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Les Aliens ou la représentation de « l’étranger » dans les films de Science-Fiction

Avertissement : ce titre est sans aucun doute une promesse trop généreuse par rapport à ce qui va être traité. Car ce billet n’est en fait qu’une modeste réflexion ayant comme point de départ le film district 9. Traiter un tel sujet mériterait au moins une thèse de sociologie. Je suis preneur pour tous financements. district-9-neill-blomkamp

Le premier film de Neill Blomkamp m’a inspiré ce papier pour l’intelligence avec laquelle il appréhende la figure de l’Alien. Petit rappel d’étymologie (origine des mots), le terme d’Alien vient du latin et se rapporte à ce qui est étranger ou inconnu, extensivement, ce qui vient d’ailleurs. L’Alien est donc une figure récurrente de la Science-Fiction, grâce à laquelle on peut retracer, à travers les époques, les pays et les points de vue, une appréhension (politique) de cette figure, celle de l’étranger. Dans tout film d’Aliens, en analysant l’Alien comme un objet de sociologie, un certain nombre de questions sont pertinentes à poser : quelles sont les caractéristiques physiques, mentales et sociales des Aliens ? Sont-ils solitaires, grégaires, civilisés ? Sont-ils guidés par leurs instincts ? Sont-ils avancés dans la maîtrise des technologies ? Lorsqu’ils viennent visiter les terriens, sont-ils belliqueux, pacifiques, intéressés, curieux ? Sont-ils des touristes, ou bien des réfugiés politiques, climatiques, ou encore des immigrés économiques ? Se poser ce type de question peut permettre de s’avancer avec prudence dans une analyse des présupposés politiques qui guident l’imagination et la réalisation de ces bijoux de la SF, pouvant cacher les opinions et les peurs caractéristiques d’une époque ou d’une civilisation donnée.

Le film district 9 adopte d’emblée un positionnement critique vis-à-vis de la civilisation occidentale. Dans ce film, le vaisseau extra-terrestre échoue au-dessus de Johannesburg en Afrique du sud. Alors que les Etats se disputent pour savoir quoi en faire, les Aliens sont parqués dans le district 9. La métaphore de l’appartheid est tout à fait explicite, d’ailleurs le film est entrecoupé d’extraits documentaires de l’époque. Les Aliens sont l’objet d’un traitement administratif répressif et les victimes passives de l’inébranlable et aveugle machinerie bureaucratique terrienne.

L’Etat recrute une multinationale de la sécurité, la MNU (Multi-National United), pour gérer de manière musclée le problème Alien en déplaçant ces populations marginalisées, dont les individus sont anonymisés – ce sont des « crevettes » – et criminalisés. La MNU n’a pas grand-chose à faire du sort des Aliens mais fera d’énormes bénéfices si elle parvient à percer le mystère de leur armement futuriste.

Quelques mots sur les Aliens selon Neil Blomkamp. Dans un bel exercice d’anthropomorphisme, l’auteur du film représente des créatures très naïves, malgré leur avancée scientifico-technologique sur l’homme, et manipulables avec du simple pâté pour chat.  Ces Aliens, contrairement aux Aliens superpuissants et belliqueux de la plupart des blockbusters hollywoodiens, sont pacifiques.

Au final, le film, en plus de renvoyer au traitement administratif et policier qui est réservé à l’étranger dans nos sociétés occidentales, offre la vision pessimiste d’un système sans fin qui aura toujours des communautés à discriminer. Mais le pessimisme peut aussi venir du fait, qu’en cas de visite extraterrestre, l’emballement de nos systèmes politiques, économiques, médiatiques et militaires laissera peu de place au dialogue et à l’enrichissement inter-planètes.

Le succès de Real Humans promet-il un succès du transhumanisme ?

Le monde de demain : une société habitée par des humains et des robots, à l’image de la série Real Humans, suscite des questions d’ordre sociales, philosophiques, éthiques, scientifiques et autres. Ce monde, décrit par la série suédoise, est-il une ébauche du monde de demain ? Le développement actuel scientifique peut-il nous conduire plus ou moins à la vie décrite dans la série ? Ou tout ceci relève-t-il uniquement du domaine de la science-fiction ? Pourquoi, enfin, la série a-t-elle fasciné tant de monde ? Peut-on y voir un succès du transhumanisme ?

