Archives de catégorie : Geekeries

Geekeries

Gmail : piratages de comptes de journalistes et experts par le Moyen-Orient

20minutes.fr

C’est l’excellent média social Owni qui a rapporté la nouvelle, le 3 octobre, dans un article intitulé « Google alerte ses utilisateurs espionnés », signé Andréa Fradin. Le contenu en question informait de piratages de comptes gmail appartenant à des journalistes et à des experts, par des Etats du Moyen-Orient.

Que s’est-il passé ?

Dans la nuit du 2 au 3 octobre, des milliers d’utilisateurs de la messagerie Gmail auraient été alertés par le dominant Google en raison de tentatives de piratage de leur compte. Les pirates auraient donc essayé de s’introduire dans les messageries. Google a clairement fait savoir que ces attaques seraient soutenues par des Etats du Moyen-Orient.

C’est via Twitter que l’alerte a été rendue publique. Précisément, Noah Schactman, blogueur-journaliste du Danger Room de Wired, et Daveed Gartsenstein-Ross, de la Foundation for Defense of Democracies, ont expliqué sur le réseau social que Gmail leur avait annoncé «des attaques menées par des Etats qui tenteraient de s’infiltrer » dans leurs comptes ou leurs ordinateurs.

Owni a enquêté

Owni a contacté Daveed Gartenstein-Ross pour avoir davantage de précisions. Toutefois, l’intéressé n’en savait pas plus : « Gmail a simplement fait une alerte, ainsi que des suggestions pour protéger son compte ». Selon le média social, « plusieurs milliers de personnes seraient concernées par cette alerte pointant vers des tentatives d’intrusions principalement en provenance d’États du Moyen-Orient ».

Quel type d’alerte ?

Ce type d’alerte a été mis en place en juin dernier par Google. Elle s’affiche sous forme de bannière rouge « au-dessus de la boîte de la réception ». Elle fait part aux internautes utilisant gmail de tentatives d’accès à leurs comptes qui « suggèrent fortement l’implication d’Etats ou de groupes soutenus par des Etats ». Qui sont ces groupes ? Nous ne le savons pas précisément. Les journalistes et experts devraient donc être particulièrement vigilants face aux « phishing, mails demandant des informations à l’utilisateur en se faisant passer pour certains prestataires de service », ou au « malware », qui sont des « messages comportant des logiciels malveillants en lien ou en pièce jointe ».

 

Source : Owni.fr

Convention démocrate : la vidéo officielle supprimée par Youtube !

Mardi soir, Youtube, partenaire officiel de la convention démocrate, a commis une énorme bourde en supprimant la vidéo de l'évènement, juste après sa retransmission en direct, ou livestream. En lieu et place, un message annonçant que le contenu violait les droits d'auteurs d'une dizaine de producteurs de contenus ! Plus moyen pour les internautes de regarder Michelle Obama encenser les 4 ans de présidence de Barack Obama…

Les réseaux sociaux et la stratégie de communication de Barack Obama

Le problème est que les vidéos du président Obama présentes sur sa chaîne officielle Youtube sont aussi intégrées sur Barackobama.com et diffusées en masse sur les réseaux sociaux, Twitter et Facebook en tête. Lorsque l'on connaît la part stratégique que prennent les outils sociaux dans la communication du président, on peut aisément imaginer l'impact négatif de cette bévue… Ses conseillers ont imaginé et construit depuis 2008 une stratégie de présence pérenne sur une quinzaine de réseaux sociaux parmi lesquels Facebook, Twitter, Toutube, Tumblr, et quelques réseaux ciblés sur les communautés : BlackPanet (communauté noire), Eons (Babyboomers). Combien de followers, de visiteurs perdus ? Combien de personnes n'auront pas vu cette vidéo de Michelle Obama ? Seulement 300 vues 24 heures après la convention, un chiffre ridiculement bas quand on sait que la chaîne est suivie par plus de 200 000 internautes et que les les vidéos ont été consultées plus de 222 millions de fois !

