Archives de catégorie : Arts-Books & Zik

Arts-Books & Zik

Les hologrammes vont-ils tuer la musique ?

Après l’engouement pour les reformations, parfois réussies (Pixies, Stooges) mais souvent lamentables (Sex Pistols et bien d’autres que la décence nous interdit de citer), une nouvelle révolution pourrait voir le jour dans le Landerneau de la musique : les concerts hologrammiques d’artistes morts. L’argent ne dort jamais, comme on dit, même quand l’artiste a rejoint le repos éternel.

Tupac Shakur au festival Coachella 2012.

Un récent événement a lancé les spéculations sur ce type de « performance » technologico-morbide : la « résurrection » du rappeur légendaire Tupac Shakur le 15 avril, lors du festival Coachella. Dr Dre, producteur-phare du son gangsta West-Coast propulsé par des lignes de basse et des synthétiseurs empruntés à Funkadelic, s’est impliqué largement dans ce projet et espère même organiser une tournée où il serait accompagné de Snoop Doggy Dogg, Eminem, 50-Cent… et l’hologramme de Tupac ! Ce n’est pas tout… Dans un entretien pour TMZ, Dr Dre déclare : « espérons que différents artistes pourront être en mesure de ramener leurs artistes favoris sur scène. Espérons que nous pourrons voir Jimi Hendrix et Marvin Gaye. Voyons voir ce qui se passera ».

La tournée la plus lucrative de tous les temps

On imagine la suite… et l’orgie d’hologrammes : Jimi Hendrix, John Lennon, Jim Morrison, Sid Vicious, Ian Curtis, Kurt Cobain ou… Michael Jackson ! Le « retour » de l’ex-Roi de la Pop est déjà dans les cartons… Dans un entretien donné au Sun, Charlie Jackson commente le concert de Tupac à Coachella et avance : « ça aurait très bien pu être Michael. Absolument. Ça ne serait d’ailleurs pas merveilleux? » Une source anonyme (c’est le Sun, après tout) conclut fort à propos : « si ça se fait, ça pourrait bien être la tournée la plus lucrative de tous les temps ».

Poussons la logique de l’hologramme jusqu’au bout : recréer un groupe n’est que la première étape : Jackson 5, Beatles ou Joy Divison… Une seconde étape est le mélange des genres : One-Direction veut jouer avec Tupac ? Justin Bieber veut jouer au pendu épileptique avec Ian Curtis ? Florent Pagny veut chanter avec Édith Piaf ? Aucun problème. L’hologramme de Jimi Hendrix peut même jouer avec les hologrammes de Brian Jones, Keith Moon et Miles Davis pour former un super-groupe fantôme et jouer en même temps dans dix endroits différents.


La compagnie Musion Technology à l’origine de l’hologramme de Tupac à Coachella a déjà annoncé qu’elle pourrait réitérer l’expérience avec d’autres stars décédées. Sanj Surati, patron de la société, a même donné sa vision…déprimante… de l’avenir : « je vois un futur où Elvis tiendra la vedette aux côtés de Justin Bieber ». Elvis Presley, dont l’hologramme avait déjà chanté en duo avec Céline Dion en avril 2007 dans l’émission American Idol.

Toi aussi imagine les duos les plus improbables et ridicules !

L’avenir de la musique n’est définitivement plus ce qu’il était.

Un musée Rolling Stones dans une petite ville d'Allemagne

Ulrich et Birgit Schröder, deux fans des Rolling Stones,ont officiellement ouvert le 27 avril un musée entièrement consacré à ce qui fut « le plus grand groupe de rock & roll au monde ». Le musée ne se trouve ni à Berlin, ni à Munich, ni à Cologne mais dans une ville de mois de 10.000 habitants, à 50 kilomètres de Hambourg : Lüchow.

Des urinoirs qui font scandale

Le musée regorge de « plusieurs milliers » de pièces liées au célèbre groupe de rock : des instruments de musique, des disques, des livres, des affiches ainsi qu’un billard signé par l’ensemble du groupe. Autre curiosité qui a suscité l’indignation de féministes – toujours à l’extrême avant-garde des luttes majeures – en janvier dernier : des urinoirs en forme de bouches qui rappellent le logo des Stones, inspiré de la bouche de Mick Jagger et créé en 1970 par John Pasche. Mais comme la fameuse longue langue est manquante, l’urinoir serait trop féminin au goût des militantes des droits des femmes.

