Photo de bacheliers en pleine épreuve

Le baccalauréat : beaucoup de bruit pour pas grand-chose ?

Lundi 17 mai 2013. Le coup de feu du baccalauréat est donné avec, pour changer, l’épreuve de philo. Aujourd’hui, si je pouvais, je ne lirais pas les journaux, n’écouterais pas la radio, n’allumerais pas ma TV (ah bon, j’ai jamais branché ma freeb*x HD donc je n’ai pas la TV, c’est déjà ça de gagné).

Photo de bacheliers en pleine épreuve

Mais malheureusement, je lis les actualités. Toute la journée. Et là, il est 15h30 et j’ai déjà vu passer 8 articles différents qui NE contiennent QUE les sujets de philo. On le saura que les littéraires ont eu un sujet sur le langage et la science et les scientifiques sur la politique. La question qui me taraude est celle-ci : est-ce que les sujets du bac de philo nous intéressent ?
Je ne peux parler que pour moi, certes mais tous les ans c’est la même chose, on en entend parler pendant dix jours avant la date fatidique, on en fait tout un foin le jour J, on fait stresser les terminales, on nous demande « et toi ? Tu aurais pris quel sujet ? », etc. Et puis le mardi soir tout le monde a oublié que le bac avait commencé la veille. Parce qu’il y a quand même des choses un peu plus intéressantes comme le programme PRISM, la révolte en Turquie, ou bien un gif de chat tout mignon
Gif animé d'un chat
ou encore le film de ce soir. Eh oui, avouez-le, regarder les Experts Miami, le lundi soir, ça vous plaît quand même plus que d’écouter des pseudo-philosophes proposer une correction-type sur France 3 à l’inter programme.

Quand vous avez passé votre bac pourtant, pour ceux qui ont choisi cette voie, alors là, oui, ça vous intéressait, vous réfléchissiez à ce que vous aviez appris en cours, à quels texte réviser, vous stressiez ; ou pas selon votre profil de bon ou mauvais élève, de travailleur ou de fainéant, etc. Puis le grand jour est arrivé, vous étiez devant votre copie pris d’une frénétique envie de coucher toutes vos idées sur le papier ou au contraire, le cerveau soudain plus vide qu’un ballon de baudruche. Mais péniblement, que cela ce soit bien passé ou mal, quatre heures après, c’était fini. Ce truc pour lequel on vous a préparé toute une année, stressé des mois entier n’aura duré que quatre petites heures.

Comment ça se passe APRÈS ?

Alors, en sortant on discute : qui a pris quel sujet ?, qui a cité quel auteur ?, on partage avec les copains, on se sent plutôt bien parti ou on change d’avis en lisant les brouillons des autres pleins de références auxquelles on n’a pas pensé. Puis on rentre chez soi : c’est pas pour dire mais demain y a géo/physique/anglais…
Sauf que d’abord, y a la soirée avec les parents et c’est rebelote : on cite à nouveau le sujet qu’on a choisi, on explique on parle, on refait la dissertation une troisième fois. Et on croit que c’est bon, mais ce n’est pas fini. Ça recommence…

• …le week-end, chez les grands-parents.
• …à la fin du mois en partant avec les copains.
• …au moment des résultats quand le moment est venu de commenter la note. (« Mais pourtant j’avais cité Freud/Descartes/Platon » Rayez la mention inutile).
• …en Août, pendant les vacances (bah oui, ça fait partie de l’éternelle discussion abordant les sujets tels que « Et alors le bac ? » ou « Finalement tu fais quoi l’année prochaine ? »).
• …à la rentrée, avec les nouveaux camarades de fac, de prépa, de BTS, au premier emploi. C’est tout frais, c’est tout jeune, on se rappelle bien, on se rappellera toujours de son sujet de philo au bac.

Enfin c’est ce que je croyais moi. Sauf que voilà, mon bac, ça fait 6 ans. Et facilement 3 ans que j’ai aucun souvenir du sujet que j’ai choisi. La première fois que je m’en suis aperçue, ça m’a étonnée, alors j’ai creusé mon cerveau, mais impossible de retrouver l’intitulé.

Photo d'un homme se grattant la tête

Une fois sur internet, j’ai cherché, trouvé, n’ai pas su me rappeler lequel d’entre les deux sujets de dissertation j’avais choisi. Enfin bref, on nous bassine avec pendant des années, on en parle à tout le monde pendant quinze jours, tout ça pour quoi ? Une question dont on ne se rappelle plus un an après, qui compte pour une petite partie de notre note (il faut bien l’avouer) et qui en plus ne nous sert à rien d’autre qu’avoir le droit de faire plus d’études (enfin en admettant qu’on ait réussi les autres épreuves. Mais si rappelez-vous, les autres matières, celles dont on ne parle jamais au JT ! Si, si, je vous assure, si vous avez passé le bac, vous les avez passées aussi !).

Alors comme je le répète autour de moi chaque année, si on pouvait arrêter de nous parler de ces quatre petites heures de l’année pendant quinze longs jours de l’année, ce ne serait pas plus mal. Parce que, tout comme le reportage sur la mort de Lady Di deux ans après, le concert des soixante-dix ans de Johnny ou encore les pérégrinations de Gérard Depardieu, on s’en fout.

Charlotte Faure

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