Bande-annonce de la série:

Le transhumanisme

Il s’agit d’un mouvement culturel et intellectuel qui prône l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des humains.

Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine dont le handicap, la souffrance, la maladie, la vieillesse ou la mort comme « inutiles ou indésirables ».

Les chercheurs comptent donc sur les techniques émergentes comme la robotique pour parvenir à leur fin, à savoir « l’amélioration humaine ». Ce mouvement, décrit dans la série, a contribué à son succès.

uppercult.fr

Pas d’innovation dans les idées reprises dans la série

La série rassemble l’ensemble des interrogations suscitées par la robotique et le transhumanisme. La problématique suivante est posée : est-ce inquiétant de constituer un monde dont les robots font partie intégrante ? Elle rassemble également un certain nombre de similitudes dans le mode de vie des robots, les comportements humains envers les robots et inversement.

La baisse de courant et la recharge automatique des « hubots » font écho aux robots-tortues de William Grey Walter, datant de 1950.

Au Japon, le professeur Hiroshi Ishiguro, a constitué des androïdes impressionnants et a notamment réussi à créer son clone dont la ressemblance est marquante. Des hôtesses androïdes assurent, de leur côté, l’accueil dans des salons.

En outre, des travaux en psychologie cognitive, liés au domaine de la robotique, sont destinés « à mesurer l’empathie suscitée par les robots ». Dans la série, « les hubots » ont cette empathie, comme le montre l’un d’eux lorsque sa propriétaire l’éteint, ce qui le met dans une grande colère.

De son côté, la robotique des émotions tente actuellement de créer des machines qui savent reconnaître les émotions et interagir avec l’usager. Un élément qui est également exploité dans la série : quand le propriétaire du hubot semble perplexe, son hubot arrive à le détecter et lui demande s’il va bien.

On convient que ces aspects ont toujours eu trait au domaine de la science-fiction, et pourtant, le domaine surnaturel s’estompe peu à peu au vu de certaines de ces avancées.

La série à l’image de notre société robotisée

Différentes avancées dans le domaine scientifique montrent que l’idée de la série n’est pas si éloignée de l’évolution actuelle du monde dans le domaine de la robotique.

Huffingtonpost.fr a relayé récemment que 9% des Américains ne diraient pas non pour faire l’amour à un robot. L’idée, très ancrée dans la série,est actuellement  un sujet de discussion. Les Américains sont « plus nombreux à souhaiter avoir un robot comme domestique (33%), ou pour prendre soin d’une personne âgée (22%) ».

Astrid Rosenthal von der Pütten, psychosociologue, a réalisé récemment une étude allemande montrant que les humains sont autant sensibles à la violence faite par les hommes sur les robots que par les hommes sur les hommes.

Elle a expliqué notamment que « l’un des buts des recherches actuelles en robotique consiste à développer des “robots compagnons” qui établissent une relation à long terme avec un utilisateur humain ».

Elle a ajouté que « ces robots pourraient assister les personnes âgées dans les tâches quotidiennes et leur permettre ainsi de rester plus longtemps chez elles. Ils pourraient également aider les personnes handicapées à évoluer dans leur environnement ».

La Corée du Sud a de son côté décidé d’équiper 8 000 écoles maternelles de robots, qui ne sont pas des androïdes mais ont « deux yeux, une bouche, un nez et des oreilles ». Ces derniers ont pour mission d’enseigner les langues notamment mais officiellement ne doivent pas remplacer les instituteurs.

Ils enseignent. Serait-ce, comme dans la série, une raison pour mobiliser les hommes contre ces « robots », lesquels prennent leur travail, les mettant ainsi au chômage ?

Enfin, le robot du Robot Cognition Laboratory lyonnais est arrivé à décoder le sens des phrases de l’homme et à agir en conséquence grâce notamment à « 500 neurones artificiels » et à « un cerveau simplifié ».

Cette démarche s’inspire « d’une connaissance sur le cerveau humain en la transposant à la robotique ».

De son côté, le Rooba iRobot 660 est un aspirateur autonome et efficace. En combinant ces deux technologies, nous arriverons certainement un jour à créer des « hubots » à l’image de la série.

D’autres avancées

Outre les petites innovations individuelles telles que cette vidéo d’un homme ayant réussi à créer un robot dans le dessein de voler des canettes dans les distributeurs, des chercheurs ont réussi à mettre en place des robots « pour aider à démanteler la centrale de Fukushima », ceci en « aspirant » la radioactivité ou encore « pour localiser des baleines en danger ».