Michelle Obama sur Youtube
Michelle Obama lors de la convention démocrate sur Youtube

L'algorithme de Youtube mis en cause

Le coupable est tout désigné : Youtube ! Le magazine Wired a levé le lièvre dès mardi soir et contacté Erica Sackin, une responsable digital de la campagne d'Obama. La conseillère n'avait pas pas encore eu vent du problème. Pire, elle a demandé l'adresse de la vidéo au journaliste. Un peu plus tard, un porte-parole de Youtube envoie au journaliste par mail : « Ce soir, après la fin du livestream, Youtube a affiché un court instant un message d'erreur incorrect. Le livestream et les vidéos de la chaîne n'ont pas été affectés. » Curieux… Aucune vidéo affectées ? Et la vidéo bloquée alors ?

Voilà ce qui s'est passé. Le filtre de contenus de Youtube autorise aux gros annonceurs et producteurs de contenus officiels la diffusion des vidéos dont ils revendiquent la propriété. Réciproquement, un algorithme identifie et bloque automatiquement toutes les vidéos non officielles qui violent cette propriété. En août, la Nasa avait connu le même problème avec la vidéo de l'atterrissage de la sonde Curiosity sur Mars, bloquée plusieurs heures pour violation d'une loi américaine sur le droit d'auteur. Plus pernicieux, l'algorithme favorise l'industrie du divertissement car elle constitue son principal vivier d'annonceurs. Donc, le système leur est favorable : les vidéos en infraction sont bloquées automatiquement, donc sans distinction et, de plus, ils peuvent afficher une publicité sur la dite vidéo.

Youtube deviendrait-il une jungle dont les annonceurs seraient les rois ?

Diablo 3 passe en 1.04 : mise à jour majeure aujourd'hui

Le jeu de Blizzard, Diablo 3, devrait être mis à jour aujourd’hui et passera à la version 1.04. Modifications, améliorations des compétences, évolution du personnage au delà du niveau 60 en tant que Parangon… Vous ne comprenez pas de quoi je parle ? Besoin d’une explication ?

La série des Diablo

La série des jeux vidéo Diablo débute le 30 novembre 1996. Oui, ça date ! Et pourtant, le concept accrocheur, après un petit coup de dépoussiérage, est encore au cœur de l’actualité du jeu vidéo et anime encore de nombreux, très nombreux joueurs de par le monde.

Il est toujours question d’une comète annonciatrice d’un désastre qui s’abat sur la cathédrale de la ville de Tristram.

Diablo, c’est un jeu vidéo dans lequel on incarne un personnage qui doit sauver le monde de la venue sur Terre du Seigneur des Enfers Diablo. L’histoire est, il faut le reconnaître, assez pauvre et n’est qu’un prétexte pour faire promener notre personnage dans des donjons labyrinthiques. Prétexte d’ailleurs réemployé quasi tel quel en 2000 pour la parution de Diablo 2. Et cette année, on a remis le couvert avec Diablo 3 ! Jusqu’où ira-t-on ?!

Mais si l’histoire n’est ni très intéressante, ni très originale, qu’est ce qui pousse donc ces millions (et oui, au lancement de Diablo 3, le 15 mai dernier, environ 6,3 millions de joueurs sur toute la planète se sont connectés aux serveurs de Blizzard pour s’adonner à leur passe-temps) de joueurs à acheter (50-60 € quand même) le jeu ?

Blizzard, le gage de qualité

Comme élément de réponse, on pourra citer d’une part la réputation, qui n’est pas volée, de Blizzard à produire et éditer des jeux d’excellente qualité, suivis dans le temps, avec une correction des bugs éventuels, des améliorations et des ré-équilibrages permanents. Les programmeurs de Blizzard ne mettent leurs jeux en vente que lorsqu’ils sont eux-mêmes contents du résultat. Ce que nombre d’autres producteurs devraient tâcher de faire, s’ils n’étaient pas eux-mêmes sous la pression de l’éditeur, mais c’est sûrement un autre débat. Quoiqu’il en soit, cette réputation et ce sentiment de besoin créé par la libération au compte-goutte d’informations quant à l’avancée du jeu et la tournure qu’il prendra contribue très certainement à ce rush.
D’autre part, le principe du jeu consiste à améliorer son personnage à force de combat et de lui faire porter un équipement puissant. Cette course à la puissance est très certainement un moteur qui anime les joueurs.

Comment ça se joue ?

Chaque archétype propose un style de jeu différent.

