Tous les articles par Rédaction Tendactu

Hacker la démocratie sur internet avec l’astroturfing

L’Astroturfing est une technique consistant en la simulation d’un mouvement spontané ou populaire à des fins d’ordre politique ou économique pour fabriquer l’opinion. Elle consiste à donner l’impression d’un sentiment majoritaire pour justifier une prise de position.

L’astroturfing joue sur un certain nombre de ressorts psychologiques, notamment le pouvoir du conformisme et de la pression sociale démontré par l’expérience de Asch[1] et conceptualisé dans « L’effet Bandwagon »[2]. Cet effet, également appelé « effet de mode » regroupe le comportement « moutons de panurge » ainsi que le fait que les esprits indécis finissent par prendre tardivement leur décision en imitant ce que pense ou fait la majorité.

En pratique, l’astroturfing s’effectue en influant le cours de l’information sur l’internet participatif : manipulation de sondages, flood, troll dans les commentaires et sur les réseaux sociaux. Certains vont même jusqu’à mettre en place en place des robots. C’est le cas des jeunes de l’UMP avec l’outil Twitpop[3] mis en place en 2011 qui permet aux fanboys du parti de lui donner les pleins pouvoirs sur leur compte Twitter. Grace à cet outils, tous les comptes zombies retweetteront de façon automatisée les tweets écrits par les « Jeunes pop ». Toujours à l’avant-garde du progrès, l’équipe de campagne de François Hollande à très rapidement fait de copier l’Union des Moutons de Panurge pour mettre en place son propre système de spam avec le compte toushollande.fr .

Heureusement l’élite de la république ne semble pas encore avoir eu l’inspiration des Sud-coréens qui auraient mis en place en 2012 une campagne de diffamation industrielle automatisée ayant engendré près de vingt-quatre millions de tweets pour écarter un candidat. Enfin, ne parlons pas trop vite c’est peut-être déjà prévu pour 2017.

En marketing, la technique est également utilisée, quoi de plus facile pour écraser la visibilité du concurrent ? Ainsi quelques affaires de grande ampleur ont éclaté dans la téléphonie avec l’attaque de Samsung sur HTC. En France, des affaires de « faux contributeurs » ont été mises à jour sur Médiapart, le Figaro, les Echos, le Huffington Post et Economie Matin. Des agences de communication ou des startups ambitieuses ayant créé des personnages ou des journalistes de toutes pièces avec compte Facebook, profil Linkedin et CV fictif ont été épinglés par les internautes.[4]

Certains considèrent l’astroturfing comme légitime dans la manière ou, à l’image de la fable de La Fontaine, c’est dans la nature de toutes grenouilles d’essayer de se faire aussi grosse que le Bœuf. Mais la morale de cette fable-là, c’est que sur Internet comme partout ailleurs, la démocratie n’existe pas.

pour plus d’informations:

http://tendactu.fr/les-coulisses-du-web/2551/
http://bdc.aege.fr/public/Astroturfing_Enjeux_pratiques_et_detection.pdf

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Asch
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_de_mode
[3] http://leplus.nouvelobs.com/contribution/189829-les-jeunes-de-l-ump-et-twitter-ou-les-moutons-2-0.html
[4] http://vigie-astroturf.blogspot.fr/

Politique : une menace citoyenne nécessaire

La menace des citoyens envers les Hommes politiques est une nécessité. Face à l’impunité des politiques, ou de tous autres décideurs, il est absolument nécessaire pour l’ensemble des citoyens de conserver un levier de pression efficace à l’encontre d’activités ou comportements qui n’ont pas lieu d’exister. Les faits suivants qualifiés, à juste titres d’« affaires » par les médias, comme les manquements de Thomas Thévenoud, le langage très maladroit d’Emmanuel Macron, ainsi que le retour en politique de Nicolas Sarkozy démontrent que ces privilégiés se croient au-dessus des lois et, plus grave encore, ils ne craignent pas les réactions des citoyens qui les placent dans les instances de décisions. La réalité est celle-ci, les élites politiques – sans oublier les élites financières, économiques, et même médiatiques – n’ont pas peur de nous. Ne serait-il pas temps de créer la perception d’une réelle menace des citoyens par ces personnages politiques qui sont au service du bien commun? Il est absolument nécessaire de faire ressentir aux politiques la menace que nous devons exercer sur eux.