Pour la vie quotidienne, deux robots ont été inventés depuis peu par une société japonaise : selon gizmodo.fr, « digital lifestyle », le premier ressemble à un chien, le second à une jeune femme nommé Kaori, et les deux visent à renseigner leur propriétaire sur leur odeur.

Le chien renifle vos pieds, si l’odeur est insoutenable, « il ira jusqu’à perdre connaissance ».

En conclusion

Rien d’innovant donc dans la série : celle-ci a su s’imposer sur les écrans et chez le public en mettant en évidence les inquiétudes suscitées par les chercheurs en robotique en les transposant. On pourrait néanmoins reprocher à la série, en fin de saison, de faire un film de « gentils contre méchants » et non se cantonner à la complexité d’un monde dans lequel vivent ensemble hommes et robots.

Sans évoquer la série, l’innovation et les progrès scientifiques progressent et la robolution du monde  est, vraisemblablement, en marche !

Source :

http://www.philomag.com/lepoque/breves/transhumanisme-doit-on-avoir-peur-de-lavenir-7416

La sortie du film « I Frankenstein » repoussée au 24 janvier 2014

Un nouveau film, inspiré de la fameuse créature de Frankenstein, est prévu !

On en parle depuis janvier 2010 mais…

Le film, d’origine américaine et australienne, intitulé I FRANKESTEIN  sortira finalement en salles le 24 janvier 2014, a-t-on appris début avril par Lionsgate. La sortie, prévue au départ pour février 2013 aux Etats-Unis, a ensuite été repoussée pour septembre, pour être repoussée, enfin, à janvier 2014. On a également appris début avril que ce film comptera parmi les films réalisés en 3D.

La presse officielle, pour expliquer ce prolongement de date, a communiqué que « compte tenu de son important potentiel de franchise et de son intérêt d'atteindre un large public, le studio veut que tous les éléments soient parfaitement alignés pour donner au public la meilleure version du film possible ».

Le réalisateur et scénariste Stuart Beattie est notamment le scénariste de G.I. Joe : le réveil du cobra sorti en 2009, du film Australia, sorti en 2008, de Collatéral en 2004. Il a également participé à l’écriture de films comme Pirates des Caraïbes : la malédiction du Black Pearl, sorti en 2003, 30 jours de nuit, sorti en 2007, et 3h10 pour Yuma, sorti en 2007.

Stuart Beattie a notamment déclaré à propos de ce film : « L’histoire de Mary Shelley porte sur la création du premier être humain. Ici, il s’agit d’aborder l’histoire de celui-ci devenant vraiment humain ».

Le film promet d’être spectaculaire dans la mesure où cette fois-ci, Smart Beattie détient à la fois la place de réalisateur et celle de scénariste !

Le tournage se déroulera principalement dans l’Etat de Victoria, en Australie et ce film sera produit par Lakeshore Entertainment. Selon le gouverneur de l’Etat, 37 millions de dollars seront déboursés pour l’ensemble de l’équipe et du casting.

Les acteurs

Le long métrage est inspiré de la bande dessinée de Kevin Grevioux, connu pour avoir co-créé la série Underworld. L’acteur Aaron Eckhart, Double-face dans The Dark Night, endosse le rôle de la créature de Frankenstein du nom d’Adam Frankenstein. Il sera accompagné à l'écran par Yvonne Strahovski, « une scientifique dévouée qui se consacre à la réanimation des morts », actrice notamment dans la série Chuck, de Bill Nighy, acteur dans Underworld, Jai Courtney, Miranda Otto, actrice dans Le Seigneur des anneaux, qui interprètera la reine des gargouilles, venant en aide à Frankenstein, et Aden Young, qui interprètera le docteur Frankenstein. Virginie Le Brun jouera, quant à elle, le rôle d’Elizabeth Frankenstein et actuellement, Socratis Otto est « en pourparlers pour jouer le complice de Nighy », lequel aura « pour but de traquer et capturer Adam ».

Le synopsis

 L’histoire se déroule à notre époque. Adam, la créature de Frankenstein, a survécu « jusqu’à nos jours suite à une anomalie génétique lors de sa création ». Suivant son chemin vers une sombre et gothique métropole, il se retrouve mêlé à une guerre de plusieurs siècles entre deux clans immortels composés de gargouilles et de féroces démons. Ces derniers se battent pour obtenir le « pouvoir ultime du monde ». La créature de Victor Frankenstein se retrouve prisonnière entre les deux clans et tente de découvrir les secrets de son immortalité.

