Où en sont les MOOC ?

Internet a engrangé depuis sa création un lot de révolutions pour ce qui est des communications et du commerce notamment. Pour ce qui est des services, les progrès et l’explosion du secteur est assez nouvelle. Il est aujourd’hui devenu commun de réserver un appartement ou un taxi en ligne. Les sciences économiques ont toujours considéré les services comme un élément difficilement délocalisable du fait qu’il s’agit de biens immatériels qui n’ont pas leur place sur les conteneurs de la mondialisation. Des phénomènes de fuites de cerveaux ont depuis longtemps existé tout en concernant des volumes d’étudiants finalement faibles, comparé à la masse estudiantine mondiale.

La liberté de suivre des cours prestigieux et un entrepreneuriat favorisé

En s’affranchissant de la contrainte du temps, Internet a réalisé un nouveau miracle. Les MOOC permettent à qui veut, de suivre n’importe quel cours, de n’importe quelle université à n’importe quelle heure. L’enseignement connait ainsi une nouvelle libéralisation qui permet à tout un chacun de suivre les cours des universités les plus prestigieuses ou de suivre une formation en parallèle de son travail quotidien. C’est un système éminemment libre dans la mesure où l’on peut suivre une partie du cursus et la reprendre plus tard sans être obligé de valider le diplôme.

Les MOOC ont un caractère professionnalisant et favorisent aussi l’entreprenariat en fournissant des cours de management aux personnes qui lancent leurs entreprises par exemple. Cela constitue l’un des usages mais il en existe une infinité : des femmes enceintes aux cadres en reconversion, chacun y trouve son intérêt. L’une des spécificités de ces cours est leur durée relativement courte puisque 80% d’entre eux durent moins de 8 semaines. Un facteur de mobilité sociale que le gouvernement français a cerné en lançant à l’automne dernier la plateforme compilant tous les CLOM (Cours en Ligne Ouvert et Massif) français : france-universite-numerique.fr. La France suit ainsi une tendance mondiale avec plus de 400 000 étudiants qui suivent près de 90 cours en ligne sur la plateforme gouvernementale en parallèle d’autres hébergeurs de CLOM comme openclassrooms ou Coursera qui offre la possibilité de se créer son propre cursus avec des professeurs de toute la planète.

Une promesse non tenue

Cette flexibilité très large comporte également des inconvénients et des lacunes. En effet, la majorité des étudiants ne terminent pas les cours qu’ils ont commencé, y assistent de manière sporadique et ne valident pas le cours à son terme. Il ne ressort pas un nombre suffisants de diplômés puisque plus de 60% ne vont pas au bout de leur programme. Cette formation à la carte rend difficile la pérennisation de certains cours dès lors que le nombre d’élèves fluctue et qu’ils n’aboutissent pas à un succès. Ce problème se fait ressentir depuis un moment, ce qui a conduit les universités les plus prestigieuses à rendre payant leurs MOOC pour s’assurer de l’assiduité des inscrits. L’objectif poursuivi est aussi de ne pas mobiliser un professeur pour les cours ayant le moins d’élèves et de diplômés. On observe bien que la frontière floue entre cours universitaire et formation professionnelle rend les MOOC instables. En dehors de la solution de la tarification, la restriction au nombre de places a aussi émergée avec les SPOC, Small Private Online Courses, qui sélectionnent les participants. Voici qu’après 7 ans d’existence l’utopie des MOOC se heurte à la réalité. La connaissance pour tous, n’importe où, n’importe quand n’a pas pu se mettre en place. Avec ces récents changements, qu’est-ce qui différencie encore les MOOC de l’enseignement à distance classique ? Internet et ses multiples métamorphoses ne nous ont pas encore tout dévoilés, c’est clair et net.

Moussa Koné

sources :
www.garage21.org/
www.jenzabar.com/MOOC
www.etudiant.lefigaro.fr/orientation

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