Nous aimons courir car nous assistons, quotidiennement, à la naissance du jour en été, à la fin de la nuit en hiver. C’est un bonheur qui nous habite. Chaque jour ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

Vous vous lancerez sous la pluie. Vous assumerez votre casquette, short et imperméable, quelle que soit l’image ridicule que vous renvoie votre miroir. De toute façon, personne ne vous reconnaîtra dans cet accoutrement. Vous esquisserez un sourire à la vue des canards qui ont fait d’une simple flaque d’eau leur pataugeoire, et vous saluerez les rares coureurs qui n’auront pas eu peur d’être trempés jusqu’à l’os pour ressentir cette intense sensation de calme, de paix, d’ailleurs.
Oui, vous aurez les mains glacées, le nez rouge et peut-être même les jambes brûlées par la grêle. Mais qu’importe, vous vous sentirez bien, incroyablement bien.

« Il y a quelque chose d’un peu masochiste dans la course. On cherche un type de bien-être, lié à une expérience de douleur. Il y a aussi cette dimension du passé-composé dans la course. « J’ai couru ». Parce qu’après, il y a une forme de sérénité que je vois comme une forme de médecine ». (Guillaume Le Blanc)

http://www.espritrunning.com

Et petit à petit, vous prendrez vos marques. Vous saurez à quelle heure passe tel promeneur avec ce petit chien adorable, ces amoureux de cinquante ans qui se sont rencontrés sur un site internet et effectuent un séjour romantique dans la capitale française – s’embrassant comme des adolescents prépubères cachés derrière un buisson –, cette coureuse qui souffre chaque jour mais dont la foulée devient à force plus souple et plus aisée.

« Il y a la dame qu’on appelle la dame aux chats. Elle nous applaudit chaque matin ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

Vous discuterez avec ces coureurs quotidiens qui eux seuls foulent le sol parisien à sept heures du matin. Vous croirez encore en la bonté humaine lorsque, isolé dans le parc, souffrant, les joues ruisselantes de larmes, des coureurs viendront vers vous et refuseront de vous laisser rentrer seul.

« Quand on court, on a des relations avec des gens qu’on ne verrait jamais autrement. Quand on court, il se produit tout un tas d’événements ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

http://demi-fondu74.over-blog.com

Alors oui, je cours dans la pollution, sous la pluie, la neige et la grêle. Oui, je cours sur le béton des trottoirs comme des parcs parisiens. Et non, ce n’est pas parce que la ministre de l’Écologie affirme que la pollution est « un problème qu’on doit regarder en face » que cela changera de sitôt, alors il en faudra plus pour m’arrêter.

Parce que courir ce n’est pas juste dépenser son énergie, chercher à perdre du poids, se maintenir en forme … ce n’est même pas une simple addiction. C’est une expérience. C’est une rencontre, avec d’autres, et surtout, avec soi-même.

Eve-Anaelle Blandin

Humanité : 178 jours et meilleure que prévue

dailymail.co.uk

Nick Kleckner aurait découvert les bontés de l’humanité, meilleure que prévue, lors d’une traversée des Etats-Unis en 178 jours. Enfin c’est la version d’un récit belge paru aujourd’hui sur 7sur7.be. Inspiré par Forrest Gump, Nick Kleckner « vient d’effectuer un voyage hors norme » : « il a entrepris de traverser les Etats-Unis depuis la Floride jusqu’en Californie, sans nourriture, eau ou argent. Un périple de 178 jours que le jeune homme de 25 ans vient de terminer ».

Une transformation d’abord physique

Nick a évidemment changé physiquement. La course à pieds sculpte les corps et comme toute étape de longue durée, la barbe pousse, la peau prend des couleurs etc. Les vêtements usés, surtout les chaussures bien sûr. Bon test pour les marques d’ailleurs, c’est 5 paires au total que Nick Kleckner aura usées ! Il a couru sur le bitume nous dit-on… exit la mode de la course nu-pieds apparemment.