Nous pourrions proposer un concept de realthreat citoyenne. Ce concept serait caractérisé par la peur des réactions, violentes ou non, des citoyens face à des propos, des pratiques, des mensonges, des délits, commis par des décideurs politiques, qui ne seraient pas acceptables par leurs caractères illégaux, diffamatoires, injurieux, blessants et/ou mensongers. Si ces personnes avaient réellement peur de nos réactions, jamais elles n’oseraient agir de manières abusives, mensongères ou blessantes. Les possibles menaces des citoyens, leurs réactions et les conséquences possibles sur les personnes politiques leur réputation et/ou leurs activités seraient un élément qui constituerait une barrière à toutes postures inconcevables adoptées par les élites.

Prise de conscience

Les peuples doivent comprendre qu’ils sont leur propre maître. La prise de conscience de leur pouvoir doit s’opérer de manière plus large et assumée. Une citation tirée du film de James McTeigue, V for Vendetta (2005), raisonne particulièrement aujourd’hui : « Les peuples ne devraient pas avoir peur de leur gouvernement. Les gouvernements devraient avoir peur de leurs peuples ». Ce qui nous scandalise doit nous faire réagir contre des élites dont le sentiment d’impunité s’affiche outrageusement. La vision critique du peuple se doit de rentrer efficacement dans le débat démocratique de nos représentants. Mais la prise de conscience doit être double. Les femmes et les hommes doivent s’emparer de ce pouvoir politique qu’est la menace de l’opinion pour faire réagir les politiques. Cela dans une perspective positive pour contrôler leurs actions et faire comprendre à ces figures publiques que leur priorité n’est pas de se faire réélire mais de servir la nation, le bien commun. La deuxième prise de conscience concerne les mandataires du vote citoyen. Les politiques doivent sentir la menace que nous pouvons incarner face à des choix ou des propos impensables. Donnons quelques exemples concrets et récents : oser ne pas payer ses impôts et s’en justifier honteusement (Thomas Thévenoud député et ancien secrétaire d’Etat), qualifier d’« illettrés » des travailleurs (Emmanuel Macron ministre de l’Economie de l’Industrie et du Numérique), faire son retour en politique pour simplement reconquérir un pouvoir perdu (Nicolas Sarkozy ancien président de la République). Il est grave et insupportable de voir et d’entendre que des décideurs publics ne considèrent absolument pas les personnes qui leur apportent une légitimité politique. Encore pire, ils ne respectent pas les règles dont nous, soi-disant simples citoyens, nous devons nous acquitter. Il est donc essentiel de rétablir un rapport de force en faveur des peuples face à leurs gouvernements.

Menacer pour être visible et crédible

Menacer c’est se donner un pouvoir, une visibilité et montrer ses possibilités d’agir. Il est assez consternant de voir comment nous traite des hommes politiques. Affaires après affaires, des Hommes compromis osent se justifier et ou assumer des fautes graves devant des citoyens qui les ont élus. Il est donc temps de s’approprier la définition du président américain Abraham Lincoln de la démocratie : « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Ces mots simples doivent refléter la force et la menace potentielle que sont les électeurs et l’ensemble des citoyens. La constitution de collectifs proposant des pétitions citoyennes va dans ce sens. C’est une façon de proposer des alternatives, des changements ou de lutter. Mais l’élément le plus important dans ces pétitions c’est la mobilisation des personnes. Elles peuvent se sentir engagées, participantes et unies dans un projet commun. C’est la force d’une plateforme comme Avaaz. Cette organisation de cybermilitantisme compte 30 millions de membres dans 194 pays. Elle compte déjà quelques victoires, comme la mobilisation contre le magnat de la presse Rupert Murdoch en 2011. En étant perçu comme menaçant nous gagnerons en crédibilité.

Définir des perspectives constructives

Le recours à la menace semble parfois nécessaire. Mais quel est l’enjeu derrière cette pratique que certains vont critiquer ou ignorer? C’est tout simplement le fait de ne plus croire en la politique. Le risque c’est de voir se détruire toutes traces de débats, de cohésion et de mixité sociale, de rester dans l’entre soi face à l’abandon d’une conscience collective qui aurait déserté le champ politique. En laissant la classe politique tranquille, sans aucune crainte du peuple, nous avons contribué à créer leur microcosme politique. Ne commettons pas l’erreur de continuer à alimenter ce réflexe facile et destructeur dans nos sociétés. Elles qui sont riches de toutes différences et débats d’idées. Le recours à la menace doit donc s’opérer dans une optique de construction, d’amélioration des situations et non de destruction. La menace citoyenne doit être un outil et un levier. Il ne s’agit pas d’élaborer un mécanisme de représailles violentes et destructrices, mais de prévenir les idées, les comportements d’Hommes politiques qui sont inconcevables. Cette peur que nous pouvons installer dans leurs rangs pourra ne plus être nécessaire si la situation venait à évoluer dans le bon sens. Néanmoins, il n’est pas certain que cette situation arrive incessamment sous peu…

Joseph Mathivet

Qu’est-ce que Boko Haram ?

