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Passe-temps

Les Aliens ou la représentation de « l’étranger » dans les films de Science-Fiction

Avertissement : ce titre est sans aucun doute une promesse trop généreuse par rapport à ce qui va être traité. Car ce billet n’est en fait qu’une modeste réflexion ayant comme point de départ le film district 9. Traiter un tel sujet mériterait au moins une thèse de sociologie. Je suis preneur pour tous financements. district-9-neill-blomkamp

Le premier film de Neill Blomkamp m’a inspiré ce papier pour l’intelligence avec laquelle il appréhende la figure de l’Alien. Petit rappel d’étymologie (origine des mots), le terme d’Alien vient du latin et se rapporte à ce qui est étranger ou inconnu, extensivement, ce qui vient d’ailleurs. L’Alien est donc une figure récurrente de la Science-Fiction, grâce à laquelle on peut retracer, à travers les époques, les pays et les points de vue, une appréhension (politique) de cette figure, celle de l’étranger. Dans tout film d’Aliens, en analysant l’Alien comme un objet de sociologie, un certain nombre de questions sont pertinentes à poser : quelles sont les caractéristiques physiques, mentales et sociales des Aliens ? Sont-ils solitaires, grégaires, civilisés ? Sont-ils guidés par leurs instincts ? Sont-ils avancés dans la maîtrise des technologies ? Lorsqu’ils viennent visiter les terriens, sont-ils belliqueux, pacifiques, intéressés, curieux ? Sont-ils des touristes, ou bien des réfugiés politiques, climatiques, ou encore des immigrés économiques ? Se poser ce type de question peut permettre de s’avancer avec prudence dans une analyse des présupposés politiques qui guident l’imagination et la réalisation de ces bijoux de la SF, pouvant cacher les opinions et les peurs caractéristiques d’une époque ou d’une civilisation donnée.

Le film district 9 adopte d’emblée un positionnement critique vis-à-vis de la civilisation occidentale. Dans ce film, le vaisseau extra-terrestre échoue au-dessus de Johannesburg en Afrique du sud. Alors que les Etats se disputent pour savoir quoi en faire, les Aliens sont parqués dans le district 9. La métaphore de l’appartheid est tout à fait explicite, d’ailleurs le film est entrecoupé d’extraits documentaires de l’époque. Les Aliens sont l’objet d’un traitement administratif répressif et les victimes passives de l’inébranlable et aveugle machinerie bureaucratique terrienne.

L’Etat recrute une multinationale de la sécurité, la MNU (Multi-National United), pour gérer de manière musclée le problème Alien en déplaçant ces populations marginalisées, dont les individus sont anonymisés – ce sont des « crevettes » – et criminalisés. La MNU n’a pas grand-chose à faire du sort des Aliens mais fera d’énormes bénéfices si elle parvient à percer le mystère de leur armement futuriste.

Quelques mots sur les Aliens selon Neil Blomkamp. Dans un bel exercice d’anthropomorphisme, l’auteur du film représente des créatures très naïves, malgré leur avancée scientifico-technologique sur l’homme, et manipulables avec du simple pâté pour chat.  Ces Aliens, contrairement aux Aliens superpuissants et belliqueux de la plupart des blockbusters hollywoodiens, sont pacifiques.

Au final, le film, en plus de renvoyer au traitement administratif et policier qui est réservé à l’étranger dans nos sociétés occidentales, offre la vision pessimiste d’un système sans fin qui aura toujours des communautés à discriminer. Mais le pessimisme peut aussi venir du fait, qu’en cas de visite extraterrestre, l’emballement de nos systèmes politiques, économiques, médiatiques et militaires laissera peu de place au dialogue et à l’enrichissement inter-planètes.

Travail le dimanche : l’évolution ou la vie

http://www.afmeg.info
http://www.afmeg.info

Personne ne s’y attendait, et encore moins le tribunal de commerce de Bobigny qui pensait rendre une simple décision de justice : celui-ci avait en effet ordonné à quinze magasins Castorama et Leroy Merlin de fermer le dimanche. Mais la résistance des employés de ces enseignes, qui ont continué d’ouvrir leurs portes le dimanche 29 septembre malgré la décision du tribunal, a ouvert la boîte de Pandore d’un sujet de société qui s’invite régulièrement dans l’agenda politique.

Un labyrinthe juridique

Il est vrai que le débat est d’envergure et les règles en vigueur, compliquées. De fait, si le code du Travail spécifie que « le repos hebdomadaire est donné le dimanche », la liste des professions pouvant déroger à cette règle ne cesse de s’allonger, particulièrement dans les secteurs de la santé, du tourisme et de l’agro-alimentaire.

Profitant de la brèche, les commerces de détail peuvent également ouvrir le dimanche par simple arrêté de la préfecture ou de la mairie si leur fermeture s’avère « préjudiciable » où s’ils sont situés, depuis la loi Maillé de 2009, dans des zones dites « d’usage de consommation exceptionnel ». Ces dérogations sont accordées en fonction de l’intérêt touristique de la zone, de la culture locale de la population et de la nature du commerce (si les magasins de jardinage ont l’autorisation d’ouvrir le dimanche, ceux de bricolage ne l’ont pas).

Autant de règles et de dérogations subjectives, auxquelles s’ajoutent des conditions de rémunérations extrêmement variées suivant les cas de figure, génèrent un imbroglio juridique dans lequel peu d’entreprises  arrivent à se retrouver.

Une société qui évolue

D’après une enquête de l’Insee en 2011, 8,2 millions de personnes travaillaient le dimanche, de façon habituelle ou occasionnelle. Les chiffres mériteraient d’être réactualisés mais indiquent cependant une tendance lourde vers le travail le dimanche.

Le repos dominical obligatoire, obtenu le 13 juillet 1906, fut l’une des pierres angulaires du combat syndical ouvrier des XIXe et XXe siècles, revendiquant le droit à une vie sociale et familiale. Considéré comme acquis, il est cependant remis en cause par les nouveaux ensembles commerciaux des années 70 et revient depuis tous les quatre ou cinq ans sur la scène politique.

2013 apporte une nouvelle dimension à ce débat puisque ce sont les salariés des entreprises eux-mêmes qui font bloc autour de leur direction pour pouvoir travailler le dimanche. Ce phénomène, impensable il y a quelques  décennies, révèle l’évolution d’une société plus individualiste, moins centrée vers la famille, dans laquelle la libre détermination est une valeur absolue, tant pour le salarié que pour le consommateur.

On voit donc sur Internet les opinions se déchirer entre les partisans du « libre choix », les aspirants à une nouvelle source de rémunération, les défenseurs du pouvoir d’achat et les tenants d’une politique de défense des acquis sociaux. Les uns se réclament d’une société qui a évolué, ne laissant à la législation que le choix de s’adapter. Les autres considèrent le dimanche comme un garde-fou intouchable protégeant la vie sociale des français. Aujourd’hui, selon un sondage Opinionway, deux français sur trois soutiennent la révolte de Leroy-Merlin et Castorama, ce qui ne va pas sans raviver le débat. Les syndicats, partisans du repos dominical, se retrouvent quant à eux en position de porte-à-faux. Contestés de manière inédite par les employés frondeurs,  à la grande joie du patronat, ils sont en désaccord interne sur les mesures à prendre.

Un nouveau feuilleton

Devant la résurgence de ce sujet récurrent de société, transformé en véritable « serpent de mer » pour de nombreux gouvernements, quelle est la réponse de la classe politique ? La prudence !

Encore empêtré dans la question des Roms et conscient de mettre le doigt sur un sujet explosif, le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault s’est risqué à « faire éventuellement évoluer les choses ». L’ancien président de la Poste, Jean-Paul Bailly a donc été désigné mener une mission d’information jusqu’en novembre. Enquête dont lui-même connait déjà la réponse pour avoir déjà donné son avis favorable à l’évolution du cadre législatif en 2009. Mais l’essentiel pour le moment est de gagner du temps ; qui sait si le débat ne se sera pas calmé d’ici-là ?

Face aux règles en vigueur, qualifiées de « mille-feuilles » par les médias. Une certaine évolution du droit du travail apparait inévitable. Mais ira-t-elle plus loin ? Prenant à bras le corps une vaste question de société, une éventuelle réforme en profondeur saisira-t-elle les revendications d’une nouvelle génération arrivant sur le marché du travail ? Une chose est sûre, pour le Gouvernement, un nouveau feuilleton commence.

Vacances d’été : quand et où partir ?

20minutes.fr

L’été est arrivé et votre objectif est de quitter le bureau, sortir vos lunettes de soleil dans un endroit bien ensoleillé tout en savourant le fait d’être totalement en vacances… Ah le bonheur !