Tout savoir sur la course pieds nus

Une leçon surtout sociologique

C’est surtout mentalement que Nick a évolué. Il devait avoir certains préjugés car « il a confié avoir été agréablement surpris par la nature humaine, finalement toujours prompte à rendre service et à aider les plus démunis ». Grande découverte, l’homme sait être solidaire. Alors qu’on  bassine à longueur de journée sur l’individualisme des sociétés modernes déclinantes…   Au cours de son voyage, Nick n’aura jamais été seul très longtemps, recevant l’aide de nombreuses personnes. Le site belge rapporte que « beaucoup de gens lui ont exprimé leur sympathie et l’ont encouragé dans son périple, de quoi lui donner la force de continuer encore et encore, malgré la faim, les douleurs physiques ou les coups de blues ».

Un cercle vertueux solidaire

Nick redistribuait l’argent ou les cadeaux qu’on lui offrait. Son objectif était de « donner plus qu’il ne recevait ». Il serait aujourd’hui convaincu que « l’humanité est meilleure qu’il n’espérait ». Nous voilà rassurés.

I RAN – Forrest Gump

Blessures, scandales, dopages, défaites… Le sportif, cet investissement imprévisible

Virenque dopé à « l’insu de son plein gré » en 1998, Zidane qui se « distingue » à nouveau de la tête en 2006, l’Equipe de France de football « coincée » dans un bus en 2010…Tant de moments de sport qui ont provoqué tristesse et colère chez les supporters et frayeur chez les annonceurs ayant associé leur image à ces champions.

Cet été les manifestations sportives occuperont une place de choix dans l’espace médiatique, l’occasion pour Tend@ctu de revenir sur quelques épisodes houleux tant pour les sportifs que pour les sponsors.

Vendredi dernier, en couverture du quotidien gratuit Metro, plusieurs joueurs de tennis s’affichaient dans une publicité faisant la promotion de la marque de déodorant Rexona. À l’approche de Roland Garros, la marque a décidé de mettre en scène 3 représentants du contingent français : Michaël Llodra, Jo Wilfried Tsonga et Gaël Monfils. Problème, les gouttes de sueur du dernier ne perleront pas sur les courts de la porte d’Auteuil puisqu’il a annoncé son forfait peu avant le début du tournoi à cause d’une blessure au genou persistante.

Dans le cas de Gaël Monfils, les dégâts occasionnés sur l’image de Rexona sont limités car la blessure fait malheureusement partie de la carrière des sportifs de haut niveau. Le timing est certes mauvais pour l’anti transpirant mais c’est une variable à laquelle échappe tout contrôle.

Cependant, dans d’autre cas, les marques doivent parfois composer avec un flot d’incertitudes liées au comportement sur mais aussi en dehors des terrains, pistes, courts…de leurs protégés. Nous vous proposons un petit tour des situations qui peuvent faire passer des nuits blanches aux directions de la communication et désormais aux community manager des marques qui choisissent de sponsoriser des sportifs.

La défaite

Dans un entretien accordé en 2008 à l’hebdomadaire Le Point, avant l’euro suisse-autrichien, Michel Platini désormais Président de l’UEFA avait déclaré : « Aujourd’hui, nous sommes entrés dans l’ère des businessmen. La défaite devient un drame financier ». Certainement nostalgique d’un temps où l’Equipe avait titré « Fabuleux » au lendemain de la fameuse défaite des bleus contre la RFA à Séville lors du Mondial 1982, le triple ballon d’or met le doigt sur une réalité : les sportifs sont désormais tout aussi responsables devant leurs supporters que devant les sponsors qui ont investi sur leur image.

Il est loin le temps où on louait le courage et l’élégance de l’éternel second Raymond Poulidor. À qui la faute ? Et bien, bizarrement, nous mettrons cela sur le compte d’une période faste pour le sport français (enfin surtout pour les footballeurs) : 1998-2000. La France baptisée avant « championne du monde des matchs amicaux » concrétise enfin dans des compétitions officielles pour le grand plaisir de leurs supporters mais aussi des annonceurs qui voient désormais dans l’Equipe de France un investissement pérenne.

