Le numérique au secours de la croissance des territoirres

Internet

Les régions, départements et communes doivent accompagner la révolution économique, qui se régionalise et mondialise en même temps. Les territoires qui résistent le mieux à la crise et présentent des taux de croissance supérieurs à 1,5% sont ceux le plus présent sur internet. Aujourd’hui, la demande économique passe d’abord par le web.

Montée du FN, défaite de la gauche, les analystes dissertent à longueur de JT sur le déclin français. Et si nous partions de la réalité ? Personne n’a rien compris à des élections qui interviennent en pleine recomposition du paysage régional et départemental français et en pleine crise économique.

Une certitude: la croissance française n’est plus homogène et l’industrie traverse une mutation profonde. Elle se régionalise et se mondialise dans le même temps. Si, en 2014, les créations d’emploi dans le secteur industriel sont en hausse, l’industrie est le secteur qui licencie le plus.

Régions, départements et communes doivent accompagner cette mutation. Leur rôle ne peut plus se limiter à la gestion des transports, de l’éducation et de la démocratie citoyenne quand leurs budgets se réduisent et qu’elles se trouvent en butte à une population désemparée et tentée par tous les radicalismes. Or, plus elles accompagnent cette révolution économique, plus elles valorisent leur territoire, le rendent attractif, densifient la vitalité économique et s’extraient de la dépendance à l’égard d’un État national appelé à être de moins en moins présent.

Nous avons développé un applicatif de veille qui établit un parallèle entre le dynamisme économique d’un territoire et sa présence numérique. Le lien entre connectivité des régions et dynamisme économique est manifeste. Les régions qui résistent le mieux à la crise et présentent des taux de croissance supérieurs à 1,5% sont également celles qui sont le plus présentes sur le web, avec une stratégie claire et accessible pour les internautes, tandis que les régions les moins accessibles sur internet sont également celles qui peinent le plus à sortir de la crise.

Aide majeure

Il ne s’agit évidemment pas de dire que le numérique est LA solution de sortie de la crise, mais que lorsque sa présence est pensée et forte, elle constitue une aide majeure pour les entreprises et collectivités. Mieux, quand les collectivités parviennent à s’unir avec les acteurs économiques pour «vendre» l’attractivité de leur territoire, elles en récoltent les bénéfices sans entrer dans une logique de financement ou de subvention. Élément important en ces temps de disette des deniers publics. Elles ont donc un rôle décisif à jouer dans la construction d’«écosystèmes numériques» visant à valoriser leur territoire, c’est-à-dire à le rendre attractif en lui apportant de la visibilité sur le long terme.

Or, si les villes et collectivités ont pleinement conscience des enjeux sociétaux que représentent les réseaux numériques, elles peinent encore à aborder la question de la connectivité de leur territoire en stratèges, à penser leur secteur d’excellence économique non plus au seul niveau national, mais également au niveau européen et international. Aujourd’hui, la demande en matière économique passe d’abord par internet. Conséquence de l’absence de stratégie de valorisation de l’économie conduite par les collectivités, le web ne fait émerger que le tourisme, le football et miss France en matière de valorisation et d’attractivité des territoires. On peut mieux faire !

DEPARTEMENTALES : CHRONIQUE D’UNE MORT ANNONCEE, par Erick Orblin

Erick Orblin, fonctionnaire territorial, explique en quoi il est primoridal de sauver les départements pour la cohésion de notre territoire, de la République.

La République a-t-elle perdu la raison en voulant mener une guerre contre ses territoires ? Maurice Agulhon n’aurait-t-il pas su préserver sa République, ses département et ses villages ? L’existence même de la France serait-elle menacée ?

En résumé, notre pays a-t-il besoin de se réformer au point de s’autodétruire, de nier sa réalité, sa diversité et ses atouts qui font sa force ?

La réforme territoriale engagée en 2008 est en fait devenue un véritable serpent de mer.   Sur les recommandations audacieuses de la Commission Attali puis du Comité pour la réforme des collectivités locales présidé par Edouard Balladur, Nicolas Sarkozy s’est finalement résolu à engager la suppression des départements. Exit les cantons et les départements, les conseillers généraux devenaient des conseillers territoriaux siégeant au sein des conseils régionaux.

Le « Grand Conseil des communes de France » fit alors de la résistance et l’arrivée d’un nouveau Président de la République mena les conseillers territoriaux à trépas. Une nouvelle ministre, Marylise Lebranchu reprit le dossier, rassura les conseillers généraux promis une élection en 2014 mais pour un mandat unique car, c’était écrit : les conseils généraux disparaitraient en 2020.

Sans doute pour être plus sûr de faire aboutir ce projet, les conseillers généraux devenaient des conseillers départementaux et le conseil général devenait le conseil départemental. La division administrative territoriale perdait sa nature même et sa compétence générale déjà affectée par les précédentes lois de décentralisation dès 1982. Le conseil général ne l’était plus et avait des compétences d’attribution !