Pour ceux qui n’ont toujours pas décidé quand et où partir, voici quelques (bonnes) idées de vacances, que vous ayez ou non les moyens de partir. Notons d’abord qu’à cette question, où aller ?, une autre question peut se poser, celle de savoir quel temps il fera cet été en France car si les mauvaises prévisions de Météo France se concrétisent alors, jeunes gens, il est peut-être préférable de prévoir ses vacances à l’étranger…

Nous y viendrons mais d’abord ce qu’il faut savoir c’est que pour les professionnels du voyage comme pour le Français lambda, les temps ont été ou sont durs, eh oui on ne le répétera jamais assez : c’est la criiiiiiiiise depuis 2008 !  Et cela impacte aussi sur nos vacances. Donc commençons par ceux qui préfèrent passer leurs vacances en France ou ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir des vacances à l’étranger ou encore ceux qui n’ont pas beaucoup de RTT en poche et qui ne peuvent partir que quelques jours, de préférence en restant en France.

Des idées pour les Français qui voyagent en France

La colocation : depuis quelques années, la colocation a fait son apparition pour les départs. Certaines personnes proposent des hébergements chez eux mais aussi et surtout des personnes, qui ne se connaissent pas, décident de partir ensemble en vacances. Ces colocations peuvent être des moyens de rencontre amoureuse ou non, par exemple entre mère célibataire, etc. Voici quelques sites où on peut publier une annonce si cela vous intéresse : parent-solo.fr ou encore colocationdevacances.com. Il va sans dire que cela peut-être un moyen, financièrement pour vous, d’allonger vos vacances…

Le camping : seLogerVacances.com a publié les résultats d’un sondage, réalisé en juin 2013, révélant  que parmi les Français qui partiront en vacances cet été, 36% envisagent le camping, soit 23% des Français. Et vous, que pensez-vous du camping ? En exemple, le site campedansmonjardin.com propose aux campeurs « une forme conviviale de camping, complémentaire du camping sauvage ou de l’hébergement dans des structures professionnelles ».

Sinon pourquoi pas la randonnée ? Les sites sentiersdefrance.com ou encore capfrance-vacances.com, par exemple, vous donneront toutes les informations dont vous auriez besoin si votre choix est le suivant.

planetepuydedome.com

Le « home-sitting »,  « wwoofing » et « couchsurfing » : Partir à petits prix, c’est aussi possible avec le « home-sitting » (s’installer dans la maison de propriétaires en leur absence), le « wwoofing » (être hébergé dans les fermes du monde entier contre quelques heures de travail) ou le « couchsurfing » (prêt de canapé de propriétaires dans la ville où vous souhaitez résider).

Si vous êtes intéressés, voici quelques informations supplémentaires :

– Pour le wwoofing à l’étranger, « il vous suffit de vous rendre sur le site Wwoof du pays souhaité (tous recensés sur le site Internet de Wwoof France) et d’adhérer (23 euros) pour consulter les offres ». Cela peut être un moyen de découvrir le monde !

– Pour le home-sitting : « plusieurs sites Internet recensent les besoins et les offres, partout en France ». Le plus ancien, homesitting.fr « s’adresse surtout aux retraités, qui sont sélectionnés avant de pouvoir s’installer chez leurs hôtes ».

– Pour le couchsurfing: se rendre ici.

Voyager dans les belles villes de France : Que diriez-vous de laisser ces dernières idées, qui d’ailleurs ne vous intéressent pas tellement, et de voyager dans des villes autres que Paris, avec un tout autre paysage ? Un voyage en Bretagne, à Nice, Marseille, en Corse… Les belles villes ne manquent pas, à vous de voir ce que vous préférez…

Vous trouverez aussi des « escapades régionales et bons plans » à prix restreint (ici). Ce site est très instructif en la matière. N’hésitez pas à y jeter un œil, peut-être y trouverez-vous votre bonheur ?

Vacances dans des pays d’Europe

Sachez que l’Europe demeure le top des destinations choisies par les Français.

Eh oui, ce sont des pays où il ne fait pas une chaleur extrême comme dans les pays outre-méditerranée, et dont le coût de vos vacances peut se révéler plus avantageux, car moins élevé. Selon le baromètre estival Fram, l’Espagne se trouve en tête des destinations choisies par les Français (environ 38% des vacanciers), arrivent ensuite les îles grecques avec notamment Corfou (17%) et enfin l’Italie avec 7,7%.

Espagne, îles grecques, Italie, qu’en dîtes-vous ? Les températures sont connues pour être plus élevées qu’en France et cela peut permettre à toute personne de changer de décor…

Une autre idée intéressante à savoir : le Monténégro, en Europe du Sud, gagne de plus en plus le cœur des Français « avec +71,2% de réservations entre 2012 et 2013 ».

Les autres pays du monde : Amérique, Afrique

tripadvisor.com

Le 27 juin, Jules Falardeau, « cinéaste, militant et chroniqueur », a publié son Top 5 des meilleures destinations soleil, cela peut aussi vous être utile : en tête il proposait Monrovia, au Libéria ; San Pedro Sula, en Honduras bien qu’il mentionne « qu’elle soit répertoriée comme étant l’une des villes les plus dangereuses du monde »; Karachi au Pakistan ; Delta du Niger au Nigéria et Ciudad Juárez au Mexique. A vous de voir si ça vous intéresse !

Vacances en Afrique ou en Proche-Orient 

Ah cette partie du monde ! Un mot nous vient forcément à la bouche : le printemps arabe et ses conséquences. Et donc la question est : doit-on envisager d’y aller en vacances ? Là-bas, il fait très chaud, voire très très chaud durant l’été, ces destinations demeurent des lieux de vacances par excellence et par surcroît comme ce sont des pays pauvres, les souvenirs de vacances ne valent pas grand-chose en euros! Mais voilà quoi, il y a eu le printemps arabe qui ne semble pas vouloir tourner la page!

Le Liban paie en ce moment le prix de la guerre en Syrie quand « les six monarchies pétrolières du Golfe ont appelé leurs citoyens à éviter le Liban pour des raisons de sécurité ». D’accord.

La Tunisie ? Si la montée de l’islamisme et le scandale récent des trois Femen ne vous gênent pas alors pourquoi pas.

Le Maroc qui n’a pas été touché par le printemps arabe demeure l’une des premières destinations choisies des Français. Il y fait très beau en plus en été. Donc pourquoi ne pas choisir cette destination ?

L’Egype : La situation est un peu tendue en Egypte ces derniers jours, marquée par les nombreuses manifestations, mais avec la récente démission du président Mohamed Morsi, espérons que tout rentrera en ordre d’ici peu et peut-être alors laisseriez-vous tenté par une petite croisière sur le Nil ?

Petite précision

Vous vous demandez certainement ceci : le titre de l’article était « quand et où partir ? », certes nous avons répondu au « où » mais nullement au « quand », et bien tout simplement parce que la réponse est simple au « quand partir ? » Vous ne trouverez pas ? Maintenant, now si c’est possible ! Même si août et septembre restent de bons mois de prises de vacances. Si ce n’est pas possible maintenant, attendez de pouvoir poser vos RTT, sur ce point je ne vous apprends rien, j’en conviens !  

En espérant que ces idées seront utiles à ceux d’entre vous qui déciderez de vos vacances à la dernière minute.

Bonnes vacances à tous !

Les Solidays, le Club Med bien-pensant

Affiche officielle des Solidays

A la section « divertissement » de tous les journaux en ligne ces derniers jours : la quinzième édition du festival Solidays, dédié à la musique et à la prévention contre le SIDA.

Ayant profité de mes congés pour m’y rendre, je me fais aujourd’hui « envoyée spéciale » de Tendactu pour vous donner mes impressions du festival en regard de ce qu’on lit dans la presse. Cet article sera principalement centré sur l’organisation et non la musique puisque la qualité des concerts dépend surtout des goûts de chacun.

J’imagine que si vous avez lu le titre, vous avez déjà une bonne idée de ce que je vais vous dire sur ce festival… Mais ne partez pas tout de suite, cet article ne sera pas qu’une longue diatribe, tout n’est pas à jeter aux Solidays, loin de là !

        Commençons par le commencement : l’achat des billets. Premier écueil. Pas de bol, ça commence tôt. Quand vous vous rendez sur la billetterie des Solidays, il est écrit en petit en haut que les pass 3 jours sont limités à trois par personne/panier et les autres pass à cinq par personne/panier. Moi, déjà, je devais acheter 3 pass trois jours et 3 pass camping pour aller avec. Comme de toute façon, le texte expliquant la limitation n’est pas particulièrement mis en valeur, je n’avais rien vu et j’ai donc tout pris d’un coup. Tout se passe bien, on ne me reproche rien jusqu’au moment de payer où l’on me dit que ma commande ne peut pas être prise en compte. Retour à la case départ.

