Archives de catégorie : Technologie

iscomrima Swirl, un robinet design au service de l’économie

Au célèbre au Royal College of Art de Londres, Simin Qiu, étudiant en design et conception, nous dévoile « Swirl », un robinet des plus luxurieux qui permet de l’économiser en la transformant en une sublime spirale tourbillonnante.

Allier environnement & design

Chaque jour, les Français consomment en moyenne 150 litres d’eau, autrement dit, l’équivalent de 100 bouteilles d’1,5 litre. Et on le sait bien, l’eau est notre ressource la plus précieuse. C’est pourquoi il est vital de la protéger, mais surtout de l’économiser.

Afin de contrer le côté très peu esthétique des aérateurs d’eau, qui permettent d’économiser l’eau jusqu’à 50%, l’étudiant a imaginé une magnifique solution alliant économie et design.

iscomrima robinet swirl

Swirl signifie tourbillon. Et sur le shéma ci-contre fourni par iscomrima, on note le côté moderne et élégant. Ce robinet a été pensé pour produire plusieurs motifs. Il existe aujourd’hui trois embouts ayant pour conséquence des tourbillons différents, et le bouton étant tactile, le robinet garde un style épuré.

« Toutes les formes de vie dépendent de l’eau. (…) C’est la ressource la plus importante au monde. Selon moi, l’eau est douce et tourbillonnante. Ces deux éléments m’ont inspiré dans mon travail », a expliqué Simin Qiu lors de sa récompense au iF Design Concept Award 2014.

Hacker la démocratie sur internet avec l’astroturfing

L’Astroturfing est une technique consistant en la simulation d’un mouvement spontané ou populaire à des fins d’ordre politique ou économique pour fabriquer l’opinion. Elle consiste à donner l’impression d’un sentiment majoritaire pour justifier une prise de position.

L’astroturfing joue sur un certain nombre de ressorts psychologiques, notamment le pouvoir du conformisme et de la pression sociale démontré par l’expérience de Asch[1] et conceptualisé dans « L’effet Bandwagon »[2]. Cet effet, également appelé « effet de mode » regroupe le comportement « moutons de panurge » ainsi que le fait que les esprits indécis finissent par prendre tardivement leur décision en imitant ce que pense ou fait la majorité.

En pratique, l’astroturfing s’effectue en influant le cours de l’information sur l’internet participatif : manipulation de sondages, flood, troll dans les commentaires et sur les réseaux sociaux. Certains vont même jusqu’à mettre en place en place des robots. C’est le cas des jeunes de l’UMP avec l’outil Twitpop[3] mis en place en 2011 qui permet aux fanboys du parti de lui donner les pleins pouvoirs sur leur compte Twitter. Grace à cet outils, tous les comptes zombies retweetteront de façon automatisée les tweets écrits par les « Jeunes pop ». Toujours à l’avant-garde du progrès, l’équipe de campagne de François Hollande à très rapidement fait de copier l’Union des Moutons de Panurge pour mettre en place son propre système de spam avec le compte toushollande.fr .

Heureusement l’élite de la république ne semble pas encore avoir eu l’inspiration des Sud-coréens qui auraient mis en place en 2012 une campagne de diffamation industrielle automatisée ayant engendré près de vingt-quatre millions de tweets pour écarter un candidat. Enfin, ne parlons pas trop vite c’est peut-être déjà prévu pour 2017.

En marketing, la technique est également utilisée, quoi de plus facile pour écraser la visibilité du concurrent ? Ainsi quelques affaires de grande ampleur ont éclaté dans la téléphonie avec l’attaque de Samsung sur HTC. En France, des affaires de « faux contributeurs » ont été mises à jour sur Médiapart, le Figaro, les Echos, le Huffington Post et Economie Matin. Des agences de communication ou des startups ambitieuses ayant créé des personnages ou des journalistes de toutes pièces avec compte Facebook, profil Linkedin et CV fictif ont été épinglés par les internautes.[4]

Certains considèrent l’astroturfing comme légitime dans la manière ou, à l’image de la fable de La Fontaine, c’est dans la nature de toutes grenouilles d’essayer de se faire aussi grosse que le Bœuf. Mais la morale de cette fable-là, c’est que sur Internet comme partout ailleurs, la démocratie n’existe pas.

pour plus d’informations:

http://tendactu.fr/les-coulisses-du-web/2551/
http://bdc.aege.fr/public/Astroturfing_Enjeux_pratiques_et_detection.pdf

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Asch
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_de_mode
[3] http://leplus.nouvelobs.com/contribution/189829-les-jeunes-de-l-ump-et-twitter-ou-les-moutons-2-0.html
[4] http://vigie-astroturf.blogspot.fr/

Dans les coulisses du Web

Si la démocratisation d’internet promettait l’accès à un espace démocratique pour tous, force est de constater que comme dans tout espaces de liberté, sur la toile c’est le plus gros qui mange le plus petit. Enfin, c’est le constat qui s’impose devant la déclaration de l’école israélienne, IDC Herslia – Raphael Recanati International School, qui revendique la mise en place d’une « war room » pour défendre en ligne les intérêts Israéliens. La première « war room » est apparue pendant la guerre 39-45 sous Churchill. Il s’agissait d’une sorte de cellule de crise regroupant les plus grands stratèges du pays dans un bunker pour faire face à la situation de crise d’une capitale bombardée. A l’heure de l’internet le mot a évolué. Dans le cas présent, la war room de l’école Israélienne désigne une équipe connectée qui met en place des stratégies de défense contre les offensives d’internautes révoltés par la guerre asymétrique menée par l’Etat Hébreux. Le but avoué de cette cellule de crise est de modifier l’opinion publique et de nettoyer la réputation d’Israel en opérant à grands renforts de commentaires, d’articles, d’images, de vidéos, de liens.