Mais puisque derrière ce projet se cachait le souci de réaliser des économies, on réduisit le nombre de cantons à tel point que même Bernadette Chirac, l’éternelle conseillère générale du canton de Sarran, disparaissait de la Corrèze.

On parle de décentralisation mais le pouvoir jacobin n’a jamais été aussi puissant. Il est en train de faire disparaître départements et… régions puisqu’il n’y en a plus que 15 !

D’un trait de crayon, on redessine le territoire mais d’un trait de crayon on saborde le navire France.

On veut regrouper, unifier, uniformiser ce qui fait le caractère et la spécificité d’un pays qu’on a eu tant de difficultés à construire. Pensez qu’il y a moins de 150 ans la langue française n’était pas encore parlée sur tout le territoire !

La diversité est la richesse de nos provinces et la France n’a pas vocation à devenir un agrégat de « Grands Paris ». Ne doit on pas sauver nos 36.000 communes même si sous l’effet d’une irrépressible désertification certaines se transforment en hameau et relèvent plus de la gestion associative que de la gestion administrative ? C’est la vie, c’est une transformation naturelle pour ne pas dire une mutation. Certaines disparaîtront, d’autres renaîtront mais a-t-on besoin d’intervenir pour les occire en masse au profit de grandes métropoles ?

Le système est évidemment devenu trop complexe, multiforme et dispendieux. N’est ce pas là l’échec des velléités décentralisatrices d’une République qui a perdu la raison en abandonnant ses pouvoirs à des élus locaux qui n’ont eu de cesse de vouloir toujours plus grandir dans une illusoire quête de puissance ?

La commune s’est transformée en communauté, puis en établissement public de coopération intercommunale, enfin en agglomération au point de couvrir une part importante du département. Au final, c’est le département qui s’est fait vampirisé mais s’il disparaît, c’est tout un château de cartes qui à terme va s’écrouler sur une multitude d’organes et sous ensembles protéiformes et inégaux pour finir par ’Etat, ultime victime de sa folie réformatrice.

C’est un peu pourquoi la décentralisation peut s’apparenter à une célèbre fable de La Fontaine (1): « le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages, tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs » !

La raison nous l’impose, sauver les départements c’est préserver l’unité et la cohérence de notre territoire républicain. Espérons que les nouveaux élus « départementaux » soient à la hauteur de la tâche !

Erick ORBLIN

Ancien élu local, fonctionnaire territorial.

(1) « La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf »- Jean de la Fontaine

Islam de France : une communauté indéfinie et mal représentée

La communauté musulmane de France est-elle une entité crédible ? Depuis l’attaque terroriste islamiste perpétrée à Paris, le mercredi 7, 8 et 9 janvier 2015, contre les membres de la rédaction de « Charlie Hebdo», l’assassinat d’une jeune policière et la prise d’otage sanglante dans une superette casher Porte de Vincennes, nombreux sont les politiques, analystes, personnes publiques influentes qui intègrent dans leur discours la terminologie généraliste de « communauté musulmane de France». Avant de pouvoir avancer des pistes de réflexion sur le rôle que pourrait jouer la communauté musulmane française dans la lutte contre le djihadisme, il serait opportun de procéder à la définition de cette communauté et de ses particularismes. Ce vocable est-il pertinent ? Quelles sont les réalités existantes sur le terrain et les caractéristiques particulières qui détermineraient son existence au sein de la société française ?

Quelles sont les caractéristiques qui permettent de définir une communauté, religieuse de surcroit, dans un pays tel que la France, profondément et historiquement attaché au principe de laïcité, en référence à la loi sur la laïcité du 9 décembre 1905. La loi stipule en l’occurrence, que « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes » … « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte». Par définition, la France écarte toute institutionnalisation politique du fait religieux et le place par principe dans la sphère privée. Par ailleurs, afin qu’une « communauté religieuse » puisse se définir en tant que telle, elle doit pouvoir se doter de moyens d’organisation du culte et d’institutions représentatives qui seraient l’interlocuteur privilégié de l’État, dans un contexte où n’existent pas de cultes reconnus au sens juridique.  Cette démarche historiquement acquise pour l’Eglise catholique en France, première religion de France, pour la communauté juive représentée par le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France demeure inachevée pour le culte musulman malgré les tentatives de création de l’instance du Conseil Français du Culte Musulman en avril 2003.

Hétérogénéité des profils et pratiques religieuses diverses

L’absence de statistiques françaises sur le nombre de musulmans en France s’explique d’une part, par l’interdiction juridique de distinguer les citoyens français et les résidents étrangers en fonction de leur croyance ou de leur appartenance ethnique et d’autre part, en raison des difficultés méthodologiques pour réaliser ce type d’enquête sociologique compte tenu des critères multiples qui préfigurent l’appartenance à la « communauté musulmane ».

