Politique : une menace citoyenne nécessaire

La menace des citoyens envers les Hommes politiques est une nécessité. Face à l’impunité des politiques, ou de tous autres décideurs, il est absolument nécessaire pour l’ensemble des citoyens de conserver un levier de pression efficace à l’encontre d’activités ou comportements qui n’ont pas lieu d’exister. Les faits suivants qualifiés, à juste titres d’« affaires » par les médias, comme les manquements de Thomas Thévenoud, le langage très maladroit d’Emmanuel Macron, ainsi que le retour en politique de Nicolas Sarkozy démontrent que ces privilégiés se croient au-dessus des lois et, plus grave encore, ils ne craignent pas les réactions des citoyens qui les placent dans les instances de décisions. La réalité est celle-ci, les élites politiques – sans oublier les élites financières, économiques, et même médiatiques – n’ont pas peur de nous. Ne serait-il pas temps de créer la perception d’une réelle menace des citoyens par ces personnages politiques qui sont au service du bien commun? Il est absolument nécessaire de faire ressentir aux politiques la menace que nous devons exercer sur eux.

Nous pourrions proposer un concept de realthreat citoyenne. Ce concept serait caractérisé par la peur des réactions, violentes ou non, des citoyens face à des propos, des pratiques, des mensonges, des délits, commis par des décideurs politiques, qui ne seraient pas acceptables par leurs caractères illégaux, diffamatoires, injurieux, blessants et/ou mensongers. Si ces personnes avaient réellement peur de nos réactions, jamais elles n’oseraient agir de manières abusives, mensongères ou blessantes. Les possibles menaces des citoyens, leurs réactions et les conséquences possibles sur les personnes politiques leur réputation et/ou leurs activités seraient un élément qui constituerait une barrière à toutes postures inconcevables adoptées par les élites.

Prise de conscience

Les peuples doivent comprendre qu’ils sont leur propre maître. La prise de conscience de leur pouvoir doit s’opérer de manière plus large et assumée. Une citation tirée du film de James McTeigue, V for Vendetta (2005), raisonne particulièrement aujourd’hui : « Les peuples ne devraient pas avoir peur de leur gouvernement. Les gouvernements devraient avoir peur de leurs peuples ». Ce qui nous scandalise doit nous faire réagir contre des élites dont le sentiment d’impunité s’affiche outrageusement. La vision critique du peuple se doit de rentrer efficacement dans le débat démocratique de nos représentants. Mais la prise de conscience doit être double. Les femmes et les hommes doivent s’emparer de ce pouvoir politique qu’est la menace de l’opinion pour faire réagir les politiques. Cela dans une perspective positive pour contrôler leurs actions et faire comprendre à ces figures publiques que leur priorité n’est pas de se faire réélire mais de servir la nation, le bien commun. La deuxième prise de conscience concerne les mandataires du vote citoyen. Les politiques doivent sentir la menace que nous pouvons incarner face à des choix ou des propos impensables. Donnons quelques exemples concrets et récents : oser ne pas payer ses impôts et s’en justifier honteusement (Thomas Thévenoud député et ancien secrétaire d’Etat), qualifier d’« illettrés » des travailleurs (Emmanuel Macron ministre de l’Economie de l’Industrie et du Numérique), faire son retour en politique pour simplement reconquérir un pouvoir perdu (Nicolas Sarkozy ancien président de la République). Il est grave et insupportable de voir et d’entendre que des décideurs publics ne considèrent absolument pas les personnes qui leur apportent une légitimité politique. Encore pire, ils ne respectent pas les règles dont nous, soi-disant simples citoyens, nous devons nous acquitter. Il est donc essentiel de rétablir un rapport de force en faveur des peuples face à leurs gouvernements.