La stratégie est simple : réunir des militants avec des compétences dans l’écriture, l’infographie, le montage vidéo, le troll, le multi profile. Organiser un brainstorming pour créer le matériel de propagande et l’argumentaire qui n’aura plus besoin que d’être copié collé dans les commentaires (images, gif, vidéo, mêmes, citations, liens vers des articles sensibles, contre argumentaires fallacieux qui serviront de faire valoir via des faux comptes d’opposants). On identifiera ensuite les cibles de l’opération d’influence : réseaux sociaux, blogs, sites de presse écrite, plateformes communautaires … Les plus raffinés prépareront des solutions de variation d’adresse IP, multiplierons les adresses emails et utiliseront des profils anciens au réseau développé de longue date. La dernière étape consiste à ouvrir la guerre d’information : bombardement de commentaires, occupation de forums, nuages d’intoxication, minage au commentaire lourd pour décourager les lecteurs à la lecture des sites ennemis.

Si les individus sont bien formés, ces réseaux occultes peuvent se révéler indétectables. En effet, une fois chaque individu formé, il repart sans aucun lien avec les autres. Si des instructions sont données au groupe pour orienter la stratégie générale, une cellule efficace les réduira à son maximum pour créer le moins possibles de points de connexion entre les membres. Et donc le moins de failles possibles dans le camouflage du réseau.

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By Victorgrigas (Own work) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Ne croyez pas que la war room soit une exception du net, elle en est plutôt la règle. Chez les plus puissants on paye des sommes astronomiques pour lancer une armée des « trolls » dans les forums de discussion en ligne. C’est le cas de l’Union Européenne qui a déboursé 2,5 millions d’euros avant les dernières élections afin de lutter contre l’euroscepticisme montant. On apprend maintenant qu’en Israël, on utilise la main d’œuvre gratuite des étudiants pour tenter de blanchir la réputation sanglante de l’Etat hébreux. Mais le mensonge organisé n’est pas l’apanage des plus puissants, de nombreuses organisations n’hésitent pas à monter des petits groupes pour tirer leur épingle du jeu sur le net.

Sur internet comme en France, la célèbre phrase de Coluche « La dictature, c’est ferme ta gueule, La démocratie c’est cause toujours ! » semble se vérifier.

Source :

www.infoguerre.fr/edito/edito-la-propagande-a-l-heure-du-web/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=rss

Pour plus d’info sur l’opération de l’union Européenne :

www.agoravox.fr/actualites/europe/article/l-ue-va-financer-des-trolls-pour-130702

Google Glass : un jouet pour geek.

Dans l’antre secret de Google, le Google X Lab, des dizaines de projets sont étudiés par des chercheurs. Parmi ces projets, les Google Glasses, autrement dit une sorte de paire de lunettes à réalité augmentée. Si vous les chaussez, une infinité de possibilités s’offrent à vous. Enfin c’est ce que nous promettait Google dans une vidéo publiée en avril 2012 sur la chaîne Youtube de Google. En voici un pastiche adapté à Monsieur/Madame Dupont (ou Dupond, au choix), jeune parisien-ne.

Photo d'une femme portant les Google Glasses
http://www.google.com/glass/start/how-to-get-one/

Imaginez : Vous vous réveillez un samedi matin comme les autres et enfilez votre paire de Google Glasses (à 1500$…). Aussitôt s’affichent devant vos yeux ébahis la météo de la journée : 28°C (on imagine que Google nous laissera utiliser cette unité locale) et grand soleil ! La journée commence bien. Votre Google agenda vous notifie que ce soir, à 20h, vous dinez avec Camille, objet de votre attention.

Pour vous occuper, et vous cultiver un peu, vous vous rendez dans ce célèbre magasin à Saint-Lazare qui vend des livres, CD, DVD ainsi que du matériel high-tech. Mais d’habitude, vous fréquentez plutôt la boutique aux Halles et n’avez aucune idée de l’endroit où trouver les livres (si tant est que cet objet vétuste existe encore…). Peu importe ! Vous pouvez vous adresser à vos lunettes et leur demander « où se trouve le rayon livres ? ». Immédiatement, un plan du magasin contenant les différentes aires s’affiche et une flèche serpentant entre les promontoires vous indique la route à suivre pour trouver les bouquins. C’est alors qu’un message de Dominique, votre BFF[1] vous propose d’aller faire un peu d’escalade dans l’après-midi. Vous choisissez de lui répondre et dictez votre message à vos lunettes qui envoient le tout à Dominique. Voilà, vous avez rendez-vous dans le sud de Paris pour une session de grimpe !

En approchant du métro, une nouvelle notification apparaît : la ligne 14 est en panne ! Impossible donc d’emprunter cette ligne pour rejoindre Châtelet. Tant pis, en deux temps trois mouvements (enfin… pas de mouvement) vous avez demandé à vos lunettes une navigation GPS pour rejoindre le RER B (car, oui, vous aimez marcher !). Sur le chemin, une affiche pour un concert qui vous intéresse à Bercy. Hop, vous pouvez demander à vos lunettes de vous rappeler, plus tard dans la journée, d’acheter des tickets. Plus loin, vous passez devant du street art particulièrement réussi ? En un mot, dites à vos lunettes d’en faire une photo et c’est dans la poche. Dans la foulée, profitez-en pour la partager avec vos cercles sur Google+ !