Si l’on observe la diversité des origines d’immigration en France, particulièrement celle issues de pays à tradition musulmane, notamment maghrébine ou africaine, on remarquera l’existence d’autant de diversité de pratiques religieuses, communautaires, de croyances populaires, de syncrétisme que d’origines migratoires. Une tendance majoritairement sunnite est néanmoins prédominante. La pratique religieuse s’inscrit généralement dans une trajectoire individuelle en pleine évolution où se greffent de nombreux facteurs d’influence culturelle, identitaire, sociologique. C’est notamment dans l’hétérogénéité des profils et des pratiques issues d’origines diverses et parfois de non pratique pour les individus « à culture musulmane » que réside la difficulté d’identification à un groupe. Le seul référent commun est l’islam et contrairement aux perceptions générales ils se présentent sous multiples formes sociales et cultuelles.

En effet, le qualificatif « de musulmans de France » ne peut se baser sur la pratique religieuse ni sur la foi individuelle mais plutôt sur l’attachement de l’individu à une culture et une histoire musulmane faisant partie de sa construction identitaire. Longtemps, la pratique musulmane est demeurée de l’ordre du privé surtout en ce qui concerne les premières vagues d’immigrés du Maghreb. Ce n’est qu’à la fin des années 70 que l’on a vu apparaitre des revendications en termes de création de lieux de cultes permanents pour une pratique décente de la religion et de carrés musulmans. Ces revendications sont l’expression d’une  volonté de partage du culte dans des lieux de socialisation où le lien communautaire prend forme et l’acceptation d’une installation durable dans le pays d’accueil s’affirme.

La sociologue, Jocelyne Césari insiste sur le rôle de la mosquée ou la salle de prière à l’échelle du quartier en tant que ciment de liens communautaires et de sociabilité. La religion musulmane devient, pour certains, un mode d’affirmation de soi et de résistance au monde extérieur. Elle constitue une identification sociale et fonctionne comme une nationalité de substitution ou de compensation, principalement pour la première génération.

On assiste dans ce contexte aux prémices de l’organisation d’un islam de France en manque de financement et d’appui institutionnel qui fait l’objet de convoitises étrangères, financières ou diplomatiques.

Les instances de la communauté musulmane de France en manque de représentativité

C’est en avril 2003 que le Conseil du Culte musulman a été institutionnalisé en tant qu’instance représentative de l’islam de France au terme d’une dizaine d’années de réflexion, de tergiversations en raison des divergences entre les associations cultuelles. Cette instance est constituée en association régie par la loi de 1901 et prend en charge les questions liées à l’organisation et à la gestion du culte.

L’islam pratiqué en France est majoritairement d’obédience sunnite et ne dispose pas d’ordre religieux contrairement au chiisme structurellement hiérarchisé doté d’une autorité décisionnaire. Ce particularisme structurel participe à la difficulté intrinsèque au sein de la communauté musulmane de France de désigner une instance représentative. L’impulsion étatique initiée par Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’intérieur, pour encourager, parfois de manière autoritaire, la création de cette instance impliquant les différentes organisations associatives et favorisant les trois grandes fédérations existante : la mosquée de Paris, la FNMF (Fédération des musulmans de France) soutenue par le Maroc et l’UOIF (l’Union des Organisations Islamiques de France) a également inclus  les ambassades marocaines et algériennes dans le processus de désignation des candidats et d’élection.

Les 6 et 13 avril 2003 les élections des 200 membres de l’assemblée générale et des 41 membres du Conseil d’Administration du CFCM par 4032 grands électeurs désignés par environ 900 lieux de culte ont enfin eu lieu. C’est l’UOIF, organisation proche des frères musulmans, qui est sortie gagnante de ce scrutin, mettant en exergue la faiblesse de la mosquée de Paris.

Les circonstances de la constitution et de l’élection de cette instance pour le moins forcée ne traduisent pas l’émanation d’une quelconque volonté démocratique de la communauté musulmane. Elle jouit donc de peu de légitimité au sein de la population qu’elle est censée représenter. Elle perd par conséquent en termes de crédibilité et de poids dans ses prises de position.

Comment « une communauté religieuse », notamment musulmane constituée de profils hétérogènes dont les sources d’influences sont différentes, pénétrée par ailleurs par des mouvements de pensées extérieurs émanant du conservatisme prédominant dans le monde arabe et enfin dotée d’instances en manque de légitimité, peut-elle agir au sein de la société française?

Pour ce faire, les élites d’appartenance musulmane, celles qui auraient pour vocation de participer à la constitution d’institutions musulmanes de France devraient se manifester et agir collectivement pour une redéfinition des fondements des instances en dépit de leurs diversités. Elles sont amenées à poser des principes de base qui régissent le culte musulman conformément aux principes de laïcité de la République et à définir la place que veut occuper la communauté de culture musulmane au sein de la société française dans l’expression de sa modernité et de sa créativité intellectuelle.