Menacer pour être visible et crédible

Menacer c’est se donner un pouvoir, une visibilité et montrer ses possibilités d’agir. Il est assez consternant de voir comment nous traite des hommes politiques. Affaires après affaires, des Hommes compromis osent se justifier et ou assumer des fautes graves devant des citoyens qui les ont élus. Il est donc temps de s’approprier la définition du président américain Abraham Lincoln de la démocratie : « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Ces mots simples doivent refléter la force et la menace potentielle que sont les électeurs et l’ensemble des citoyens. La constitution de collectifs proposant des pétitions citoyennes va dans ce sens. C’est une façon de proposer des alternatives, des changements ou de lutter. Mais l’élément le plus important dans ces pétitions c’est la mobilisation des personnes. Elles peuvent se sentir engagées, participantes et unies dans un projet commun. C’est la force d’une plateforme comme Avaaz. Cette organisation de cybermilitantisme compte 30 millions de membres dans 194 pays. Elle compte déjà quelques victoires, comme la mobilisation contre le magnat de la presse Rupert Murdoch en 2011. En étant perçu comme menaçant nous gagnerons en crédibilité.

Définir des perspectives constructives

Le recours à la menace semble parfois nécessaire. Mais quel est l’enjeu derrière cette pratique que certains vont critiquer ou ignorer? C’est tout simplement le fait de ne plus croire en la politique. Le risque c’est de voir se détruire toutes traces de débats, de cohésion et de mixité sociale, de rester dans l’entre soi face à l’abandon d’une conscience collective qui aurait déserté le champ politique. En laissant la classe politique tranquille, sans aucune crainte du peuple, nous avons contribué à créer leur microcosme politique. Ne commettons pas l’erreur de continuer à alimenter ce réflexe facile et destructeur dans nos sociétés. Elles qui sont riches de toutes différences et débats d’idées. Le recours à la menace doit donc s’opérer dans une optique de construction, d’amélioration des situations et non de destruction. La menace citoyenne doit être un outil et un levier. Il ne s’agit pas d’élaborer un mécanisme de représailles violentes et destructrices, mais de prévenir les idées, les comportements d’Hommes politiques qui sont inconcevables. Cette peur que nous pouvons installer dans leurs rangs pourra ne plus être nécessaire si la situation venait à évoluer dans le bon sens. Néanmoins, il n’est pas certain que cette situation arrive incessamment sous peu…

Joseph Mathivet

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Qu’est-ce que Boko Haram ?

Jeudi 5 juin 2014, des hommes soupçonnés d’appartenir à Boko Haram ont kidnappé vingt femmes dans un campement nomade. L’enlèvement a eu lieu près de la ville de Chibok, là même où deux cent soixante-seize jeunes filles avaient été capturées par le groupe islamiste le 15 avril 2014. Le groupe a aussi pris avec lui trois jeunes hommes qui tentaient d’empêcher le kidnapping.

La mouvance a été créée en 2002 par Mohamed Youssouf. Le groupe est considéré comme une secte salafiste qui revendique la création d’un Etat islamique dans le nord du Nigeria. Il prône le retour à la « pureté » de l’islam par l’application stricte de la charia, la loi islamique.
Boko Haram défend une version radicale de l’islam, qui interdit aux musulmans de prendre part à toute activité politique ou sociale associée aux sociétés occidentales, comme voter lors des élections, porter des chemises et des pantalons ou recevoir une éducation séculière. Il s’oppose à l’instruction des femmes.
L’article publié par le journal le Monde le 13 mai 2014 présente de façon exhaustive l’origine de Boko Haram. Le nom officiel du groupe est Jama’atu Ahlul Sunna Lidda’awati Wal Djihad, qui signifie en arabe « la communauté des disciples de la tradition de l’islam pour la prédication et la guerre sainte ». Des populations locales du nord-est du pays l’ont pourtant surnommé Boko Haram, qui en langue haoussa signifie « l’éducation occidentale est un péché » — « boko », de « book », « livre » en anglais, et « haram » , « interdit » en arabe —, soit le rejet d’un enseignement perverti par l’occidentalisation. Voilà pourquoi le groupe est farouchement opposé à l’instruction des femmes, qui dans les pays occidentaux bénéficient de l’accès à l’éducation, au droit de vote et jouissent de la parité dans la conduite des affaires familiales. Bien loin de la vocation quasi monastique que souhaite leur imposer leurs ravisseurs.
Bien qu’il soit extrêmement difficile d’évaluer leur nombre, les experts (spécialistes de géopolitique, observatoire international du terrorisme, entre autres) considèrent qu’ils représentent au mieux quelques centaines d’individus ; peut-être un millier.
Le flou perdure également sur le financement de ce groupe. Plusieurs hypothèses sont à l’étude, dont celles d’un financement lors des luttes politiques de l’Etat du Borno, par les grands commerçants du nord du pays également dans le cadre de luttes politiques ou de pouvoir ou encore par des moyens plus directs, tels le braquage d’une banque, le racket, le trafic d’armes ou de drogue. Enfin, le groupe terroriste bénéficierait de plusieurs soutiens de poids parmi lesquels des hauts responsables nigérians ainsi que du soutiens de plusieurs pétromonarchies, comme la Qatar ou l’Arabie Saoudite, comme l’a révélé le Nouvel Observateur dans un article publié le 15 novembre 2013.