Je prends donc certains tickets, effectue ma commande puis vais pour acheter les derniers tickets qui ne sont que des pass camping. Mais là, je découvre qu’on ne peut PAS acheter de pass camping si l’on n’a pas dans son panier des pass festival. Super. Pour m’en sortir, il a fallu que je clique sur un pass festival afin de le mettre dans mon panier, puis que j’ajoute les pass camping et enfin, que je supprime de mon panier le pass festival. Ouf. J’ai les billets ! Vous noterez au passage que du coup j’ai acheté 6 billets alors que c’est supposément interdit et que cela n’a pas posé de problème.

        La préparation.

Le jeudi soir, je fais mon sac, il est immense, j’ai une tente pour qu’on dorme avec mes copines et, vu le temps, un grand tipi pour être à l’abri, manger, boire, faire la fête. Sans compter les chaussures en rab au cas où il y aurait trop de boue, le poncho anti-pluie (que j’ai acheté la semaine précédente à un autre festival, pas tout à fait dans le même style, et avec lequel je (et vous aussi) ressemble sensiblement au taré de Souviens-toi l’été dernier.)

 

J’emporte aussi un couteau, même si c’est interdit, parce que sinon je ne vois pas bien comment je vais me nourrir et aussi de quoi recharger nos téléphones. Bref j’ai comme un âne mort sur le dos.

        Après avoir retrouvé mes compagnonnes de Solidays dans les transports, on traverse Paris pour arriver finalement au métro Boulogne-Jean Jaurès car les navettes Porte Maillot-Solidays ne circulent pas encore. Sur le site, il y avait écrit 500m. En vrai c’est 2Km. Eh ouais, ils sont pas très forts chez Solidays ! A l’entrée du camping, on est fouillés et normalement mon couteau n’aurait jamais dû passer, mais en voyant la taille de mon sac à dos, la bénévole renonce à la fouiller et se contente de me demander si j’ai des objets interdits. N’ayant aucune envie de me tirer une balle dans le pied, je réponds que non. Pendant ce temps-là, une de mes potes se fait confisquer son parapluie, c’est vrai que c’est du réel engin de terroriste ces trucs-là (pour rappel, une photo de cette arme de destruction massive)!

J’en profite pour demander quels sont les moyens de glisser un pack de bière dans le camping (alcool, cannettes et verre interdits) et elle me fait plus ou moins comprendre que si c’est elle qui me fouille à nouveau, ça passera. On passera donc sur la sécurité. Enfin je me plains pas, je comptais pas faire une orgie, mais bon, un peu de vin ou un pack de bière pour un vendredi soir, c’est pas si bizarre, si ?

Après une sympathique fouille corporelle, on entre enfin sur le camping (minuscule), séparé en « calme » et « fêtard ». J’avais acheté des places dans le second. On nous mène donc à un emplacement en nous demandant la taille de notre tente. « Immense » que je réponds. Et on en a deux. Les bénévoles semblent embêtés, nous attribuent une place, nous demandent de monter la tente sans la planter, de changer trois fois l’orientation ou la position exacte de la tente, de respecter un espace de 2m entre les deux entrées pour laisser passer le personnel, etc. Jamais vu un camping dans lequel c’était aussi compliqué de monter deux tentes. Tout cela pour s’apercevoir finalement qu’ils ont installé une tente inconnue dans l’espace de 2m que nous avions laissé à leur demande. Bonjour l’orga !

Photo des tentes au camping

        C’est pas tout, mais si on veut survivre, il faut aller faire des courses. Boulogne nous semble immensément loin et personne ne sait où trouver un supermarché. On nous conseille d’aller attraper un bus et de nous rendre à porte Maillot. Ça ne se voit pas tellement comme ça mais c’est loin. Le problème, c’est qu’à Porte Maillot non plus, on n’a aucune idée de l’emplacement du supermarché le plus proche. Google m’indique (et hop 10% de batterie en moins…) qu’un Monoprix se situe à une station de métro. Au point où on en est, c’est parti ! Je vous passe le détail des courses, sachez simplement qu’on a porté pas mal de poids sur le retour et qu’un cubitainer de vin passe aisément. Il nous reste une heure avant l’ouverture du festival et nous en profitons donc pour manger.

        J’arrête là la chronologie sans quoi on vous ne finirez jamais cet article. Mais à l’ouverture du festival commencent les bonnes choses. Car si le camping des Solidays, contrairement à ce qu’ils veulent vous faire croire est (et je pèse mes mots) insupportable, le festival en lui-même est bien mieux. Autant l’organisation d’activités sur le camping donne la mauvaise impression d’avoir par erreur booké des vacances au Club Med (« réveil tonique » = haka à fond dans les hauts-parleurs à 9h du matin après un coucher vers 3h. NEUF HEURES DU MATIN ! NEUF HEURES DU (SAMEDI) MATIN !) et autres harlem shake à rallonge, jeux sportif et animateur au micro toute la matinée), autant les stands de prévention/explications sur le festoche sont plutôt bien rôdés. On a des jeux, des préservatifs, des infos, des intervenants, des préservatifs, des panneaux informatifs, des panneaux de campagne contre le SIDA, des préservatifs, mais aussi une expo sur le sexe et le plaisir, un saut à l’élastique, un manège. Ai-je parlé des préservatifs ? On vous en distribue à tout va, masculins, féminins, avec des explications, des démonstrations, etc. Je suis revenue avec une dizaine de capotes, mais c’est si peu parce que j’ai commencé à fermement dire non en fin d’après-midi le samedi.

        J’arrête un peu le cynisme. Je n’y croyais pas mais j’ai appris quelques trucs ! Oui, oui. Aviez-vous déjà entendu parler du TPE (Traitement Post Exposition) ? Non ? Eh bien moi non plus et pourtant, on devrait tous être au courant. J’ai découvert des infos sur les MST, sur la contraception (et même la mienne, c’est pour dire. Pourtant je ne suis pas trop mal renseignée normalement), les chiffres du SIDA, etc. Malgré tout, je reproche aux organisateurs de mettre en place des jeux trop bien-pensants et carrément inutiles. Comme ce « Qui est-ce » inversé dans lequel on élimine des photos selon les informations que l’on nous donne et celles inscrites sur les panneaux des personnages. L’idée, c’est qu’à la fin, il vous reste un homme et une femme. Dans ma description, on nous parlait de quelqu’un, sans jamais en préciser le sexe, qui aimait la campagne, les fleurs, voulait devenir fleuriste et dont le hobby était de courir parce que harmonie avec la nature, tout ça. Bien entendu le piège, c’est de penser, alors qu’on ne nous l’a pas précisé, que le personnage est une femme parce que tout le monde sait bien que les fleuristes sont des femmes, ou des gays. Mais enfin si on veut vraiment éliminer ces préjugés débiles, ce n’est pas en organisant un jeu dont le participant devine à 10 Km à la ronde ce qu’on attend de lui qu’on va y arriver. D’ailleurs ce n’est pas en le persuadant qu’il a trop trop trop tort d’avoir des préjugés ; il faut prendre ça plus tôt et faire travailler les gens sexistes avec des femmes aussi bien que des hommes et les laisser voir par eux-mêmes qu’une femme peut réfléchir et un homme faire la cuisine (je peux vous dire que le mien fait beaucoup mieux à manger que moi !). Enfin ce n’est que mon opinion.

        L’exposition « Sex in the City » qui rencontre un fort succès apparemment, n’est pas mal faite du tout et certains passages convaincront aisément les récalcitrants de mettre des préservatifs. On en apprend sur beaucoup de sujets : la protection, les sextoys, les pratiques sexuelles, etc. Néanmoins pour une exposition prétendant parler sans tabous de sexe dans un endroit où tout le monde peut prendre la parole, poser des questions et confier ses problèmes, on rencontre deux problèmes notables : le monde (je ne pense pas que quiconque ait envie de partager ses questionnements sur des pratiques sexuelles peu communes devant des inconnus, ou – peut-être pire – les amis avec lesquels on est venu) et le caractère encore un peu consensuel de l’exposition.

        Parlons des choses qui fâchent : le truc que vous redoutez quand vous vous rendez à un festival, c’est d’aller aux toilettes. Disons-le tout de suite, les toilettes des Solidays, pour un festival, c’est le grand luxe ! Déjà, il y a du papier toilette. Donc ça c’est juste génial. En plus c’est super propre. Par contre le nombre de toilettes est moins génial. La queue fait régulièrement plusieurs dizaine de mètres donc mieux vaut vous y prendre à l’avance si vous ne voulez pas manquer un bout de concert (ou perdre le contrôle de votre vessie).

