La Hadopi surévaluée par les internautes ?

juil 12, 2012 by     Réagir    Posted under: France

Une enquête datant de mai 2012 révèle que 93 % des Français ne comprendraient que partiellement la loi pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet.

Le groupement M@RSOUIN de l’université de Rennes a réalisé en mai 2012 une enquête sur le rapport des internautes à la loi Hadopi. Parue le 9 juillet, l’étude révèle que trois ans après la création de la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet, beaucoup d’internautes surestiment les capacités de surveillance de la Hadopi.

Lors de la première infraction, l’internaute reçoit un courriel d’avertissement, puis une lettre recommandée en cas de récidive dans les six mois, avant, en cas de troisième infraction, d’encourir une amende et la suspension d’un mois maximum de son abonnement internet. Selon Hadopi, plus d’un million d’internautes auraient reçu un premier courriel entre octobre 2010 et juin 2012, 99 000 en auraient reçu un second, et 314 ont été avertis une troisième fois.

7 % des internautes en comprennent le fonctionnement

Or, si 75 % des internautes savent que les technologies peer-to-peer sont surveillées par ce dispositif, 68 % des français continuent à penser à tort que l’autorité surveille également les sites de stockage. Plus étonnant, presque 12 % des sondés imaginent

que les simples échanges de fichiers par clé USB ou disque dur font eux-aussi l’objet d’un contrôle.

Les internautes surestimeraient ainsi les capacités de surveillance d’Hadopi, évaluant à 36 % la probabilité que la Hadopi détecte un téléchargement illégal. Selon le groupement M@RSOUIN, « ces résultats traduisent une forte ignorance des internautes sur les pratiques surveillées et la réponse graduée ».

Toujours selon cette étude, près d’un quart des internautes (23 %) n’ont aucune connaissance de ce qu’est la réponse graduée, quand moins de

la moitié d’entre eux (42 %) savent qu’ils ne peuvent être sanctionnés qu’après trois infractions. Les auteurs de l’enquête révèlent enfin que près d’un tiers des français (31 %) pensent que la sanction peut tomber avant un troisième avertissement. Ainsi, seulement 7 % des internautes comprendraient vraiment son fonctionnement, alors que le nouveau gouvernement a indiqué présenter l’après-Hadopi au cours de l’année 2013.

 


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