 

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La fin progressive de « la femme-objet » dans les jeux vidéo ?

Si la plupart des titres proposent d’incarner un personnage masculin, souvent viril et plein de testostérone, quelques jeux mettent en scène des femmes. Cependant, ces héroïnes ne sont souvent qu’un prétexte pour attirer les hommes en modélisant des avatars sexy, au physique avantageux (dont une poitrine généreuse). Mais tout comme la poupée Barbie qui change de forme avec son temps, nous voyons apparaître des personnages féminins qui tentent de casser cette image de la femme-objet pour montrer une femme plus moderne, forte et indépendante, sans tomber dans le cliché de la femme fatale.

Dans l’inconscient collectif, lorsque nous parlons de femmes dans les jeux vidéo, il y a tout de suite cette image de la jolie fille au corps parfait qui revient. Impossible de citer toutes les productions qui les mettent en scène, mais le meilleur exemple reste encore celui des jeux de combat, avec la célèbre série des Dead or Alive de Team Ninja. Si les hommes peuvent être vieux (Gen Fu) ou plutôt costauds (Bass Armonstrong), les femmes ont, quant à elle, entre 16 et 24 ans, avec des formes à faire pâlir les mannequins des magazines. Idem pour les costumes, où il semble manquer quelques morceaux de tissu sur les tenues des demoiselles, ou encore la possibilité de ne porter qu’un bikini.
Le personnage de Catherine dans le jeu éponyme s’amuse de ce stéréotype. Belle, jeune, blonde et aux courbes généreuses, elle séduit les hommes pour les amener à tromper leur femme. Bien que partageant de nombreux points communs avec Katherine, la petite amie du héros Vincent, Catherine aborde un physique plus avantageux et n’hésite pas à mettre en valeur ses formes pour charmer Vincent, et donc le joueur. Une idée perverse parfaitement mise en valeur par le scénario.

Une évolution notable
Si la femme dans les jeux vidéo apparait très souvent de manière stéréotypée, il s’avère que des progrès notables ont été réalisés.
En effet, le personnage de Lara Croft s’est fait connaître du grand public par ses atouts physiques et le caractère ludique de ce jeu d’arcade. Néanmoins, au fur et à mesure des épisodes, on découvre une jeune femme avec de la personnalité, assez loin des clichés préétablis de la bimbo écervelée. Elle apparaît plutôt comme vive, réactive, farouche et très indépendante.

Voilà un bon début de réconciliation entre l’industrie des jeux vidéo et le public féminin, même si chaque nouveau jeu incluant la belle Lara n’a pas empêché les développeurs d’accroître, pour la quatrième ou cinquième fois, sa taille de poitrine.

 

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On a volé la coupe du monde !