Photo de la queue des toilettes

Autre technique : être un mec, ceci est manifestement un avantage sur les festoches. Passons sur le fait que les toilettes ne sont pas mixtes et que les bénévoles interdisent aux femmes d’utiliser les toilettes des hommes –vides – je voudrais signaler qu’il n’y a pas du tout assez de toilettes sur ce festival. Sur le site même du festival, passe encore mais dans le camping, c’est du grand n’importe quoi.

        Tout ça pour dire que niveau organisation, faut pas croire les articles ou le site des Solidays, c’est hyper mal géré.

        Côté musique maintenant. Les Solidays c’est le seul endroit où « les artistes jouent entre le général De Gaulle et François Hollande ».

Pour ma part, j’ai vu C2C, Dub Inc., Bloc Party, Saez, Crystal Fighters, Poni Hoax, Wax Tailor, Tété, Orelsan et Deluxe. Je ne connaissais ni Deluxe, ni Crystal Fighters ni Poni Hoax, les deux premiers étaient supers mais le dernier absolument nul. Je n’ai aucune idée de ce qu’ils donnent sur album mais le concert était assommant au possible, pas d’ambiance pas de communication avec le public, je suis partie après 25 minutes d’ennui.

Je n’ai jamais vu autant de monde qu’au concert de C2C, ils sont vraiment devenus ENORMES cette dernière année. Par contre, on ne pouvait pas bouger tellement on était serrés devant, ce qui n’a pas empêché le concert d’être génial. J’ai malheureusement raté la fin de Saez pour les voir (alors même qu’ils ont attendu qu’il termine avant de commencer. Pas douée) et c’est bien dommage car là où j’étais, c’est-à-dire assez loin, on était tous assis par terre et l’ambiance calme était très agréable. Le troisième concert vraiment notable que j’aie vu, c’était Orelsan, super ambiance, super show ! Deluxe a déchaîné son public et m’a donné très envie de les écouter sur album.

        Pour conclure, étant donné la médiocrité des organisations, heureusement que les concerts sont très bons ! Ça tombe bien on est venus pour ça ! Si l’affiche vous plaît, allez-y absolument, mais sautez la case camping.

        A noter enfin, les Solidays ont cette année été complets avant l’ouverture, ont rassemblé 170000 festivaliers sur trois jours et récolté deux millions d’euros pour la prévention contre le SIDA. Pas mal du tout.

Charlotte Faure

Le « fait maison » : tendance, filon commercial ou révélateur d’une époque ?

www.sortiraparis.net

Désormais vous pourrez être sûrs que Roger, le chef de la Brasserie à l’angle de votre rue, ne se contente pas de mettre le contenu d’une boîte congelée dans une assiette, avant de vous l’apporter avec le sourire en vantant les mérites de cette fameuse blanquette de veau dont la recette vient tout droit de sa grand-mère. Pour tester les talents culinaires de toutes les grands-mères des chefs de votre ville sans soupçonner à chaque bouchée une petite saveur chevaline, rien de plus simple, vous pouvez vous référer au label « restaurant de qualité », lancé par quinze des plus grands chefs français dont notamment Alain Ducasse et Joël Robuchon.

« Restaurant de qualité » certes, mais concrètement, que cela signifie-t-il ? Avec ce label, les chefs ont souhaité mettre en avant des « artisans restaurateurs » plutôt que des « commerçants restaurateurs ». Les conditions sont les suivantes : transparence en matière de traçabilité des produits et de préparation sur place des plats, le cuisinier devra être un chef et non quelqu’un qui se contente de réchauffer des plats, enfin l’hospitalité devra être irréprochable dans ces restaurants labélisés.

Parlez un peu de ce label aux plus anciennes générations. Soyez prévenus, ils risquent de vous regarder d’un air interrogateur, impatients de connaître les vrais critères pour obtenir ce label. Pourquoi ? Simplement car un restaurant avec un chef, des produits frais du marché ou des producteurs locaux, tous cuisinés sur place, et avec une ambiance plutôt conviviale, cela semble évident. Cela semble en fait être la définition même d’un restaurant. Ne pensez pas là que ce label est alors inintéressant ou inutile. Au contraire, il pourra être un guide de choix pour les amateurs de bonne cuisine. Mais ce label, avant tout, est le reflet d’une société de consommation, d’une crise financière et de confiance, d’un retour de la cuisine au centre du lien social ; en un mot d’une époque, la nôtre.

Ce trait caractéristique de notre société revêt plusieurs facettes.

Il n’y a pas si longtemps, on trouvait le supermarché formidable. Acheter ses fruits et légumes au même endroit que son poisson et ses yaourts, quel gain de temps ! Se servir soi-même, prendre les fruits aux couleurs chatoyantes, que l’on connait tous bien, et maintenant payer soi-même aux caisses rapides. Vous pourriez presque aller au supermarché avec la voix roque et en pyjama, car de toute façon vous n’avez à établir aucun contact humain, que ce soit avec les autres consommateurs ou les employés. Comble du pratique, vous pouvez même trouver sandwichs et autres plats cuisinés, qui vous feront gagner encore plus de temps.

Oui, mais voilà aujourd’hui, faire ses courses au supermarché, ça ne fait plus tellement rêver.

Beaucoup de Français sont en quête d’authenticité, de traçabilité, de produits de confiance, vendus par des personnes de confiance. Beaucoup de Français ont retrouvé une curiosité culinaire qui ne se résume pas à tester trois marques de lasagnes surgelées pour savoir lesquelles sont les plus copieuses.

Avec la crise financière et le scandale de la viande de cheval, nous avons soudain pris conscience que  nous vivions dans une société dont nous ne sommes plus les principaux acteurs. Nous avons pris conscience qu’on pouvait abuser de la confiance qu’on a donnée à un système qui nous semblait jusqu’alors fait pour satisfaire nos désirs d’homo-economicus à tendance individualiste.

Oui, parce qu’après une crise, nous avons naturellement tendance à se tourner vers des valeurs sûres, à retrouver les fondamentaux, que l’on puise dans une culture plus ancienne.

media.strasbourg.eu

Alors les marchés séduisent à nouveau, toutes les générations.

Aller faire son marché c’est acheter des produits frais, parfois directement au producteur. C’est acheter des produits de saison et prendre conscience que ceux-ci sont tout de même bien plus savoureux. C’est découvrir des produits qu’on ne connaissait pas et qui existent pourtant depuis bien plus longtemps que nous. Panais, topinambours et autres courges butternut, sont ainsi redevenus à la mode alors même qu’ils font partie des « légumes oubliés.

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Mais n’oublions pas que nous sommes au 21ème siècle, et que la logique économique qui fait désormais partie intégrante de notre société ne se laisse pas berner aussi facilement. Alors plutôt que d’aller faire votre marché tous les dimanches matin, les industriels ont su s’adapter à vos besoins (et surtout repérer un bon filon) en recréant des marchés couverts, les Halles. Désormais 7 jours sur 7, vous pourrez aller dans l’une de ces Halles qui se veulent « à l’ancienne ».

C’est à la fin du 19ème siècle que les Halles se sont développées, et les dirigeants des Halles d’aujourd’hui misent sur cette origine vieille de deux siècles : on vous promet « l’ambiance des Halles d’antan ».

Et il faut l’avouer, tout y est : les légumes de saison, les produits locaux, les étales qui rappellent celles d’un marché. On peut même y trouver des avantages supplémentaires au marché du dimanche sur la place du village : ici vous ne risquerez pas de renoncer à sortir de chez vous car il pleut abondamment ou car le dimanche matin est décidemment propice à une grasse matinée. De même vous n’avez pas à craindre d’arriver face à des étales vides car vous aurez un peu trop traîné au lit. Ces Halles à « l’ambiance d’antan » ont su se doter d’aspects plus modernes, et il est vrai bien pratiques : votre marché, vous pouvez le faire en sortant du travail, en plein midi, et sous des trombes d’eau.

Mais attention à ne pas voir en ces Halles un marché amélioré. Car sous couvert de modernité et de praticité, vous serez sous ces grands hangars comme dans un supermarché : un consommateur que l’on guide à travers des stands savamment agencés, qui peut se servir directement, qui ne côtoie pas toujours des producteurs indépendants mais bien des vendeurs à qui l’on a donné un rôle.

Il ne s’agit pas de voir en ces Halles un nouveau monstre de notre société de consommation, car les produits sont souvent issus de producteurs locaux et indépendants qui acceptent de vendre directement à l’enseigne. Mais il faut être conscient de la logique économique, marketing, et commerciale, qui reste très prégnante dans ces Halles.

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Qu’ils soient achetés au marché ou dans des Halles, les produits sont destinés à être cuisinés.

 Vous pensiez que les habitants d’un des pays les plus reconnus au monde pour sa gastronomie ne juraient plus que par le surgelé et les plats tout prêts ?