Ainsi, armés d’une foi inébranlable dans la bande à Zidane avant la Coupe du Monde au Japon et en Corée du sud en 2002, Beaucoup de sponsor avaient misé sur l’événement et associé leur image à la formation tricolore. L’équipementier Adidas avait même été jusqu’à imaginer une publicité en apposant une deuxième étoile de champion du monde avant même le début de la compétition.

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Vous connaissez certainement la suite : Zidane blessé, humiliation en match d’ouverture contre le Sénégal, Zidane toujours blessé, carton rouge pour Thierry Henry contre l’Uruguay. Zizou revient enfin mais la tâche parait insurmontable pour ceux qui avaient battu 4 ans auparavant le Brésil 3-0 : gagner par deux buts d’écart contre la formation danoise. Il y’a bien eu 2 buts mais inscrits par les Danois qui remportèrent le match. Rideau pour la France qui repart sans avoir marqué le moindre but. Après « On est les champions ! », « On est dans l’avion… ». Adieu le remboursement des télévisions promis par le sponsor LG si l’Equipe de France gagnait la Coupe du Monde. La lune de miel avec les supporters est bel et bien terminée et I Will Survive, hymne des années fastes, est rangée dans les cartons pour de bon ! Depuis, la relation de l’équipe de France avec ses supporters reste compliquée avec en point d’orgue la campagne de la Coupe du Monde 2010, du dernier match d’éliminatoires au parcours calamiteux en phase finale (nous l’évoqueront dans les comportements antisportif).

Ainsi, le sponsoringbashing est un des nombreux effets de la déception. Qui n’a pas entendu un oncle, père, frère, mère…installé dans son canapé pendant les coupures pub d’un match de l’Equipe de France pester sur l’omniprésence des joueurs dans les publicités. « Ah ça pour se faire des passes dans les pubs Crédit Agricole y’a du monde hein mais quand ils sont sur le terrain c’est pas gagné ! ».

Les questions autour des dégâts d’une déroute sportive ne sont pas seulement l’apanage des footballeurs. On peut notamment citer la nageuse Laure Manaudou, passée à côté des Jeux Olympiques de Pékin et délaissée ensuite par beaucoup de sponsors. Elle est néanmoins en passe de redevenir « bankable » en jouant notamment avec son image de maman (Aubert et Cadum) et grâce à sa qualification pour les Jeux Olympiques de Londres.

Le comportement anti-sportif

Les comportements antisportif peuvent être très variés : les dopages, la violence, les trucages…et il y’a pour le coup un certain danger pour les sponsors qui ne s’y trompent pas et n’hésitent pas à annuler des campagnes ou à rompre tout bonnement les contrats.

En 1998, l’Equipe Festina, formation cycliste la plus en vue du peloton, est plongée au cœur de la plus grosse affaire de dopage lors du Tour de France. Exclue de la Grande boucle malgré les démentis de plusieurs coureurs, Richard Virenque en tête, la formation ne retrouvera jamais sa splendeur d’antan. La marque cessera de donner son nom à une équipe en 2001, 1 an après le procès qui mettra en lumière un système de dopage organisé et lors duquel le français Richard Virenque aura enfin avoué son implication. Le préjudice est grand, pas uniquement pour Festina mais pour toutes les marques engagés sur le Tour qui n’ont pas tardé à réagir. Ainsi à la suite de cette affaire, 10 sponsors d’équipe cycliste avaient adressé une lettre ouverte à Hein Verbruggen, président de l’Union Cycliste Internationale de l’époque, pour demander un renforcement de la lutte antidopage afin d’éviter que leur nom soit associé aux dérives de ce sport.

Festina, toujours présente sur le Tour de France en tant que chronométreur officiel de l’épreuve, a su se démarquer des pratiques de la formation cycliste. La fondation d’entreprise de la marque a même soutenu le théâtre éducatif « anti-dopage ».