Les jeux Diablo sont des hack’n’slash, ce qui signifie “taillader et trancher”… ce qui ne signifie pas grand chose non plus, mais qui en Français pourrait être traduit assez justement par “porte-monstre-trésor”. C’est-à-dire que le personnage du joueur doit enchaîner les combats contre des monstres afin de récupérer des trésors. Une fois la salle vidée de ses trésors (et de ses monstres), on ouvre la porte vers la pièce suivante, et on recommence ! On comprend alors que le scénario n’est pas si important au jeu.

Chacun des Diablo avait ses spécificités et le dernier est donc, on l’imagine, le summum de ce que cherchait à faire les développeurs : un jeu dans lequel on choisit entre cinq classes de personnage (barbare, sorcier, féticheur…) qui se jouent de façon totalement différente, avec des capacités qui n’ont rien à voir, tout en trouvant un certain équilibre entre chaque classe pour qu’aucune expérience de jeu ne se retrouve que trop facilitée par rapport à une autre. D’autant qu’aujourd’hui, Diablo 3 permet de vendre les trésors trouvés lors de nos aventures dans un hôtel des ventes sur Internet utilisant les espèces sonnantes et trébuchantes du monde réel (des euros, donc…). Il faut veiller au grain, et plus encore avec l’arrivée prochaine de possibilité de duels et autres affrontements entre joueurs…

La mise à jour 1.04

Mais pourquoi aborder Diablo 3 aujourd’hui, plus de cinq mois après sa sortie ?! Et bien tout simplement parce que la première mise à jour majeure sera publiée aujourd’hui. Cette mise à jour ne fait pas que corriger des bugs : elle est issue du travail des développeurs, après avoir écouté la communauté de joueurs sur leurs attentes, et apporte des améliorations réelles.

Pour les initiés, sachez que la mise à jour 1.04 de Diablo 3 ajoutera la progression en tant que Parangon. Les 100 niveaux de parangon pourront être obtenus avec des personnages de niveau 60, soit le niveau maximal. Les niveaux de parangon augmentent le pourcentage d’obtention d’objets magiques et d’or à chaque niveau gagné et continuent d’améliorer les caractéristiques du personnage. En outre, certaines compétences de chacune des classes de personnage ont été remaniées afin de les rendre plus attractives et donc donner plus de diversité dans les styles de jeu.

Et bien nous verrons ça dès ce soir, une fois rentré du travail !

Votre TV Samsung est en panne ? C’est normal, c’était prévu !

Qui a-t-il de commun entre une télé LCD Samsung, un iPhone et une machine à laver ? Pas grand-chose à première vue ! Et pourtant, ces objets du quotidien incarnent une tendance lourde de la consommation moderne. Leur cycle de vie est sans commune mesure comparable avec leurs ancêtres un peu moins high-tech. Ils durent plus longtemps ? Surement pas ! Bien au contraire.

La mort programmée de nos appareils

Au jeu des prévisions, et en se trompant de quelques mois seulement, nous pouvons dire que votre bel écran Samsung acheté en 2008 va certainement tomber en panne cette année. Un peu plus de trois ans de durée de vie, alors que la vieille télé de vos parents fonctionne encore après 15 ans de bons et loyaux services. Votre iPhone 4, ou 5S, va voir les capacités de sa batterie diminuer grandement au bout de 18 mois. Comme Apple a choisi de ne pas permettre son changement en la collant au châssis, vous aurez du mal à ne pas passer par la case Apple Store, où l’on vous proposera non pas de remplacer la batterie, mais le téléphone lui-même ! Si vous vous entêtez à vouloir faire changer la batterie, les techniciens de la pomme changeront aussi quelques vis internes standard par des empreintes Torx, pour que vous ne puissiez pas faire la manipulation vous-même sans l’outil adéquat! On appelle cela l’obsolescence programmée des appareils électroniques et électroménagers.

Edit : un internaute nous fait remarquer que l’ouverture de l’iPhone 4 est possible. C’est aussi le cas pour les autres générations (voir commentaires ci-dessous). Le journaliste de France2 est allé un peu vite en besogne.