 

« Perdre une coupe du monde : entre philatélie et religion »

Dimanche 20 mars 1966, Westminster Central Hall, Londres. Il est midi et l’agent de surveillance George Franklin va reprendre son poste dans une vaste pièce d’exposition où se tient depuis la veille la plus grande manifestation de philatélistes du pays. Des timbres rares, loufoques, chères, collectés partout dans le monde par des passionnés. La fondation Stanley Gibbons’ Stamp Company, a eu la chance d’avoir un met de choix pour son exposition : la vue du trophée Jules Rimet, que la Fifa a remis en début d’année à la Fédération anglaise de football et qui sera exposé pour quelques jours. Cette coupe qui représente Niké, la déesse grecque de la victoire, est remise depuis 1930 au vainqueur de la Coupe du monde de football. Propriété depuis 1958 du Brésil, le trophée s’apprête à être remis en jeu au mois de juillet de cette année 1966. En janvier, la Fédération se voit donc confier le trophée en sa qualité d’organisateur et doit logiquement le conserver précieusement jusqu’au début des festivités. Mais devant l’insistance des organisateurs de cette fameuse expo philatéliste (le lobby des timbres était assez puissant), les dirigeants anglais du foot finissent par céder et prêtent le précieux objet pour les quelques jours de la manifestation.

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Source :http://ici.radio-canada.ca/sujet/fifa-bresil-2014/2014/05/05/010-historique-mondial-1974.shtml 

A la recherche de l’« homme louche »

Pas de risque majeur : le trophée Jules Rimet a été placé dans une vitrine, sous la surveillance de cinq gardes, dont deux doivent être présents 24 heures sur 24 à portée de vue. Un dispositif pareil devant dérouter les voleurs. Le souci, c’est qu’en ce dimanche 20 mars, un office religieux doit se tenir au sein même de ce hall, avant que l’exposition n’ouvre ses portes au public. Alors pour respecter l’office (un « lobby » bien plus puissant que celui des timbres !) il est décidé de relâcher la surveillance des collections de timbres et du trophée Jules Rimet. Question de respect. Mais quand George Franklin va reprendre son service à la mi-journée une fois la messe terminée, c’est le drame : la Coupe du monde a disparu ! La police est prévenue et se rend immédiatement sur les lieux pour les premières constatations. La vitrine semble avoir été aisément forcée et une porte à l’arrière du bâtiment présente des traces de passage récent. Pas de témoin, seulement la description d’un homme « louche », aperçu par plusieurs personnes aux heures d’ouverture de l’exposition. Les descriptions divergent, mais un profil est identifié : homme, la trentaine, taille moyenne, cheveux noirs, lèvres minces, possible cicatrice sur le visage. Evidemment, Scotland Yard est chargé de l’enquête.

Une demande de rançon de 87 000 € !

La Fédération anglaise de football décide de se rendre chez un orfèvre de la ville, nommé George Bird, pour confectionner une réplique du trophée dans la plus grande discrétion (on ne sait jamais…). Logique, dirions-nous, la recherche de l’homme louche ne donnant rien et aucun indice n’a permis de retrouver la trace du maudit voleur. Jusqu’à ce que le lundi 21 mars, le président de la Football Association (la fédé anglaise de foot), Joe Mears, ne reçoive un coup de téléphone. À l’autre bout du fil : « Jackson ». « J’ai ce que vous cherchez », en ajoutant que « pour le retrouver, il faut suivre les instructions qui arriveront dans un colis livré au siège du club de Chelsea », dont Mears est aussi le président. Ne pas prévenir la police, bien entendu. Mears n’entend pas cette dernière instruction et déballe tout au directeur d’enquête, un certain Charles Buggy. Le colis arrive, avec une demande de rançon : 15 000 livres, 87 000 euros en billets de 1 et de 5. Puis « Jackson » rappelle : finalement, il veut la somme en billets de 5 et de 10 !