Jeudi 5 juin 2014, des hommes soupçonnés d’appartenir à Boko Haram ont kidnappé vingt femmes dans un campement nomade. L’enlèvement a eu lieu près de la ville de Chibok, là même où deux cent soixante-seize jeunes filles avaient été capturées par le groupe islamiste le 15 avril 2014. Le groupe a aussi pris avec lui trois jeunes hommes qui tentaient d’empêcher le kidnapping.

La mouvance a été créée en 2002 par Mohamed Youssouf. Le groupe est considéré comme une secte salafiste qui revendique la création d’un Etat islamique dans le nord du Nigeria. Il prône le retour à la « pureté » de l’islam par l’application stricte de la charia, la loi islamique.
Boko Haram défend une version radicale de l’islam, qui interdit aux musulmans de prendre part à toute activité politique ou sociale associée aux sociétés occidentales, comme voter lors des élections, porter des chemises et des pantalons ou recevoir une éducation séculière. Il s’oppose à l’instruction des femmes.
L’article publié par le journal le Monde le 13 mai 2014 présente de façon exhaustive l’origine de Boko Haram. Le nom officiel du groupe est Jama’atu Ahlul Sunna Lidda’awati Wal Djihad, qui signifie en arabe « la communauté des disciples de la tradition de l’islam pour la prédication et la guerre sainte ». Des populations locales du nord-est du pays l’ont pourtant surnommé Boko Haram, qui en langue haoussa signifie « l’éducation occidentale est un péché » — « boko », de « book », « livre » en anglais, et « haram » , « interdit » en arabe —, soit le rejet d’un enseignement perverti par l’occidentalisation. Voilà pourquoi le groupe est farouchement opposé à l’instruction des femmes, qui dans les pays occidentaux bénéficient de l’accès à l’éducation, au droit de vote et jouissent de la parité dans la conduite des affaires familiales. Bien loin de la vocation quasi monastique que souhaite leur imposer leurs ravisseurs.
Bien qu’il soit extrêmement difficile d’évaluer leur nombre, les experts (spécialistes de géopolitique, observatoire international du terrorisme, entre autres) considèrent qu’ils représentent au mieux quelques centaines d’individus ; peut-être un millier.
Le flou perdure également sur le financement de ce groupe. Plusieurs hypothèses sont à l’étude, dont celles d’un financement lors des luttes politiques de l’Etat du Borno, par les grands commerçants du nord du pays également dans le cadre de luttes politiques ou de pouvoir ou encore par des moyens plus directs, tels le braquage d’une banque, le racket, le trafic d’armes ou de drogue. Enfin, le groupe terroriste bénéficierait de plusieurs soutiens de poids parmi lesquels des hauts responsables nigérians ainsi que du soutiens de plusieurs pétromonarchies, comme la Qatar ou l’Arabie Saoudite, comme l’a révélé le Nouvel Observateur dans un article publié le 15 novembre 2013.

 

Dans les coulisses du Web

Si la démocratisation d’internet promettait l’accès à un espace démocratique pour tous, force est de constater que comme dans tout espaces de liberté, sur la toile c’est le plus gros qui mange le plus petit. Enfin, c’est le constat qui s’impose devant la déclaration de l’école israélienne, IDC Herslia – Raphael Recanati International School, qui revendique la mise en place d’une « war room » pour défendre en ligne les intérêts Israéliens. La première « war room » est apparue pendant la guerre 39-45 sous Churchill. Il s’agissait d’une sorte de cellule de crise regroupant les plus grands stratèges du pays dans un bunker pour faire face à la situation de crise d’une capitale bombardée. A l’heure de l’internet le mot a évolué. Dans le cas présent, la war room de l’école Israélienne désigne une équipe connectée qui met en place des stratégies de défense contre les offensives d’internautes révoltés par la guerre asymétrique menée par l’Etat Hébreux. Le but avoué de cette cellule de crise est de modifier l’opinion publique et de nettoyer la réputation d’Israel en opérant à grands renforts de commentaires, d’articles, d’images, de vidéos, de liens.