La mauvaise foi des fabricants

On pourrait arguer le fait que l’usage est plus intensif et que le matériel souffre… Ce n’est absolument pas le cas ! Ainsi, les téléviseurs LCD et plasma Samsung sont ceux qui enregistrent le plus de pannes. Il se trouve qu’un petit composant de l’alimentation, le condensateur, tombe rapidement en panne car il chauffe trop. Pourquoi ? Parce que Samsung le place près d’un radiateur par souci de gain de place. Il est vrai que les écrans sont tous les ans plus plats. Mais les caractéristiques techniques de la pièce ne lui permettent pas de durer plus de 24 mois dans ces conditions de température.

Les condensateurs coupables en bas à droite

Cash Investigation, magazine d’Elise Lucet diffusé sur France 2 le 1er juin dernier, démontre que la réparation, facturée plus de 300€ par Samsung, coûte 21€ chez un réparateur parisien, dont quelques centimes d’euros pour la dite pièce. Plus grave, il est possible de choisir un condensateur plus résistant à la chaleur – et à peine plus cher – qui multiplie par 3 ou 4 la durée de vie de l’appareil.  D’autant plus que les derniers modèles sortis intègrent un condensateur fondu dans la masse du circuit imprimé. Il ne peut donc plus être remplacé ! De là à dire que Samsung programme la mort de votre télévision pour vous inciter à la remplacer plus souvent, il n’y a qu’un pas. A noter qu’aux Etats-Unis, une class action regroupant plusieurs millions d’utilisateurs (oui, vous avez bien lu) est en cours contre Samsung.

Les coupables : les condensateurs Samsung

Dans cette même émission, Elise Lucet interviewe Bernard Planque, délégué général du Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménager (GIFAM), à propos d’une étude réalisée en 2011 par TNS-Sofres : Les Français et la durabilité des gros appareils ménagers. Cette étude « révèle » que la « durée de vie des appareils [est] conforme aux attentes des consommateurs. » Cette étude est mise en miroir d’une précédente étude réalisée en 1977. Et, oh ! Miracle ! La durée de vie des appareils se maintient ! Sauf que cette étude n’existe plus, ni même ses éléments méthodologiques. Monsieur Planque, piqué au vif, écourte l’interview.

Alors comment faire ?

Les produits électroménagers qui partent au rebus sont « recyclés » en Inde, en Chine et ailleurs. Les circuits imprimés sont brulés à l’air libre pour faire fondre les métaux précieux ou non : plomb, mercure, silicium, lithium, dont les vapeurs toxiques programment aussi la mort de ces populations. L’espérance de vie de ces travailleurs du recyclage est de 35 ans…

Sans être nécessairement un alterconsommateur, il est possible de faire durer sa télé plus longtemps. Des dizaines de tutoriels et de bonnes adresses fleurissent sur le web. Tapez la référence de votre téléviseur et le mot « panne » ou « condensateur » et vous trouverez votre bonheur. Par exemple, Stéphane Rouilly explique la marche à suivre sur son blog.

Vous avez un iPhone 4 dont le bouton central flanche et ne voulez pas acheter le 4S qui n’est qu’une mise à jour de votre modèle ? L’écran de votre iPad 1 (oh le ringard) est cassé ? Ifixit, un site animé par des geeks et des anciens techniciens ou vendeurs d’Apple, aura la solution, vidéos à l’appui.

Vers une ingénierie de l’entraînement sportif

Dell lotus formula one telemetry
Crédit photo : Dell official page/Flickr (CC BY 2.0)

« Mesurer », « calculer », « analyser », « ajuster », un vocabulaire d’ingénieur course devant un écran télémétrique chez McLaren ? Pas seulement. Depuis quelques années déjà, le sportif et son entraîneur décortiquent les séances d’entraînement et les phases de compétition afin d’optimiser les performances. Certes, la médecine du sport s’intéresse depuis plus de 60 ans au rendement physiologique du corps humain : fameux test de Rufier-Dickson, bilans cardiaques, analyses de la motricité et de la gestuelle. Et peu de sportifs dignes de ce nom, même du dimanche, font l’impasse un jour ou l’autre, sur le cardio-fréquencemètre. Pourtant la marge de progression « scientifique » semble encore importante.