Détrompez-vous. Une étude TNS Sofrès de 2010 montre que « 97% des Français font ou ont dans leur foyer quelqu’un qui fait de la cuisine ‘fait maison’ ». Le « fait maison » se définit selon TNS Sofrès par « la préparation maison, par soi-même, de tous types de plats cuisinés, pâtisseries, pain, entremets, yaourts, soupes, boissons, etc, qui auraient ou être achetés tout fait ou préparés par un professionnel », or c’est dans le courant des années 2000 et plus particulièrement en se rapprochant de la première décennie que cette tendance s’est accentuée.

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Plusieurs raisons peuvent être évoquées pour comprendre cette évolution.

La crise économique étant survenue, beaucoup de Français ont dû se résoudre à abandonner certaines de leurs habitudes culinaires : des pâtes à la bolognaises reviennent moins cher si on les prépare soi-même (même sans pousser le défi culinaire jusqu’à la confection maison des pâtes » que si on les achète déjà prêtes, le goûter d’anniversaire de votre enfant vous coûtera une fortune si vos commandez des gâteaux chez le pâtissier alors qu’il ne vous faudra que quelques œufs, beurre, sucre, et farine pour faire de savoureux sablés. Les Français se sont parfois remis aux fourneaux, car ils n’avaient guère le choix.

Cuisiner soi-même c’est aussi être sûr de ce qu’on mange. La « crise de la viande de cheval » est récente il est vrai, mais elle n’est pas la seule raison de vouloir maîtriser le contenu de ses assiettes.

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Prenez n’importe quel régime relativement rigoureux, Weight Watchers. Ce régime est basé sur un système qui attribue des points à chaque aliment, et fixe un nombre de points quotidiens à ne pas dépasser calculé en fonction de l’âge, de la taille, du sexe ou encore de l’activité physique et des objectifs de perte de poids de chacun. Si le petit livret dans lequel sont répertoriés les points de chaque aliment est aujourd’hui fort épais car tous les produits industriels des différentes marques sont répertoriés, il ne ressemblait pas à cela il y a quelques années. Il y a six ans vous deviez vous contenter d’un livret avec les points de tous les aliments bruts, et de quelques plats classiques que l’on pouvait retrouver en brasserie mais qui ne permettaient certainement pas d’aborder un plat cuisiné en sachant avec certitude le nombre de points qu’on allait « utiliser » en le mangeant. Quand vous faites un régime aussi rigoureux, le plus sûr est de cuisiner soi-même. Il n’y a d’ailleurs rien d’étonnant à ce que Weight Watchers mette à disposition de ses clients des livrets de recettes où un nombre de points est attribué à chacune.

Se mettre à la cuisine pour surveiller sa ligne est un aspect tout aussi caractéristique de notre société que celui de préparer soi-même son hachis parmentier pour ne pas craindre d’y trouver des aliments non identifiés dedans, d’autant que les problèmes d’obésité notamment enfantine ne sont plus rares en France (une enquête de l’Association santé environnement France révèle d’ailleurs les difficultés de la majorité des enfants à reconnaître bon nombre de fruits et légumes).

Cuisiner c’est donc maîtriser son alimentation et c’est devenu pour beaucoup de personnes, une priorité.

Enfin, les médias ont également su attiser ou développer cette pratique culinaire réaffirmée.

  •  C’est dans les années 2000 que les blogs se sont le plus développés en France, et parmi eux l’une des espèces les plus répandues : les blogs culinaires. Si cuisiner est devenu une nécessité à un certain moment, c’est en mettant « la main à la pâte » que des personnes ont soudain pris plaisir à travailler les aliments, à les agrémenter de différentes épices, à les présenter joliment. Cette nécessité s’est transformée en une curiosité culinaire insatiable et parfois même en envie de se dépasser. Par fierté, par passion, certains ont alors commencé à tenir un blog, pour partager à une communauté virtuelle le produit de leur imagination culinaire. D’autres ont passé des heures sur la blogosphère, parfois pour le plaisir des yeux, souvent en quête d’une bonne idée, de temps à autre pour maitriser une technique culinaire. Bref, en consultant ou en écrivant des blogs, ces cuisiniers en herbe ont su faire de la cuisine « faite maison » un plaisir.

    http://pucebleue-jenreprendraibienunbout.blogspot.fr/
  • Dans la même tendance se sont développées de plus en plus d’émissions télévisées consacrées à la cuisine. Peut-être que les émissions de cuisine existent depuis fort bien longtemps, Maïté n’étant pas de la génération 2000. Oui, mais la grande différence est que ces émissions ont associé la cuisine à « monsieur-tout-le-monde ». Cette candidate d’Un dîner presque parfait, pourrait être vous, ce qui ne vous donne que plus envie d’essayer vous aussi ces petits choux à la crème que vous pensiez parfaitement inaccessibles. Même l’émission Top Chef – dont les candidats sont des professionnels – a su jouer sur la proximité avec les téléspectateurs en mettant cette saison 2013 sous le signe des produits du quotidien. Les émissions culinaires ont également réussi à lier cuisine et convivialité, partage et festivité. Car les candidats du Dîner presque parfait ne font pas qu’un bon pot au feu, ils s’invitent les uns chez les autres, ils passent un moment agréable autour de bons plats. Enfin, les émissions culinaires ont allié la cuisine à l’exceptionnel et au rêve. Car les candidats de Top Chef brillent par leur excellence, impressionnent par leur technique, et font surtout saliver par la beauté de leurs plats. Cuisiner, c’est devenu un plaisir et, avouons-le, un plaisir très « in ».

    4.bp.blogspot.com
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Évidemment, là encore cette nouvelle « mode » n’a pas échappé à l’œil aguerri des industriels qui se sont empressés de fournir aux cuisiniers amateurs tout le matériel nécessaire à leur nouvelle passion : yaourtière, machine à pâte, tampon à biscuit, cocotte en fonte, les cuisines des ménages français se sont transformées en quelques mois. Rien d’étonnant donc qu’une étude TNS Sofrès de 2010 montre que 82% des individus qui font de la cuisine « faite maison » utilisent pour cela au moins un appareil de petit électroménager. On notera d’ailleurs dans ces petits électroménagers un savoureux mélange entre le retour vers des valeurs anciennes où l’on n’hésitait pas à tout faire soi-même (machine à pâte, yaourtière) et la volonté de maîtriser le contenu de son alimentation (cocotte en fonte pour préparer de bons plats traditionnels, tampons à biscuits qui permettent en fait de retrouver l’aspect des biscuits industriels en les ayant fait soi-même).

Les Français se mettent donc plus volontiers derrière les fourneaux ces dernières années, c’est incontestable. Pour autant, si la volonté et l’envie y sont, c’est bien souvent le temps qui manque. Ainsi, si beaucoup de Français aiment avoir le sentiment de plonger leur cuillère dans un yaourt bien onctueux comme ceux que leur grand-mère, voire arrière-grand-mère, savait faire, ils n’ont pas forcément le temps de préparer ces yaourts eux-mêmes. D’ailleurs, l’enquête de TNS Sofrès révèle que le yaourt est l’un des éléments de l’alimentation le moins concerné par le fait maison. Et c’est grâce à ce constat que certains industriels ont su développer une filière qui n’en finit plus de séduire : les yaourts « à l’ancienne ».

Il est vrai que les yaourts La Laitière ou La Fermière ne sont pas vraiment à ranger dans la catégorie des innovations récentes en matière de yaourt, et vous auriez parfaitement raison. Nestlé a incontestablement été à l’origine d’une petite révolution dans le rayon des yaourts en proposant des recettes crémeuses dans des petits pots en verre, confortablement installés entre les yaourts aux couleurs vives et délicieusement artificielles, et les yaourts allégés … il y a de cela 40 ans. Alors en quoi le marché du yaourt à l’ancienne d’aujourd’hui est-il différent de celui d’hier ?

Tout d’abord, ces marques spécialisées dans le yaourt à l’ancienne ont vu leur vente augmenter de 30% en 2 ans à la fin des années 2000.

Ensuite, si jusqu’aux années 2000 les yaourts à l’ancienne n’occupaient qu’une petite partie des rayons frais, ils sont désormais de plus en plus nombreux à trouver une place et n’hésitent pas à afficher des prix près de 5 fois plus cher que la moyenne !

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Prenons enfin un autre exemple : la marque Michel et Augustin. Cette petite entreprise à la stratégie marketing bien rôdée a tout simplement choisi le « fait maison »  comme argument principal de vente. Avec ses petits biscuits aux formes inégales et ses emballages colorés aux dessins enfantins, Michel et Augustin a réussi à donner le sentiment au consommateur de manger des sablés tout droit sortis du four de leur cuisine.