Vous voilà arrivé à Châtelet.

Après un long trajet en RER, vous avez envie d’une glace mais ne savez pas si vous aurez le temps d’aller en acheter une avant que Dominique arrive. Qu’à cela ne tienne, c’est une information de plus que vos lunettes peuvent vous communiquer ! Il suffit de demander et devant vous apparaît le message « Dominique partage sa position ». Sans vous la communiquer, vos lunettes vous annoncent : « Dominique est à 450m ». Alors tant pis, pas de glace. Vous retrouvez votre ami-e et vous apprêtez à attaquer les faces. Mais avant, bien sûr, vous prenez une petite seconde pour partager votre position en ajoutant « Viaduc des Fauvettes ».

Quelques heures plus tard, fatigué, vous réalisez que si vous voulez prendre une douche avant de rejoindre votre béguin Camille, ce qui serait plus charitable, vous allez être en retard, il faut le/la prévenir. Alors, dans un élan romantique, vous regrimpez une dernière fois cette voie et, arrivé-e en haut, demandez à vos lunettes de lui passer un coup de fil. Au téléphone vous lui proposez une surprise et c’est alors que vous partagez en direct ce que vous voyez : une vallée de verdure surmontée d’un coucher de soleil… « C’est magnifique ! » répond votre flirt. Je pense que c’est gagné pour vous ! (fondu de blanc, n’oubliez pas, c’est une vidéo publicitaire !).

Photo de ce que l'on verrait depuis les Google Glasses
http://www.nivenandjoshua.com/magazine/google-project-glass/

Alors ? Si ça ne donne pas envie, ça ? Vous pouvez consulter la vidéo originelle ici. Mais soyons sérieux, est-ce vraiment réaliste ?

Eh bien, plutôt oui ! Les écueils qui me sautent aux yeux sont les suivants :

  • Parler à ses lunettes. Cela semble encore compliqué quand on voit l’efficacité de la reconnaissance vocale actuelle. Néanmoins les vidéos parues récemment (j’y reviendrai plus loin) semblent très prometteuses ! Donc ma crainte de ce côté-ci est pour le moment apaisée. Il reste l’inconvénient que les lunettes sont pour le moment anglophones exclusivement… Pour les franco-français de la glotte, il va falloir attendre ou s’entraîner !
  • Le plan dans le magasin pour vous guider vers le produit que vous cherchez… Si la mise en place de ce système reste probablement simple, cela nécessite que les magasins fournissent leur plan interne à Google ce qui n’est pas dit. Bien sûr si vous habitez aux Etats-Unis à Washington ou même en France à Paris ou Toulouse, cela ne devrait pas poser trop de problèmes, mais si vous vivez en Hongrie ou au Tadjikistan ou simplement à Lannion en Bretagne, pas sûr que l’application soit bien fournie. Pour ce détail, j’imagine qu’on ne peut qu’attendre de voir.
  • Enfin, le partage d’informations (localisation de la personne qu’on va rejoindre, partage de la vidéo en live) nécessite que plusieurs utilisateurs possèdent aussi des Google Glasses or cela me semble peu compatible avec un produit à 1500$… Autour de moi, on prévoit une baisse rapide des prix, précisément dans le but de toucher un plus grand public. Néanmoins, les lunettes ne seront probablement pas pour les petits portefeuilles car même en abaissant le prix de vente à 700€ (prix d’un iPhone, ce qu’énormément de gens possèdent) les moins riches ne pourront pas se le permettre… Il semblerait quand même que ce prix annoncé ne soit que le prix des Google Glasses Explorer, c’est-à-dire la première version disponible. Le galop d’essai en quelque sorte. Les estimations prévoient le prix du vrai produit entre 600 et 1000€ (une sacrée fourchette !).

Depuis, Google a lancé une campagne d’essai, permettant à des  volontaires de s’inscrire pour tester les Google Glasses (inscriptions aujourd’hui fermées, ne cherchez pas à vous y inscrire !) et on peut voir fleurir, outre les nouvelles vidéos officielles de Google, les vidéos faites par les utilisateurs. Qu’est-ce qui a changé ? Et qu’est-ce que ça donne finalement ?

Les lunettes sont assez futuristes. Bonne nouvelle : la monture sans verre pèse 36g, soit moins lourd qu’une paire de lunettes standard !

Photo des différents coloris existants
http://www.google.com/glass/start/what-it-does/

Pour éviter les confusions, une phrase de déclenchement « OK Glass » indique à la paire de lunettes que vous vous adressez à elle. Il faut donc enchaîner cette séquence avec l’instruction. Par exemple « OK Glass. Take a picture » « (Ok Glass, prends une photo ». Comme je le disais plus haut, on ne peut pour le moment parler qu’en anglais).