Cette refonte structurelle engagée permettra à « la communauté musulmane de France » d’agir  contre le djihadisme en pleine conscience de ses priorités.

Salima LAABI-ZUBER

Sources : contretemps.eu, assr.revues.org, persee.fr

Où en sont les MOOC ?

Internet a engrangé depuis sa création un lot de révolutions pour ce qui est des communications et du commerce notamment. Pour ce qui est des services, les progrès et l’explosion du secteur est assez nouvelle. Il est aujourd’hui devenu commun de réserver un appartement ou un taxi en ligne. Les sciences économiques ont toujours considéré les services comme un élément difficilement délocalisable du fait qu’il s’agit de biens immatériels qui n’ont pas leur place sur les conteneurs de la mondialisation. Des phénomènes de fuites de cerveaux ont depuis longtemps existé tout en concernant des volumes d’étudiants finalement faibles, comparé à la masse estudiantine mondiale.

La liberté de suivre des cours prestigieux et un entrepreneuriat favorisé

En s’affranchissant de la contrainte du temps, Internet a réalisé un nouveau miracle. Les MOOC permettent à qui veut, de suivre n’importe quel cours, de n’importe quelle université à n’importe quelle heure. L’enseignement connait ainsi une nouvelle libéralisation qui permet à tout un chacun de suivre les cours des universités les plus prestigieuses ou de suivre une formation en parallèle de son travail quotidien. C’est un système éminemment libre dans la mesure où l’on peut suivre une partie du cursus et la reprendre plus tard sans être obligé de valider le diplôme.

Les MOOC ont un caractère professionnalisant et favorisent aussi l’entreprenariat en fournissant des cours de management aux personnes qui lancent leurs entreprises par exemple. Cela constitue l’un des usages mais il en existe une infinité : des femmes enceintes aux cadres en reconversion, chacun y trouve son intérêt. L’une des spécificités de ces cours est leur durée relativement courte puisque 80% d’entre eux durent moins de 8 semaines. Un facteur de mobilité sociale que le gouvernement français a cerné en lançant à l’automne dernier la plateforme compilant tous les CLOM (Cours en Ligne Ouvert et Massif) français : france-universite-numerique.fr. La France suit ainsi une tendance mondiale avec plus de 400 000 étudiants qui suivent près de 90 cours en ligne sur la plateforme gouvernementale en parallèle d’autres hébergeurs de CLOM comme openclassrooms ou Coursera qui offre la possibilité de se créer son propre cursus avec des professeurs de toute la planète.

Une promesse non tenue

Cette flexibilité très large comporte également des inconvénients et des lacunes. En effet, la majorité des étudiants ne terminent pas les cours qu’ils ont commencé, y assistent de manière sporadique et ne valident pas le cours à son terme. Il ne ressort pas un nombre suffisants de diplômés puisque plus de 60% ne vont pas au bout de leur programme. Cette formation à la carte rend difficile la pérennisation de certains cours dès lors que le nombre d’élèves fluctue et qu’ils n’aboutissent pas à un succès. Ce problème se fait ressentir depuis un moment, ce qui a conduit les universités les plus prestigieuses à rendre payant leurs MOOC pour s’assurer de l’assiduité des inscrits. L’objectif poursuivi est aussi de ne pas mobiliser un professeur pour les cours ayant le moins d’élèves et de diplômés. On observe bien que la frontière floue entre cours universitaire et formation professionnelle rend les MOOC instables. En dehors de la solution de la tarification, la restriction au nombre de places a aussi émergée avec les SPOC, Small Private Online Courses, qui sélectionnent les participants. Voici qu’après 7 ans d’existence l’utopie des MOOC se heurte à la réalité. La connaissance pour tous, n’importe où, n’importe quand n’a pas pu se mettre en place. Avec ces récents changements, qu’est-ce qui différencie encore les MOOC de l’enseignement à distance classique ? Internet et ses multiples métamorphoses ne nous ont pas encore tout dévoilés, c’est clair et net.

Moussa Koné

sources :
www.garage21.org/
www.jenzabar.com/MOOC
www.etudiant.lefigaro.fr/orientation

Tous unis pour la liberté

Une foule impressionnante s’est massée à Paris le dimanche 11 janvier pour afficher sa détermination à défendre la liberté. Une réelle mobilisation nationale s’est opérée, mais pas uniquement… Cette journée aura aussi été celle de toutes les personnes conscientes, à travers le monde, de la valeur de la liberté et du combat quotidien nécessaire pour la préserver. Au-delà du symbole de « Je suis Charlie », qui appartient aujourd’hui à tous, c’est notre responsabilité de citoyen français et du monde de défendre nos libertés et la liberté des autres à travers le globe. C’est même un devoir. Ce devoir a été parfaitement rempli compte tenu de la mobilisation internationale qui a eue lieu. Ce ne sont pas seulement les chefs d’Etats ou de gouvernements qui ont été présents mais chaque citoyen désireux de participer d’une manière ou d’une autre à quelque chose de plus grand que lui. Ce 11 janvier restera dans l’Histoire comme la journée de défense de nos libertés : liberté d’expression, liberté de tristesse, liberté de recueillement, liberté de rire, liberté de croire, liberté d’être ensemble, en résumé la liberté d’être humain.