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Mais revenons-en aux yaourts. Michel et Augustin a été lancée grâce à ses petits sablés en 2005. Sentant rapidement la tendance s’affirmer, l’entreprise se met à commercialiser des pots de yaourts imposants, qui font clairement penser aux pots que l’on ramène lorsqu’on s’approvisionne directement à la ferme en yaourt ou fromage blanc en grosse quantité. La stratégie était donc de donner au consommateur en supermarché, ce qu’il pourrait trouver à la ferme, misant ainsi sur l’image très pure et artisanale de la production fermière.

Et que voit-on poindre en 2009 chez Michel et Augustin ? Des yaourts en « petit pot » aux saveurs telles que vanille, miel ou coco, qui ne sont pas sans rappeler ceux proposés par La Fermière, et surtout ceux que l’on pourrait faire chez nous avec une yaourtière.

On est donc passé en l’espace de 3 ans du yaourt que l’on va directement chercher à la ferme, au yaourt que l’on fait soi-même intégrant le désormais obligatoire « authentique mais pas rustique » : bon lait entier, petit pot à l’ancienne, et saveurs originales.

Avec ces yaourts les industriels ont donc parfaitement su repérer les tendances du moment causées par les crises économiques et alimentaires : le besoin d’un retour à des produits authentiques, faits maisons avec des matières premières directement issues du producteur. Mais ils ont en plus réussi à l’associer à caractéristique indissociable de notre société : le manque de temps poussant à se retourner si possible vers l’offre industrielle.

 

J’aimerais aborder une dernière facette de cette tendance actuelle, qui fera sans doute du fait maison non plus une tendance mais une pratique durable.

L’un des points communs aux différentes pratiques évoquées jusque-là est le partage et la convivialité. La cuisine, avant d’être un show culinaire, une maîtrise de son alimentation ou un dépassement de soi, est un moment que l’on aime partager avec des proches.

La cocotte de la grand-mère qui séduit à nouveau les cuisiniers amateurs servait avant tout à faire des plats en grosse quantité, destinés à sustenter toute la tablée.

Le plaisir du marché ne réside pas seulement en des produits frais et de saison. Pour certains, c’est aussi avant tout le plaisir de discuter avec un producteur, de l’écouter parler avec passion des légumes qu’il a cultivés. C’est avoir ses petites habitudes et apprécier que son marchand préféré nous offre trois pommes supplémentaires. C’est croiser des voisins qui ont pris les mêmes habitudes que vous et prendre le temps de discuter quelques minutes alors que vous vous contenteriez autrement de les saluer en les croisant dans l’escalier de votre immeuble.

Cuisiner c’est se faire plaisir mais c’est surtout faire plaisir. C’est penser aux goûts de vos proches parfois avant de penser aux vôtres. C’est imaginer la réaction de votre enfant lorsqu’il rentrera de l’école et qu’il découvrira ces sablés fourrés à la confiture qu’il aime tant. L’enquête réalisée par TNS Sofrès montre ainsi que 95% des personnes interrogées estiment que faire la cuisine c’est « faire plaisir, honneur à ses invités ».

L’émission Un dîner presque parfait illustre également cela : les candidats ne font pas simplement goûter leurs mets aux autres participants, ils partagent cinq soirées avec eux, autour de mets qu’ils auront préparés l’après-midi. Pas étonnant d’ailleurs que le concept de l’émission soit souvent repris par les téléspectateurs sans caméra, entre amis.

Alors oui la frontière est mince entre la volonté de se tourner vers des valeurs anciennes et l’utilisation commerciale de ce désir. Mais au fond qu’importe ? Si le fait maison est l’occasion de renforcer des liens, de voir des yeux pétiller d’appétit, alors vous savez ce qu’il vous reste à faire. À vos fourneaux !

www.aubel-detry.com

Eve-Anaelle Blandin

Le succès de Real Humans promet-il un succès du transhumanisme ?

Le monde de demain : une société habitée par des humains et des robots, à l’image de la série Real Humans, suscite des questions d’ordre sociales, philosophiques, éthiques, scientifiques et autres. Ce monde, décrit par la série suédoise, est-il une ébauche du monde de demain ? Le développement actuel scientifique peut-il nous conduire plus ou moins à la vie décrite dans la série ? Ou tout ceci relève-t-il uniquement du domaine de la science-fiction ? Pourquoi, enfin, la série a-t-elle fasciné tant de monde ? Peut-on y voir un succès du transhumanisme ?

Bande-annonce de la série:

Le transhumanisme

Il s’agit d’un mouvement culturel et intellectuel qui prône l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des humains.

Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine dont le handicap, la souffrance, la maladie, la vieillesse ou la mort comme « inutiles ou indésirables ».

Les chercheurs comptent donc sur les techniques émergentes comme la robotique pour parvenir à leur fin, à savoir « l’amélioration humaine ». Ce mouvement, décrit dans la série, a contribué à son succès.

uppercult.fr

Pas d’innovation dans les idées reprises dans la série

La série rassemble l’ensemble des interrogations suscitées par la robotique et le transhumanisme. La problématique suivante est posée : est-ce inquiétant de constituer un monde dont les robots font partie intégrante ? Elle rassemble également un certain nombre de similitudes dans le mode de vie des robots, les comportements humains envers les robots et inversement.

La baisse de courant et la recharge automatique des « hubots » font écho aux robots-tortues de William Grey Walter, datant de 1950.

Au Japon, le professeur Hiroshi Ishiguro, a constitué des androïdes impressionnants et a notamment réussi à créer son clone dont la ressemblance est marquante. Des hôtesses androïdes assurent, de leur côté, l’accueil dans des salons.

En outre, des travaux en psychologie cognitive, liés au domaine de la robotique, sont destinés « à mesurer l’empathie suscitée par les robots ». Dans la série, « les hubots » ont cette empathie, comme le montre l’un d’eux lorsque sa propriétaire l’éteint, ce qui le met dans une grande colère.

De son côté, la robotique des émotions tente actuellement de créer des machines qui savent reconnaître les émotions et interagir avec l’usager. Un élément qui est également exploité dans la série : quand le propriétaire du hubot semble perplexe, son hubot arrive à le détecter et lui demande s’il va bien.

On convient que ces aspects ont toujours eu trait au domaine de la science-fiction, et pourtant, le domaine surnaturel s’estompe peu à peu au vu de certaines de ces avancées.

La série à l’image de notre société robotisée

Différentes avancées dans le domaine scientifique montrent que l’idée de la série n’est pas si éloignée de l’évolution actuelle du monde dans le domaine de la robotique.

Huffingtonpost.fr a relayé récemment que 9% des Américains ne diraient pas non pour faire l’amour à un robot. L’idée, très ancrée dans la série,est actuellement  un sujet de discussion. Les Américains sont « plus nombreux à souhaiter avoir un robot comme domestique (33%), ou pour prendre soin d’une personne âgée (22%) ».

Astrid Rosenthal von der Pütten, psychosociologue, a réalisé récemment une étude allemande montrant que les humains sont autant sensibles à la violence faite par les hommes sur les robots que par les hommes sur les hommes.

Elle a expliqué notamment que « l’un des buts des recherches actuelles en robotique consiste à développer des “robots compagnons” qui établissent une relation à long terme avec un utilisateur humain ».

Elle a ajouté que « ces robots pourraient assister les personnes âgées dans les tâches quotidiennes et leur permettre ainsi de rester plus longtemps chez elles. Ils pourraient également aider les personnes handicapées à évoluer dans leur environnement ».

La Corée du Sud a de son côté décidé d’équiper 8 000 écoles maternelles de robots, qui ne sont pas des androïdes mais ont « deux yeux, une bouche, un nez et des oreilles ». Ces derniers ont pour mission d’enseigner les langues notamment mais officiellement ne doivent pas remplacer les instituteurs.

Ils enseignent. Serait-ce, comme dans la série, une raison pour mobiliser les hommes contre ces « robots », lesquels prennent leur travail, les mettant ainsi au chômage ?

Enfin, le robot du Robot Cognition Laboratory lyonnais est arrivé à décoder le sens des phrases de l’homme et à agir en conséquence grâce notamment à « 500 neurones artificiels » et à « un cerveau simplifié ».

Cette démarche s’inspire « d’une connaissance sur le cerveau humain en la transposant à la robotique ».

De son côté, le Rooba iRobot 660 est un aspirateur autonome et efficace. En combinant ces deux technologies, nous arriverons certainement un jour à créer des « hubots » à l’image de la série.

D’autres avancées

Outre les petites innovations individuelles telles que cette vidéo d’un homme ayant réussi à créer un robot dans le dessein de voler des canettes dans les distributeurs, des chercheurs ont réussi à mettre en place des robots « pour aider à démanteler la centrale de Fukushima », ceci en « aspirant » la radioactivité ou encore « pour localiser des baleines en danger ».