Pour envoyer un message ou demander quelque chose, on le dicte aux lunettes et je reviens là sur ce que je disais à propos de la reconnaissance vocale. La vidéo de présentation nous montre une ballerine descendant les escaliers en tutu, prête à entrer en scène et la personne qui la suit – probablement une autre ballerine – qui dit (plus qu’elle ne « dicte ») la phrase « This is it, we’re on in two minutes ! » (c’est-à-dire, en substance « ça y est, ça commence dans deux minutes ! ») ce que ses Google Glasses écrivent sur le petit écran en haut à droit du champ de vision en simultané. Et non seulement, les lunettes ne font pas d’erreur mais en plus, le logiciel de reconnaissance vocale parvient à décomposer la contraction « we’re », signifiant « nous sommes » en « we are » qui en est la forme conventionnelle. Pour moi qui n’ai jamais pu tester de reconnaissance vocale payante (les seules vraiment efficaces à ce jour) c’est bluffant ! Les requêtes Google (« cherche-moi des photos de tête de tigre » demande un sculpteur sur glace) ou directement au téléphone (« mets-moi en liaison avec le club de vol » ordonne un pilote pour partager ce qu’il voit) semblent marcher parfaitement bien.

Evidemment ne soyons pas trop naïfs, je parle là de la vidéo commerciale de Google, il y a peut-être des tas de ratés mais ils ne sont pas assez bêtes pour nous les montrer.

J’ai donc cherché des vidéos moins… corporate. Et c’est ainsi que je trouve une vidéo dans laquelle les lunettes sont posées devant la caméra, pas de montage, pas d’incrustation de l’écran, cette fois, on voit exactement ce qu’un utilisateur verrait. Et la reconnaissance vocale est toujours aussi efficace ! Lorsque Rob Jackson, volontaire pour l’essai et auteur de la vidéo, demande des instructions pour se rendre à « Oriole Park at Camden Yards », les lunettes font certes une erreur et on voit apparaître à l’écran « Oreo Park at Camden Yards » mais Google Maps corrige seul et les bonnes instructions s’affichent. Quelques instant plus tard, lors de l’envoi d’un message, encore une fois, celui-ci s’affiche sans problème et les lunettes décomposent à nouveau une contraction grammaticale : non seulement elles comprennent bien ce qui leur est dicté, mais en plus elles sont capable de le restituer en « bon anglais » ! Ceci paraîtra peut-être ordinaire pour qui paie une licence sur un logiciel de reconnaissance vocale, mais pour quiconque a essayé de donner des instructions à son android pour avoir un itinéraire ou essayé de téléphoner à quelqu’un en passant par une interface vocale de type Siri, bref, un logiciel gratuit – c’est mon cas et j’ai passé du temps à galérer ! on a là une sacrée amélioration !

Une fois le message dicté, les lunettes laissent l’opportunité à l’utilisateur d’annuler l’envoi en utilisant la partie tactile des lunettes, à savoir le coté de la branche droite qui, selon les différentes sources (officielles provenant de Google, journalistes, volontaires) est très pratique. Cette zone tactile permet d’allumer les lunettes, de changer d’application, de faire défiler des photos, etc.

Le message envoyé, on entend très bien (grâce à un petit haut-parleur situé dans la branche droite des lunettes et la conduction à travers les os du crâne) une notification d’envoi. C’est grâce à ce même système que l’on peut téléphoner.

Car oui ! Les Google Glasses, communiquant par bluetooth avec votre smartphone, permettent aussi d’accéder aux contacts de ce dernier et de leur téléphoner. Si vos contacts n’ont pas de lunettes, vous verrez apparaître leur photo de contact, si la personne que vous appelez est, elle aussi, dotée de cette nouvelle technologie, alors vous avez la possibilité de partager en live le flux vidéo enregistré par la caméra intégrée (rappelez-vous le soleil couchant avec votre chéri-e).

On apprend aussi que la paire de lunettes sera dotée d’un objectif-appareil photo de 5 mega pixels et qui fait des films haute définition (720p). Une application vous permettra de prendre des photos sur un simple clignement d’œil (je vous épargne le jeu « en un clin d’œil »). L’application ferait même la différence entre un clignement inconscient et un clignement volontaire (plus lent) afin de ne pas prendre 25 000 photos dans la journée.

En ce qui concerne le look de ce gadget technologique, il est plébiscité par certains, critiqué par d’autres, mais Google a promis du changement et la possibilité de « clipser » différentes couleurs. En fait Google promet encore beaucoup d’améliorations et ces quelques fonctionnalités ne devraient être à terme qu’un petit bout de l’iceberg (qui comprendra notamment la reconnaissance faciale des personnes que vous croisez grâce à leur compte Google+ certainement). Et Google répond enfin à la question qui nous taraudait, tous, myope, astigmates et j’en passe : oui ! Les Google Glasses seront compatibles avec des lunettes de vue (en même temps avec la quantité de geek myopes comme des taupes qu’ils doivent avoir chez Google, ç’aurait été moche qu’ils n’y pensent pas…).

La distribution de ces lunettes est prévue pour 2014 ou, pour les plus pressés, en version « bêta » en 2013…

Un aperçu :

Photo du contenu de la boîte Google Glasses
http://www.generation-gpu.fr/actualite-Les-Google-Glass-deja-livrees-aux-premiers-acheteurs.,ac16858.htm

                Alors quid des Google Glasses ?