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Revenons au football avec en 2006, le geste insensée de Zinedine Zidane en finale de Coupe du Monde. Porté en triomphe après deux coups de tête magistraux en finale contre le Brésil en 98, il utilise à nouveau son tête contre l’Italie. Mais ce jour-là, c’est tout droit dans le plexus du défenseur Marco Materrazzi qu’il l’enfonce, pour le punir d’avoir proféré des insultes à l’encontre de sa mère ou de sa sœur, on a jamais vraiment su. Résultat : carton rouge, tirs au but, Trézéguet se loupe… « Regrets éternels » comme titrera l’Equipe le lendemain. Du côté des sponsors, on ne s’inquiète pas outre-mesure. Zidane reste une icône et son geste est minimisé, même par le Président de la république de l’époque Jacques Chirac. Cependant, la marque Scrabble, sponsors du néo-retraité avait dû déprogrammer en urgence une campagne d’affichage prévue au lendemain de la finale avec l’accroche suivante « Maintenant, il va falloir ne jouer qu’avec la tête ».

Enfin, comment ne pas parler de la calamiteuse campagne des bleus lors du Mondial Sud-Africain, vécu amèrement par beaucoup de sponsor et partenaire officiel de l’Equipe. Plusieurs marques avaient été « éclaboussées » par les turpitudes de l’Equipe de France.

Ainsi, avant même le début de la compétition, la marque Gilette avait été embarquée malgré elle dans la polémique de la main de Thierry Henry. Le sponsor du joueur avait carrément fait disparaitre le membre coupable de sa campagne d’affichage.

Et les sponsors de l’Equipe de France n’étaient pas au bout de leurs peines, une Coupe du Monde désastreuse les attendaient. Débâcle sportive, insulte, mutinerie : c’est le piètre spectacle donné par l’Equipe de France durant son court séjour en Afrique du Sud qui tourna au psychodrame national.

Pour les sponsors et partenaires officiels c’est la soupe à la grimace. Le crédit Agricole avait été contraint d’annuler sa campagne misant sur le jeu collectif des joueurs clés de l’effectif alors même que ceux-ci avaient fait preuve d’un individualisme destructeur sur le terrain. D’autres marques avaient repensé leur message comme Quick ou encore GDF Suez. Adidas, l’équipementier des bleus s’était fendu d’un communiqué se déclarant «consternée et attristée de voir la tournure des événements (…)», appelant au «sens des responsabilités des dirigeants de la Fédération, du staff technique et des joueurs pour ramener de la sérénité dans les prochaines heures».

Dans l’histoire du sponsoring de l’Equipe de France, il y’a eu indubitablement un avant et après Knysna, nom de la ville où l’Equipe de France avait élu villégiature. Chose rare, la Fédération française de football avait versé 4,5 millions d’euro de dédommagement à ses sponsors principaux pour le préjudice subi. Les sponsors ont même obtenu qu’un système de bonus-malus soit indexé aux contrats en se basant sur les résultats sportifs des bleus et sur leur côte de popularité auprès du public.

Bref, le ton est donné. La bande à Laurent Blanc à intérêt à se tenir à carreau en Ukraine !

Le scandale de mœurs

La figure du sportif est progressivement sorti de la sacro-sainte Trinité L’Equipe/ Telefoot/Stade 2, y ajoutant Paris Match/ Voici /The Sun/50 minutes inside, une sorte d’ersatz de Lady Di du 21ème siècle.

Les sponsors peuvent se réjouir de cette incursion dans la sphère people si leur poulain y est bien présenté. Une bonne couv’ Paris Match avec un double page : petit-déjeuner en famille, entrainement intense, interview confession vérité « L’important c’est les 3 points, on prend les machs les uns après les autres… », retour en famille pour le dîner et déclarations fracassantes « Ma famille c’est mon moteur… ». Mais comme pour les rockstar, le public se lasse vite des histoires heureuses et réclame du sensationnel, du « dirty ».

Si en France, l’affaire Zahia avait ébranlé certains joueurs de l’Equipe de France de football, ternissant un peu plus leur image, outre-atlantique et outre-manche, les affaires de ce type vont beaucoup plus loin dans le trash.