Sports d’endurance et cyclisme, une histoire de pourcentages

Les sports individuels ont rapidement pris en compte les avantages que pouvait apporter la technologie. Et pour cause, aucun coéquipier ou remplaçant sur un banc de touche n’est là pour suppléer à une baisse de forme. Passé l’épreuve du test d’effort, les « zones » d’entraînement sont connues et il devient assez aisé de travailler un point faible de sa condition physique. Par exemple, l’endurance, ou la capacité cardiaque, s’améliore en travaillant entre des seuils compris entre 70% et 90% de sa PMA, ou Puissance Maximale Anaérobie, le seuil où le corps consomme 100% de l’oxygène dans le sang (le carburant). La puissance se travaille par des séances « d’interval training » au-delà des 90% et améliore la VO2max (la capacité maximale de l’organisme à consommer l’oxygène dans le sang). Un plan d’entraînement bien mené en fonction des objectifs que l’on s’est assignés mêle donc les deux. Mais ne jouez pas à l’apprenti sorcier sans conseil médical : sur ou sous-entraînement assuré !

Pour l’anecdote, l’ancien entraîneur de Festina, Antoine Vayer, a évalué la VO2max d’Alberto Contador à 99,9ml/min/kg, lors de l’ascension du Verbier pendant le Tour de France 2009. Cela laisse songeur quand on sait que la moyenne est à 45 pour un homme normal…

Et la technologie dans tout ça ?

Depuis que Polar a lancé en 1982 le premier cardio-fréquencemètre sans fil, l’erreur n’est plus permise pour le sportif. En effet, on estime qu’un athlète sur deux sous-estime de 17 battements son pouls exact lorsqu’il l’évalue manuellement ! Depuis la fin des années 90, Il est possible l’importer sur ordinateur ses données enregistrées en course ou à l’entraînement – et l’on revient à la Formule 1 – pour ensuite les analyser et ajuster l’entraînement, voire préparer son entraînement d’une année sur l’autre. Bon, c’est plutôt l’entraîneur qui se coltine le travail, mais certains amateurs le font aussi.

Encore plus fort, les cyclistes utilisent depuis plus d’une dizaine d’année des capteurs (dans le moyeu arrière ou dans le pédalier) exprimant en watt la puissance développée par le sportif. SRM, le pionnier en la matière, est d’ailleurs le principal fournisseur des équipes pro. Le cycliste ne s’entraîne donc plus seulement en fonction de ses données cardiaques, mais en fonction de ses seuils de puissance, ce qui semble plus efficace. Ajoutez à cela les données GPS et le suiveur d’une course de vélo peut très bien évaluer le travail d’un cycliste pendant une montée de col.

SRM Powermeter FSA
Crédit photo : Grayskullduggery /Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

Et la tendance se propage au sport amateur. Il est ainsi possible de télécharger des applications pour smartphones qui « traquent » vos déplacement et les corrèlent à votre rythme cardiaque, via une ceinture thoracique Polar. Pratique pour le sportif sur dimanche qui évalue sa forme sur son parcours test. Sportraker et Garmin proposent ce type de programme sur Androïd et iOS. Pour les plus consciencieux, des coachs indépendants proposent maintenant leurs services pour vous aider à lire les innombrables données – incompréhensibles par le commun des mortels – collectées par votre GPS, votre pulseur cardiaque et votre capteur de puissance. Par exemple, Scientific Coaching en Angleterre.

Les sports d’équipe : parents pauvres de l’analyse scientifique ?

Pas si sûr. David Casamichana, professeur et chercheur à l’Université du Pays Basque, vient de publier une thèse sur l’utilisation des données GPS dans l’amélioration des performances des sportifs. Selon lui, elles permettraient aux entraîneurs d’optimiser la composition d’une équipe de football, par exemple, en identifiant et analysant « les déplacements des joueurs de manière plus précise, plus fiable et donc plus efficace ». Les joueurs d’une équipe de football espagnole semi-professionnelle ont ainsi été équipés d’un dispositif GPS lors des entraînements et des matchs. Ceci a permis d’établir pour chaque joueur : la vitesse d’accélération, leur vitesse moyenne et maximum de course et la distance couverte sur un match. Conclusions : défenseurs centraux et avant-centres parcourent moins de distance qu’un milieu de terrain qui nécessite donc de bonnes capacités d’endurance. Je ne suis pas amateur de foot, mais il me semble que ces informations ne sont pas nouvelles… En revanche, le dispositif permet d’évaluer la condition physique du joueur, donc son éventuel remplacement. Autre atout, les tire-au-flanc sont tout de suite repérés !