Beaucoup de vidéos parodiques et de critiques nous alertent déjà sur les déviances : l’air perdu de l’utilisateur quand il regarde son écran ne facilite pas le contact humain, l’utilisation des lunettes pour obtenir des informations sur votre interlocuteur/interlocutrice et se jouer de lui (lien vidéo), décrochage intempestif du téléphone dans une situation délicate (vous êtes sous la douche ou aux toilettes… Les lunettes vont bien sous la douche, oui) et Google se voit déjà interdire son produit au sein des casinos américains, des cinémas, de certains bars et lors de la conduite. Par ailleurs, l’industrie pornographique a, elle aussi, déjà compris l’intérêt du produit mais pour la première fois (et contrairement à la plateforme Google Play, le marché d’applications pour les smartphones Android) Google a décidé d’interdire les contenus pornographiques sur ses lunettes.

Certes, ces lunettes ressemblent fort à un deuxième smartphone hors de prix, certes, peut-être ressemblerons-nous à des robots, les yeux dans le vague au lieu de communiquer en chair et en os, certes, l’espèce humaine aura tôt fait d’utiliser la technologie à toutes sortes de fins et certes, les Google Glasses tiendront un peu du jouet pour geek. Mais diable ! J’en veux une paire !

Et vous ?

Charlotte Faure


[1] BFF : Best Friend Forever. Vocabulaire des ados américains signifiant « meilleur-e ami-e pour toujours ».

Le succès de Real Humans promet-il un succès du transhumanisme ?

Le monde de demain : une société habitée par des humains et des robots, à l’image de la série Real Humans, suscite des questions d’ordre sociales, philosophiques, éthiques, scientifiques et autres. Ce monde, décrit par la série suédoise, est-il une ébauche du monde de demain ? Le développement actuel scientifique peut-il nous conduire plus ou moins à la vie décrite dans la série ? Ou tout ceci relève-t-il uniquement du domaine de la science-fiction ? Pourquoi, enfin, la série a-t-elle fasciné tant de monde ? Peut-on y voir un succès du transhumanisme ?

Bande-annonce de la série:

Le transhumanisme

Il s’agit d’un mouvement culturel et intellectuel qui prône l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des humains.

Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine dont le handicap, la souffrance, la maladie, la vieillesse ou la mort comme « inutiles ou indésirables ».

Les chercheurs comptent donc sur les techniques émergentes comme la robotique pour parvenir à leur fin, à savoir « l’amélioration humaine ». Ce mouvement, décrit dans la série, a contribué à son succès.

uppercult.fr

Pas d’innovation dans les idées reprises dans la série

La série rassemble l’ensemble des interrogations suscitées par la robotique et le transhumanisme. La problématique suivante est posée : est-ce inquiétant de constituer un monde dont les robots font partie intégrante ? Elle rassemble également un certain nombre de similitudes dans le mode de vie des robots, les comportements humains envers les robots et inversement.

La baisse de courant et la recharge automatique des « hubots » font écho aux robots-tortues de William Grey Walter, datant de 1950.

Au Japon, le professeur Hiroshi Ishiguro, a constitué des androïdes impressionnants et a notamment réussi à créer son clone dont la ressemblance est marquante. Des hôtesses androïdes assurent, de leur côté, l’accueil dans des salons.

En outre, des travaux en psychologie cognitive, liés au domaine de la robotique, sont destinés « à mesurer l’empathie suscitée par les robots ». Dans la série, « les hubots » ont cette empathie, comme le montre l’un d’eux lorsque sa propriétaire l’éteint, ce qui le met dans une grande colère.

De son côté, la robotique des émotions tente actuellement de créer des machines qui savent reconnaître les émotions et interagir avec l’usager. Un élément qui est également exploité dans la série : quand le propriétaire du hubot semble perplexe, son hubot arrive à le détecter et lui demande s’il va bien.

On convient que ces aspects ont toujours eu trait au domaine de la science-fiction, et pourtant, le domaine surnaturel s’estompe peu à peu au vu de certaines de ces avancées.

La série à l’image de notre société robotisée

Différentes avancées dans le domaine scientifique montrent que l’idée de la série n’est pas si éloignée de l’évolution actuelle du monde dans le domaine de la robotique.

Huffingtonpost.fr a relayé récemment que 9% des Américains ne diraient pas non pour faire l’amour à un robot. L’idée, très ancrée dans la série,est actuellement  un sujet de discussion. Les Américains sont « plus nombreux à souhaiter avoir un robot comme domestique (33%), ou pour prendre soin d’une personne âgée (22%) ».

Astrid Rosenthal von der Pütten, psychosociologue, a réalisé récemment une étude allemande montrant que les humains sont autant sensibles à la violence faite par les hommes sur les robots que par les hommes sur les hommes.

Elle a expliqué notamment que « l’un des buts des recherches actuelles en robotique consiste à développer des “robots compagnons” qui établissent une relation à long terme avec un utilisateur humain ».

Elle a ajouté que « ces robots pourraient assister les personnes âgées dans les tâches quotidiennes et leur permettre ainsi de rester plus longtemps chez elles. Ils pourraient également aider les personnes handicapées à évoluer dans leur environnement ».

La Corée du Sud a de son côté décidé d’équiper 8 000 écoles maternelles de robots, qui ne sont pas des androïdes mais ont « deux yeux, une bouche, un nez et des oreilles ». Ces derniers ont pour mission d’enseigner les langues notamment mais officiellement ne doivent pas remplacer les instituteurs.

Ils enseignent. Serait-ce, comme dans la série, une raison pour mobiliser les hommes contre ces « robots », lesquels prennent leur travail, les mettant ainsi au chômage ?

Enfin, le robot du Robot Cognition Laboratory lyonnais est arrivé à décoder le sens des phrases de l’homme et à agir en conséquence grâce notamment à « 500 neurones artificiels » et à « un cerveau simplifié ».