Tiger Woods en sait quelque-chose lui. Le golfeur, adulé, souvent bien classé parmi les personnes les plus influentes du monde selon Time Magazine, a vu son univers s’écrouler après les révélations de ses multiples maîtresses. En l’espace de quelques temps, le meilleur golfeur du monde est devenu la risée des comiques américains et le punching ball des donneurs de leçon. Résultat, plusieurs de ses sponsors, soucieux de ne pas être associé au scandale ont cessé de diffuser l’image du golfeur ou ont tout simplement mis fin au contrat. Ainsi Gilette, Gatorade, Accenture, Tag Heuer et l’opérateur de télécommunications américain AT&T s’étaient désolidarisé de Woods. Un passage en cure d’addict au sexe plus tard, le golfeur redevient progressivement fréquentable pour les sponsors puisque Rolex a choisi de s’adjoindre ses services fin 2011.

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De l’autre côté de la manche, où les tabloïds sont friands de ce type d’histoires scabreuses, nombreux sont les sportifs qui ont été pris la main dans le sac.
John Terry, capitaine de la sélection anglaise, désigné « Papa de l’année 2009 » par une marque agroalimentaire s’était attiré les foudres de la presse suite aux révélations concernant de sa liaison avec l’ex-femme de son ancien coéquipier et ami Wayne Bridge. A la suite du scandale, Umbro, équipementier historique de l’Equipe d’Angleterre avait retiré le capitaine de toutes ses communications officielles.

Finalement à la lumière de toutes ses anecdotes, pas sûr que pour les sponsors, le fameux adage « L’important c’est de participer » se vérifie toujours.

Grandeur et décadence de Dennis Rodman

Dennis Rodman, l’ancien basketteur NBA âgé de 51 ans, a été condamné le 29 mai à 104 heures de travail d’intérêt général pour des arriérés de pension alimentaire. Une peine assortie d’une période de trois ans de probation. Cinq fois champion NBA, Dennis Rodman est aujourd’hui ruiné et doit plus de 810.000 dollars (646.676 euros) à sa troisième épouse et mère de deux de ses enfants, Michelle Rodman. Pourtant, tout avait bien commencé pour le joueur de basket.

Cinq fois Champion de NBA

Aujourd’hui célèbre pour ses multiples couleurs de cheveux (un peu comme Loulou Nicollin) et ses conquêtes féminines (dont Carmen Electra, chanteuse pour Prince et actrice pour Alerte à Malibu), Dennis Rodman fut un des plus grands défenseur de la NBA : il fut d’ailleurs élu meilleur défenseur en 1990 et 1991 et obtint la distinction de meilleur « rebondeur » sept ans de suite, entre 1992 et 1998. Deux équipes ont marqué sa carrière sportives : les Pistons de Detroit, avec laquelle il remporte deux titres de champion (1989 et 1990) ; et les Bulls de Chicago, avec laquelle il remporte trois titres de champion (1996, 1997 et 1998).

Les années 2000 ont été plus difficiles mais assez variées. En plus de tentatives de retour au basket au Mexique en Finlande et au Royaume-Uni, Dennis Rodman a tenté de devenir catcheur sous le surnom de « Rodzilla » ! Il s’est également essayé au cinéma. Les Français se souviennent sûrement de son rôle dans « Double Team » de Tsui Hark, où il donne la réplique à Jean-Claude Van Damme et Mickey Rourke (autre aspirant catcheur), et dans « Simon Sez » de Kevin Elders, où il castagne à tout va aux côtés de… Filip Nikolic des 2B3 ! Enfin, Rodman, cherchant à tout prix à faire parler de lui – et gagner de l’argent – a participé à des émissions de télé-réalité, comme Celebrity Big Brothers.

Une fin de carrière bien originale mais qui commence à prendre un tournure des plus dramatique. Canal + pourrait peut-être l’embaucher comme consultant basket ?