La stratégie est simple : réunir des militants avec des compétences dans l’écriture, l’infographie, le montage vidéo, le troll, le multi profile. Organiser un brainstorming pour créer le matériel de propagande et l’argumentaire qui n’aura plus besoin que d’être copié collé dans les commentaires (images, gif, vidéo, mêmes, citations, liens vers des articles sensibles, contre argumentaires fallacieux qui serviront de faire valoir via des faux comptes d’opposants). On identifiera ensuite les cibles de l’opération d’influence : réseaux sociaux, blogs, sites de presse écrite, plateformes communautaires … Les plus raffinés prépareront des solutions de variation d’adresse IP, multiplierons les adresses emails et utiliseront des profils anciens au réseau développé de longue date. La dernière étape consiste à ouvrir la guerre d’information : bombardement de commentaires, occupation de forums, nuages d’intoxication, minage au commentaire lourd pour décourager les lecteurs à la lecture des sites ennemis.

Si les individus sont bien formés, ces réseaux occultes peuvent se révéler indétectables. En effet, une fois chaque individu formé, il repart sans aucun lien avec les autres. Si des instructions sont données au groupe pour orienter la stratégie générale, une cellule efficace les réduira à son maximum pour créer le moins possibles de points de connexion entre les membres. Et donc le moins de failles possibles dans le camouflage du réseau.

Wikimedia_Foundation_SOPA_War_Room_Meeting_AFTER_BLACKOUT_1-17-2012-1-3
By Victorgrigas (Own work) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Ne croyez pas que la war room soit une exception du net, elle en est plutôt la règle. Chez les plus puissants on paye des sommes astronomiques pour lancer une armée des « trolls » dans les forums de discussion en ligne. C’est le cas de l’Union Européenne qui a déboursé 2,5 millions d’euros avant les dernières élections afin de lutter contre l’euroscepticisme montant. On apprend maintenant qu’en Israël, on utilise la main d’œuvre gratuite des étudiants pour tenter de blanchir la réputation sanglante de l’Etat hébreux. Mais le mensonge organisé n’est pas l’apanage des plus puissants, de nombreuses organisations n’hésitent pas à monter des petits groupes pour tirer leur épingle du jeu sur le net.

Sur internet comme en France, la célèbre phrase de Coluche « La dictature, c’est ferme ta gueule, La démocratie c’est cause toujours ! » semble se vérifier.

Source :

www.infoguerre.fr/edito/edito-la-propagande-a-l-heure-du-web/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=rss

Pour plus d’info sur l’opération de l’union Européenne :

www.agoravox.fr/actualites/europe/article/l-ue-va-financer-des-trolls-pour-130702

Le Timor-Oriental : Paradis des fumeurs

Le Timor-Oriental a le des taux de tabagisme le plus élevé au monde, où près des deux tiers de ses hommes fumant quotidiennement (31 % pour les femmes). Mais pourquoi l’un des pays les plus pauvres d’Asie du Sud-Est est-il à ce point accro à la nicotine ?

Le tabac fait partie de la fibre du Timor oriental. Dans les couloirs sombres des étals du marché, on retrouve en vente libre des tomates, pommes de terre, les courges et les haricots et du tabac à priser (tabac en poudre que l’on inhale).

Les scientifiques qui défendent les cigarettes électroniques

La plupart des cigarettes coûtent moins de 1 $ US par paquet. Empilés sous de grands parasols aux couleurs des grandes marques existantes dans le pays, les paquets portent des avertissements, mais cela n’a pas de sens pour de nombreux fumeurs, car environ la moitié de la population est analphabète. Dans la capitale, Dili, le cow-boy emblématique de Marlboro monte toujours à cheval sur les panneaux publicitaires, même si dans la plupart des pays, cette annonce a été interdite ou au moins limitée. Mais pas ici.
Selon les chiffres du Journal de l’American Medical Association, 33% de la population du Timor Oriental fume tous les jours. Pour les hommes, le chiffre s’élève à 61%, le plus élevé au monde. «De plus en plus de jeunes qui fument chaque année, en particulier les enfants et les adolescents», a déclaré le Dr Jorge Luna, le représentant local de l’Organisation mondiale de la Santé. « C’est un problème très grave ».