Course poursuite dans les rues de Londres

Buggy prend le relais de Mears. Le flic se fera passer pour un certain « McPhee », assistant du président de la fédération anglaise de football. « Jackson » finit par accepter la rencontre avec ce dénommé McPhee à Battersea Park le 25 mars. L’échange trophée contre rançon doit avoir lieu. À la place des 15 000 livres, de faux billets sont placés dans une valise avec quelques vrais sur le dessus pour faire croire au magot. Ce dernier récupère la valise, ne constate pas la supercherie, mais annonce à McPhee qu’il n’a pas la coupe avec lui. « Il faut prendre la voiture », dit-il. McPhee accepte, les deux hommes s’engagent dans la circulation londonienne, chacun avec sa voiture. Soudain, Jackson accélère et tente de semer McPhee. Bientôt bloqué par le trafic, il abandonne son véhicule et poursuit sa fuite à pied, mais il finit par être rattrapé par Buggy/McPhee. Direction le commissariat de Kennington où « Jackson » est démasqué. Son nom, c’est Edward Betchley, un ancien militaire britannique de la Seconde Guerre mondiale, vendeur de voitures d’occasion, petit délinquant de quartier. Le trophée Jules Rimet il ne l’a pas et ne l’a jamais volé ! Il était chargé de récupérer la rançon pour un commanditaire surnommé « The Pole ». Son témoignage apparaît peu crédible et toute l’enquête repart de zéro.
Le 27 mars, soit exactement une semaine après le vol, un jeune marin nommé David Corbett sort de son domicile du Sud londonien. Il a un coup de fil à passer à la cabine se trouvant au jardin public en bas de chez lui et en profite pour sortir son chien, Pickles. Ce dernier s’en va fureter dans le parc comme il en a l’habitude et pique de la truffe vers un bosquet. Curieux, son maître jette un œil dans la direction et s’aperçoit que git au sol un objet soigneusement emballé dans du papier journal. Bizarre, bizarre. « J’ai vu que c’était une sorte de statuette », racontera-t-il au Guardian en 2006. Je suis allé voir ma femme, qui n’y connaît rien en sport, et je lui ai dit : « J’ai trouvé la Coupe du monde ! J’ai trouvé la Coupe du monde !» À la Gypsy Hill Police Station de Crystal Palace où il se rend, on le pense d’abord coupable du vol. Mais le jour du rapt, il a un alibi. L’objet retrouvé est bel et bien identifié comme étant le trophée Jules Rimet.

Corbett, seul survivant : un maléfice ?

L’enquête se poursuit pour essayer de démasquer le ou les auteurs du vol, mais on ne saura finalement jamais comment le trophée s’est retrouvé dans ce parc, emballé dans du papier journal. Frustration du côté de Scotland Yard, soulagement du côté des organisateurs de la Coupe du monde et joie du côté de David Corbett, qui reçoit au total une récompense de 6 000 livres. Il est également invité avec son chien Pickles à la cérémonie de victoire de l’Angleterre, le 30 juillet face à l’Allemagne de l’Ouest (4-2). Le chien devient même un héros national l’espace de quelques mois. Une célébrité de courte durée : il meurt accidentellement dès 1967, s’étranglant avec sa propre laisse en voulant poursuivre un chat. Une sorte de malédiction entoure d’ailleurs cette fameuse histoire de vol de trophée. Le président de la Fédération Joe Mears, celui-là même qui avait reçu le coup de fil anonyme, meurt dès le 30 juin 1966 à 61 ans. La cause ? Une attaque cardiaque provoquée par un trop plein de stress lié aux dernières semaines, concluent les médecins. Le mythomane Edward Betchley disparaît lui aussi prématurément à 49 ans d’un emphysème, après avoir fait un peu de prison. Quant au trophée Jules Rimet, il est encore volé, et définitivement cette fois, le 19 décembre 1983 au siège de la Fédération brésilienne de football à Rio, où il était exposé (le trophée à la déesse Niké était propriété permanente du Brésil depuis la Coupe du monde 1970, l’actuel trophée doré avec le ballon signé de l’artiste italien Silvio Gazzaniga le remplaçant à partir de l’édition 1974). Protégé par une vitre pare-balle, il a été dérobé en forçant l’arrière de la cage en bois. Quatre hommes d’une favela de la ville seront arrêtés et condamnés, mais jamais on ne le retrouvera.Le plus probable est que le trophée a probablement été fondu peu après le vol. Il ne reste donc plus aujourd’hui que la réplique fabriquée à la hâte en ce 20 mars 1966 et exposé au National Football Museum de Preston.

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La réaction à la censure pouvait être innovante en URSS

« Comment une radiographie permettait aux pirates d’écouter Elvis »

Comment écouter Elvis sous la dictature ?