Vers une ingénierie de l’entraînement sportif

Dell lotus formula one telemetry
Crédit photo : Dell official page/Flickr (CC BY 2.0)

« Mesurer », « calculer », « analyser », « ajuster », un vocabulaire d’ingénieur course devant un écran télémétrique chez McLaren ? Pas seulement. Depuis quelques années déjà, le sportif et son entraîneur décortiquent les séances d’entraînement et les phases de compétition afin d’optimiser les performances. Certes, la médecine du sport s’intéresse depuis plus de 60 ans au rendement physiologique du corps humain : fameux test de Rufier-Dickson, bilans cardiaques, analyses de la motricité et de la gestuelle. Et peu de sportifs dignes de ce nom, même du dimanche, font l’impasse un jour ou l’autre, sur le cardio-fréquencemètre. Pourtant la marge de progression « scientifique » semble encore importante.

Sports d’endurance et cyclisme, une histoire de pourcentages

Les sports individuels ont rapidement pris en compte les avantages que pouvait apporter la technologie. Et pour cause, aucun coéquipier ou remplaçant sur un banc de touche n’est là pour suppléer à une baisse de forme. Passé l’épreuve du test d’effort, les « zones » d’entraînement sont connues et il devient assez aisé de travailler un point faible de sa condition physique. Par exemple, l’endurance, ou la capacité cardiaque, s’améliore en travaillant entre des seuils compris entre 70% et 90% de sa PMA, ou Puissance Maximale Anaérobie, le seuil où le corps consomme 100% de l’oxygène dans le sang (le carburant). La puissance se travaille par des séances « d’interval training » au-delà des 90% et améliore la VO2max (la capacité maximale de l’organisme à consommer l’oxygène dans le sang). Un plan d’entraînement bien mené en fonction des objectifs que l’on s’est assignés mêle donc les deux. Mais ne jouez pas à l’apprenti sorcier sans conseil médical : sur ou sous-entraînement assuré !

Pour l’anecdote, l’ancien entraîneur de Festina, Antoine Vayer, a évalué la VO2max d’Alberto Contador à 99,9ml/min/kg, lors de l’ascension du Verbier pendant le Tour de France 2009. Cela laisse songeur quand on sait que la moyenne est à 45 pour un homme normal…

Et la technologie dans tout ça ?

Depuis que Polar a lancé en 1982 le premier cardio-fréquencemètre sans fil, l’erreur n’est plus permise pour le sportif. En effet, on estime qu’un athlète sur deux sous-estime de 17 battements son pouls exact lorsqu’il l’évalue manuellement ! Depuis la fin des années 90, Il est possible l’importer sur ordinateur ses données enregistrées en course ou à l’entraînement – et l’on revient à la Formule 1 – pour ensuite les analyser et ajuster l’entraînement, voire préparer son entraînement d’une année sur l’autre. Bon, c’est plutôt l’entraîneur qui se coltine le travail, mais certains amateurs le font aussi.

Encore plus fort, les cyclistes utilisent depuis plus d’une dizaine d’année des capteurs (dans le moyeu arrière ou dans le pédalier) exprimant en watt la puissance développée par le sportif. SRM, le pionnier en la matière, est d’ailleurs le principal fournisseur des équipes pro. Le cycliste ne s’entraîne donc plus seulement en fonction de ses données cardiaques, mais en fonction de ses seuils de puissance, ce qui semble plus efficace. Ajoutez à cela les données GPS et le suiveur d’une course de vélo peut très bien évaluer le travail d’un cycliste pendant une montée de col.

SRM Powermeter FSA
Crédit photo : Grayskullduggery /Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Et la tendance se propage au sport amateur. Il est ainsi possible de télécharger des applications pour smartphones qui « traquent » vos déplacement et les corrèlent à votre rythme cardiaque, via une ceinture thoracique Polar. Pratique pour le sportif sur dimanche qui évalue sa forme sur son parcours test. Sportraker et Garmin proposent ce type de programme sur Androïd et iOS. Pour les plus consciencieux, des coachs indépendants proposent maintenant leurs services pour vous aider à lire les innombrables données – incompréhensibles par le commun des mortels – collectées par votre GPS, votre pulseur cardiaque et votre capteur de puissance. Par exemple, Scientific Coaching en Angleterre.

Les sports d’équipe : parents pauvres de l’analyse scientifique ?