Ainsi, on note la rencontre entre la créature de Frankenstein et d’autres créatures, telles que Dracula, le Bossu de Notre Dame ou encore l’Homme invisible. Selon enavantpremiere.fr, ces dernières pourchassent Adam dans le but de s’emparer « du secret de son existence et pouvoir créer une armée de cadavres soldats ».

Vous l’aurez deviné, ces monstres ont évolué et ont su s’adapter au monde moderne. Dans cette adaptation, ces derniers sont devenus des agents secrets ou des pivots du monde criminel…

Reprise d’une épopée moderne du livre classique de Mary Shelley

Un synopsis, original et intéressant, qui laisse les spectateurs sur leur faim !

Qui ne rêvait pas de voir la créature de Frankenstein obtenir son seul souhait qu’elle a formulé à Victor Frankenstein, à savoir lui donner une compagne femme comme lui, laquelle comprendrait ce qu’il vit et lui tiendrait compagnie jusqu’à ses derniers jours ? Qui n’a pas souhaité suivre la vie de ces deux êtres et connaître leurs sentiments vis-à-vis de cette existence et connaître leur rapport avec le reste du monde humain ? Cette rencontre que l’on n’a pas pu connaître car le roman de Mary Shelley met en évidence l’aspect tragique de cette création, pourra enfin avoir lieu, et mieux que cela, se présentera avec d’autres créatures fantastiques ! Evidemment, chacun d’entre nous a pensé, en regardant le film original de Frankenstein, à toutes ces autres créatures identiques, dont le destin est peu glorieux et qui amène à la compassion, la tristesse et qui nous mettent mal à l’aise devant la cruauté de l’homme envers d’autres êtres, semblables à lui car dotés d’une conscience et de sentiments.

Bien sûr, nous avons eu un petit aperçu et dans le roman de Mary Shelley, et dans le film original (et certainement dans toutes les adaptations qui ont suivi le roman de 1818), de ce que pouvait ressentir la créature vis-à-vis de son créateur, de ce monde qui la rejette, de l’espèce humaine. Son créateur, tout de suite après l’avoir créé tente de le tuer avec une hache, les habitants lui confèrent, immédiatement après l’avoir aperçu, d’être la source de l’épidémie de choléra qui touche le pays, s’ensuit un rejet total de l’espèce humaine à son égard.

Les romans, films et séries mêlant « invention d’un être humain », « conscience humaine » et « rébellion » des créatures créées

Si vous ne l’avez toujours pas vue ou si vous n’êtes pas au courant, sachez qu’une série est sortie récemment sur Arte, 100% Real Humans, laquelle reprend cette idée et peut même nous faire penser à Frankenstein.

En effet, de manière identique, l’homme réussit enfin à créer un être semblable à lui avec une conscience humaine (et des sentiments ? on n’en est pas sûr sur ce point), mais malheureusement ne le considère pas comme son semblable. Il le crée uniquement pour le servir (faire les tâches ménagères quotidiennes, accompagner les personnes âgées dans leur quotidien, occuper des travaux quotidiens et réguliers). Il s’agit donc pour ces « êtres créés » de faire à la place de l’homme ce qu’il n’aimerait pas faire.

Même idée pour le film I Robot, inspiré des romans d’Isaac Asimov, sorti en 2004. L’histoire se passe en 2035, à Chicago, où tous les robots sont pleinement intégrés dans la vie quotidienne.

Plus de 35 films ont été inspirés du roman de Mary Shelley, depuis 1818, et plusieurs romans ont suivi comme Frankenstein délivré de Brian Aldiss, Un fils de Promothée ou Frankenstein dévoilé de René Sussan.

Patience donc, il ne reste plus que quelques mois à attendre pour enfin pouvoir profiter de cette fresque fantastique qui, vraisemblablement, ne doit pas être ratée !