Espérons cependant, que le talent d’un sportif ne se mesure pas seulement à l’aune de sa télémétrie embarquée ! Il me semble qu’un footballeur peut compenser, jusqu’à un certain point, un niveau physique moyen par un jeu de génie. En revanche, dans un sport d’endurance, le paramètre le plus anodin doit être analysé et optimisé pour espérer progresser à un certain niveau. Une qualification en F1 se joue au dixième, voire au millième de seconde, et c’est déjà le cas pour le 100 mètre. Alors que l’on commence à atteindre des paliers dans les records mondiaux en athlétisme par exemple, le gain de quelques millièmes se jouera sans doute lors des phases d’analyse technologiques. Avouons-le, c’est un peu triste, non ?

 

Un petit lifting pour Skyrim

Voilà plus de 6 mois que le jeu vidéo Skyrim est sorti. Pourtant, depuis deux jours seulement, le Patch Non Officiel Skyrim est disponible sur le site Wiwiland… Pour ceux qui n’ont pas suivi l’actualité du jeu vidéo en fin d’année 2011, je vous propose une petite séance de rattrapage…

Peu de temps avant les fêtes de fin d’année (le 11/11/2011…), Bethesda sortait, après une attente interminable, son jeu de rôle phare : The Elder Scrolls V, sous-titré Skyrim. On y incarne un prisonnier accusé de rébellion contre le gouvernement en place. C’est tête sur le billot qu’un dragon (?! et oui !) débarque et sème la pagaille, pagaille dont on tire parti pour prendre la poudre d’escampette ! Comme les autres jeux de la série, on choisit uniquement sa race (le continent de Tamriel est peuplé de créatures assez exotiques…) puis, c’est à force de pratiquer nos compétences qu’on les améliore. Selon notre style de jeu, on peut donc incarner un astucieux magicien, un furtif assassin ou encore un barbare bodybuildé dans un univers immersif.

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Le jeu est terriblement vaste, avec une profusion de missions. Les évènements qui sont racontés dans cet opus ne sont qu’une infime partie des possibilités. Le plaisir vient aussi simplement de l’exploration de la campagne ou des ruines antiques ou de la résolution d’énigmes pour le compte des différentes factions qui influencent la politique de la région de Bordeciel (Skyrim en VO, d’où le nom du jeu) dans laquelle on évolue.

Et aux vues de la complexité du jeu et du nombre d’interactions, il reste malheureusement toujours quelques bugs. Le jeu nécessitait également quelques rééquilibrages des compétences, afin de conserver une linéarité dans la progression de la difficulté. Bethesda a donc publié quelques patchs (et continue d’ailleurs de proposer des améliorations). Ce qui n’a pas empêché la communauté très active Wiwiland, qui se rassemble autour de la série des Elder Scrolls, de publier son patch non-officiel, le PNOS.

Skyrim, un jeu avec des dragons et de la neige.

Bethesda a pris l’habitude avec Morrowind et Oblivion, les épisodes précédents, de fournir un éditeur qui permet de modifier (et même de créer !) le contenu du jeu. Absolument TOUT le contenu du jeu. Les textures, les armes, les sorts, les races, les quêtes… Tout tout tout on vous dit ! L’outil idéal pour corriger les bugs, apporter des améliorations graphiques, améliorer l’interface, et même étendre les limites de Bordeciel en rajoutant de nouvelles terres à explorer… Wiwiland a développé et compilé une liste longue comme le bras de corrections de bugs omis par l’éditeur, malgré les patchs officiels, et le fruit de cet énorme travail, qui complète le travail des développeurs de Bethesda, a été rendu disponible le 22 mai.

Cette nouvelle ne concerne malheureusement que les joueurs PC, mais pour ceux-là, quelle aubaine ! Ça donne franchement envie de recommencer une partie toute fraîche (oui, j’ai osé faire le jeu de mots) et de faire la chasse aux dragons !

Bon jeu !