La musique dans les années 1950-1960 était bien difficile à écouter dans la patrie du communisme. Comme le rappelle le magasine britannique Motherboard, repris par le journal Le Monde, la musique provenant des pays occidentalisés étaient censurée par le régime de Moscou, obligeant les pirates de l’époque à utiliser des radiographies pour écouter les albums de leurs artistes fétiches.

Quand on a Elvis en tête…

A l’instar des radios pirates issues du Royaume-Uni, ancrées dans les eaux internationales, symbolisé par le film « Good Morning England » sorti en 2009 s’inspirant de la célèbre radio Caroline, « ces drôles de pirates russes volaient des radiographies dans les hôpitaux, et gravaient grâce à des phonographes ainsi qu’en trouant les radios avec une cigarette ». Le site de Radio Nova, qui dédie aussi un article sur le sujet, explique que cela permettait aux pirates de contourner la censure du régime et de pouvoir écouter du jazz ou du rock. La musique occidentale était bel et bien censurée, mais pas les phonographes, utilisés ici comme nos graveurs modernes.
« Ainsi, avec Elvis sur le poumon, Duke entre les côtes, la musique pouvait circuler en très mauvaise qualité mais à un prix dix fois inférieur à celui des marchés occidentaux. Aujourd’hui, il reste de cette période ces radios que l’on pourrait considérer comme des œuvres d’art. »

La censure a évolué sans forcément changer

La censure, bien qu’ayant considérablement évolué, reste très présente dans nos sociétés actuelles. Elle s’est juste métamorphosée en gardant parfois ses ressors politiques. Au Canada, la Loi de la radiodiffusion stipule qu’on « ne doit pas entendre à la radio ou à la télévision des propos indûment explicites ou grossiers ». L’interdiction n’est pas stricte et il est possible de faire usage de mots grossiers dans certaines situations. Aux États-Unis, où la loi est similaire, la Cour suprême a jugé que le monologue de l’humoriste Georges Carlin, qui notait l’absence de sept mots choquants à la télévision en les énumérant, était indécent, mais pas obscène. Il a finalement été diffusé.

En France, un clip du groupe les Wampas a été censuré au début des années 2000. La chanson en question est intitulée « Chirac en prison », faisant référence aux divers scandales du président de la république, notamment l’affaire des emplois fictifs du RPR.
Par ailleurs, le clip « Black or White » de Michael Jackson a été censuré en 2009 car le king of the pop avait une trop grande propension à se toucher l’entre-jambe, pourtant une marque de fabrique de l’artiste. Dans la même lignée, toujours aux Etats-Unis, rappelons que le dernier clip de Lady Gaga intitulé « do what u want » a été censuré en décembre 2013. La chanteuse est en effet vêtue de son plus simple appareil.

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Récit d’une nouvelle politique européenne de gauche

Vendredi 25 juin 2014, à l’occasion du sommet européen de Bruxelles, la gauche européenne a proposé un éventail de cinq grandes thématiques pour relancer l’Europe. Le texte, que le journal Le Monde a pu se procurer, propose les grandes lignes d’un renouveau tant économique que politique. Pas sûr de que la femme la plus puissante du monde soit de cet avis.

S’appuyant sur les conseils du président du conseil italien, Mateo Renzi -qui a le vent en poupe ces derniers temps-, mais également avec le SPD allemand, François Hollande va présenter lors du sommet européen les grandes lignes d’un projet qui pourrait modifier considérablement la dynamique européenne en vogue depuis l’Acte Unique de 1986 ou encore le traité de Maastricht de 1992.

Voici les cinq points du projet européen de François Hollande :

Une politique économique orientée vers la croissance.

Fini les interminables plans de relance ou de restructuration, il est aujourd’hui nécessaire de laisser respirer un petit peu les économies fragiles des pays du sud. L’exemple grec est à ce titre frappant, si bien que le Fond Monétaire International a déclaré en 2013 que le premier plan de restructuration de la dette -qu’elle a elle-même conçu- n’avait pas obtenu les résultats escomptés.