Sources :

http://www.cinoche.com/films/i-frankenstein/index.html

http://www.cineheroes.net/tag/i-frankenstein

Quelques photos des acteurs principaux :

Aaron Eckhart dans le rôle de la créature de Frankenstein

cinoche.com/personnes/119/index.html

Yvonne Strahovski dans le rôle de Terra

cinoche.com/personnes/26140/index.html

Aden Young dans le rôle du Dr Frankenstein

cinoche.com/personnes/23619/index.html

Technique de cinéma : les films au retournement final

Vous avez très certainement vu ce nouveau type de films où durant le film entier tout se passe très bien puis à la toute fin, le réalisateur décide de vous surprendre par un retournement final. Cette fin peut être une surprise qui interloque le spectateur en donnant au film une toute autre dimension mais bien souvent elle peut être incompréhensible au spectateur et peut ainsi le frustrer.

allocine.fr

 Le film « L’incident »

Ce fut le cas pour le film « L’incident » que j’ai vu récemment. Un film du genre thriller/épouvante-horreur produit en 2011. Sincèrement, si vous ne l’avez pas vu, je ne vous le conseille pas bien que durant une bonne partie du film le suspense et la peur m’ont envahie. Pour indication et surtout pour les plus jeunes, c’est un film interdit aux moins de 16 ans. Vous imaginez bien la présence dans le film de scènes violentes de tortures gratuites. Malgré ces scènes pour lesquelles je me répétais inlassablement « Pourquoi je regarde ça moi ? », le suspense est de la partie et l’intrigue est bien ficelée. L’histoire se passe dans un asile psychiatrique, une idée très originale selon moi, où trois cuisiniers s’y retrouvent coincés après une coupure de courant. Les malades de l’asile se trouvent en liberté et les gardes ainsi que les cuisiniers se retrouvent impuissants, sans aucune aide visible.

L’un des cuisiniers (héros de l’intrigue) voit en début de film plusieurs malades cracher leurs médicaments et durant la totalité du film il est persuadé qu’un détenu du nom d’Harry est responsable de cette coupure de courant. Un bon film, sincèrement, où le spectateur arrive à se mettre dans la peau des cuisiniers et stresse en se cramponnant à sa couverture. Mais là, le réalisateur décide de « bousiller » la fin, le terme convient parfaitement à mon goût. On ne comprend plus rien, on se rend compte que telle personne (principale dans l’intrigue) qu’on voyait jusqu’à la fin du film s’avère être morte au tout début. Plus rien n’a de sens, le spectateur se retrouve donc obligé d’aller chercher la signification dans des forums dont la plupart ne donne pas de signification précise, voire aucune qui convint comme ce fut le cas pour ce film.

allocine.fr

Quand cette technique rime avec « fin réussie »

Cette technique peut être très bien réussie. Comme ce fut le cas pour les films Les Autres, Sixième Sens, ou encore L’orphelinat avec une fin qui surprend le spectateur et qui lui fait comprendre l’intrigue sous un autre angle. Dans ces films-ci, on remercie les réalisateurs qui ont su ficeler une belle intrigue et changer l’histoire tout en ne perdant pas son spectateur. Pour d’autres films comme Inception ou Take Shelter qui laissent le choix aux spectateurs d’interpréter comme bon lui semble, on dira simplement que tout dépend des goûts de chacun et chacune.

 

Technique de cinéma : les méthodes utilisées

Cette nouvelle technique de cinéma est recherchée par les réalisateurs car elle oblige les spectateurs à parler entre eux du film pour comprendre l’intrigue mais aussi pour discuter des différentes interprétations de chacun, ce qui nourrit les forums et donc la popularité du film. Elle consiste à donner quelques indices aux spectateurs, souvent banals, de façon à ce que le spectateur ne puisse pas deviner la réalité de l’intrigue et qu’il se rende compte finalement que tel élément banal prend toute son importance dans le film. Pour l’Orphelinat, par exemple, c’est simplement des piliers qui sont jetés par la mère dans l’armoire ou encore des bruits que la mère entend la nuit et que le lecteur prend pour un élément fantastique (pensant que le film est du genre épouvante-thriller). De même, pour « L’incident » évoqué en première partie d’article, l’élément banal consiste en des doigts retournés d’une personne, inconnue jusqu’alors, que le spectateur voit durant plusieurs scènes du film. L’identité de la personne est alors révélée à la fin du film, ce qui soulève des interrogations et plonge le film dans le genre fantastique (est-ce un rêve ? est-ce la démence du personnage principal ?) alors qu’il était jusqu’à présent dans la catégorie réaliste.