Pour la vie quotidienne, deux robots ont été inventés depuis peu par une société japonaise : selon gizmodo.fr, « digital lifestyle », le premier ressemble à un chien, le second à une jeune femme nommé Kaori, et les deux visent à renseigner leur propriétaire sur leur odeur.

Le chien renifle vos pieds, si l’odeur est insoutenable, « il ira jusqu’à perdre connaissance ».

En conclusion

Rien d’innovant donc dans la série : celle-ci a su s’imposer sur les écrans et chez le public en mettant en évidence les inquiétudes suscitées par les chercheurs en robotique en les transposant. On pourrait néanmoins reprocher à la série, en fin de saison, de faire un film de « gentils contre méchants » et non se cantonner à la complexité d’un monde dans lequel vivent ensemble hommes et robots.

Sans évoquer la série, l’innovation et les progrès scientifiques progressent et la robolution du monde  est, vraisemblablement, en marche !

Source :

http://www.philomag.com/lepoque/breves/transhumanisme-doit-on-avoir-peur-de-lavenir-7416

La sortie du film « I Frankenstein » repoussée au 24 janvier 2014

Un nouveau film, inspiré de la fameuse créature de Frankenstein, est prévu !

On en parle depuis janvier 2010 mais…

Le film, d’origine américaine et australienne, intitulé I FRANKESTEIN  sortira finalement en salles le 24 janvier 2014, a-t-on appris début avril par Lionsgate. La sortie, prévue au départ pour février 2013 aux Etats-Unis, a ensuite été repoussée pour septembre, pour être repoussée, enfin, à janvier 2014. On a également appris début avril que ce film comptera parmi les films réalisés en 3D.

La presse officielle, pour expliquer ce prolongement de date, a communiqué que « compte tenu de son important potentiel de franchise et de son intérêt d'atteindre un large public, le studio veut que tous les éléments soient parfaitement alignés pour donner au public la meilleure version du film possible ».

Le réalisateur et scénariste Stuart Beattie est notamment le scénariste de G.I. Joe : le réveil du cobra sorti en 2009, du film Australia, sorti en 2008, de Collatéral en 2004. Il a également participé à l’écriture de films comme Pirates des Caraïbes : la malédiction du Black Pearl, sorti en 2003, 30 jours de nuit, sorti en 2007, et 3h10 pour Yuma, sorti en 2007.

Stuart Beattie a notamment déclaré à propos de ce film : « L’histoire de Mary Shelley porte sur la création du premier être humain. Ici, il s’agit d’aborder l’histoire de celui-ci devenant vraiment humain ».

Le film promet d’être spectaculaire dans la mesure où cette fois-ci, Smart Beattie détient à la fois la place de réalisateur et celle de scénariste !

Le tournage se déroulera principalement dans l’Etat de Victoria, en Australie et ce film sera produit par Lakeshore Entertainment. Selon le gouverneur de l’Etat, 37 millions de dollars seront déboursés pour l’ensemble de l’équipe et du casting.

Les acteurs

Le long métrage est inspiré de la bande dessinée de Kevin Grevioux, connu pour avoir co-créé la série Underworld. L’acteur Aaron Eckhart, Double-face dans The Dark Night, endosse le rôle de la créature de Frankenstein du nom d’Adam Frankenstein. Il sera accompagné à l'écran par Yvonne Strahovski, « une scientifique dévouée qui se consacre à la réanimation des morts », actrice notamment dans la série Chuck, de Bill Nighy, acteur dans Underworld, Jai Courtney, Miranda Otto, actrice dans Le Seigneur des anneaux, qui interprètera la reine des gargouilles, venant en aide à Frankenstein, et Aden Young, qui interprètera le docteur Frankenstein. Virginie Le Brun jouera, quant à elle, le rôle d’Elizabeth Frankenstein et actuellement, Socratis Otto est « en pourparlers pour jouer le complice de Nighy », lequel aura « pour but de traquer et capturer Adam ».

Le synopsis

 L’histoire se déroule à notre époque. Adam, la créature de Frankenstein, a survécu « jusqu’à nos jours suite à une anomalie génétique lors de sa création ». Suivant son chemin vers une sombre et gothique métropole, il se retrouve mêlé à une guerre de plusieurs siècles entre deux clans immortels composés de gargouilles et de féroces démons. Ces derniers se battent pour obtenir le « pouvoir ultime du monde ». La créature de Victor Frankenstein se retrouve prisonnière entre les deux clans et tente de découvrir les secrets de son immortalité.

Ainsi, on note la rencontre entre la créature de Frankenstein et d’autres créatures, telles que Dracula, le Bossu de Notre Dame ou encore l’Homme invisible. Selon enavantpremiere.fr, ces dernières pourchassent Adam dans le but de s’emparer « du secret de son existence et pouvoir créer une armée de cadavres soldats ».

Vous l’aurez deviné, ces monstres ont évolué et ont su s’adapter au monde moderne. Dans cette adaptation, ces derniers sont devenus des agents secrets ou des pivots du monde criminel…

Reprise d’une épopée moderne du livre classique de Mary Shelley

Un synopsis, original et intéressant, qui laisse les spectateurs sur leur faim !

Qui ne rêvait pas de voir la créature de Frankenstein obtenir son seul souhait qu’elle a formulé à Victor Frankenstein, à savoir lui donner une compagne femme comme lui, laquelle comprendrait ce qu’il vit et lui tiendrait compagnie jusqu’à ses derniers jours ? Qui n’a pas souhaité suivre la vie de ces deux êtres et connaître leurs sentiments vis-à-vis de cette existence et connaître leur rapport avec le reste du monde humain ? Cette rencontre que l’on n’a pas pu connaître car le roman de Mary Shelley met en évidence l’aspect tragique de cette création, pourra enfin avoir lieu, et mieux que cela, se présentera avec d’autres créatures fantastiques ! Evidemment, chacun d’entre nous a pensé, en regardant le film original de Frankenstein, à toutes ces autres créatures identiques, dont le destin est peu glorieux et qui amène à la compassion, la tristesse et qui nous mettent mal à l’aise devant la cruauté de l’homme envers d’autres êtres, semblables à lui car dotés d’une conscience et de sentiments.

Bien sûr, nous avons eu un petit aperçu et dans le roman de Mary Shelley, et dans le film original (et certainement dans toutes les adaptations qui ont suivi le roman de 1818), de ce que pouvait ressentir la créature vis-à-vis de son créateur, de ce monde qui la rejette, de l’espèce humaine. Son créateur, tout de suite après l’avoir créé tente de le tuer avec une hache, les habitants lui confèrent, immédiatement après l’avoir aperçu, d’être la source de l’épidémie de choléra qui touche le pays, s’ensuit un rejet total de l’espèce humaine à son égard.

Les romans, films et séries mêlant « invention d’un être humain », « conscience humaine » et « rébellion » des créatures créées

Si vous ne l’avez toujours pas vue ou si vous n’êtes pas au courant, sachez qu’une série est sortie récemment sur Arte, 100% Real Humans, laquelle reprend cette idée et peut même nous faire penser à Frankenstein.

En effet, de manière identique, l’homme réussit enfin à créer un être semblable à lui avec une conscience humaine (et des sentiments ? on n’en est pas sûr sur ce point), mais malheureusement ne le considère pas comme son semblable. Il le crée uniquement pour le servir (faire les tâches ménagères quotidiennes, accompagner les personnes âgées dans leur quotidien, occuper des travaux quotidiens et réguliers). Il s’agit donc pour ces « êtres créés » de faire à la place de l’homme ce qu’il n’aimerait pas faire.

Même idée pour le film I Robot, inspiré des romans d’Isaac Asimov, sorti en 2004. L’histoire se passe en 2035, à Chicago, où tous les robots sont pleinement intégrés dans la vie quotidienne.

Plus de 35 films ont été inspirés du roman de Mary Shelley, depuis 1818, et plusieurs romans ont suivi comme Frankenstein délivré de Brian Aldiss, Un fils de Promothée ou Frankenstein dévoilé de René Sussan.

Patience donc, il ne reste plus que quelques mois à attendre pour enfin pouvoir profiter de cette fresque fantastique qui, vraisemblablement, ne doit pas être ratée !