Rona Armbruster, une féministe locale, défend son point de vue : « si ces urinoirs avaient une langue, ça serait acceptable, car le lien serait beaucoup plus clairement établi avec les Rolling Stones et Jagger. Mais sans la langue, c’est une bouche de femme, pas celle d’un homme ». Un argumentaire effectivement imparable qui n’a pas effrayé les propriétaires du musée. Au contraire ! « C’est la meilleure publicité que l’on pouvait espérer », rigole Birgit Schröder, précisant que « les gens viennent de loin pour les utiliser ».

Une tactique de médiatisation par le scandale qui rappelle les Rolling Stones des débuts, lorsqu’il étaient produits et « managés » par Andrew Loog Oldham, de 1963 à 1967. Une stratégie gagnante reprise par Mick Jagger et Keith Richards. Qu’on se souvienne des brefs séjours en prison des membres des Stones, de la tournée aux États-Unis en 1972 (immortalisée par Robert Frank dans le film Cocksucker Blues) ou les diverses arrestations de Keith Richards pour détention de stupéfiant.

Près de 50 ans plus tard, les Rolling Stones restent sulfureux… mais sont devenus des reliques de musée !

Un pianiste dans la rue !

Quoi de plus surprenant que de se retrouver en pleine rue devant un… piano ? Une foule qui s’attroupe ? Et enfin un concertiste qui s’installe pour jouer son répertoire ?

Steve Villa-MassoneJe passais devant les Galeries Lafayette ; un attroupement de touristes et de badauds intrigués faisaient masse autour d’un piano droit trônant fièrement sur le trottoir. Un homme s’est présenté en saluant la foule puis c’est assis et a commencé à jouer, le son à demi couvert par le brouhaha du boulevard Haussmann. Les spectateurs, médusés par cette scène surréalist,e ont tout d’abord écouté studieusement ce qui semblait être du Chopin. Puis tout le monde a sorti son appareil photo ou son portable pour immortaliser le moment, y compris moi !

 

Le pianiste des rues vit de sa passion !

Après enquête, Steve Villa-Massone est un pianiste niçois qui a décidé de vivre de sa passion de façon originale. Car, aussi surprenant que cela puisse paraître, Steve vit de son activité illicite. Il est en effet interdit de jouer sur la voie publique sans autorisation spéciale comme pour la Fête de la Musique, par exemple. Choisissant des points stratégiques de la rive droite parisienne, il attire de nombreux touristes qui font sonner les euros dans son panier en osier. Puis, il remballe son piano dans un camion de déménageur. Et l’affaire semble bien tourner : il est maintenant « sponsorisé » par les pianos Hanlet. Pour les connaisseurs, Hanlet est aussi l’importateur officiel de Steinway en France. Jolie référence !

 

Les ambitions d’un compositeur

Bon, Steve n’a pas pour ambition de passer sa vie dans la rue ! Café Babel nous apprend qu’il est aussi compositeur. Il rêve en effet de composer pour des films. Vous vous doutez donc bien qu’il a pour référence Le Pianiste de Roman Polanski. En attendant, et c’est peut-être le début de la reconnaissance, il compose trois pièces pour une chorégraphie prochainement présentée à l’Opéra Garnier. Tiens ! A deux pas du trottoir des Galeries Lafayette !

Vous souhaitez croisez Steve ? Baladez-vous dans le 9e arrondissement un jour de beau temps. Tendez l’oreille. Peut-être aurez-vous la chance de tomber sur lui. Quelques lieux où je l’ai croisé : métro Cadet, à l’angle de la rue Joubert et la rue de Caumartin, et à l’angle de la rue de Mogador et du boulevard Haussmann. En attendant, faîtes un tour sur sa page Facebook !

Rencontre avec Lucas Adams, jeune auteur américain de BD

Lucas Adams, 25 ans, a grandi en Californie près de San Francisco. Installé depuis deux ans à New-York, il nous parle de son travail de dessinateur de bande dessinée et évoque l’humour ravageur inscrit dans chacune de ses planches.

Que fais-tu ces jours-ci ?

J’ai plusieurs jobs en ce moment. Je suis à la fois assistant éditeur pour « The Rumpus », critique littéraire pour « Kirkus Review » et je travaille aussi dans un camion qui vend des homards !

Et quand trouves-tu le temps de dessiner ?

Je me suis rendu compte que lorsque j’ai beaucoup de travail, cela me force à être plus productif et à dessiner davantage. Donc je travaille quatre ou cinq jours par semaine et le reste du temps je dessine. C’est avant tout une question de balance !