Certains spectateurs aiment quand cette fin est incompréhensible ou indéterminée et même s’ils ne trouvent pas d’explications plausibles, ils disent apprécier ce retournement final car elle leur permet de revoir de nouveau le film et donc essayer de trouver de nouveaux sens possibles. Un choix que les réalisateurs approuvent car les spectateurs revoient leur film, le connaissent mieux et discutent d’autant plus dans les forums ou entre amis.

The Dictator ou la véritable aventure d'un despote

Assez séduit par la bande-annonce, j’avais peut-être peur que le temps d’un film, l’humour patauge et s’enlise. « The Dictator », le dernier film de Larry Charles, à qui on doit Borat et Brüno et avec pour interprète principal Sacha Baron Cohen, évite cette fois cet écueil.

Le pitch

The Dictator, comme son nom peut le suggérer pour les plus anglophones d’entre nous, met en scène un dictateur qui rassemble absolument tous les clichés des dictateurs et situe l’histoire dans l’imaginaire République de Wadiya, quelque part en péninsule arabique. La « république » tire sa richesse de l’exploitation du pétrole et permet à son dirigeant toutes les extravagances possibles. Qui d’autre que le Général Aladeen pourrait organiser des jeux olympiques wahadiyens, qu’il remporte haut la main en usant de méthodes si peu… orthodoxes (oui, j’ose le mot)(regardez la bande-annonce pour mieux comprendre) ?

Aladeen aux Jeux Olympiques, célèbre sa victoire de façon distinguée, comme tout un chacun.

Suite à une mésaventure, le Dirigeant Suprême (Seuprime lideur en VO) se retrouve en Amérique, sans barbe (donc méconnaissable), alors qu’un sosie va signer à sa place un traité annonçant un profond changement dans le gouvernement : l’instauration d’une démocratie. Comble de l’horreur !! Renverser une dictature dans laquelle le peuple est content d’être opprimé par une démocratie avec la liberté de presse, l’égalité homme-femme, la liberté de pensée, d’expression, le droit de vote… Aladeen ne le permettra pas ! Cette comparaison dictature-démocratie, je ne l’invente pas, elle est issue du film et je n’en ai transcrit que l’idée… elle est beaucoup plus longue et va-savoir pourquoi, je riais un peu jaune : entre la démocratie réelle et la démocratie idéale, utopique, décrite dans le film, sans vouloir trop m’engager politiquement, il y a quand même un certain fossé !

Il est impossible à Aladeen de regagner son statut d’« oppresseur bien-aimé » sans l’aide de Zoey, une activiste politico-écolo qui bosse dans un magasin bio (qui a dit cliché ?). Aladeen va donc faire des concessions pour atteindre son objectif. Seulement, quelque chose qui va éclore dans son petit coeur va lui mettre des bâtons dans les roues !

Pourquoi c’est drôle

J’avais trouvé Borat décousu, avec surenchérissement de gags. On ne peut pas dire que The Dictator soit fin pour autant : là encore le Supreme Leader les enchaîne. Pourtant, cette fois, j’ai plutôt vu un film avec une histoire au lieu d’une séquence de Vidéo Gag. C’est peut-être moi, mais cette récupération d’image des dictateurs contemporains est vraiment osée et pourtant, lors de l’annonce de la mort de Kim Jong-Il, les images de la population éxagérément en pleurs n’étaient pas plus ridicules que l’exagération de décorations militaires dont s’affuble Sacha Baron Cohen. Kim Jong-Il qui, avant de trépasser, a eu manifestement le temps de voir le film et d’approuver par un laconique « c’est de la bombe » (vu sur l’affiche !)…  Ce qui m’a plu également, au-delà du film en lui-même, c’est l’investissement de l’acteur qui donne des interviews pour la promotion du film : exit Baron Cohen, bienvenu Aladeen. L’acteur a disparu sous le personnage qui envoie ses félicitations au nouveau président français sur Twitter, à son « collègue »…

Voilà un petit coup de bande-annonce pour  mieux cerner le personnage !

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Mes autres « critiques » : Moonrise Kindom ; On the Road

Des oscars à prix d’or

Acheter un oscar est aujourd’hui  possible. Les statuettes des anciens gagnants ont depuis 1929 fait l’objet de nombreuses transactions, et 160 d’entre elles auraient déjà été vendues.