Sources :

http://www.cinoche.com/films/i-frankenstein/index.html

http://www.cineheroes.net/tag/i-frankenstein

Quelques photos des acteurs principaux :

Aaron Eckhart dans le rôle de la créature de Frankenstein

cinoche.com/personnes/119/index.html

Yvonne Strahovski dans le rôle de Terra

cinoche.com/personnes/26140/index.html

Aden Young dans le rôle du Dr Frankenstein

cinoche.com/personnes/23619/index.html

Non, les particules fines ne m'empêcheront pas de courir

Le week-end pascal se prêtait bien à une petite course à pieds. Vous savez, un peu comme lors des premiers jours de janvier, où vous voyez poindre des coureurs inhabituels au coin de votre rue, et que vous sentez dans leurs foulées un peu lourdes, la menace de la bonne résolution qui plane au-dessus de leur tête. Pâques promet les excès des longs repas de famille et de la profusion de chocolat. Pâques promet aussi un jour de congé supplémentaire, pas assez pour partir en vacances, mais suffisant pour avoir envie de prendre l’air. Une fois n’est pas coutume, le soleil était en plus au rendez-vous.

http://greenhotelparis.com/

Pourtant, nombre de ces coureurs se sont dit que non, finalement, ce n’était pas sérieux, la préfecture de Paris ayant recommandé de limiter les activités sportives intenses pendant le weekend, à cause d’un épisode de pollution aux fines particules. Ils ont sans doute eu raison d’être prudents. Les vertus du footing n’ont de cesse d’être louées à qui veut bien les entendre, mais courir en slalomant entre les pots d’échappement et la fumée de cigarette, avouons-le, ce n’est pas l’idéal.
Alors face à une pollution de plus en plus intense dans les grandes villes françaises, les coureurs se raréfient, n’osent plus chausser leurs baskets par crainte de se laisser tenter par les grandes bouffées d’un air … parfaitement pollué.

Ballon permettant de mesurer l'homogénéité verticale de la pollution – AFP

Pourtant, lundi, comme tous les autres jours de l’année, je suis allée courir. Tout comme les runners qui fouleront les rues parisiennes dimanche à l’occasion du marathon de Paris, je n’ai pas écouté la préfecture de police, pas plus que Miss Météo lorsqu’elle annonce 10 cm de neige à la mi-mars. J’ai été têtue, peut-être inconsciente, ou encore dépendante d’un sport qui finalement ne serait peut-être pas toujours bon pour moi. Peut-être oui, mais je vais vous expliquer pourquoi.

Imaginez.

Vous chausserez vos baskets Décathlon, inutilisées depuis votre dernière sortie vélo en famille (c’était lorsqu’il faisait beau, il y a un moment donc), et opterez pour l’un des « poumons verts » de Paris, le bois de Boulogne ou de Vincennes, quitte à devoir endurer 30 minutes de métro au préalable (courage qui mérite d'ailleurs d'être souligné). Vous vous emmitouflerez dans un pantalon de jogging un peu mou, un pull, un imper, un bonnet et une écharpe, il fait 3 degrés dehors alors mieux vaut se couvrir.

Les débuts seront difficiles, 10 minutes, point de côté, marche. Vous pesterez : « Diable, je déteste courir » (peut-être même avec un degré plus élevé de vulgarité, c’est vrai). Vous persisterez, 20 minutes, un exploit. Et encore, parce qu’un runner de 40 ans votre aîné vous a doublé en toute tranquillité alors même que vous commenciez à suffoquer.

Jean-Pierre, le coureur des berges du rhône.
Photographe Joris Couronnet

Vous persisterez et retournerez courir dans la semaine, vexé par la remarque de votre conjoint(e) qui vous a fait remarquer que ce pantalon vous boudinait.

Petit à petit, vous dépasserez les 40 minutes, et là vous comprendrez enfin, pourquoi certains voient la course comme une addiction. Vous ressentirez cet intense moment où en fait, vous ne sentez plus rien, où votre corps semble ne plus être lié à votre cerveau, où vos jambes avancent toutes seules. Et alors vous vous retrouverez seul, seul avec votre esprit, alors que votre corps avance sans que vous ne lui indiquiez quoi que ce soit.

« Je crois qu’à un certain moment quand on court, on est au bord de quelque chose comme le néant. Je ne dirais même pas que c’est la mort, mais c’est une expérience très troublante du rien ». (Guillaume Le Blanc)

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Alors vous rechercherez cette sensation, encore, encore. Les footings ne dureront plus 30 minutes mais 45, puis une heure et parfois plus. Mon corps peut-il seulement se fatiguer ? Est-ce lui qui me guide ou moi qui guide mon corps ? Trouverais-je un jour ma limite ?

Vous chausserez des baskets spéciales runner supinateur. D’ailleurs, vous n’aurez pas hésité à investir 150€ dans celles-ci, et vous n’hésiterez pas à en tester des dizaines au salon du running de Paris demain, dans le but de protéger vos genoux qui seront soudain devenus tout l’objet de votre attention. Vous aurez troqué votre équipement d’esquimau pour un simple short, débardeur et veste, comme pour laisser libre cours à vos muscles, pour sentir dans chacun d’entre eux l’effort que demandent vos foulées.
Et tous les jours, Noël compris, vous irez courir, sans même avoir à vous demander pourquoi, quand ou comment ; parce que ce sera devenu un besoin.

« Il y a un état de manque quand on cesse de courir pendant un certain nombre de jours. Pour des raisons hormonales, l’addiction est très présente dans la course. Mais je crois que cette expérience est primordiale ». (Guillaume Le Blanc)

Votre parcours aussi se transformera. En semaine vous irez au plus proche de chez vous, et vous effectuerez chaque jour le même parcours, tôt le matin ou tard le soir. Pour éviter de croiser poussettes, vélos et autres trottinettes qui risqueraient de casser ce rythme parfait qui est le vôtre et qui vous transporte, mais aussi pour voir votre environnement habituel différemment.

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Courir tôt à Paris est une expérience très étrange. Les quais sont déserts, aucun touriste ne prend de photo de Notre Dame, les serveurs installent doucement les tables des terrasses de café encore vides et vous saluent au passage.
Courir le matin, c’est en quelque sorte assister aux préparatifs d’une pièce de théâtre quotidienne, c’est être dans la salle avant le début du spectacle.

« Le fait de courir dans la ville de bon matin, ça crée un rapport au monde différent ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

Vous n’hésiterez plus à aller courir de nuit, parce que courir après le coucher du soleil est sans doute l’une des expériences les plus apaisantes qui existe.

« Nous aimons courir car nous assistons, quotidiennement, à la naissance du jour en été, à la fin de la nuit en hiver. C’est un bonheur qui nous habite. Chaque jour ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

Vous vous lancerez sous la pluie. Vous assumerez votre casquette, short et imperméable, quelle que soit l’image ridicule que vous renvoie votre miroir. De toute façon, personne ne vous reconnaîtra dans cet accoutrement. Vous esquisserez un sourire à la vue des canards qui ont fait d’une simple flaque d’eau leur pataugeoire, et vous saluerez les rares coureurs qui n’auront pas eu peur d’être trempés jusqu’à l’os pour ressentir cette intense sensation de calme, de paix, d’ailleurs.
Oui, vous aurez les mains glacées, le nez rouge et peut-être même les jambes brûlées par la grêle. Mais qu’importe, vous vous sentirez bien, incroyablement bien.

« Il y a quelque chose d’un peu masochiste dans la course. On cherche un type de bien-être, lié à une expérience de douleur. Il y a aussi cette dimension du passé-composé dans la course. « J’ai couru ». Parce qu’après, il y a une forme de sérénité que je vois comme une forme de médecine ». (Guillaume Le Blanc)

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Et petit à petit, vous prendrez vos marques. Vous saurez à quelle heure passe tel promeneur avec ce petit chien adorable, ces amoureux de cinquante ans qui se sont rencontrés sur un site internet et effectuent un séjour romantique dans la capitale française – s’embrassant comme des adolescents prépubères cachés derrière un buisson –, cette coureuse qui souffre chaque jour mais dont la foulée devient à force plus souple et plus aisée.

« Il y a la dame qu’on appelle la dame aux chats. Elle nous applaudit chaque matin ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

Vous discuterez avec ces coureurs quotidiens qui eux seuls foulent le sol parisien à sept heures du matin. Vous croirez encore en la bonté humaine lorsque, isolé dans le parc, souffrant, les joues ruisselantes de larmes, des coureurs viendront vers vous et refuseront de vous laisser rentrer seul.

« Quand on court, on a des relations avec des gens qu’on ne verrait jamais autrement. Quand on court, il se produit tout un tas d’événements ». (Pinçon, Pinçon-Charlot)

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Alors oui, je cours dans la pollution, sous la pluie, la neige et la grêle. Oui, je cours sur le béton des trottoirs comme des parcs parisiens. Et non, ce n’est pas parce que la ministre de l’Écologie affirme que la pollution est « un problème qu’on doit regarder en face » que cela changera de sitôt, alors il en faudra plus pour m’arrêter.

Parce que courir ce n’est pas juste dépenser son énergie, chercher à perdre du poids, se maintenir en forme … ce n’est même pas une simple addiction. C’est une expérience. C’est une rencontre, avec d’autres, et surtout, avec soi-même.

Eve-Anaelle Blandin