Cigarette-Une
Dailygeekshow.com

Les jeunes consommateurs

Près de la moitié de la population a moins de 15 ans et une demande croissante est en vogue, notamment chez les jeunes, concernant les cigarettes dites occidentales, souvent vendus séparément et situés en dehors des rues, dans des étals spécifiques. Un cigare est de 10 cents, si vous en achetez deux cela revient à 20 cents, mais si vous en commandez quatre alors le prix est de 25 cents. Les agriculteurs locaux qui cultivent le tabac à priser pour les locaux le coût de production de ce tabac local est encore moins cher que les marques qui sont souvent importés d’Indonésie.
Dans les écoles de ce pays, il n’y a presque pas de l’éducation de la santé en ce qui concerne la cigarette. «J’ai vu des enseignants qui fument dans la salle de classe comme ils écrivent sur la carte», dit Luc Sabot, directeur de l’Adventist Development and Relief Agency au Timor oriental. « Tout au long du système d’éducation, il n’existe pas de réglementation sur l’utilisation du tabac à priser dans les écoles », ajoute-il.

Liberté de Fumer

Au Timor oriental, vous pouvez fumer n’importe où. L’air dans les bars, restaurants, hôtels, cafés ou salle de réception ; et même dans les avions (même si ce sera interdit prochainement). Il n’y a qu’une seule exception: un nouveau centre commercial ouvert en 2013 interdit le tabac et le tabagisme passif.
Même le premier ministre est un gros fumeur. Xanana Gusmao a été l’un des dirigeants de la guérilla qui ont combattu les Indonésiens après l’annexion du Timor oriental en 1975 et avant l’indépendance du pays en 2002. Il a été capturé et condamné à la prison à vie par les colons indonésiens avant d’être laissé en liberté avant l’indépendance.
Il avoue être un toxicomane, car trois fois il a essayé d’arrêter sans succès. Il admet également que ce n’est pas un bon exemple à suivre.
« La loi interdisant ceci ou cela, ne serait pas aussi efficace. L’éducation est nécessaire et prendra du temps, mais je pense que plus les gens sont conscients des maladies qu’il peut causer, mieux ils seront préparés à le laisser seul ».

Les femmes

Mais l’épouse du Premier ministre australien, Kirsty épée Gusmao, est une activiste contre le cancer et est entièrement dévouée à la tâche. Elle a eu un cancer du sein et reste très préoccupée par le nombre croissant de jeunes fumeurs.
«Les entreprises de tabac en Indonésie et partout ailleurs se concentrent sur les jeunes qui sont très conscients de l’image et du facteur cool que produit le fait de fumer», dit-elle. Elle prévient que certains jeunes ont moins de 10 et 11 ans.
Toutefois, les compagnies de tabac nient avec véhémence leurs annonces visant les enfants. Les hôpitaux au Timor-Oriental sont toujours remplis de patients souffrant de maladies liées directement ou indirectement au tabac, mais aussi que les « jeunes ne sont pas encore assez vieux pour fumer ».
Pour l’instant, le grand tueur est la tuberculose. Mais le Dr Dan Murphy, un Canadien qui a passé 20 ans en cours d’exécution dans un hôpital local et une clinique à Dili, est inquiet pour l’avenir. Environ 80% des fumeurs vivent dans des pays en développement et « les jeunes apprennent que ce qu’ils sont censés faire pour être le plus proche des occidentaux est de fumer», dit Murphy.
« Maintenant, nous devons changer cette mentalité et commencer à s’inquiéter de l’avenir. « Je crains que nous allons passer par une phase d’apprentissage de la dure leçon qui a été vu dans de nombreux pays pauvres ». Murphy n’est pas convaincu de la gravité du gouvernement pour résoudre le problème. Il indique que beaucoup de pressions sont exercées par les lobbyistes du tabac.
«Ils peuvent faire paraître comme si fumer est un plaisir, quelque chose qui ajoute quelque chose à votre vie qui lui donne sens. L’un est contre une machine de propagande. Et c’est une dure bataille ».

En définitive, le paradis du fumeur pourrait devenir d’ici vingt ans le paradis du cancer.

Image d’entête : Scott Woodward

La fin progressive de « la femme-objet » dans les jeux vidéo ?

Si la plupart des titres proposent d’incarner un personnage masculin, souvent viril et plein de testostérone, quelques jeux mettent en scène des femmes. Cependant, ces héroïnes ne sont souvent qu’un prétexte pour attirer les hommes en modélisant des avatars sexy, au physique avantageux (dont une poitrine généreuse). Mais tout comme la poupée Barbie qui change de forme avec son temps, nous voyons apparaître des personnages féminins qui tentent de casser cette image de la femme-objet pour montrer une femme plus moderne, forte et indépendante, sans tomber dans le cliché de la femme fatale.