La statuette reçue par Michael Curtiz pour le film Casablanca vient d’être vendue aux enchères pour un prix estimé entre 2,5 et 3 millions de dollars. L’oscar était déjà passé entre plusieurs mains, dont la dernière en date n’est autre que celle du magicien David Copperfield, qui l’avait acquise aux enchères pour 231 500 dollars. La statuette de Casablanca surpasse à présent celle d’ Autant en emporte le vent, record de vente depuis 1999, avec  1,54 millions de dollars, et détenu par Michael Jackson.

Si la vente de statuettes est un marché lucratif, l’Académie des Oscars s’y est toujours opposée, imposant dès 1950 un contrat aux oscarisés. Les heureux vainqueurs doivent alors s’engager à ne jamais « vendre ou se débarrasser de la statuette », dont la valeur matérielle est de 850 dollars, engagement par la suite valable pour les héritiers et cessionnaires. Dans le cas d’acteurs souhaitant se débarrasser le plus rapidement possible de leur oscar, ces derniers pourront  proposer à l’Académie des Arts et des Sciences du Cinéma de le racheter pour la somme symbolique de 1 dollars.

La clause n’étant pas rétroactive, la statuette de Casablanca a pu se vendre en toute légalité. Les plus anciennes statues sont aussi celles ayant le plus de valeur et les offres peuvent ainsi montrer très rapidement.

Des statuettes très lucratives

Parmi les exemples les plus frappants, quelques jours avant la dernière cérémonie des oscars, 15 oscars ont été vendus sur la toile, dont l’oscar de la meilleure direction artistique pour Les Quatre Filles du Docteur March en 1949, ou la palme de la meilleure statuette co-attribuée  à Herman Mankiewicz pour Citizen Kanes d’Orson Welles.

Des philanthropes sont aussi prêts à racheter les statuettes une fortune dans le but de les rapporter à l’Académie, à l’image de Steven Spielberg  qui récupéra les deux oscars de la meilleure actrice obtenue par Bette Davis pour les films L’intruse et L’insoumise, pour la somme de 785 500 dollars. Reste qu’une fois la statuette vendue, l’Académie n’a que peu de  marges de manœuvres, le contrat ne précisant rien sur les dommages et intérêts. Les statuettes continueront donc d’être les objets de transactions toujours lucratives…

 

On the road live fast die young

Walter Salles présente au Festival de Cannes 2012 son nouveau film « On the road (Sur la route) ». Ce film est l’adaptation du livre éponyme de Jack Kerouac, livre lui-même quasi-autobiographique. Alors, qu’est-ce qu’il vaut, ce film ?

La filmographie de Walter Salles a de quoi surprendre : le réalisateur brésilien avait dirigé le remake du film fantastique d’horreur japonais « Dark Water » d’Hideo Nakata en 2004… Il se lance aujourd’hui dans l’adaptation du manifeste de la Beat Generation. La Beat Generation, c’est le mouvement américain des années 1950-1960 qui prône la liberté, la libération sexuelle, l’expression de la créativité artistique… Bref, « fait ce qu’il te plait », en quelque sorte. Mais, revenons à nos moutons, le film !

Le film retrace les traversées de l’Amérique par Sal Paradize (Sam Riley), double imaginaire de Jack Kerouac, et ses amis. Ces gens sont en quête de rencontres, de plaisirs, de la vie. Le film fait donc la part belle aux grands espaces américains pour le plaisir de nos yeux. De Lowell (Masachussetts), la route nous emmène jusqu’à Denver, New York, Pittsburgh et même jusqu’au Mexique et j’en passe…

Bien que tous dans la même voiture, les personnages n’ont pas les mêmes motivations. Le film donnait l’impression de mettre le personnage de Dean Moriarty (Garett Hedlund) au centre : c’était lui le plus habité par l’esprit Beat Generation, le moteur des hasardeuses expéditions. Comme il le dit lui-même dans la bande-annonce, « il brûle » et brille trop fort et trop vite. Son charisme attire autour de lui les autres personnages, Marylou et Sal, qui sont présents, mais éclipsés par l’égoïsme de Dean. Quand bien même ils le voudraient, leur attachement à Dean les empêche de vivre constamment pleinement.

Cette recherche constante et jamais satisfaite de la liberté transforme le film en un interminable (2h20 !) road movie, dont chaque escale rend Dean de moins en moins sympathique. C’est évidemment un regard personnel, 50 ans après, mais bon, où est-ce qu’on débarque avec ses gros sabots à l’improviste le soir de Noël chez la famille d’un pote ?! Ce personnage était complètement démesuré, mais je suppose que c’est ça, la Beat Generation.