Un combat qui doit se poursuivre

Notre addiction à la liberté doit se transformer en un formidable élan vers l’autre. Il est absolument nécessaire que tous nous puissions à nouveau nous tourner vers quelque chose de fondamentalement humain, il s’agit du vivre ensemble. Comment renier ou laisser faiblir un élément fondateur de notre pays et du monde ? Comment renier cette diversité qui compose nos rencontres ? Une chose très émouvante était de lire sur les pancartes présentes lors de la marche républicaine « Je suis Juif », « Je suis Flic », « Je suis Musulman », « Je suis Chrétien ». C’est la preuve que nous sommes capables de nous entendre et de faire front ensemble contre toutes formes de violences avec nos sensibilités, nos origines, nos croyances. Notre devoir consiste maintenant à garder notre esprit critique en alerte pour déceler chaque réaction ou décisions susceptibles de mettre en danger cette cohésion. Evidemment cela ne sera pas chose aisée. Les réflexes sécuritaires et de peur seront bien présents, et c’est un élément tout à fait normal. Néanmoins, le défi principal qui nous attend est de combattre les solutions faciles et discours qui chercheront à faire naître plus de peur qui n’en existe déjà. Il est faux de dire qu’il n’y a pas de menace, comme il est faux de dire que nous ne sommes pas conscients de l’existence de cette menace. Il nous reste donc à trouver les outils politiques, législatifs, éducatifs et même judiciaires pour lutter efficacement contre des dérives possibles comme l’amalgame, contre d’autres attentats, contre des réflexes sectaires et racistes. Il est également nécessaire de faire comprendre la place que chaque citoyen a dans notre société afin d’endiguer des phénomènes d’exclusion et de radicalisme naissants. La place de l’éducation notamment sur le respect d’autrui, l’éducation civique dans nos écoles laïques en somme, est une solution qui doit être mise en avant, tout comme le dialogue inter-religieux. Notre liberté doit être un moyen d’aller vers les autres. Et plus encore, c’est une arme qui doit nous servir dans nos combats quotidiens comme la place de la femme, ou des minorités, ou bien encore la pauvreté et le racisme. Il ne faut pas détourner l’attention des problèmes économiques, politiques. Chose pire encore, nous ne pouvons pas oublier l’actualité des autres pays.  Au Nigéria, le groupe terroriste Boko Haram a récemment rasé et brûlé plusieurs villages, tuant environ 2000 personnes. Qui a soutenu « je suis Nigérian » ?

Une liberté d’expression occultante ?

Malgré une mobilisation citoyenne certaine à Paris, dans le monde et sur les réseaux sociaux les événements qui se sont déroulés ont occulté l’actualité internationale. Voici quelques brèves d’informations qui ont une résonnance singulière aux vues combats affichés lors de la marche républicaine. Comme nous venons de l’écrire, le groupe salafiste Boko Haram a exécuté plusieurs attaques au Nigeria. La Croatie a élu sa présidente Kolinda Grabar Kitarovic ancienne ministre des affaires étrangères. Les combats en Ukraine ne cessent toujours pas. La liberté de la presse ne peut pas se limiter à notre souffrance. La riche actualité internationale ou nationale a cessé d’exister, supplantée par les séquences de violences que tous les médias français ont suivies en temps réel. On peut s’étonner du manque d’information consacré au reste du monde depuis l’attaque des locaux de Charlie Hebdo. Même si cela s’explique par la douleur, le choc et l’émotion ressentie, l’envie de tous de suivre cette macabre « téléréalité » et de se tenir informés pour éventuellement se protéger. Toutefois, savoir remettre en cause l’information et son traitement reste important. Ce réflexe démocratique nous permettra de rester libres penseurs.

Enfin, la question de la défense de la liberté de la presse et d’expression devrait tous nous toucher, encore plus aujourd’hui. Alors pourquoi ne parlons pas des journalistes qui depuis toujours exercent leur profession dans des conditions dangereuses. L’exemple de la Chine, Russie, de l’Arabie Saoudite ou bien du Venezuela devraient nous révolter et amener à poursuivre cette mobilisation. En effet, les peuples de ces pays recherchent aussi la liberté, qu’ils déclineront sous toutes ses formes une fois qu’elle sera acquise, respectée et défendue. Les mots de l’écrivain français Claude Aveline retentissent particulièrement suite aux événements parisiens et à la rédaction de ce modeste article : « L’homme qui réclame la liberté, c’est au bonheur qu’il pense. ».

Que tirer de l’extrême droite ?