Cette démarche s’inspire « d’une connaissance sur le cerveau humain en la transposant à la robotique ».

De son côté, le Rooba iRobot 660 est un aspirateur autonome et efficace. En combinant ces deux technologies, nous arriverons certainement un jour à créer des « hubots » à l’image de la série.

D’autres avancées

Outre les petites innovations individuelles telles que cette vidéo d’un homme ayant réussi à créer un robot dans le dessein de voler des canettes dans les distributeurs, des chercheurs ont réussi à mettre en place des robots « pour aider à démanteler la centrale de Fukushima », ceci en « aspirant » la radioactivité ou encore « pour localiser des baleines en danger ».

Pour la vie quotidienne, deux robots ont été inventés depuis peu par une société japonaise : selon gizmodo.fr, « digital lifestyle », le premier ressemble à un chien, le second à une jeune femme nommé Kaori, et les deux visent à renseigner leur propriétaire sur leur odeur.

Le chien renifle vos pieds, si l’odeur est insoutenable, « il ira jusqu’à perdre connaissance ».

En conclusion

Rien d’innovant donc dans la série : celle-ci a su s’imposer sur les écrans et chez le public en mettant en évidence les inquiétudes suscitées par les chercheurs en robotique en les transposant. On pourrait néanmoins reprocher à la série, en fin de saison, de faire un film de « gentils contre méchants » et non se cantonner à la complexité d’un monde dans lequel vivent ensemble hommes et robots.

Sans évoquer la série, l’innovation et les progrès scientifiques progressent et la robolution du monde  est, vraisemblablement, en marche !

Source :

http://www.philomag.com/lepoque/breves/transhumanisme-doit-on-avoir-peur-de-lavenir-7416

Convention démocrate : la vidéo officielle supprimée par Youtube !

Mardi soir, Youtube, partenaire officiel de la convention démocrate, a commis une énorme bourde en supprimant la vidéo de l'évènement, juste après sa retransmission en direct, ou livestream. En lieu et place, un message annonçant que le contenu violait les droits d'auteurs d'une dizaine de producteurs de contenus ! Plus moyen pour les internautes de regarder Michelle Obama encenser les 4 ans de présidence de Barack Obama…

Les réseaux sociaux et la stratégie de communication de Barack Obama

Le problème est que les vidéos du président Obama présentes sur sa chaîne officielle Youtube sont aussi intégrées sur Barackobama.com et diffusées en masse sur les réseaux sociaux, Twitter et Facebook en tête. Lorsque l'on connaît la part stratégique que prennent les outils sociaux dans la communication du président, on peut aisément imaginer l'impact négatif de cette bévue… Ses conseillers ont imaginé et construit depuis 2008 une stratégie de présence pérenne sur une quinzaine de réseaux sociaux parmi lesquels Facebook, Twitter, Toutube, Tumblr, et quelques réseaux ciblés sur les communautés : BlackPanet (communauté noire), Eons (Babyboomers). Combien de followers, de visiteurs perdus ? Combien de personnes n'auront pas vu cette vidéo de Michelle Obama ? Seulement 300 vues 24 heures après la convention, un chiffre ridiculement bas quand on sait que la chaîne est suivie par plus de 200 000 internautes et que les les vidéos ont été consultées plus de 222 millions de fois !

Michelle Obama sur Youtube
Michelle Obama lors de la convention démocrate sur Youtube

L'algorithme de Youtube mis en cause

Le coupable est tout désigné : Youtube ! Le magazine Wired a levé le lièvre dès mardi soir et contacté Erica Sackin, une responsable digital de la campagne d'Obama. La conseillère n'avait pas pas encore eu vent du problème. Pire, elle a demandé l'adresse de la vidéo au journaliste. Un peu plus tard, un porte-parole de Youtube envoie au journaliste par mail : « Ce soir, après la fin du livestream, Youtube a affiché un court instant un message d'erreur incorrect. Le livestream et les vidéos de la chaîne n'ont pas été affectés. » Curieux… Aucune vidéo affectées ? Et la vidéo bloquée alors ?

Voilà ce qui s'est passé. Le filtre de contenus de Youtube autorise aux gros annonceurs et producteurs de contenus officiels la diffusion des vidéos dont ils revendiquent la propriété. Réciproquement, un algorithme identifie et bloque automatiquement toutes les vidéos non officielles qui violent cette propriété. En août, la Nasa avait connu le même problème avec la vidéo de l'atterrissage de la sonde Curiosity sur Mars, bloquée plusieurs heures pour violation d'une loi américaine sur le droit d'auteur. Plus pernicieux, l'algorithme favorise l'industrie du divertissement car elle constitue son principal vivier d'annonceurs. Donc, le système leur est favorable : les vidéos en infraction sont bloquées automatiquement, donc sans distinction et, de plus, ils peuvent afficher une publicité sur la dite vidéo.

Youtube deviendrait-il une jungle dont les annonceurs seraient les rois ?

Votre TV Samsung est en panne ? C’est normal, c’était prévu !

Qui a-t-il de commun entre une télé LCD Samsung, un iPhone et une machine à laver ? Pas grand-chose à première vue ! Et pourtant, ces objets du quotidien incarnent une tendance lourde de la consommation moderne. Leur cycle de vie est sans commune mesure comparable avec leurs ancêtres un peu moins high-tech. Ils durent plus longtemps ? Surement pas ! Bien au contraire.