C’était gênant de voir ce personnage qui n’évolue que très peu, qui rencontre, brûle et part, laissant derrière lui la tristesse. Petit à petit, les compagnons de route de Dean s’en détachent et après l’ellipse en fin de film, [ATTENTION, GROS SPOILER] Dean se retrouve seul.[FIN DU GROS SPOILER]

Bon, enfin, le film ne parle pas que de Dean, mais c’est le personnage omniprésent le plus remarquable. Ce personnage, ainsi que cette quête de l’accomplissement personnel par les drogues et la consommation immédiate du plaisir, m’ont finalement donné plus envie de lire le livre de Jack Kerouac afin d’avoir un récit me permettant d’avoir une vision plus proche de la réalité que ce que le film peut nous montrer.

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Source photo : revue de presse

Personal Branling est en mission Villa Schweppes

Vous êtes irrités par vos amis Facebook ou vos followers Twitter qui rendent compte depuis mercredi dernier de leur vie trépidante au Festival de Cannes ?

Vous avez envie de casser votre ordinateur ou de jeter votre smartphone sur les rails du métro à la vue de livetweet de la montée des marches ou des déhanchements endiablés en direct du dancefloor de la Villa Schweppes ? Dans ce cas, allez faire un tour sur le nouveau tumblr du site Personal Branling baptisé Mission Villa Schweppes, ça devrait vous détendre.

On se la e-pète à Cannes

« Ils ont le droit de se la raconter. On a le droit de les dénoncer « . Telle est la description du site Personal Branling qui épingle les utilisateurs de réseaux sociaux faisant un peu trop leur autopromotion. Et bien dernièrement, le site a trouvé un nouveau terrain de chasse : Le festival de Cannes. Ce sont plus précisément les twittos et utilisateurs de Facebook qui squattent la Villa Schweppes, haut lieu de la hype cannoise, qui sont visés.

Ainsi, malheur à ceux qui affichent de manière trop ostentatoire les détails de leurs tribulations sur la Croisette. Et les cibles favorites du site sont nombreuses :

– Les stars en devenir qui espèrent que dans leur carrière il y’aura un « avant  » et un  » après « Cannes 2012 :

– Les « name droppers » qui ne savent plus où donner de la tête, entourés d’une ribambelle de célébrités dans les soirées les plus courues du Festival :

 

– Les incontournables des « Place to be » de la Croisette :

 

 

 

What did you expect ?

On ne va pas se mentir, ce site procure surtout un sentiment jouissif à ceux qui, au lieu d’âtre à Cannes, se contentent de regarder chaque soir la sélection Arte de films des éditions précédentes du Festival et qui soyons fou se sirotent un bon petit Schweppes raisin en faisant genre « je vis Cannes à ma manière  » (non ce n’est pas du vécu…). Cependant, cette initiative est également une opération assez habile de co-branding entre le site Personal Branling et la marque de boisson gazeuse.

Cela permet à la marque de surfer sur son côté hype tout en faisant montre d’une pointe d’autodérision, assez rare du côté des strass et paillettes des tapis rouges. La stratégie publicitaire de la marque incarnée par son slogan « What did you expect ?  » s’inscrit dans cette logique de « prise de recul  » avec notamment l’utilisation d’égérie comme Nicole Kidman et Uma Thurman qui jouent de leur statut de superstar pour faire passer le message suivant « Hey guys ! J’ai beau faire des tournages au bout du monde avec une super belle robe et faire des interviews allongée sur un beau sofa, moi aussi j’aime bien boire un petit Schweppes comme vous! »

Avouons-le, nous ne manquerons pas d’aller faire un tour régulièrement sur ce site pour glousser sur les nouvelles perles qui y seront postées. Nous attendons d’ailleurs avec impatience les révélations exclusives de ceux qui feront mine d’être dans le secret des Dieux quant à l’attribution de la palme d’Or.

Exemple: « Conversation avec Nanni Moretti, je ne veux pas trop m’avancer mais il semble qu’il ait beaucoup apprécié Like Someone in love #palmed’or ». Ne boudons pas notre plaisir mesquin et imaginons une réponse rédigée du fin fond de notre canapé « Ouais t’étais à sa dernière conf de presse comme 100 autres journalistes quoi…#Cannesdepuismoncanap ».