De plus en plus de personnes se rallient aux cotés des extrémistes pour revendiquer la « liberté d’expression ». Mais dans un pays démocratique, n’est-ce pas absurde ? Les vraies revendications de ces personnes concernent en réalité l’autocensure et le politiquement correct. Ils voient en celles-ci une maladie qui empêche les médias de faire leur travail correctement en relayant un débat public pleinement démocratique dont des solutions innovantes pourraient émerger.

Si l’extrême droite gonfle dans les sondages et se manifeste de plus en plus visiblement dans les espaces d’expression anonymes, c’est parce qu’elle fait plus que de rassembler des forcenés « extrémistes » et des ignorants ne parvenant pas à comprendre la « république ». Sous les étiquettes d’ « extrême droite », de « fasciste » et de « conspirationniste » on rassemble pêle-mêle des mécontents aux courants de pensée très divergents et parfois opposés. On y classe les mouvements les plus rétrogrades aux côtés des plus innovants. Dans ce tiroir mal connu siègent ensemble, des hooligans nazis alcooliques, des accros de l’internet qui fantasment et des intellectuels qui ennuient le gouvernement.

Si certains mouvements identitaires ne carburent qu’à la simplification des raisonnements et aux cercles d’idées fermés pour aboutir sur la violence, d’autres mouvements politiques supposés « extrêmes » sont au contraire des écoles de pensées pleines de vie. Le journaliste politique Edwy Plenel décrivait tout récemment l’Action Française comme un « laboratoire idéologique de la réaction,  hélas non dénué de talent, qui poursuit son travail de subversion »[1]. Le mouvement monarchiste qui se doit « d’être intellectuel et violent »[2] selon sa figure de proue historique Charles Maurras, cultive en effet toutes les semaines ses militants avec des conférences et des débats – appelés « cercles » dans le jargon – et nourris ses lecteurs dans son journal l’Action Française 2000. Le mouvement politique le plus ancien de France a inspiré d’autres courants de pensées « extrêmes » dans cette dynamique. C’est le cas de l’association politique Égalité et Réconciliation qui a transposé le modèle du journal et des conférences sur internet. Aujourd’hui egaliteetreconciliation.fr va jusqu’à surpasser les « pure players » Mediapart.fr ou Atlantico.fr avec un rang Alexa de 288 contre 338 et 370.

L’extrême droite « intellectuelle » ré ouvre aujourd’hui ses propres maisons d’éditions, –éditions KontreKulture et Le Retour aux Sources –, publie ses propres gazettes – magazine Rebellion et la « lettre confidentielle » Faits & Documents – qui vont bien plus loin que les canards bêtes et méchants de l’extrême droite – Minute et Rivarol –. Pour couronner le tout, leurs auteurs donnent des conférences régulières qui font salles combles et des dizaines de milliers de vues lors des diffusions sur Internet.

On distingue dans ce bouillonnement intellectuel et doctrinal, plusieurs démarches :

La démarche « maurassienne » du pragmatisme : celle-ci consiste à penser que la meilleure solution politique est celle qui a fait ses preuves. Ainsi, en étudiant le passé, on peut parvenir à l’organisation politique ou sociale la plus efficace, qui apporte le plus à chacun des membres de la société. A titre d’exemple, son auteur Charles Maurras prône pour la France, une monarchie décentralisée avec une organisation sociale de type corporatiste.

La démarche de subversion : on remet en cause totalement les pratiques et idées communément admises, on sort de tous les cadres, on refait l’histoire. Par exemple, le mouvement « anarcho-royaliste » du lys noir prône, à l’instar des mouvements antifascistes les plus radicaux, une décroissance totale à l’échelle du pays et la sortie du « régime publiciste » c’est-à-dire de l’omniprésence de la communication. Un autre exemple parlant : certains mouvements remettent en question les droits de l’homme issus des lumières. Ils les considèrent comme un « concept creux » qui met l’individu seul face à l’Etat et réfléchissent à des alternatives comme les droits collectifs : les groupes sociaux avec leur hiérarchie propre – corps de métiers, villes, familles – négocient auprès des autorités supérieures les droits de ses membres et défendent ces derniers avec la force du groupe. Ils reprennent les réflexions de penseurs et de philosophes oubliés du XX eme siècle qui ont remis en cause la démocratie « bourgeoise » comme Proudhon, Kropotkine ou Marx, ressortent des documents historiques controversés sur lesquels ils s’appuient parfois pour penser l’impensable.

De même qu’une université du Kent[3] aurait très récemment démontré que les personnes catégorisées comme « conspirationnistes » seraient « plus saines que ceux qui acceptent les versions officielles des événements » pour leur esprit critique plus développé, les éternels subversifs de l’« extrême droite » pourraient apporter, dans une certaine mesure, du grain à moudre au débat des idées. En effet, les questions qu’ils se posent sont très hétérogènes. A titre d’exemples : comment consommer pour court-circuiter les circuits de grande distribution ? Faut-il vacciner ses enfants ? Comment survivre en cas d’effondrement économique ? Comment éviter la guerre civile ? Quel avenir politique « out of the box » est-il possible? Démocratie directe ? Tirage au sort des députés? Restauration ? Instauration ? 6eme république ? Non-remboursement de la dette comme en Islande ? Réintroduction d’un système d’étalon Or ? Alliance avec la Russie ?