Dans l’inconscient collectif, lorsque nous parlons de femmes dans les jeux vidéo, il y a tout de suite cette image de la jolie fille au corps parfait qui revient. Impossible de citer toutes les productions qui les mettent en scène, mais le meilleur exemple reste encore celui des jeux de combat, avec la célèbre série des Dead or Alive de Team Ninja. Si les hommes peuvent être vieux (Gen Fu) ou plutôt costauds (Bass Armonstrong), les femmes ont, quant à elle, entre 16 et 24 ans, avec des formes à faire pâlir les mannequins des magazines. Idem pour les costumes, où il semble manquer quelques morceaux de tissu sur les tenues des demoiselles, ou encore la possibilité de ne porter qu’un bikini.
Le personnage de Catherine dans le jeu éponyme s’amuse de ce stéréotype. Belle, jeune, blonde et aux courbes généreuses, elle séduit les hommes pour les amener à tromper leur femme. Bien que partageant de nombreux points communs avec Katherine, la petite amie du héros Vincent, Catherine aborde un physique plus avantageux et n’hésite pas à mettre en valeur ses formes pour charmer Vincent, et donc le joueur. Une idée perverse parfaitement mise en valeur par le scénario.

Une évolution notable
Si la femme dans les jeux vidéo apparait très souvent de manière stéréotypée, il s’avère que des progrès notables ont été réalisés.
En effet, le personnage de Lara Croft s’est fait connaître du grand public par ses atouts physiques et le caractère ludique de ce jeu d’arcade. Néanmoins, au fur et à mesure des épisodes, on découvre une jeune femme avec de la personnalité, assez loin des clichés préétablis de la bimbo écervelée. Elle apparaît plutôt comme vive, réactive, farouche et très indépendante.

Voilà un bon début de réconciliation entre l’industrie des jeux vidéo et le public féminin, même si chaque nouveau jeu incluant la belle Lara n’a pas empêché les développeurs d’accroître, pour la quatrième ou cinquième fois, sa taille de poitrine.

 

On a volé la coupe du monde !

 

« Perdre une coupe du monde : entre philatélie et religion »

Dimanche 20 mars 1966, Westminster Central Hall, Londres. Il est midi et l’agent de surveillance George Franklin va reprendre son poste dans une vaste pièce d’exposition où se tient depuis la veille la plus grande manifestation de philatélistes du pays. Des timbres rares, loufoques, chères, collectés partout dans le monde par des passionnés. La fondation Stanley Gibbons’ Stamp Company, a eu la chance d’avoir un met de choix pour son exposition : la vue du trophée Jules Rimet, que la Fifa a remis en début d’année à la Fédération anglaise de football et qui sera exposé pour quelques jours. Cette coupe qui représente Niké, la déesse grecque de la victoire, est remise depuis 1930 au vainqueur de la Coupe du monde de football. Propriété depuis 1958 du Brésil, le trophée s’apprête à être remis en jeu au mois de juillet de cette année 1966. En janvier, la Fédération se voit donc confier le trophée en sa qualité d’organisateur et doit logiquement le conserver précieusement jusqu’au début des festivités. Mais devant l’insistance des organisateurs de cette fameuse expo philatéliste (le lobby des timbres était assez puissant), les dirigeants anglais du foot finissent par céder et prêtent le précieux objet pour les quelques jours de la manifestation.

GI_140508_eo38o_nouveau-trophee-mondial_sn635
Source :http://ici.radio-canada.ca/sujet/fifa-bresil-2014/2014/05/05/010-historique-mondial-1974.shtml 

A la recherche de l’« homme louche »

Pas de risque majeur : le trophée Jules Rimet a été placé dans une vitrine, sous la surveillance de cinq gardes, dont deux doivent être présents 24 heures sur 24 à portée de vue. Un dispositif pareil devant dérouter les voleurs. Le souci, c’est qu’en ce dimanche 20 mars, un office religieux doit se tenir au sein même de ce hall, avant que l’exposition n’ouvre ses portes au public. Alors pour respecter l’office (un « lobby » bien plus puissant que celui des timbres !) il est décidé de relâcher la surveillance des collections de timbres et du trophée Jules Rimet. Question de respect. Mais quand George Franklin va reprendre son service à la mi-journée une fois la messe terminée, c’est le drame : la Coupe du monde a disparu ! La police est prévenue et se rend immédiatement sur les lieux pour les premières constatations. La vitrine semble avoir été aisément forcée et une porte à l’arrière du bâtiment présente des traces de passage récent. Pas de témoin, seulement la description d’un homme « louche », aperçu par plusieurs personnes aux heures d’ouverture de l’exposition. Les descriptions divergent, mais un profil est identifié : homme, la trentaine, taille moyenne, cheveux noirs, lèvres minces, possible cicatrice sur le visage. Evidemment, Scotland Yard est chargé de l’enquête.