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Agricola, jeu de société et gestion de ferme

20 h, dehors il pleut, il fait froid, et il n’y a rien à la télé. Que faire ? Pourquoi pas un jeu de société ?

Agricola, la gestion de ferme du 17ème siècle : des bœuf et des sangliers dans des pâturages.

Une partie de Monopoly ? Tout le monde connaît ce jeu, c’est à peine s’il est nécessaire d’expliquer les règles… Il faut dire qu’un enfant de 8-9 ans sait lire, compter, et lancer des dés. Malgré son succès et sa popularité, qu’on ne s’y trompe pas : le Monopoly est un jeu pauvre.

Certains jeux mettent en avant la réflexion afin de remporter la victoire. Agricola, un jeu créé par Uwe Rosenberg en 2007 et édité en France par Ystari nous permet de jouer une famille de paysans au 17ème siècle qui essaye de survivre. Dis comme ça, ce n’est pas très engageant… Pourtant, une partie-test plus tard, la mécanique est assimilée et on se sent d’attaque pour une vraie partie. On comprend que le jeu ait gagné plusieurs prix, dont le Spiel des Jahres, le jeu de l’année dans la catégorie meilleur jeu complexe, qui est sans doute le prix le plus prestigieux qui récompense la qualité des jeux de société.

Comment on joue ?

Le jeu se déroule en 14 tours. A chaque tour, les joueurs vont envoyer travailler leurs paysans sur une case d’action. Un à un, les joueurs déposent leur paysan sur la case d’action et réalisent l’action. Cette action sera alors indisponible pour les joueurs suivants jusqu’à la fin du tour. Il faut donc s’adapter aux coups (bas ?) des adversaires pour réaliser malgré tout ses objectifs. Le panel d’actions disponibles s’étoffe au fur et à mesure de la partie et elles permettent de récupérer des matériaux de construction, de labourer des champs et y semer des céréales, d’agrandir et rénover sa maison, de construire des clôtures pour héberger du bétail ou encore de jouer des cartes savoir-faire ou d’aménagements qui facilitent la vie des paysans (vous n’allez pas manger un mouton si vous n’avez pas de foyer pour le cuire, tout de même ?!). Et si vous trouvez que c’est beaucoup de choses pour seulement deux paysans, faites leur faire un enfant : il viendra vous aider dès le tour suivant en vous octroyant une action supplémentaire.

J’ai employé le verbe « survivre » plus haut. Ce n’est pas pou rien : le jeu est ponctué de phases de récoltes, de plus en plus rapprochées, pendant lesquels il va falloir nourrir nos paysans. Il faut donc prévoir à ramener de la nourriture et cette contrainte nous empêche de réaliser nos actions déjà trop limitées ! On aimerait bien conserver deux sangliers dans notre ferme pour obtenir un marcassin, malheureusement, si on ne veut pas mendier sa nourriture (et perdre beaucoup de points en fin de partie), il va falloir en manger un. Et revoir à la baisse nos ambitions d’éleveur… Notre seule consolation est de voir nos adversaires confrontés aux mêmes dilemmes que nous et s’en sortir avec guère plus de panache.

En fin de partie, le décompte des points pénalise les joueurs n’ayant pas oeuvrés dans tous les axes de développement de la ferme. Mieux vaut sauver les meubles en récupérant un bœuf en fin de partie, afin de ne pas avoir de pénalité…

Une fois le jeu fini, 1h30 plus tard, on aura opposé notre stratégie à nos adversaires, en leur mettant des bâtons dans les roues. Juste ce qu’il faut passer une (sympathique) soirée !

Les Pokémon, un vrai bon jeu vidéo

C’est en 1996 que le premier jeu vidéo Pokémon est sorti au Japon sur la aujourd’hui défunte GameBoy. Le succès fut tel que la franchise s’exporta et aujourd’hui, rares sont ceux n’ayant jamais entendu parler des Pokémon. On imagine bien trop souvent que les Pokémon, « c’est pour les petits », alors que c’est un excellent jeu de rôle, bien plus compliqué qu’il n’y parait.