La lutte contre le chômage des jeunes.

Dans la lignée du point précédent, le président français entend miser sur les jeunes et leur permettre d’avoir un accès à la formation plus sécurisé et plus de garanties lors de leur entrée sur le marché du travail. Cet argument est doublé du timide mais probable reverdissement de l’économie européenne offrirait un contexte plus attrayant pour les jeunes diplômés. L’idée est assez proche de la promesse présidentielle du candidat Hollande.

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Une politique européenne de l’énergie.

Alors que l’Allemagne a abandonné le nucléaire, suite à la catastrophe de Fukushima, pour intensifier le développement des énergies renouvelables mais également la production du charbon ; que la France refuse d’abandonner le nucléaire et que la question du gaz de schiste se fait de plus en plus pressante, la question de la mutualisation des techniques et financement est aujourd’hui indispensable pour répondre aux défis que propose le changement climatique, dans le contexte du sommet international sur le climat de Paris, prévu pour octobre 2015.

La maîtrise des flux migratoires.

L’idée ici serait de réformer deux grand ensembles, l’espace Shengen et FrontEx, pour maîtriser les flux de migrant légaux et illégaux. L’entreprise est certes noble et louable, mais elle n’a aucune chance d’aboutir, à moins de redonner un fort pouvoir aux services douaniers et limiter la liberté de circulation des personnes, l’une des quatre grandes libertés consacrées par l’Acte Unique de Jacques Delors de 1986. A la lumière de la construction européenne, limiter la libre circulation des personnes est impensable, maîtriser les flux est impossible.

Un choc de simplification des institutions.

L’Europe doit redevenir cette espace dédié à la défense des droits européens tout en redéfinissant les grandes lignes du projet (un volet social ?). Redonner l’envie d’Europe aux européens est la plus grandes des nécessités, au regard des résultats des élections européennes, doublé par un contexte de crise économique.
Les idées ne sont peut-être pas novatrices, mais elles ont le mérite d’aller dans le bon sens. L’Union Européenne a besoin d’une alternative socialiste, tout en comblant son besoin de se réinventer depuis les années 1980.

Pas évident qu’Angela l’entende de cette façon…

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Fakear : histoire et actualité d’un jeune artiste caennais

Elégante et tranquille, l’électro gigantesque d’un Français, fils de deux profs de musique, qui a déjà la technique et le talent des plus grands.

Cet étudiant en musicologie s’inspire de ses aînés, sur les pas de Flying Lotus et Bonobo. Avec « Dark Lands », son EP (extended play), le caennais mise sur une musique toujours plus douce sans perdre sa tonalité rythmique.
Une performance réussie grâce une électro revisitée 2.0. La triplette machines, samples, pads permet à Fakear de proposer une musique très originale et très construite.
Ses titres sont dotés d’une fulgurance hors du commun, très rare chez un jeune artiste, français de surcroît, symbolisé par « When the Night Comes », son titre hybride sorti sur l’EP Morning in Japan. Ou encore le titre « Damas » avec de formidables mélodies, passionnantes à analyser dans sa construction.

Fakear

Cette sensibilité pour la musique du monde se ressent également avec la parution de son nouvel EP : « Sauvage », dont le morceau Darjeeling, aux sonorités indiennes, révèle le goût de ce jeune garçon pour des sons et des cultures à la fois diverses et variées.
On y retrouve un morceau hors du commun, à la limite du génie, « La lune rousse » : un voyage dans l’imaginaire orchestré à la perfection, entre douceur, technique et esthétisme. On pourrait réécouter ses chansons une cinquantaine de fois en découvrant à chaque fois de nouvelles subtilités.
Il est rare de trouver une telle finesse dans la conception musicale d’une chanson, surtout pour quelqu’un de moins de 25 ans. Une véritable invitation au voyage.