Pas si sûr. David Casamichana, professeur et chercheur à l’Université du Pays Basque, vient de publier une thèse sur l’utilisation des données GPS dans l’amélioration des performances des sportifs. Selon lui, elles permettraient aux entraîneurs d’optimiser la composition d’une équipe de football, par exemple, en identifiant et analysant « les déplacements des joueurs de manière plus précise, plus fiable et donc plus efficace ». Les joueurs d’une équipe de football espagnole semi-professionnelle ont ainsi été équipés d’un dispositif GPS lors des entraînements et des matchs. Ceci a permis d’établir pour chaque joueur : la vitesse d’accélération, leur vitesse moyenne et maximum de course et la distance couverte sur un match. Conclusions : défenseurs centraux et avant-centres parcourent moins de distance qu’un milieu de terrain qui nécessite donc de bonnes capacités d’endurance. Je ne suis pas amateur de foot, mais il me semble que ces informations ne sont pas nouvelles… En revanche, le dispositif permet d’évaluer la condition physique du joueur, donc son éventuel remplacement. Autre atout, les tire-au-flanc sont tout de suite repérés !

Espérons cependant, que le talent d’un sportif ne se mesure pas seulement à l’aune de sa télémétrie embarquée ! Il me semble qu’un footballeur peut compenser, jusqu’à un certain point, un niveau physique moyen par un jeu de génie. En revanche, dans un sport d’endurance, le paramètre le plus anodin doit être analysé et optimisé pour espérer progresser à un certain niveau. Une qualification en F1 se joue au dixième, voire au millième de seconde, et c’est déjà le cas pour le 100 mètre. Alors que l’on commence à atteindre des paliers dans les records mondiaux en athlétisme par exemple, le gain de quelques millièmes se jouera sans doute lors des phases d’analyse technologiques. Avouons-le, c’est un peu triste, non ?

 

Loulou Nicollin, le Morsay du football français

Montpellier est donc le nouveau champion de la Ligue 1, devançant le PSG, soit le club des milliardaires qataris. De nombreux articles fêtent la victoire de ce club plus modeste, plus décontracté et plus terroir. Dans l’esprit bien caricaturalement franchouillard, Louis « Loulou » Nicollin, le président du club, est la nouvelle coqueluche à la mode. Grâce à sa coupe de cheveux punk… ou à cause de ses nombreuses citations qui font de lui un distributeur automatique de paroles vulgaires, misogynes, homophobes ?

loulou nicollin citations

Plus Thierry Roland et Morsay que Rabelais

On aime la truculence verbale, certes, ça détend et détonne dans une France au langage policé, surtout dans le milieu du football, où l’on est plus habitué à des analyses avant-gardistes comme « on prend les matches les uns après les autres » et « ce qui compte, c’est les 3 points ». Qui n’a pas ri aux éclats en écoutant des phrases d’Éric Cantona, Dean Saunders, Diego Maradonna ou George Best ? Cependant, Loulou Nicollin est plus Thierry Roland et Morsay que Rabelais. Au programme du Nicollin : conception sur le football, sur la famille et l’homosexualité. En clair, Loulou Nicollin s’en « bat les couilles » et le fait bien savoir.

Le football

« Je me mets à la place du président du PSG qui a un budget de je ne sais pas combien, quand il voit celui de Montpellier, il doit se poignarder le cul avec une saucisse le mec ».

« Si je devais partir à la guerre, j’irais avec mes éboueurs, pas avec mes footballeurs ».

« Ils m’ont fait rire [les supporters niçois] à nous dire qu’on était des suceurs de Marseillais. Mais on n’a jamais sucé les Marseillais. D’ailleurs, si on peut les niquer le 19, je serais heureux ».

« Je m’en bas les couilles complet, s’il me fait monter en première division, hein. Bien sûr, s’il vendait de la drogue ou violait les petites filles, ça m’emmerderait…. Ça, j’accepterais pas. Mais pour des conneries pareilles ».

« Mes joueurs, je les paie plus cher que mes maîtresses. Et mes maîtresses au moins, elles me régalent la chique ».