Les fans reconnaîtront le bulbe de Bulbizarre, la queue de Salamèche, la carapace de Carapuce et la queue de Pikachu…

Dans l’univers du jeu, les Pokémon sont des créatures fortement inspirées des animaux mais qui possèdent des capacités imaginaires. Certains peuvent cracher du feu, d’autres se téléporter etc. et se servent de ces capacités pour se défendre. Le jeu donne l’occasion au joueur d’incarner un dresseur qui va capturer des Pokémon sauvages, les entraîner afin qu’ils soient plus forts, et enfin défier la Ligue Pokémon afin d’être déclaré meilleur dresseur Pokémon. Le jeu s’articule autour de deux aspects essentiels : l’exploration et les combats.

Guidé par le scénario, le joueur doit aller de ville en ville afin de combattre le champion de l’arène locale, afin de prouver sa valeur et espérer ainsi accéder plus tard à la Ligue. La ville est un havre de paix : on peut y soigner ses Pokémon blessés, acheter des objets, et parler aux habitants. Les villes sont reliées par des routes qui regorgent de Pokémon sauvages qui n’hésiteront pas à attaquer le joueur s’il n’est pas assez prudent. Malgré les dangers, ces espaces sauvages sont indispensables car c’est ici que l’on pourra rencontrer et capturer des nouvelles créatures et donc améliorer notre polyvalence face aux dresseurs adverses.

En combat, le dresseur s’oppose à son adversaire par l’intermédiaire de ses Pokémon. Si les combats contre les Pokémon sauvages ou dresseurs du jeu sont relativement simples, pour remporter une confrontation avec un adversaire en chair et en os, il faut faire preuve de stratégie. En effet, chaque action doit être réfléchie soigneusement : le combat se fait au tour par tour et chaque joueur choisit l’attaque que son Pokémon va utiliser. Les actions sont ensuite résolue dans un ordre : le Pokémon le plus rapide agira le premier. Le combat se termine lorsque les six Pokémon d’un des adversaires ont tous été mis K.-O.. Les forces et les faiblesses des créatures sont organisées de la même façon que le jeu du papier-feuille-ciseaux. Les attaques de type Eau sont efficaces contre les Pokémon de type Feu. Le Feu est efficace contre la Plante. Et un Pokémon Plante résistera mieux aux attaques de type Eau. Sauf que plutôt qu’un triangle, les relations de forces et faiblesses comportent 17 types différents, chacun fort et faible face à plusieurs types, et pas toujours de façon symétrique ! Afin de complexifier l’affrontement, de nombreuses attaques, objets tenus par les créatures ou capacités spéciales sont en mesure de modifier subtilement les règles.

Dracaufeu fait la couverture de la boîte du jeu GameBoy Pokémon Rouge.

“Attrapez-les tous”. Et oui, car le second objectif du jeu est de capturer toutes ces bestioles. La encore, ce n’est pas si simple. Il n’est pas possible de se promener dans les hautes herbes, les grottes, ou bien traverser les mers, pour rencontrer toutes les espèces de Pokémon. Une grande partie des Pokémon évoluent et ce n’est que par ce biais que l’on peut cataloguer la dernière évolution dans notre Pokédex (notre encyclopédie interactive de poche). L’autre solution pour compléter son Pokédex est de profiter du travail de nos amis : certains Pokémon sont introuvables sur notre version du jeu et doivent être échangés ; heureusement, avec Internet, ceci est beaucoup plus facile de troquer nos Pokémon avec des inconnus vivant à l’autre bout du globe. Et il est également possible d’importer les Pokémon que l’on a élevés dans les versions précédentes du jeu.

Plusieurs aspects des jeux peuvent donc plaire : certains vont apprécier l’aventure, la découverte, d’autres vont davantage aimer le fait de compléter sa collection (et plus on se donne du mal à la constituer, plus elle est précieuse à nos yeux !), d’autres encore vont chercher à constituer une équipe équilibrée, ce qui peut prendre un temps assez conséquent si on s’intéresse aux formules mathématiques pour optimiser les statistiques de nos combattants…

C’est ainsi que l’on peut cumuler plusieurs dizaines d’heures sur le jeu vidéo et que, bien malgré nous, on s’aperçoit connaître la plupart des noms des Pokémon de notre cartouche de jeu, leur type, leurs attaques. Pas de quoi briller en société peut-on penser, mais après tout, pourquoi pas ? C’est bien la preuve que c’est un excellent jeu vidéo, non ?