Parle-nous de ton univers, tes influences ?

Je pense que beaucoup de bande dessinée sont en lien avec l’absurdité, aussi bien au niveau de l’image que du texte. Quand j’étais très jeune, je vivais à Oakland en Californie. En 1991, Il y a eu un terrible incendie, le plus gros aux Etats Unis depuis celui de Chicago dans les années 1800. Ma maison a été épargnée mais j’ai fait des cauchemars pendant de longs mois après cela. Mon mécanisme de défense premier a alors été de dessiner des maisons comme si j’essayais de recréer les quartiers détruits. Je crois que l’idée de regarder des choses impressionnantes et d’y faire face transparait dans mes histoires.

En termes d’influences, Hergé, l’auteur de Tintin et Charles Schultz, le créateur de Peanuts sont probablement les deux plus importants. Je suis tombé amoureux du style d’Hergé très jeune, et Schultz m’a offert Snoopy qui était mon personnage préféré étant enfant. Ce n’est pas une idée qui m’est venue très tôt mais ce que j’aime chez Snoopy, c’est qu’il est le seul à trouver une issue face à la tristesse qui l’entoure. Charlie Brown et tous les autres personnages humains dans Peanuts sont constamment déçus ou malheureux mais Snoopy, lui, trouve toujours une solution, qu’il prétende être un pilote virtuose de la Première Guerre Mondiale ou qu’il agisse comme s’il était Joe Cool ! Ainsi à travers son étrangeté il se protège.

Que peux-tu nous dire sur ton humour ?

Je pense que j’ai un humour qui a trait à la déception dissimulée et à l’absurde. Pour moi, il s’agit toujours de trouver des solutions pour affronter le monde. Je ne l’entends pas au sens commun où chaque jour est une victoire sur le jour suivant; mais j’aime penser que l’humour présent dans mes BD comme dans ma vie est un instrument pour faire face et évoluer dans la vie.

Tes BD possèdent souvent une trame historique ? Pourquoi ?

Je suis toujours totalement intrigué par les histoires des autres. J’ai grandi avec un père qui est un formidable conteur et cela s’est traduit par la suite par une obsession pour l’Histoire. Au collège j’étais fasciné par la guerre civile américaine, et je reste aujourd’hui intrigué par d’obscurs détails historiques qu’il s’agisse de Richard Nixon ou Aaron Burr.

Parle-nous d’un personnage que tu as créé et que tu affectionnes particulièrement ?

« Mister Sweetie » est l’un de mes préférés. Il s’agit d’un incroyable chien hideux qui a toujours le dernier mot comique. J’adore dessiner des choses laides à cause de l’obsession du monde pour la beauté photoshop. « Mister Sweetie » est comme une réponse à cette tendance.

Où peut-on trouver tes BD ?

Je publie sur mon site Internet depuis 2009 www.cheeseburgersinthesky.com. Je publie également chaque semaine une série intitulée « the bins » sur Rampus, un site littéraire de San Francisco dirigé par l’auteur Stephen Elliot.

Propos traduits de l’anglais.

Dalston Superstars : être ou ne pas être hipster

s’est acharné sur cette pauvre muse hippie-chic !

L’humour n’est donc pas la qualité la mieux partagée en ce monde. Outre les éternels « haters » du web, Dalston Superstars comblera les amateurs de hashtags, de swag, de gifs Bart Simpson, de la BO du film La Famille Tenenbaum, des autobiographies de Patti Smith, des fanzines d’Harmony Korine et des expositions post-situationnistes post-911 du célèbre collectif artistique Noi Noi Noi !

Face au succès de Dalston Superstars, Vice a décidé en mars de mettre en ligne deux nouveaux épisodes sur les coulisses de la série : Dalston Superstars : #Exposed. Vice résume ainsi les (fausses) polémiques suscitées : « certains ont décrit l’émission comme « la pire somme d’imbécillités jamais additionnée », d’autres l’ont comparée à « Jonathan Swift qui prendrait du LSD avec Chris Morris à un concert d’Ali G ». Quelqu’un l’a même qualifiée de « Blair Witch Project comique ». Qui avait raison ? Quelle part de cette série était une plaisanterie, quelle part représentait la réalité sans fard ? »

Cliquez ici pour vivre l’expérience inoubliable de Dalston Superstars !

 

Prise de conscience politique de Maeve

 

Sam, le dresseur de Pokemon cycliste