La mort programmée de nos appareils

Au jeu des prévisions, et en se trompant de quelques mois seulement, nous pouvons dire que votre bel écran Samsung acheté en 2008 va certainement tomber en panne cette année. Un peu plus de trois ans de durée de vie, alors que la vieille télé de vos parents fonctionne encore après 15 ans de bons et loyaux services. Votre iPhone 4, ou 5S, va voir les capacités de sa batterie diminuer grandement au bout de 18 mois. Comme Apple a choisi de ne pas permettre son changement en la collant au châssis, vous aurez du mal à ne pas passer par la case Apple Store, où l’on vous proposera non pas de remplacer la batterie, mais le téléphone lui-même ! Si vous vous entêtez à vouloir faire changer la batterie, les techniciens de la pomme changeront aussi quelques vis internes standard par des empreintes Torx, pour que vous ne puissiez pas faire la manipulation vous-même sans l’outil adéquat! On appelle cela l’obsolescence programmée des appareils électroniques et électroménagers.

Edit : un internaute nous fait remarquer que l’ouverture de l’iPhone 4 est possible. C’est aussi le cas pour les autres générations (voir commentaires ci-dessous). Le journaliste de France2 est allé un peu vite en besogne.

La mauvaise foi des fabricants

On pourrait arguer le fait que l’usage est plus intensif et que le matériel souffre… Ce n’est absolument pas le cas ! Ainsi, les téléviseurs LCD et plasma Samsung sont ceux qui enregistrent le plus de pannes. Il se trouve qu’un petit composant de l’alimentation, le condensateur, tombe rapidement en panne car il chauffe trop. Pourquoi ? Parce que Samsung le place près d’un radiateur par souci de gain de place. Il est vrai que les écrans sont tous les ans plus plats. Mais les caractéristiques techniques de la pièce ne lui permettent pas de durer plus de 24 mois dans ces conditions de température.

Les condensateurs coupables en bas à droite

Cash Investigation, magazine d’Elise Lucet diffusé sur France 2 le 1er juin dernier, démontre que la réparation, facturée plus de 300€ par Samsung, coûte 21€ chez un réparateur parisien, dont quelques centimes d’euros pour la dite pièce. Plus grave, il est possible de choisir un condensateur plus résistant à la chaleur – et à peine plus cher – qui multiplie par 3 ou 4 la durée de vie de l’appareil.  D’autant plus que les derniers modèles sortis intègrent un condensateur fondu dans la masse du circuit imprimé. Il ne peut donc plus être remplacé ! De là à dire que Samsung programme la mort de votre télévision pour vous inciter à la remplacer plus souvent, il n’y a qu’un pas. A noter qu’aux Etats-Unis, une class action regroupant plusieurs millions d’utilisateurs (oui, vous avez bien lu) est en cours contre Samsung.

Les coupables : les condensateurs Samsung

Dans cette même émission, Elise Lucet interviewe Bernard Planque, délégué général du Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménager (GIFAM), à propos d’une étude réalisée en 2011 par TNS-Sofres : Les Français et la durabilité des gros appareils ménagers. Cette étude « révèle » que la « durée de vie des appareils [est] conforme aux attentes des consommateurs. » Cette étude est mise en miroir d’une précédente étude réalisée en 1977. Et, oh ! Miracle ! La durée de vie des appareils se maintient ! Sauf que cette étude n’existe plus, ni même ses éléments méthodologiques. Monsieur Planque, piqué au vif, écourte l’interview.

Alors comment faire ?

Les produits électroménagers qui partent au rebus sont « recyclés » en Inde, en Chine et ailleurs. Les circuits imprimés sont brulés à l’air libre pour faire fondre les métaux précieux ou non : plomb, mercure, silicium, lithium, dont les vapeurs toxiques programment aussi la mort de ces populations. L’espérance de vie de ces travailleurs du recyclage est de 35 ans…

Sans être nécessairement un alterconsommateur, il est possible de faire durer sa télé plus longtemps. Des dizaines de tutoriels et de bonnes adresses fleurissent sur le web. Tapez la référence de votre téléviseur et le mot « panne » ou « condensateur » et vous trouverez votre bonheur. Par exemple, Stéphane Rouilly explique la marche à suivre sur son blog.

Vous avez un iPhone 4 dont le bouton central flanche et ne voulez pas acheter le 4S qui n’est qu’une mise à jour de votre modèle ? L’écran de votre iPad 1 (oh le ringard) est cassé ? Ifixit, un site animé par des geeks et des anciens techniciens ou vendeurs d’Apple, aura la solution, vidéos à l’appui.

Vers une ingénierie de l’entraînement sportif

Dell lotus formula one telemetry
Crédit photo : Dell official page/Flickr (CC BY 2.0)

« Mesurer », « calculer », « analyser », « ajuster », un vocabulaire d’ingénieur course devant un écran télémétrique chez McLaren ? Pas seulement. Depuis quelques années déjà, le sportif et son entraîneur décortiquent les séances d’entraînement et les phases de compétition afin d’optimiser les performances. Certes, la médecine du sport s’intéresse depuis plus de 60 ans au rendement physiologique du corps humain : fameux test de Rufier-Dickson, bilans cardiaques, analyses de la motricité et de la gestuelle. Et peu de sportifs dignes de ce nom, même du dimanche, font l’impasse un jour ou l’autre, sur le cardio-fréquencemètre. Pourtant la marge de progression « scientifique » semble encore importante.