Quoi qu’on pense de ces écoles de pensées choc qui usent et abusent de leur liberté d’expression, on pourrait voir la « maladie des extrêmes » comme une fièvre qui instaure des conditions difficiles mais qui permettrait aux anticorps de débarrasser le corps politique de l’autocensure et du politiquement correct qui risquent de causer sa mort cérébrale.

Dans le monde de l’entreprise où l’évolution est indispensable à la survie économique, on observe que les géants qui sont forcément moins innovants et adaptables soignent les « startups ». Ils les financent, les encouragent, les rachètent ou copient leurs systèmes décisionnels pour être toujours à la pointe. Certaines entreprises permettent même à des employés de former et de financer leurs projets d’entrepreneuriat tout en restant salariés. Peut-être que les géants de la politiques devraient interagir beaucoup plus avec les associations et les groupuscules politiques aux pensées divergentes. Les partis devraient plus se mettre en danger en lançant de nouveaux projets et en intégrant des petits groupes politiques comme cellules pour les mener à bien. Les partis pourraient financer de la recherche politique, des groupes de pensée qui n’auraient pas pour but de formater et de convaincre plus de monde, mais de fabriquer de la pensée neuve.

Enfin, il n’y a pas une seule « extrême droite » il existe une nuée de courants contestataires qui se construisent en opposition au « système » avec des écoles de pensées multiples qui se confondent parfois avec l’extrême gauche dans leurs questionnements. Si l’on peut tirer quelque chose de ces mouvements, c’est probablement dans l’écoute mutuelle et la remise en question plutôt que dans la marginalisation.

[1] www.causeur.fr/mariage-gay-edwy-plenel-27656.html

[2]www.actionfrancaise.net/craf/?Manifeste

[3] Etude du 8 juillet par les psychologues Michael J. Wood et Karen M. Douglas de l’Université de Kent (Royaume-Uni). Intitulée « What about Building 7? A social psychological study of online discussion of 9/11 conspiracy theories »

iscomrima Swirl, un robinet design au service de l’économie

Au célèbre au Royal College of Art de Londres, Simin Qiu, étudiant en design et conception, nous dévoile « Swirl », un robinet des plus luxurieux qui permet de l’économiser en la transformant en une sublime spirale tourbillonnante.

Allier environnement & design

Chaque jour, les Français consomment en moyenne 150 litres d’eau, autrement dit, l’équivalent de 100 bouteilles d’1,5 litre. Et on le sait bien, l’eau est notre ressource la plus précieuse. C’est pourquoi il est vital de la protéger, mais surtout de l’économiser.

Afin de contrer le côté très peu esthétique des aérateurs d’eau, qui permettent d’économiser l’eau jusqu’à 50%, l’étudiant a imaginé une magnifique solution alliant économie et design.

iscomrima robinet swirl

Swirl signifie tourbillon. Et sur le shéma ci-contre fourni par iscomrima, on note le côté moderne et élégant. Ce robinet a été pensé pour produire plusieurs motifs. Il existe aujourd’hui trois embouts ayant pour conséquence des tourbillons différents, et le bouton étant tactile, le robinet garde un style épuré.

« Toutes les formes de vie dépendent de l’eau. (…) C’est la ressource la plus importante au monde. Selon moi, l’eau est douce et tourbillonnante. Ces deux éléments m’ont inspiré dans mon travail », a expliqué Simin Qiu lors de sa récompense au iF Design Concept Award 2014.

Combattre l’Etat Islamique : une stratégie efficace ?

Un peu plus d’un mois après le début des frappes aériennes françaises contre l’Etat Islamique il semble nécessaire de préciser certaines choses sur la stratégie militaire. Cet article, modestement, propose de poser une réflexion sur l’efficacité de cette intervention.

Quel choix politique ?

Le président François Hollande, après une réunion avec le conseil de Défense, a pris la décision d’engager des forces françaises contre l’Etat Islamique (EI). Lors de sa conférence de presse du 18 septembre, le chef de l’Etat a répondu officiellement, devant l’opinion nationale, à la demande d’aide du nouveau gouvernement de Bagdad. Dans son discours le choix politique avancé par le président était celui d’ « affaiblir » l’EI. Son homologue américain, Barack Obama, essaye lui d’avoir un discours plus ferme face à une organisation djihadiste qui profite du chaos que connaît le pays après l’opération américaine décidée sous l’ère Bush.