Quel talent, pour un jeune homme encore étudiant…

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Favoriser l’esprit citoyen

Les défis contemporains sont nombreux : réchauffement climatique, transition énergétique, gestion des crises économiques et sociales, menaces sur la biodiversité, accès à l’eau, développement de la biotechnologie et des sciences du vivant, etc. Dans un monde interconnecté, relever ces défis nécessite une compréhension globale de ces enjeux et la construction d’un esprit citoyen. C’est dans cette optique que l’École de la philanthropie a été constituée en 2011 sous l’impulsion des Fondations Edmond de Rothschild : « développer l’esprit citoyen des jeunes au travers de la réalisation d’une action philanthropique ».

L’élément central : solliciter des vocations

L’École de la Philanthropie propose une « découverte des moyens de réflexion et d’action en faveur de l’engagement citoyen en plaçant le jeune au cœur du processus décisionnel et opérationnel ». Ainsi, en suivant le principe de l’empowerment, les participants à l’École de la Philanthropie développent leurs propres projets et s’emparent des thématiques qui les intéressent le plus.

Pour sa troisième édition, l’École de la Philanthropie a réuni vingt-trois classes de CE2, CM1 et CM2 d’Ile-de-France pour « changer le monde et devenir des citoyens responsables de demain ». Le programme ne se cantonne pas uniquement aux élèves ; il se charge également de proposer aux enseignants, aux animateurs ainsi qu’aux familles des outils permettant d’appréhender ces enjeux et leur permettre de mieux solliciter l’esprit citoyen. Deux journées sont consacrées à la présentation des projets menés tout au long de l’année : le 13 et le 20 juin pour la cérémonie de clôture en présence d’Ariane de Rothschild, qui préside l’école.

Parmi les actions menées grâce aux éditions précédentes, une classe de CM1 de l’école de Picpus a choisi de s’intéresser à la Fondation des Apprentis d’Auteuil qui accompagne près de 16.500 jeunes et familles en difficulté. La classe a finalement opté pour l’organisation d’une collecte d’ustensiles artistiques pour le pôle arts plastiques de la Fondation. Une autre classe de CM2 de l’école Blanche s’est investie sur le terrain de la protection de l’environnement en collaborant avec la Fondation GoodPlanet. La classe s’est mobilisée pour financer l’achat de blouses pour les élèves d’une école bioclimatique dans l’Atlas Marocain en vendant des fables numériques.

Ecole de la PhilanthropieVers une autre philanthropie

L’École de la Philanthropie traduit une vision modernisée de la philanthropie. Habituellement et historiquement considérée comme un genre de charité provenant d’un bienfaiteur, cette initiative rompt avec cette représentation pour soutenir une vision proactive de la philanthropie. Les aides, matérielles ou financières, ne sont présentes que pour soutenir un projet mené par des entrepreneurs investis sur un enjeu.

Le média suisse WRS a réalisé un entretien avec la Présidente de l’École de la Philanthropie, Ariane de Rothschild, au cours duquel elle y expliquait que « notre famille a dépassé la vision classique consistant à accorder des bourses ou des dons » pour adopter « une vision plus moderne de la philanthropie, presque aventureuse. Nous sommes proches des projets que nous finançons et nous appliquons des techniques managériales : nous effectuons des retours sur expérience, nous étudions les impacts sociaux, vérifions et mesurons l’effet de chaque action, etc. ».

Dans un autre entretien publié sur le site terrafemina.com, la Vice-présidente du Groupe Edmond de Rothschild insiste sur l’utilité du « retour sur engagement » de la philanthropie pour dépasser la simple « philanthropie de donner des fonds sans exigence » et « s’impliquer dans les projets avec des équipes dédiées ». Elle met en avant l’idée selon laquelle « la crise a montré les limites et les abus du système capitaliste orienté sur le court terme » et l’importance de promouvoir « l’entrepreneuriat social [qui] constitue réellement une piste intéressante pour tester des modèles viables capables de produire de l’argent avec des normes sociales claires ».

Dépoussiérée de l’image obsolète et archétypale d’un riche industriel accordant ses bonnes grâces au coup par coup, la philanthropie moderne vise le financement de projets économiquement viables ayant un impact social ou environnemental positif. Cette activité devient dès lors un autre moyen d’engagement sociétal autour de projets concrets et au sein des quels tout le monde peut s’engager.

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