Esprit Citoyen

Favoriser l’esprit citoyen

Les défis contemporains sont nombreux : réchauffement climatique, transition énergétique, gestion des crises économiques et sociales, menaces sur la biodiversité, accès à l’eau, développement de la biotechnologie et des sciences du vivant, etc. Dans un monde interconnecté, relever ces défis nécessite une compréhension globale de ces enjeux et la construction d’un esprit citoyen. C’est dans cette optique que l’École de la philanthropie a été constituée en 2011 sous l’impulsion des Fondations Edmond de Rothschild : « développer l’esprit citoyen des jeunes au travers de la réalisation d’une action philanthropique ».

L’élément central : solliciter des vocations

L’École de la Philanthropie propose une « découverte des moyens de réflexion et d’action en faveur de l’engagement citoyen en plaçant le jeune au cœur du processus décisionnel et opérationnel ». Ainsi, en suivant le principe de l’empowerment, les participants à l’École de la Philanthropie développent leurs propres projets et s’emparent des thématiques qui les intéressent le plus.

Pour sa troisième édition, l’École de la Philanthropie a réuni vingt-trois classes de CE2, CM1 et CM2 d’Ile-de-France pour « changer le monde et devenir des citoyens responsables de demain ». Le programme ne se cantonne pas uniquement aux élèves ; il se charge également de proposer aux enseignants, aux animateurs ainsi qu’aux familles des outils permettant d’appréhender ces enjeux et leur permettre de mieux solliciter l’esprit citoyen. Deux journées sont consacrées à la présentation des projets menés tout au long de l’année : le 13 et le 20 juin pour la cérémonie de clôture en présence d’Ariane de Rothschild, qui préside l’école.

Parmi les actions menées grâce aux éditions précédentes, une classe de CM1 de l’école de Picpus a choisi de s’intéresser à la Fondation des Apprentis d’Auteuil qui accompagne près de 16.500 jeunes et familles en difficulté. La classe a finalement opté pour l’organisation d’une collecte d’ustensiles artistiques pour le pôle arts plastiques de la Fondation. Une autre classe de CM2 de l’école Blanche s’est investie sur le terrain de la protection de l’environnement en collaborant avec la Fondation GoodPlanet. La classe s’est mobilisée pour financer l’achat de blouses pour les élèves d’une école bioclimatique dans l’Atlas Marocain en vendant des fables numériques.

Ecole de la PhilanthropieVers une autre philanthropie

L’École de la Philanthropie traduit une vision modernisée de la philanthropie. Habituellement et historiquement considérée comme un genre de charité provenant d’un bienfaiteur, cette initiative rompt avec cette représentation pour soutenir une vision proactive de la philanthropie. Les aides, matérielles ou financières, ne sont présentes que pour soutenir un projet mené par des entrepreneurs investis sur un enjeu.

Le média suisse WRS a réalisé un entretien avec la Présidente de l’École de la Philanthropie, Ariane de Rothschild, au cours duquel elle y expliquait que « notre famille a dépassé la vision classique consistant à accorder des bourses ou des dons » pour adopter « une vision plus moderne de la philanthropie, presque aventureuse. Nous sommes proches des projets que nous finançons et nous appliquons des techniques managériales : nous effectuons des retours sur expérience, nous étudions les impacts sociaux, vérifions et mesurons l’effet de chaque action, etc. ».

Dans un autre entretien publié sur le site terrafemina.com, la Vice-présidente du Groupe Edmond de Rothschild insiste sur l’utilité du « retour sur engagement » de la philanthropie pour dépasser la simple « philanthropie de donner des fonds sans exigence » et « s’impliquer dans les projets avec des équipes dédiées ». Elle met en avant l’idée selon laquelle « la crise a montré les limites et les abus du système capitaliste orienté sur le court terme » et l’importance de promouvoir « l’entrepreneuriat social [qui] constitue réellement une piste intéressante pour tester des modèles viables capables de produire de l’argent avec des normes sociales claires ».

Dépoussiérée de l’image obsolète et archétypale d’un riche industriel accordant ses bonnes grâces au coup par coup, la philanthropie moderne vise le financement de projets économiquement viables ayant un impact social ou environnemental positif. Cette activité devient dès lors un autre moyen d’engagement sociétal autour de projets concrets et au sein des quels tout le monde peut s’engager.

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