Pour le président américain actuel il faut « détruire » purement et simplement l’EI. La ligne politique américaine qui est défendue est compréhensible,  l’administration Obama ne peut que tenir qu’une position forte. Barack Obama ne peut plus se permettre de rester évasif sur le sujet, comme lorsqu’il avouait ne « pas avoir de stratégie » pour lutter contre les succès et l’influence grandissante du groupe. Il se pose en « commander in chief ».

Néanmoins, la crise irakienne fait redouter une crise afghane le possible retour des Talibans au pouvoir à Kaboul. Derrière un leadership assumé les Etats-Unis n’ont pas la souplesse et la marge d’action diplomatique de la France dans la région. En témoigne la visite du président Hollande à Bagdad.

Tentative de gestion de crise

Qu’en est-il de la gestion de la crise par la présidence française ? La lutte contre l’Etat Islamique semble être une évidence compte tenu des informations et reportages qui envahissent les médias. L’ennemi est tout désigné et l’opinion semble favorable à une action portée contre les djihadistes. L’Etat français décide donc de ne pas laisser faire cette organisation, d’où la décision de F. Hollande d’ordonner une « opération de protection aérienne » en Irak et seulement en Irak. Mais tout le monde sait que l’EI ne s’arrête pas à l’ancienne frontière irako-syrienne. Une première limite à l’intervention militaire est atteinte.

L’approche diplomatique semble-t-elle avoir primé sur l’efficacité militaire ? Ce n’est pas certain. L’Etat Islamique est à combattre également sur le territoire syrien. Des raids américains ont eu lieu en Syrie. On imagine donc une coopération, somme toute légère, entre militaires américains et syriens pour éviter des incidents regrettables. Sur le plan politique et diplomatique on revient donc à l’option proposée dès le départ par la Russie qui était de négocier avec Bachar al-Assad. L’occident montre bien un manque de maîtrise de la situation.

Elle sait parfaitement que ses opérations de bombardements ne peuvent pas anéantir l’EI. Le choix politique français de « l’affaiblissement » semble donc être respecté. Affaiblir l’organisation djihadiste est sans doute le minimum à faire pour satisfaire des opinions de plus en plus sujettes à secouer les politiques.

Néanmoins un flou complet et tenace subsiste quant à la défense de nos intérêts dans la zone. Au-delà de la pensée juste et communément admise qu’une puissance moyenne comme la France ne peut pas rester sans agir et laisser l’Irak imploser dans cette région sensible.

Un coût financier élevé pour un résultat discutable

Il est clair que la France ne veut pas apparaitre faible face à la lutte contre le fondamentalisme. Pour autant, l’intervention aérienne en Irak à un coût financier réel face à des résultats qui sont discutables.

Il est clair que le personnel militaire engagé pour endiguer la menace fait tout ce qu’il peut avec les moyens matériels qui sont les siens. Mais la France a-t-elle les moyens de se payer cette intervention ? La question doit être posée surtout dans un contexte économique moribond et compte tenu des prévisions inquiétantes pour le budget de la défense. Le budget alloué au ministère de la Défense prévu pour 2015 est de 31,4 milliards d’euros soit le minimum vital pour maintenir l’ensemble notre appareil militaire fonctionnel (entretien, modernisation, engagement). Même si cette mission de protection aérienne en Irak sonne juste, la question du financement de la guerre sonne quant à elle légitime, surtout lorsque les intérêts stratégiques français sont incertains.

Prenons un exemple concret, la « mission d’appui des troupes au sol » qu’elles soient irakiennes ou kurdes se fait par bombardement aérien. Le 19 octobre deux Rafales ont largué des bombes à guidage laser GBU-12 pour détruire deux pick-up de l’Etat Islamique. Le coût d’une telle bombe est estimé entre 52100 et 67000 euros pièce. Il ne faut pas oublier le coût de l’heure de vol. Une heure de vol en Rafale coûte entre 10000 et 13000 euros, somme hors carburant. Avec carburant l’heure de vol est estimée à 29000 euros. Combien de temps pourront nous continuer à bombarder pour arriver à détruire seulement, deux malheureux véhicules et ses occupants ? Ajoutons que régulièrement les avions de combat français effectuent des vols de huit heures, ce qui nécessite un parfois deux ravitaillements, tout cela a aussi un coût financier important.

Après un peu plus d’un mois que la France « intervient » dans l’espace aérien irakien quel est le constat ? L’Etat Islamique est toujours présent et influent, il s’adapte aux frappes aériennes en utilisant les populations. Pire, il s’est rapproché de la frontière turque. La ville de Kobané située à environ 500 mètres de la frontière turque, portée en symbole par les médias, tient toujours malgré des combats qui s’enlisent. Les bombardements se poursuivent, mais l’influence et la présence de l’Etat Islamique ne semble pas ralentir. La question qui importe est de savoir si nous pouvons continuer à combattre l’EI de la même manière, et si oui, pour combien de temps encore ?

Sources : Latribune.frAtlantico.frLiberation.fr