Sports d’endurance et cyclisme, une histoire de pourcentages

Les sports individuels ont rapidement pris en compte les avantages que pouvait apporter la technologie. Et pour cause, aucun coéquipier ou remplaçant sur un banc de touche n’est là pour suppléer à une baisse de forme. Passé l’épreuve du test d’effort, les « zones » d’entraînement sont connues et il devient assez aisé de travailler un point faible de sa condition physique. Par exemple, l’endurance, ou la capacité cardiaque, s’améliore en travaillant entre des seuils compris entre 70% et 90% de sa PMA, ou Puissance Maximale Anaérobie, le seuil où le corps consomme 100% de l’oxygène dans le sang (le carburant). La puissance se travaille par des séances « d’interval training » au-delà des 90% et améliore la VO2max (la capacité maximale de l’organisme à consommer l’oxygène dans le sang). Un plan d’entraînement bien mené en fonction des objectifs que l’on s’est assignés mêle donc les deux. Mais ne jouez pas à l’apprenti sorcier sans conseil médical : sur ou sous-entraînement assuré !

Pour l’anecdote, l’ancien entraîneur de Festina, Antoine Vayer, a évalué la VO2max d’Alberto Contador à 99,9ml/min/kg, lors de l’ascension du Verbier pendant le Tour de France 2009. Cela laisse songeur quand on sait que la moyenne est à 45 pour un homme normal…

Et la technologie dans tout ça ?

Depuis que Polar a lancé en 1982 le premier cardio-fréquencemètre sans fil, l’erreur n’est plus permise pour le sportif. En effet, on estime qu’un athlète sur deux sous-estime de 17 battements son pouls exact lorsqu’il l’évalue manuellement ! Depuis la fin des années 90, Il est possible l’importer sur ordinateur ses données enregistrées en course ou à l’entraînement – et l’on revient à la Formule 1 – pour ensuite les analyser et ajuster l’entraînement, voire préparer son entraînement d’une année sur l’autre. Bon, c’est plutôt l’entraîneur qui se coltine le travail, mais certains amateurs le font aussi.

Encore plus fort, les cyclistes utilisent depuis plus d’une dizaine d’année des capteurs (dans le moyeu arrière ou dans le pédalier) exprimant en watt la puissance développée par le sportif. SRM, le pionnier en la matière, est d’ailleurs le principal fournisseur des équipes pro. Le cycliste ne s’entraîne donc plus seulement en fonction de ses données cardiaques, mais en fonction de ses seuils de puissance, ce qui semble plus efficace. Ajoutez à cela les données GPS et le suiveur d’une course de vélo peut très bien évaluer le travail d’un cycliste pendant une montée de col.

SRM Powermeter FSA
Crédit photo : Grayskullduggery /Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Et la tendance se propage au sport amateur. Il est ainsi possible de télécharger des applications pour smartphones qui « traquent » vos déplacement et les corrèlent à votre rythme cardiaque, via une ceinture thoracique Polar. Pratique pour le sportif sur dimanche qui évalue sa forme sur son parcours test. Sportraker et Garmin proposent ce type de programme sur Androïd et iOS. Pour les plus consciencieux, des coachs indépendants proposent maintenant leurs services pour vous aider à lire les innombrables données – incompréhensibles par le commun des mortels – collectées par votre GPS, votre pulseur cardiaque et votre capteur de puissance. Par exemple, Scientific Coaching en Angleterre.

Les sports d’équipe : parents pauvres de l’analyse scientifique ?

Pas si sûr. David Casamichana, professeur et chercheur à l’Université du Pays Basque, vient de publier une thèse sur l’utilisation des données GPS dans l’amélioration des performances des sportifs. Selon lui, elles permettraient aux entraîneurs d’optimiser la composition d’une équipe de football, par exemple, en identifiant et analysant « les déplacements des joueurs de manière plus précise, plus fiable et donc plus efficace ». Les joueurs d’une équipe de football espagnole semi-professionnelle ont ainsi été équipés d’un dispositif GPS lors des entraînements et des matchs. Ceci a permis d’établir pour chaque joueur : la vitesse d’accélération, leur vitesse moyenne et maximum de course et la distance couverte sur un match. Conclusions : défenseurs centraux et avant-centres parcourent moins de distance qu’un milieu de terrain qui nécessite donc de bonnes capacités d’endurance. Je ne suis pas amateur de foot, mais il me semble que ces informations ne sont pas nouvelles… En revanche, le dispositif permet d’évaluer la condition physique du joueur, donc son éventuel remplacement. Autre atout, les tire-au-flanc sont tout de suite repérés !

Espérons cependant, que le talent d’un sportif ne se mesure pas seulement à l’aune de sa télémétrie embarquée ! Il me semble qu’un footballeur peut compenser, jusqu’à un certain point, un niveau physique moyen par un jeu de génie. En revanche, dans un sport d’endurance, le paramètre le plus anodin doit être analysé et optimisé pour espérer progresser à un certain niveau. Une qualification en F1 se joue au dixième, voire au millième de seconde, et c’est déjà le cas pour le 100 mètre. Alors que l’on commence à atteindre des paliers dans les records mondiaux en athlétisme par exemple, le gain de quelques millièmes se jouera sans doute lors des phases d’analyse technologiques. Avouons-le, c’est un peu triste, non ?