Une demande de rançon de 87 000 € !

La Fédération anglaise de football décide de se rendre chez un orfèvre de la ville, nommé George Bird, pour confectionner une réplique du trophée dans la plus grande discrétion (on ne sait jamais…). Logique, dirions-nous, la recherche de l’homme louche ne donnant rien et aucun indice n’a permis de retrouver la trace du maudit voleur. Jusqu’à ce que le lundi 21 mars, le président de la Football Association (la fédé anglaise de foot), Joe Mears, ne reçoive un coup de téléphone. À l’autre bout du fil : « Jackson ». « J’ai ce que vous cherchez », en ajoutant que « pour le retrouver, il faut suivre les instructions qui arriveront dans un colis livré au siège du club de Chelsea », dont Mears est aussi le président. Ne pas prévenir la police, bien entendu. Mears n’entend pas cette dernière instruction et déballe tout au directeur d’enquête, un certain Charles Buggy. Le colis arrive, avec une demande de rançon : 15 000 livres, 87 000 euros en billets de 1 et de 5. Puis « Jackson » rappelle : finalement, il veut la somme en billets de 5 et de 10 !

Course poursuite dans les rues de Londres

Buggy prend le relais de Mears. Le flic se fera passer pour un certain « McPhee », assistant du président de la fédération anglaise de football. « Jackson » finit par accepter la rencontre avec ce dénommé McPhee à Battersea Park le 25 mars. L’échange trophée contre rançon doit avoir lieu. À la place des 15 000 livres, de faux billets sont placés dans une valise avec quelques vrais sur le dessus pour faire croire au magot. Ce dernier récupère la valise, ne constate pas la supercherie, mais annonce à McPhee qu’il n’a pas la coupe avec lui. « Il faut prendre la voiture », dit-il. McPhee accepte, les deux hommes s’engagent dans la circulation londonienne, chacun avec sa voiture. Soudain, Jackson accélère et tente de semer McPhee. Bientôt bloqué par le trafic, il abandonne son véhicule et poursuit sa fuite à pied, mais il finit par être rattrapé par Buggy/McPhee. Direction le commissariat de Kennington où « Jackson » est démasqué. Son nom, c’est Edward Betchley, un ancien militaire britannique de la Seconde Guerre mondiale, vendeur de voitures d’occasion, petit délinquant de quartier. Le trophée Jules Rimet il ne l’a pas et ne l’a jamais volé ! Il était chargé de récupérer la rançon pour un commanditaire surnommé « The Pole ». Son témoignage apparaît peu crédible et toute l’enquête repart de zéro.
Le 27 mars, soit exactement une semaine après le vol, un jeune marin nommé David Corbett sort de son domicile du Sud londonien. Il a un coup de fil à passer à la cabine se trouvant au jardin public en bas de chez lui et en profite pour sortir son chien, Pickles. Ce dernier s’en va fureter dans le parc comme il en a l’habitude et pique de la truffe vers un bosquet. Curieux, son maître jette un œil dans la direction et s’aperçoit que git au sol un objet soigneusement emballé dans du papier journal. Bizarre, bizarre. « J’ai vu que c’était une sorte de statuette », racontera-t-il au Guardian en 2006. Je suis allé voir ma femme, qui n’y connaît rien en sport, et je lui ai dit : « J’ai trouvé la Coupe du monde ! J’ai trouvé la Coupe du monde !» À la Gypsy Hill Police Station de Crystal Palace où il se rend, on le pense d’abord coupable du vol. Mais le jour du rapt, il a un alibi. L’objet retrouvé est bel et bien identifié comme étant le trophée Jules Rimet.

Corbett, seul survivant : un maléfice ?