« Bravo à Bastia, ils ont plus de couilles que nous. Nous, on a des olivettes ».

« Le Niçois Kanté, qu’on annonçait chez nous, a signé à Olympiakos. Il nous a demandé 120 000 euros mensuels. Je lui ai demandé s’il ne se touchait pas un peu ».

« Ces mecs-là, ce ne sont pas des supporters, mais des grosses merdes ».

« Mes fils, je préfère qu’ils soient nés dans le sport, plutôt que dans la musique classique. Parce que ça, ça me fait chier. J’ai rien contre. Mais je préfère regarder un match de curling qu’écouter du Mozart ».

loulou nicollin

Les femmes

« Si on se marie, c’est pour avoir des enfants, c’est pour assurer une famille. Il ne faut pas que ce soit une connasse. Les connasses, on les tire avant et l’on s’amuse avec. Comme il y a plus de connasses que d’intelligentes, il faut faire un choix… »

« Courbis ? Je n’ai rien contre lui. Je ne suis pas remonté. Chacun baise sa femme comme il l’entend ».

Les homosexuels

« J’aime pas les pédés, mais c’est interdit de le dire ».

« Pedretti a tout commandé sur le terrain, mais celui-là, quand il viendra à Montpellier, on va s’en occuper. Ce type est une petite tarlouze » [Et en guise d’excuses à Pedretti ] « J’aurais dû le traiter de petit con ou de petite merde et ça aurait bien été ».

« Un clip sur le racisme, je suis OK. Mais pas un clip sur l’homophobie. Après, ce sera quoi ? les femmes battues ? »

Euro 2012 : composition de l'equipe des pires coupes de cheveux

Alors que Laurent Blanc s’apprête a donner sa demi-liste pour l’Euro 2012 de football, organisé en Ukraine et en Pologne, une autre composition d’équipe fait parler dans les salons… de coiffure ! L’équipe des plus originales coupes de cheveux. Cela va du réussi à la catastrophe intégrale.

Il n’est pas question ici des Karim Benzema, Samir Nasri, Franck Ribéry, Florent Malouda, Patrice Évra ou Adil Rami. Trop chauves (la mode à la Kojak perdure), trop lisses. Même si le poil et les coupes de cheveux à la Iron Maiden, Scorpion ou autre Metallica (période Ride the Lightning) sont moins rares que dans les années 70-80, plusieurs joueurs résistent comme le Brésilien Neymar ou le Français Jérémy Menez.

De gauche à droite et de haut en bas : Jérémy Ménez, Tony Vairelles, Chris Waddle,

Carlos Valderrama, Roberto Baggio, Carlos Puyol.

L’équipe des pires coupes de cheveux mélange des joueurs retraités et toujours en activité, entraînés sous la houlette de Richard Dean Anderson, alias MacGyver. Qui mieux que lui pouvait entraîner une telle équipe ? Le « héros sans violence » a du faire quelque concession pour sélectionner les joueurs les plus méritants; c’est pourquoi on se s’étonnera pas de la présence de Harald « Tony » Schumacher dans les buts. Richard Dean Anderson, plus familier des fiches bricolages du Professeur Choron que des terrains de foot, avait besoin d’un Leonardo pour l’épauler : Jean Louis David, l’actionnaire de l’équipe, lui a conseillé Djibril Cissé, le Dennis Rodman des Bouches-du-Rhône.

Et maintenant, place à l’équipe !

Entraîneur : Richard Dean Anderson

Directeur sportif : Djibril Cissé

Gardien de but : Harald « Tony » Schumacher (Allemagne)

Défense : Carlos Puyol (Espagne), Trifon Ivanov (Bulgarie), Rigobert Song (Cameroun), Abel Xavier (Portugal)

Milieu : Jérémy Ménez (France), Chris Waddle (Angleterre), Carlos Valderrama (Colombie), Roberto Baggio (Italie)

Attaque : Tony Vairelles (France), Neymar (Brésil)

Que pensez-vous de cette équipe ? Quels autres joueurs pourraient être remplaçants ?