L’enquête se poursuit pour essayer de démasquer le ou les auteurs du vol, mais on ne saura finalement jamais comment le trophée s’est retrouvé dans ce parc, emballé dans du papier journal. Frustration du côté de Scotland Yard, soulagement du côté des organisateurs de la Coupe du monde et joie du côté de David Corbett, qui reçoit au total une récompense de 6 000 livres. Il est également invité avec son chien Pickles à la cérémonie de victoire de l’Angleterre, le 30 juillet face à l’Allemagne de l’Ouest (4-2). Le chien devient même un héros national l’espace de quelques mois. Une célébrité de courte durée : il meurt accidentellement dès 1967, s’étranglant avec sa propre laisse en voulant poursuivre un chat. Une sorte de malédiction entoure d’ailleurs cette fameuse histoire de vol de trophée. Le président de la Fédération Joe Mears, celui-là même qui avait reçu le coup de fil anonyme, meurt dès le 30 juin 1966 à 61 ans. La cause ? Une attaque cardiaque provoquée par un trop plein de stress lié aux dernières semaines, concluent les médecins. Le mythomane Edward Betchley disparaît lui aussi prématurément à 49 ans d’un emphysème, après avoir fait un peu de prison. Quant au trophée Jules Rimet, il est encore volé, et définitivement cette fois, le 19 décembre 1983 au siège de la Fédération brésilienne de football à Rio, où il était exposé (le trophée à la déesse Niké était propriété permanente du Brésil depuis la Coupe du monde 1970, l’actuel trophée doré avec le ballon signé de l’artiste italien Silvio Gazzaniga le remplaçant à partir de l’édition 1974). Protégé par une vitre pare-balle, il a été dérobé en forçant l’arrière de la cage en bois. Quatre hommes d’une favela de la ville seront arrêtés et condamnés, mais jamais on ne le retrouvera.Le plus probable est que le trophée a probablement été fondu peu après le vol. Il ne reste donc plus aujourd’hui que la réplique fabriquée à la hâte en ce 20 mars 1966 et exposé au National Football Museum de Preston.

La réaction à la censure pouvait être innovante en URSS

« Comment une radiographie permettait aux pirates d’écouter Elvis »

Comment écouter Elvis sous la dictature ?

La musique dans les années 1950-1960 était bien difficile à écouter dans la patrie du communisme. Comme le rappelle le magasine britannique Motherboard, repris par le journal Le Monde, la musique provenant des pays occidentalisés étaient censurée par le régime de Moscou, obligeant les pirates de l’époque à utiliser des radiographies pour écouter les albums de leurs artistes fétiches.

Quand on a Elvis en tête…

A l’instar des radios pirates issues du Royaume-Uni, ancrées dans les eaux internationales, symbolisé par le film « Good Morning England » sorti en 2009 s’inspirant de la célèbre radio Caroline, « ces drôles de pirates russes volaient des radiographies dans les hôpitaux, et gravaient grâce à des phonographes ainsi qu’en trouant les radios avec une cigarette ». Le site de Radio Nova, qui dédie aussi un article sur le sujet, explique que cela permettait aux pirates de contourner la censure du régime et de pouvoir écouter du jazz ou du rock. La musique occidentale était bel et bien censurée, mais pas les phonographes, utilisés ici comme nos graveurs modernes.
« Ainsi, avec Elvis sur le poumon, Duke entre les côtes, la musique pouvait circuler en très mauvaise qualité mais à un prix dix fois inférieur à celui des marchés occidentaux. Aujourd’hui, il reste de cette période ces radios que l’on pourrait considérer comme des œuvres d’art. »

La censure a évolué sans forcément changer

La censure, bien qu’ayant considérablement évolué, reste très présente dans nos sociétés actuelles. Elle s’est juste métamorphosée en gardant parfois ses ressors politiques. Au Canada, la Loi de la radiodiffusion stipule qu’on « ne doit pas entendre à la radio ou à la télévision des propos indûment explicites ou grossiers ». L’interdiction n’est pas stricte et il est possible de faire usage de mots grossiers dans certaines situations. Aux États-Unis, où la loi est similaire, la Cour suprême a jugé que le monologue de l’humoriste Georges Carlin, qui notait l’absence de sept mots choquants à la télévision en les énumérant, était indécent, mais pas obscène. Il a finalement été diffusé.

En France, un clip du groupe les Wampas a été censuré au début des années 2000. La chanson en question est intitulée « Chirac en prison », faisant référence aux divers scandales du président de la république, notamment l’affaire des emplois fictifs du RPR.
Par ailleurs, le clip « Black or White » de Michael Jackson a été censuré en 2009 car le king of the pop avait une trop grande propension à se toucher l’entre-jambe, pourtant une marque de fabrique de l’artiste. Dans la même lignée, toujours aux Etats-Unis, rappelons que le dernier clip de Lady Gaga intitulé « do what u want » a été censuré en décembre 2013. La chanteuse est en effet vêtue de son plus simple appareil.